
Hiatari Ryôkô ! Une vie nouvelle - Tome 1 & 2L'une des premières œuvres de
Mitsuru Adachi, jusque-là inédite en France, est désormais disponible en deux tomes bien épais. On y retrouve son univers et ses personnages si particuliers, sous une forme encore hésitante mais attachante, entre humour et éveil amoureux… avec un peu de baseball, bien entendu !
Kasumi Kishimoto, 15 ans, vient d’entrer en première année au lycée Meijô. Hébergée chez sa tante Chigusa, veuve, elle découvre avec stupéfaction que cette dernière a transformé sa grande maison en pension pour des lycéens inscrits dans le même lycée qu’elle. Elle va ainsi devoir partager son quotidien avec quatre garçons : Shin, le coureur de jupons de bas étage, Takashi, le grand balèze, Makoto, le travailleur forcené, et surtout l’imperturbable et nonchalant Yûsaku.
Au milieu de cette joyeuse bande aux caractères si différents, la jeune fille commence sans le vouloir à faire battre le cœur de Yûsaku. Mais le garçon ignore que celui de Kasumi est déjà pris par un garçon plus âgé, actuellement aux États-Unis. Durant ces trois ans, la bande va vivre de nombreuses péripéties, placées sous le signe de la comédie, d’un peu de sport et, bien évidemment, de l’amour.
Hiatari Ryôkô ! (littéralement « La belle lumière du soleil ! ») a été publié au Japon entre 1980 et 1981, en cinq volumes, dans un magazine shôjo (destiné aux adolescentes) de Shôgakukan. Une adaptation en animé a été produite en 1987-1988, afin de surfer sur le succès de
Touch. Elle a été diffusée en France sur La Cinq, en 1990, sous le titre d’
Une Vie nouvelle, soit une année avant que les petits Français ne découvrent
Touch (
Théo ou la Batte de la Victoire). Étant donné qu’il s’agit d’une œuvre plus jeune et moins élaborée, l’enchaînement des séries apparaît finalement plus logique qu’au Japon.
Les éditions Nobi Nobi proposent le manga en deux volumes (de 455 et 482 pages), ce qui s’avère intéressant sur le plan narratif, car
Hiatari Ryôkô ! est divisé en deux parties bien distinctes. Le premier volume narre l’entrée au lycée des personnages, autour d’intrigues liées aux clubs sportifs. Yûsaku rejoint le club des supporters, avec en toile de fond une petite histoire autour du chef du club (un faux voyou). Puis c’est le club de baseball qui se trouve au cœur de l’intrigue : tous les membres de la pension rejoignent temporairement l’équipe afin d’aider le capitaine à réaliser son rêve.
Durant cette phase, le manga prend la forme d’un récit sportif rythmé par les matchs, et surtout par un dernier grand match qui s’étale sur plusieurs chapitres. C’est au cours de cette rencontre qu’apparaît le fameux petit ami de Kasumi, ce qui recentre ensuite le récit sur sa dimension romantique. Cette première partie se termine au début du volume 2. La suivante s’avère moins élaborée : il s’agit d’une suite de petites histoires, essentiellement comiques, sur le quotidien de nos héros. Par exemple, il est question d’un voyage à la montagne ou de la participation à un jeu télévisé. Bref, il y a vraiment de tout, avec certains épisodes très idiots (comme le voleur de sous-vêtements ou la compétition de sumo). [1]
Dans tous les cas, les fondamentaux de Mitsuru Adachi sont bien présents, notamment ses graphismes immédiatement reconnaissables, même si certains dessins font parfois très shôjo, en raison du magazine de publication. Il s’agit d’une très belle œuvre, drôle, touchante, portée par des personnages attachants. Le seul bémol réside dans sa fin ouverte. En effet, bien que les derniers chapitres fassent avancer les intrigues amoureuses, il n’y a pas de véritable conclusion. Adachi étant le maître des non-dits et des silences, on peut toutefois estimer qu’il n’y a rien à ajouter.
Hiatari Ryôkô ! Une vie nouvelle n’en reste pas moins un manga de qualité, qui ravira les amateurs d’Adachi et dont le format court constitue une excellente porte d’entrée dans son univers.
[1] Le changement de récit de la deuxième partie de
Hiatari Ryôkô s’explique sans doute par le fait qu’en parallèle Adachi débutait
Touch, dédié totalement au baseball, et qu’il voulait éviter de dessiner deux mangas identiques.