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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mer 6 Mai 2015 15:49 
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Chapitre 8 : Rock City

La fraicheur de l’eau soulageait les hématomes de son visage. Les cris à la surface ne l’atteignaient pas dans cet élément paisible et silencieux qui se tintaient petit à petit de rouge. Une main agrippa ses cheveux et la tira vers l’arrière.

- Tu vas enfin t’énerver sale gamine !

Elle revit pour la énième fois le saut d’eau dans lequel on lui plongeait la tête avant de se prendre à nouveau un coup de poing.


***************

Comme chaque nuit, elle se réveilla en sursaut, le corps en sueur et le sang dégoulinant de sa bouche. Elle s’était mordu la langue pendant son sommeil. Elle s’assit au bord du lit, prit le carnet sur la table de chevet et caressa les initiales W.B sur la couverture. Elle le rangea dans le tiroir avant de partir faire un tour sur le pont. L’océan scintillait sous la douce pâleur de la pleine lune et des étoiles. Elle s’assit sur le bastingage et regarda une baleine nageait au loin. Elle sourit. La plénitude était un sentiment très agréable. L’eau à perte de vue. Il n’y avait que près de l’eau qu’elle se sentait vraiment vivante. Elle ferma les yeux et sombra dans ses meilleurs souvenirs. Les bruits de pas la firent remonter à la surface de ses pensées. Elle vit Shanks assit à ses côtés, lui offrant un verre d’eau. Encore de l’eau. Source de toute vie. Elle avait soif. Elle le but d’un trait et sourit une fois de plus. Elle tourna la tête pour le remercier et sentit une main caressait sa joue. Elle sauta du bastingage et recula d’un pas.

- Que fais-tu ? S’écria-t-elle le feu aux joues.

- Tu as du sang sur le visage. Tu es sûre que ça va ?

- Oui, oui, répondit-elle en s’essuyant les joues. On arrivera quand à Stoneland ?

- Demain si tout se passe bien. Notre voyage ensemble arrive à son terme. J’espère que tu as apprécié ces moments passés parmi nous. En ce qui me concerne, je me suis beaucoup amusé à tes côté.

- C’est vrai, c’était sympa…Je sens encore l’odeur des vers de Babel dans mes cheveux !

- Ah ah c’était dégueulasse ! J’en ai mené des batailles, mais jamais de ce genre-là !

Ils restèrent là jusqu’au lever du jour à se remémorer chaque instant depuis le début de leur rencontre.

**************

Stoneland était réputé pour ses sculptures et ses tailleurs de pierre. Rock City, sa capitale, était une des merveilles du monde. Toute la ville avait été façonné dans du marbre rose. Chaque maison, chaque rue possédait sa propre statue. Ainsi, les adresses des habitants se trouvaient en fonction de la sculpture qui ornait leur chemin et leur demeure.

Une fois le Red Force à quai, l’équipage se réunit sur le pont afin de dire au revoir à leur invitée Amalya. La plupart d’entre eux s’était attaché à ce petit bout de femme et cette séparation les attristait fortement. Le coq s’approcha d’elle et lui donna un tupperware rempli de ses meilleurs mets au cas où elle aurait un creux dans la journée, ce qui fit légèrement grincer les dents de Lucky. Le doc, qui en pinçait pour elle, vint à son tour lui donnait une petite fiole contenant un médicament qui redonnait immédiatement des forces en cas de faiblesse.

- J’aurai aimé que tu restes parmi nous princesse. Tu vas me manquer…

- Merci doc…

- On te souhaite une bonne continuation et n’oublie pas de réfléchir avant d’agir ! Fit Ben en souriant, soulagé qu’elle quitte l’équipage pour une raison qu’il ignorait encore.

- …

Le capitaine s’avança à son tour, un léger sourire sur le visage tentant vainement d’effacer sa mine sombre, afin de lui dire ses derniers mots.

- Amalya, je…

- Merci pour tout, je dois partir maintenant.

Elle descendit la passerelle et s’éloigna du quai sans se retourner une seule fois.
La beauté des lieux n’attirait pas son regard perdu dans le vide. Elle s’était attachée à ces idiots de pirates. C’était la première fois qu’un voyage au sein d’un équipage s’était bien passé. En général, les hommes essayaient de la détrousser, la malmener voir abuser d’elle mais ceux-là avaient été polie, serviable et protecteur. Ca n’avait plus d’importance puisqu’elle avait obtenu ce qu’elle voulait, ce faire amener jusqu’à Rock City.

Elle marcha d’un pas décidé vers le lieu où vivait l’homme qu’elle devait voir, à la maison de la liberté enchainée dans la rue des trois muses. Après avoir traversé une grande partie de la ville, elle se retrouva face à une petite maison de marbre rose dont la façade était gravée d’une colombe enchainée au symbole du gouvernement mondiale. Elle frappa à la porte une fois, trois fois puis une fois. Une femme rousse aux yeux verts d’une quarantaine d’années ouvrit la porte.

- Salut Anna, ça fait un bail.

Anna fixa Amalya sans montrer un quelconque signe de surprise ou de joie. L’échange entre les deux femmes était aussi froid et dur que les murs de la demeure.

- Ne reste pas dehors.

Amalya entra dans le salon tandis qu’Anna alla préparer un verre de rhum au bar.

- Non merci, je n’en veux pas.

- Ce n’est pas pour toi, répondit Anna en buvant le verre d’un trait.

- …Une chance que je ne vienne pas vous rendre visite trop souvent, ton foie ne tiendrait pas le choc. C’est si difficile pour toi de me voir ?

- Chaque fois que tu apparais, Tino a des ennuis. Tu es un aimant à problèmes ! Ragea-t-elle les larmes aux yeux.

- En parlant de Tino, où est-il ? Il m’a envoyé un message il y a plusieurs mois me demandant de venir le voir.

Un bruissement d’aile se fit entendre et un oiseau arriva en trombe de la pièce adjacente, fonçant droit sur Amalya. La jeune femme leva le bras et le magnifique aigle royal se posa délicatement dessus.

- Salut Clakbek, t’es toujours aussi beau.

L’oiseau poussa des cris et fit des claquements de bec tout en frottant la tête contre son épaule. Elle l’avait recueilli alors qu’il n’était qu’un oisillon et l’avait élevé puis dressé à porter des messages.

- J’espère qu’Anna s’occupe bien de toi. Si elle parle mal de moi, mets lui des coups de bec de ma part, chuchota-t-elle à l’oreille de l’aigle.

Anna la fusilla du regard et cette dernière lui répondit par un grand sourire.

- Tino n’est pas sur l’île, il est parti il y a quelques mois après avoir eu des ennuis avec des pirates.

- Que s’est-il passé ? Ou est-il parti ?

- L’équipage de l’ours blanc a débarqué il y a cinq mois et s’est installé au centre-ville. Il contrôle Rock City, s’approprit tout ce qu’il désire et terrorise les gens. Tino a voulu en savoir davantage sur eux. Il a proposé ses services au Capitaine de l’équipage et il a pu en contrepartie récolter des informations. Quand le capitaine a découvert son manège, il a tenté de le tuer mais Tino a réussi à quitter l’île avant. Il m’a laissé ça pour toi.

Elle lui tendit une vivre card, un papier spécial qui indiquait la direction et l’état de santé du propriétaire. Amalya la posa sur la table et le papier se déplaça légèrement vers l’Est.

- Je suppose qu’il ne t’a pas dit où il allait ni ce qu’il a découvert.

- Tu le connais, c’est quelqu’un de prudent. Les pirates ne connaissent pas mon existence, ils ne savent pas que je suis sa femme.

Amalya se leva et se dirigea vers la porte d’entrée.

- Que vas-tu faire ?

- Je vais rejoindre Tino.

- Et les pirates ? Tu ne vas pas nous en débarrasser ?

- C’est pas mon problème, je ne suis pas un héros.

- Non c’est vrai, tu n’es qu’une garce !

Tandis qu’Amalya s’éloignait, Anna se laissa tomber par terre et pleura toutes les larmes de son corps.

- Mon mari ne pourra jamais revenir si ces pirates restent ici…Souffla-t-elle entre deux sanglots.

Cette conversation l’avait agacé. Elle ne supportait pas la lâcheté et la faiblesse. Les habitants de Rock City étaient suffisamment nombreux et armés pour se soulever contre ces pirates et les battre aux prix de quelques sacrifices. Mais ils avaient bien trop peur et préféraient se soumettre comme des chiens en attendant que quelqu’un fasse le travail à leur place. Elle aurait pu faire ce sale boulot, au moins pour sauver les enfants de la ville mais elle décida de continuer sa route et se dirigea vers le port en espérant que le Red Force y serait encore. Une fois le lieu atteint, elle vit que le bateau n’y était plus.

- Et merde, ça aurait été trop beau ! Je vais devoir trouver un autre navire.

Elle chercha alors la taverne la plus populaire afin d’y dénicher un marin ou un pirate qui accepterai de la prendre dans son équipage.La Fontainerie était une brasserie où l’on pouvait y boire de nombreux alcools venant des quatre coins du monde mais aussi une véritable galerie d’art puisque tout son mobilier avait été sculpté dans le marbre. Les boissons les plus prisées jaillissaient d’une dizaine de petites fontaines en pierre à l’arrière du bar. Amalya s’assit à une table et commanda une bière. Au bout de trois chopes, elle finit par entendre une conversation intéressante parmi un groupe de pêcheurs qui se plaignait de l’équipage de l’ours blanc.

- Depuis qu’ils sont arrivés, notre commerce a coulé. Ils dépouillent et détruisent tous les navires marchands et touristiques qui accostent au port et les habitants n’ont pas le droit de quitter l’île. On a bien tenté de prévenir la marine mais tous ceux qui sont venu ont été tués. Je ne sais pas ce qu’on va devenir.

- Un bateau pirate a jeté l’ancre ce matin mais ils sont repartis aussitôt. Avec de la chance, les deux équipages auraient pu s’entretuer…

Amalya commanda une quatrième bière et la bu d’un trait en se disant qu’elle n’avait pas de veine. Elle allait devoir affronter ces pirates pour pouvoir quitter Stoneland. Elle demanda aux pêcheurs où se trouvait le repaire de leur capitaine et s’y rendit sur le champ sous le regard médusé de ces pauvres hommes. Elle traversa une fois encore le centre-ville et s’arrêta devant une grande auberge où était adossés deux types pas très nets.

- Eh les pouilleux ! Où est l’ours blanc ?

- Hein ? t’es qui toi ? Qu’est ce tu veux à notre chef ? S’étonna l’un des pirates.

- Mais c’est qu’elle a du cran la poupée. T’es drôlement mignonne dis donc. Approches un peu que je reluque ca de plus près, répondit l’autre.

Elle s’approcha du second et lui assena un bon coup de pied entre les jambes puis sortit son couteau et menaça le premier.

- Il est où ton bouffon de capitaine ?

Le pirate avala sa salive et fit signe de la tête vers l’intérieur du bâtiment. Alors qu’Amalya s’apprêtait à rentrer, elle entendit loin derrière elle un homme crier son nom. Elle se retourna et vit le doc qui lui faisait de grand signe.

- Que fais-tu là ?! Cria-t-elle.

- Attention !! Hurla le doc paniqué.

Le pirate qu’elle venait de menacer avait sorti son sabre et se préparer à l’attaquer lorsqu’une seringue se planta dans son œil, le faisant tomber raide mort. Amalya regarda le cadavre puis le doc et sourit.

- Pas mal pour un vieux.

- Un vieux plus en forme que jamais à tes côtés, répondit-il en lui faisant un clin d’œil.

- C’est original comme arme. Il y a quoi dedans ?

- De la batrachotoxine. Tu peux m’expliquer ce qui se passe ici ?

- C’est une longue histoire. En gros, je dois buter le gars qui vit ici pour pouvoir quitter l’île.

Leur conversation fut interrompue par un groupe de pirates qui se jeta sur eux armes aux poings. Amalya et le doc se défendirent aisément. Leurs adversaires n’étant pas très rapides, les deux amis purent donc reprendre leur discussion.

- Pourquoi tu veux reprendre la mer ? Tu n’avais pas quelque chose à faire ici ? Demanda le doc en évitant un couteau.

- L’homme que je devais voir n’est plus là. Votre bateau n’est plus au port, où sont les autres ? Fit-elle en donnant un coup de coude dans un nez qui passait par là.

- Notre drapeau est trop célèbre, le capitaine a préférait passer inaperçu en accostant dans une crique. Plusieurs d’entre nous sont en ville pour des courses.

- Tu crois que Shanks accepterai de me réinviter à bord du Red Force ?

- Je ne sais pas princesse. En tout cas moi, j’accepterai avec grand plaisir !

Un grognement assourdissant éclata dans l’auberge, faisant exploser toutes les fenêtres. Un grand type au crâne rasé sortit par la porte d’entrée. Son torse recouvert de poils blancs et ses petits yeux noirs lui donnaient effectivement un air d’ours polaire.

- C’est toi la petite chieuse qui me cherche ?

- Plus maintenant. Tu viens doc ?

Elle fit demi-tour et partit vers le centre-ville comme si de rien n’était. Le pirate grogna à nouveau et tous ses hommes se placèrent autour d’eux.

- Princesse ! Il faut toujours finir ce qu’on commence.

Le doc se jeta corps et âme dans la mêlée. Ses coups secs et précis les faisaient tomber un par un ce qui donna envie à Amalya de se battre. Elle se jeta à son tour sur les pirates et leur fit mordre la poussière également. Dos à dos, les deux compères se retrouvèrent au milieu des derniers hommes de l’ours blanc.

- Princesse, je m’occupe du capitaine et toi des sous fifres.

Alors qu’elle finissait de battre les rescapés, le doc frappa à de multiples reprises leur chef qui ne bronchait pas et finit par recevoir son premier coup de poing depuis le début de la bataille. Ce violent uppercut le fit tomber à genoux, à moitié K.O. Il leva les yeux vers son adversaire qui s’était transformé en véritable ours polaire.

- Merde, un fruit du démon…Murmura-t-il sous le choc.

Il avait pris cette bataille comme un jeu et n’avait pas envisagé que leur capitaine aurait une si grande force de frappe. Sous-estimer son ennemi était une erreur souvent fatale. Amalya allait être en danger s’il ne reprenait pas vite ses esprits. L’ours regarda la jeune femme et un horrible rictus étira ses lèvres.

- A ton tour petite chieuse.

Il bondit sur elle la gueule grande ouverte et planta ses crocs dans son bras lorsque son corps se mit soudainement à redevenir humain. Interloqué, il ne comprit pas de suite ce qu’il se passait jusqu’à ce qu’il voit sa main redevenue humaine ainsi que le sinistre sourire d’Amalya et ses iris aussi noirs et profond que le néant.

- Princesse ! Hurla le doc en lui lançant une de ses fameuses seringues.

Elle la rattrapa et l’enfonça dans le coup de son ennemi mettant fin à la bataille.

- C’est toi l’enfant que mon capitaine recherche depuis si longtemps…Souffla l’homme agonisant.

- De quoi parles-tu ? Je croyais que c’était toi le capitaine !

- Je ne suis qu’un de ses commandants… Quand il apprendra que tu es en vie….

- Qui est-ce ? Pourquoi me cherche-t-il ? S’énerva-t-elle tout en enfonçant encore plus profondément la seringue dans son cou.

L’ours blanc dont elle ne sut jamais le nom rendit son dernier souffle avant de mourir. Le silence qui s’en suivit fut brisé par les applaudissements des habitants qui avaient regardé l’affrontement du haut des toits et à travers les fenêtres. Amalya se tourna vers eux pour leur dire de dégager lorsqu’elle vit une tête rousse familière dans la foule. Shanks était assis sur un toit et lui fit coucou de la main. Elle poussa un long soupir, se sentant stupide d’avoir été observé par tant de monde sans s’en rendre compte et rejoignit le doc encore à genoux.

- Ca va doc ?

- Ouais. Montre-moi ton bras que je regarde s’il faut recoudre les plaies, tu saignes beaucoup.

Tandis que le docteur examinait ses blessures, Anna, qui avait elle aussi regardé toute la scène, leur proposa d’aller se reposer chez elle. Une fois tous attablé un verre de rhum à la main, Shanks engagea la conversation.

- J’aime beaucoup la sculpture sur votre façade.

- Merci, c’est l’œuvre de mon mari.

- Où est-il ?

- Je ne sais pas, répondit-elle en regardant Amalya avec toujours cette colère dans les yeux.

- C’est l’homme que tu devais voir ? Demanda-t-il à la jeune femme.

- Oui mais nous savons juste qu’il est parti vers l’Est et je dois absolument le voir.

- Je vois…Je peux t’aider à le retrouver si tu acceptes de voyager à nouveau parmi nous.

Amalya fut surprise qu’il lui propose son aide une fois de plus sans rien demander en retour.

- J’aimerai beaucoup être à nouveau ton invitée, c’est vraiment gentil de ta part.

- Je ne pense pas avoir dit que tu serais notre invitée.

- Quoi ? Comment ça ?

- Je veux bien t’aider à condition que tu fasses parti de mon équipage. Mes hommes t’apprécient, tu sais te battre et cette tendance a attiré les problèmes fait que l’on ne s’ennuie jamais !

C’était trop beau pour être vrai, faire partie de l’équipage de Shanks le roux, un des quatre empereurs du nouveau monde était une aubaine ! Avec des pirates aussi forts, elle pourrait certainement atteindre son objectif plus rapidement. A condition qu’elle arrive à se servir d’eux sans éveiller les soupçons, ce qui n’était pas chose aisée avec Ben qu’elle n’avait pas réussi à mettre dans sa poche. Si ça ne fonctionnait pas, elle pourrait toujours les quitter. Après tout, elle verrai bien le moment venu.

- C’est d’accord.

Le doc bu son verre d’un trait, le posa bruyamment sur la table et rigola à s’en décrocher la mâchoire.

- Je suis content !

- Retournons au bateau annoncer la nouvelle, nous fêterons ca ce soir comme il se doit. Merci pour votre accueil Anna.

Les deux pirates sortirent suivit de leur nouveau compagnon et d’Anna qui s’arrêta à la porte.

- Amalya, merci…

Amalya continua de marcher droit devant sans lui porter attention. La femme de Tino fronça les sourcils, baissa la tête puis rentra chez elle lorsqu’elle entendit enfin ce qu’elle espérait tant.

- Je te ramènerai Tino ! Cria Amalya le bras levé marchant toujours en direction du bateau.

Anna sourit. Son premier sourire depuis que son mari était parti.

***********

L’entrée d’Amalya dans l’équipage réjouit la plupart des pirates sauf Turgut qui gardait une certaine rancœur depuis leur combat amical, et Ben qui n’avait aucune confiance en elle. Avant de commencer la fête en son honneur, Shanks demanda le silence général.

- Amalya, avant toute chose, sache que les pirates ont un code d’honneur que tous doivent respecter scrupuleusement sous peine de sanction. Un pirate doit respecter chaque membre de l’équipage, il ne doit jamais voler, frapper ou tuer un autre pirate à bord, il ne doit en aucun cas livrer nos secrets, il doit obéir à son capitaine et enfin, il ne doit jamais s’échapper et abandonner l’équipage. Acceptes-tu de respecter et d’honorer ces règles ?

Ce code d’honneur n’avait aucune valeur à ses yeux. Elle était le genre de personne qui traçait sa route seule, sans se faire imposer de limite. Elle aimait faire ce qu’elle voulait quand elle le voulait. Par conséquent, ces règles la contrariaient mais elle s’y conformerai jusqu’au jour où elle n’aurait plus besoin d’eux. Du moins, elle essaierai…

- Oui je respecterai le code d’honneur des pirates.

- Alors je te souhaite la bienvenue à bord du Red Force !

La fête battait son plein lorsque Shanks rejoignit Ben à l’écart dans le jardin. Il lui offrit un verre et s’allongea dans un hamac.

- Capitaine… J’ai un mauvais pressentiment.

- Pourquoi ? Le crépuscule est magnifique, l’alcool coule à flots, l’équipage est heureux, que demander de plus ?

- Shanks… Ce n’est pas une femme ordinaire, elle est dangereuse, elle va nous attirer des ennuis. Toi qui aime la tranquillité, pourquoi l’avoir enrôlé ?

- Ca manque d’aventure en ce moment tu ne trouves pas ?

Shanks se releva et partit vers le pont débordé d’enthousiasme.

- Ben, je ne suis pas dupe.

Le soleil finit sa course derrière l’horizon laissant apparaitre une nuit plus sombre que jamais.


Dernière édition par Bibi le Mer 17 Juin 2015 16:20, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Jeu 21 Mai 2015 11:53 
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Chapitre 9 : Las Negras


25 ans plus tôt sur une île du nouveau monde


- Grand frère, tu vas trop vite !

- Tais-toi Lucie, il ne faut pas faire de bruit. Je savais qu’il ne fallait pas que je t’emmène !

La petite fille se tut et accéléra le pas. Hector garda le même rythme tout en jetant des coups d’œil aux alentours. Il connaissait cette immense jungle comme sa poche.

- On est bientôt arrivé Lucie, c’est près de la rivière.

- C’est vrai qu’il y a des bébés ?

- Le copain de papa a dit qu’il y avait une meute de loup dans le sud de la forêt. Alors je suppose qu’il y a peut-être des louveteaux. On y est ! Viens, on va monter dans l’arbre.

Les deux enfants escaladèrent un figuier des banians et sortirent leurs affaires pour la nuit. Le soleil s’était couché depuis un petit moment et, plus patients que jamais, ils attendirent en silence jusqu’à ce que Lucie entende un jappement. Un loup sortit de sa tanière suivit de trois louveteaux âgés de quelques mois. Ils se tinrent la main et admirèrent ce spectacle ne regrettant pas d’avoir les membres endoloris après avoir attendu si longtemps.

- Il y en a un de bizarre, je crois qu’il n’a pas de poils.

La lune n’étant pas pleine, la forêt était peu éclairée. Il sortit sa paire de jumelle et observa à nouveau la meute.

- Ce n’est pas un loup, c’est un bébé ! Cria-t-il stupéfait.

La meute leva les yeux vers les branches de l’arbre et couru aussitôt se cacher dans sa tanière. Les enfants retournèrent à leur village raconter ce qu’ils avaient vu donnant lieu à une nouvelle expédition composée de leurs parents et de quelques villageois. Le lendemain soir, les branches du figuier des banians se courbèrent sous le poids de ses hommes qui guettaient à leur tour la sortie nocturne des loups. La louve se montra la première, plus prudente que la veille, suivit du bébé humain tant attendu. Le père des enfants brandit son fusil vers la femelle et tira une fléchette anesthésiante. Une fois endormie, le groupe expéditionnaire entoura la louve inoffensive qui était courageusement protégée par l’enfant. Cette petite fille d’une vingtaine de mois fit frissonner tous les adultes par l’intensité de son regard noir et perçant.


************

Cela faisait trois mois que l’équipage du roux accostait d’île en île suivant la direction de la vivre card de Tino. Leur séjour variait selon ce qu’il y avait à découvrir mais aussi en fonction du temps de recharge du log pose, une boussole qui enregistrait le champ magnétique de l’île suivante afin de pouvoir s’y rendre. Ainsi, leur séjour pouvait durer de quelques heures à quelques semaines, ce qui, dans ce dernier cas, exaspérait Amalya qui ne souhaitait qu’une chose, retrouver son ami Tino le plus rapidement possible.

- Pfffff, il fait chauuuud !

Elle sortit du hamac et alla se baigner pour la quinzième fois de la matinée. La température était si élevée que les lattes de bois du pont en était bouillante. L’équipage, à moitié nu, traversait le bateau en courant pour ne pas se brûler les pieds.

- Je récupèrerai bien mon chapeau de paille….Murmura Shanks également allongé dans un hamac, sa chemise sur la tête.

- Capitaine ! Ils sont de retour ! Cria un de ses hommes du haut de la vigie.

Shanks descendit du bateau et attendit sur la plage le groupe mené par Ben qui était parti en expédition depuis cinq jours vers le cœur de cette île estivale.

- Il n’y a rien, que du sable à perte de vue, pas une âme qui vive. Et le log pose ?

- Toujours pas rechargé. Ça fait trois semaines que l’on est bloqué ici, ça commence à faire long.

Les deux hommes entendirent un cri et tournèrent la tête vers Amalya qui sortait de l’eau un poisson accroché au mollet. Elle le décrocha et le tint devant son visage.

- Tu ne me manges pas ! Qu’est-ce que je t’ai dit hein ? Personne ne me mange ! Personne ! Cria-t-elle au poisson tout en lui mettant des baffes.

- …J’espère que le log pose ne mettra pas six mois pour se recharger, certains sont déjà en train de perdre la boule. Les réserves d’eau diminuent, il n’a toujours pas plu et pas d’autres îles dans les alentours. On va peut-être devoir partir à l’aveuglette si ça continue comme ça.

- Restons encore quelques jours, le rechargement dépasse rarement les quatre semaines.

La nuit tombée, l’équipage s’habilla avec d’épaisses vestes et se réunit dans la salle à manger. Alors que la journée, la température avoisinait les cinquante degrés, elle chutait pratiquement à zéro degrés une fois le soleil couché. Amalya prit un bol de soupe et s’assit sur une banquette près des fenêtres, à l’écart des autres avec un livre à la main. Elle avait lu le carnet de bord relatant toutes leurs aventures et s’était attaqué à la bibliothèque. Alors qu’elle commença ce nouveau bouquin, une intuition naquit au fond d’elle. Elle referma le livre et se leva brusquement, faisant tomber son bol. Le bruit du fracas contre le sol attira l’attention des pirates.

- Ma soupe n’est pas bonne ? Demanda le coq.

Elle ferma les yeux pour mieux se concentrer et leva son doigt en l’air.

- Il pleut.

Les hommes regardèrent par les fenêtres et ne virent pas la moindre goutte de pluie. Ben fit tourner son doigt près de sa tempe à l’attention de Shanks qui répondit par une moue dubitative. Alors que l’équipage retournait s’asseoir à table, un énorme grondement se fit entendre suivit d’un éclat lumineux.

- Préparez les réservoirs, il faut récolter l’eau, allez on s’active ! Ordonna Shanks.

Entre le bruit assourdissant de l’orage qui tonnait et des pirates qui raclaient leurs chaises, Shanks réussit à entendre Amalya qui lui disait de regarder le log pose. Celui-ci venait juste de se recharger. Une fois l’orage terminé, le Red Force repartit en mer et prit huit jours pour atteindre Las Negras, une petite île printanière sale et sinistre où se retrouvait pirates, mafieux et joueurs invétérés afin de parier tout leur argent dans les combats, aux jeux de cartes ou de courses. L’équipage du accoster parmi les autres bateaux puisque toutes les plages et tous les quais étaient occupés.

- C’est fou le monde qu’il y a, on ne passera pas inaperçu, remarqua Yassop en descendant la passerelle.

- Il est ici, j’en suis sûre, c’est exactement le genre de ville qu’il aime ! Je pars immédiatement à sa recherche.

- Attends Amalya, tu ne pars pas seule.

Shanks constitua plusieurs groupes, un sur le bateau pour le protéger d’éventuels pilleurs, un pour le ravitaillement et un dernier pour retrouver Tino.

- On se retrouve au bateau à l’aube. S’il y a le moindre problème, vous appelez, chaque groupe a son escargophone. Lucky, Doc, Roar, allons-y.

Les trois hommes descendirent du bateau suivit d’Amalya qui aurait préféré être seule. Ils traversèrent le port et jetèrent un coup d’œil aux autres navires afin de voir s’ils connaissaient un drapeau.

- Il y a pas mal de navires civils et marchands, mais aucun de la marine. C’est étonnant qu’il y est autant de monde, il doit sûrement y avoir un événement exceptionnel. Regardez là-bas ! C’est le bateau des Foxy Pirates.

- Oui ? Tenez-moi au courant s’il se passe quelque chose. Shanks raccrocha. C’était Ben, ils ont aperçu de l’autre côté de l’île le bateau d’Eustass Kid. Je sens que cette nuit ne vas pas être de tout repos…

Un immense porte enseigne en bois délabré suspendu à deux poteaux indiquait l’entrée de la ville. « Las Negras, la ville de tous les péchés ». La rue principale, sombre et poussiéreuse, était cernée par de vieilles maisons abîmées. Certains murs, fendus et creusés par des impacts de balles témoignaient de la violence qui régnait sur cette île. Des femmes, dénudées et outrageusement maquillées, aguichaient les passants tout en surveillant leurs enfants qui jouaient ou faisaient l’aumône afin de gagner de quoi manger un repas par jour. Les hommes, quant à eux, se réunissaient dans des taudis qui faisaient office de salles de jeux et de bar pour y dépenser en alcool tout ce qu’ils avaient gagné aux cartes. Les odeurs d’urines et de sueur se mêlaient à celles de viandes grillées qu’exhalaient les restaurants miteux. Cette atmosphère, misérable et affligeante, fit frémir Amalya qui respira ces parfums à plein nez.

- Ca me rappelle tellement de souvenirs !

Ces compagnons l’observèrent avec surprise, se demandant quel genre de vie elle avait bien pu mener.

- Roar, Lucky, vous faites toutes les baraques de ce côté de la rue et nous deux feront l’autre.

Shanks et Amalya rentrèrent dans un premier bar où se déroulait un tournoi de poker et demandèrent aux joueurs s’ils connaissaient un homme du nom de Tino. Concentrés sur leurs cartes, ceux-ci ne prêtèrent pas attention à leurs questions ni à leurs têtes d’ailleurs. Ils firent la tournée des salles de jeux et des restaurants pendant une heure jusqu’à ce qu’Amalya finisse par apercevoir son ami dans une maison où se déroulait des combats de coqs.

- Capitaine, je te laisse questionner les prostituées, je vais voir les types près du gallodrome.

Elle demanda aux joueurs à combien se montaient les paris puis elle se plaça juste derrière Tino et lui chuchota :

- Ne bouge pas Tino, reste ici jusqu’à ce que je revienne.

Elle fit demi-tour et rejoignit Shanks à l’entrée.

- Rien ici non plus.

A nouveau réuni au bout de l’allée principale, les quatre pirates entendirent un brouhaha dans une rue voisine. Une foule d’une trentaine d’individus s’était amassée devant un grand bâtiment flambant neuf où était inscrit au-dessus de l’énorme porte d’entrée « Fight Club ». Un homme aux cheveux gominés et vêtu d’un costume rayé noir et blanc, debout sur un tonneau, interpellait les passants à l’aide d’un escargoparleur.

- Messieurs Dames, approchez ! Venez contempler la 18ème compétition du Fight Club qui ouvrira ses portes d’ici quelques minutes !

- Je comprends mieux maintenant pourquoi il y avait tant de navires. J’aimerai bien y participer ! Fit Roar, un membre puissant de l’équipage. Sa franchise et sa grande gueule avaient tendance à échauffer les gens mais son imposante silhouette refroidissait rapidement les esprits.

- On n’est pas venu pour ça, répondit Shanks décidé à continuer leur recherche dans le reste de la ville.

- S’il est ici, il viendra certainement voir cet événement. Allons jeter un coup d’œil, ça ne coûte rien non ?

D’immenses estrades surplombaient trois rings au centre de la pièce. A gauche de l’entrée se faisait les inscriptions au combat et à droite la prise des paris.

- Je reviens, une envie pressante...

Alors que la foule devenait de plus en plus dense, Amalya se dirigea vers l’arrière des rings en jouant des coudes et une fois hors de leur vue, elle se baissa et fit demi-tour vers la sortie en veillant à ce que ces compagnons ne la voient pas. Surexcitée à l’idée de le revoir, elle partit aussitôt rejoindre Tino. Son seul véritable ami qu’elle n’avait pas vu depuis deux ans était assis à la même place et n’avait pas bougé d’un pouce. Elle posa sa main sur son épaule et lui souffla à l’oreille :

- Qu’est-ce que tu paris cette fois-ci ?

- Mon bateau.

- Tu as un bateau !?

- Non. Tu n’aurais pas un peu beaucoup de fric sur toi ?

- …Démerde-toi, je t’attends à l’entrée. Fais vite, je suis pressée.

Elle arracha un rideau d’une fenêtre et s’en servi comme cape pour se camoufler puis s’adossa au mur près de la porte. Trente secondes s’écoulèrent lorsque Tino franchi l’entrée à toute vitesse suivi de deux types qu’il avait roulé. Amalya soupira et sortit à son tour.

- Eh les gars ! Il vous doit combien ?

Ils s’arrêtèrent et la scrutèrent de haut en bas. L’un des deux hommes, le visage caché par un masque troué bleu et blanc, répondit à sa question.

- Ton pote nous doit cinq millions de berry plus un bateau.

La jeune femme sortit de sa veste une liasse de billets qu’elle leur tendit.

- Tiens, dix millions et on oubli le bateau.

- Dix millions ne suffiront pas à laver cet affront, dit-il en mettant l’argent dans sa poche. Il va falloir m’offrir autre chose.

- Dans ce cas, il faut voir avec notre Capitaine.

- Vous êtes des pirates ? C’est lamentable, un poltron et une pisseuse. Un équipage a le capitaine qu’il mérite. Et qui est ce crétin qui vous sert de chef ?

- C’est un grand type, plutôt roux, avec une espèce de cicatrice sur l’œil… Ah ! En parlant du loup, il est là-bas !

Les deux hommes se retournèrent et virent Shanks qu’ils reconnurent immédiatement.

- Putain… Le roux…

- Laisse tomber Killer, allons prévenir le boss.

Amalya en profita pour s’éclipser et retrouva Tino planqué trois rues plus loin.

- Ma Lya ! Tu m’as sauvé ! S’exclama-t-il en la prenant par la taille avec l’intention de l’embrasser. Il se prit à la place une violente claque doublé d’un reproche.

- Tu devrais te faire greffer une paire de couille.

- …Tu les as tués ?

- Je ne tue pas à tout va… Je leur ai filé dix millions de berry.

- C’est une sacrée somme ! Tu les as obtenus comment ?

- Je les ai empruntés.

- Emprunté… Ce mot ne fait pas partit de ton vocabulaire… Viens, on va chez moi.

*************

- Merde ! Où est-elle passée ? S’énerva Shanks en cherchant cette fois-ci Amalya autour du fight Club.

- Cette manie qu’elle a de disparaitre ! S’inquiéta le doc.

- En même temps, ce n’est pas très malin de la laisser seule. Vous avez remarqué comment les gens la dévisageaient ? Une aussi belle poupée, ça se fait vite kidnapper ! Ça ne m’étonnerai pas qu’elle soit vendue comme esclave, surtout dans ce genre de ville. Enfin, moi je dis ça mais je ne dis rien… Dit Roar sous le regard glacial de son capitaine qui composait un numéro sur l’escargophone.

- Ben, oubli le ravitaillement, rejoignez-nous devant le Fight Club, Amalya a disparu.


dessin d'Amalya:
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Dernière édition par Bibi le Dim 8 Mai 2016 12:34, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Lun 8 Juin 2015 17:26 
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Chapitre 10: Duel de Capitaines

23 ans plus tôt sur une île du nouveau monde.

- HECTOR ! Va chercher le fusil ! S’égosilla l’homme à genoux, les yeux exorbités, tenant sa fille déchiquetée dans les bras.

Choqué, le corps couvert de lambeau de chair et de sang, il n’entendait plus les hurlements et les grognements autour de lui. En tant que simple paysan, son esprit n’était pas en mesure d’endurer autant de cruauté et de souffrance. Les joues déchirées, la mâchoire broyée, il caressa malgré tout le doux et magnifique visage de son enfant qui, à ses yeux, restait le plus beau de tous. Un tsunami avait dévasté le village, emportant avec lui la plupart des habitants. Puis les animaux avaient quitté la jungle pour venir s’attaquer aux rares survivants.

- PAPA ! J’ai le fusil !

- TIRE-LUI DESSUS !

Alors qu’Hector s’apprêtait à brandir son arme, un loup lui sauta à la gorge, arracha la veine jugulaire et repartit aussitôt, laissant le garçon s’étouffait dans son propre sang. Le père, devenu complètement apathique, tourna la tête vers la chose qui, pour lui, était responsable de cet enfer.

- Toi…Toi……C’est toi……

La petite fille de quatre ans, assise quelques mètres plus loin, plissa ses grands yeux noirs et sourit. Au même instant, un adolescent apparut à côté d’elle, surgissant de nulle part.

- Salut fillette, tu veux bien venir avec moi ?

Fascinée par le beau visage et la soyeuse chevelure noire de cet inconnu, elle acquiesça. L’adolescent la prit dans ses bras et tenta de se téléporter, sans succès.

- Tu m’as l’air d’être un sacré phénomène… Dit-il amusé.

La petite sur les épaules, il marcha jusqu’à un navire de la marine et monta à bord.

- Rasez-moi cette île.

Sous les ordres du jeune homme, les marines exécutèrent le Buster Call, la plus grande attaque militaire qui soit. Dix gigantesques navires de guerre bombardèrent simultanément l’île, la rayant définitivement de la carte.


*************

Située dans une petite impasse exiguë à la périphérie de la ville, Tino lui ouvrit la porte de sa maison. Le désordre qui y régnait était tel qu’Amalya ne voyait même pas le sol. Les fenêtres barricadées et les nombreux verrous à la porte témoignaient du sentiment d’insécurité qu’éprouvait son ami. Elle enjamba une multitude de déchets et de vêtements avant de s’asseoir sur ce qui semblait être un canapé.

- Ça fait combien de jours que tu ne t’es pas lavé ?

- Laisse-moi dix minutes et je suis tout à toi !

- Je ne suis pas sûre que dix minutes suffiront pour enlever toute la crasse…Railla-t-elle en enlevant un paquet de chips collé dans son dos.

Tandis que Tino se douchait avec frénésie, elle en profita pour explorer le capharnaüm qui gisait sur la table basse. Entre deux livres et une pomme moisie, elle aperçu un petit sachet hermétique contenant un mélange de tabac et d’herbe. Avachie dans le sofa, elle se roula un joint et le fuma lentement.

- Tu ne perds pas de temps ! Remarqua Tino nu comme un ver, une serviette dans les cheveux.

Amalya le reluqua et ne put s’empêcher de sourire. Le corps particulièrement bien dessiné de son ami le rendait attirant en dépit de son visage plutôt ingrat. Son nez tordu, ses dents cassées et sa lèvre supérieure fendue par une cicatrice ne l’empêchait pas de collectionner les conquêtes.

- Tu peux jouer avec si tu veux…Dit-il suavement en montrant son corps.

- Tu as maigri, l’absence d’Anna se fait sentir.

- …Donne-moi ce joint, c’est de la merde. Goûte plutôt ça. Il sortit d’un tiroir un pollen violet qu’il mélangea à du tabac de première qualité. Ça vient des îles célestes. Vas-y doucement, tu montes vite au septième ciel.

Amalya l’alluma et toussa à s’en décoller les poumons. Ils s’allongèrent tous les deux dans le canapé et observèrent les insectes qui tentaient de s’échapper du ruban anti mouche suspendu au plafond. Une minute s’écoula lorsque Tino entama la conversation.

- Tu as les joues creusées et les yeux beaucoup trop cernés à mon goût. Tu fais encore ces cauchemars ?

- Oui, chaque nuit. Il n’y a que ça qui me permet d’avoir un sommeil sans rêves, répondit-elle en montrant le joint céleste. Anna se porte bien si ça t’intéresse et tu ne la mérites pas. Je me suis aussi débarrassée de l’équipage de l’Ours Blanc.

- Lya…Tino soupira puis se redressa, regardant son amie droit dans les yeux. Je ne sais pas comment te le dire sans t’effrayer mais tu es dans la merde jusqu’au cou.

- Dis comme ça, c’est très rassurant. L’Ours Blanc n’était qu’un sous fifre et son capitaine me recherche depuis des années, c’est ça ?

- Sais-tu qui est son capitaine ?

- Accouche !

- C’est un des quatre empereurs, Kaido. Tous ces commandants ont la mission de te retrouver. Mais ils ne connaissent de toi que l’apparence physique que tu avais étant enfant ainsi que tes pouvoirs. Je ne sais pas comment il a découvert ton existence ni pourquoi il te veut absolument mais si tu restes discrète, tu ne devrais pas avoir de soucis, tu comprends ?

- Donne-moi un verre, ce que tu as de plus fort. Il lui en tendit un ainsi qu’une bouteille de rhum qu’elle but directement au goulot. Je ne me souviens pas de ma petite enfance, si je veux découvrir qui je suis, je dois faire en sorte que Kaido me trouve.

- Tu n’es pas en mesure de le battre !

- Ne t’en fais pas, ce n’est pas moi qui l’affronterai. J’ai trouvé des pantins qui s’en chargeront à ma place.

La drogue commença à faire son effet et Amalya eu une crise de fou rire qui fit sourire Tino.

- Je ne comprends rien mais je te fais confiance. Je vais chercher d’autres bouteilles, j’ai des champignons hallucinogènes d’East Blue !

Les deux compères passèrent les trois heures suivantes à se raconter leurs deux dernières années passées loin de l’autre.

**************

Cela faisait déjà une bonne partie de la soirée que Shanks et la moitié de son équipage recherchaient Amalya dans Las Negras. Une autre partie de ses hommes s’était éparpillé autour de l’île afin de surveiller les départs de bateau. Après avoir requestionné sans succès les habitants et les voyageurs, il décida, à bout de nerfs, de retourner au Fight Club.

Les cris et les applaudissements provenant de la grande bâtisse signifiaient que les combats avaient déjà commencé. La salle complètement bondée, personne ne remarqua dans un premier temps l’entrée de Shanks et de sa douzaine d’hommes qui se frayaient un chemin vers un ring jusqu’à ce que celui-ci monte dessus et éjecte d’un coup de poing le vainqueur du combat à l’autre bout de la pièce. C’est alors que le silence s’installa et qu’il put, pour la énième fois, questionner les spectateurs et les combattants abasourdis.

- Bien. Je recherche une jeune femme prénommée Amalya, d’environ 1 mètre 70, les cheveux longs, bruns et les yeux jaunes. Ça parle à quelqu’un ?

Personne ne répondit, encore sous le choc de voir Shanks le roux en chair et en os lorsqu’un spectateur leva fébrilement sa main, l’air craintif.

- J’ai… J’ai vu un… Un homme portant un masque bleu lui parlait dans la soirée. Il… Il est là-bas ! Répondit-il en montrant du doigt l’homme en question. Tous les regards se tournèrent vers lui, curieux de connaitre la suite de l’histoire.

- Ouais je l’ai vu, elle me doit du fric d’ailleurs ! Lança Killer, un pirate renommé.

Son capitaine, roux lui aussi, avec un bras entièrement mécanisé, monta sur un autre ring.

- Shanks le roux en personne. C’est un honneur de vous rencontrer.

- Eustass Kid, quelle surprise !

Le capitaine Kid, un pirate de la dernière génération, était connu pour sa cruauté et pour les gros dégâts qu’il occasionnait à chacun de ses passages. Possesseur du fruit du magnétisme, il était un ennemi redoutable.

- Pour répondre à votre question, mon équipage l’a effectivement aperçu il y a peu. Il sourit et se tut un instant. Il se trouve qu’elle nous doit un bateau. Il se tut à nouveau.

- Où est-elle ?

- Je ne sais pas, dit-il sur un ton provocateur en haussant les épaules.

Son équipage se réunit derrière lui, provoquant une recrudescence de murmures dans les tribunes. Le public était en partie composé d’équipages pirates plus ou moins forts venus au Fight Club pour s’y divertir mais également pour gagner le premier prix de la compétition. Mais en assistant au face à face de ces deux grands capitaines, ils virent l’opportunité de récupérer deux têtes portant des primes phénoménales. Ils brandirent alors à l’unisson leurs armes, prêts à combattre. Comprenant qu’il n’obtiendrait pas plus d’informations, le visage de Shanks s’assombrit et ses pupilles se contractèrent avant d’ordonner à ses
compagnons :

- Je veux un carnage digne de ce nom.

************

Tino finit la dernière bouteille d’alcool et la jeta sur le sol avant de manger un nouveau champignon.

- On est à sec ma Lya !

- Viens, y’a du saké sur le bateau !

Il se leva brusquement et sorti de la maison sans chercher à comprendre de quel bateau elle parlait. Amalya, quant à elle, gloussa à l’idée de voir son ami marchait dehors les fesses encore à l’air lorsque celui-ci rentra en courant les deux mains sur le sexe.

- ‘tain, tu aurais pu me dire que j’étais à poil ! S’exclama-t-il en enfilant un pantalon.

- Dommage… Soupira-t-elle un joint céleste entre les lèvres et deux autres dans les mains.

Euphoriques et imbibés d’alcool, ils titubèrent jusqu’au port. En chemin, elle tendit l’oreille vers ce qui semblait être le bruit d’explosion et de tirs.

- C’est drôlement animé au centre-ville, il doit y avoir un concert !

- Mais non, ce sont les oiseaux, l’aube ne va pas tarder à se lever.

Arrivé au Red Force, Amalya monta la passerelle quand elle entendit Tino derrière elle en train de gémir. Elle rit aux éclats lorsqu’elle le vit à quatre pattes, tremblant de tous ces membres.

- Meeeerde, la terre est basse….

- Mais tu es à vingt centimètres du sol !

Elle le porta sur ses épaules et monta tant bien que mal jusqu’à ce qu’elle soit stoppée en haut par un membre de l’équipage.

- Où étais tu bordel !?

- Je viens offrir un coup à mon pote !

Ils passèrent devant le pirate décontenancé et rentrèrent dans la cuisine où la jeune femme prépara deux casses croûtes accompagnés d’une bouteille de saké. Une fois le ventre plein, Tino reprit la discussion.

- On est où au fait ?

- Sur un bateau pirate, je fais partie de l’équipage.

- Le même qu’il y a deux ans ?

- Non, ils sont tous morts eux !

- Ah, okaaay. Et comment va William ?

Elle posa brutalement son verre, l’esprit submergé par de nombreux souvenirs.

- Je ne sais pas, ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu.

- Tu lui en veux encore ? Tu devrais retourner le voir, c’est quand même ton

Leur conversation fut interrompue lorsque le groupe affecté à la surveillance du bateau entra dans la salle à manger.

- Les gars ! Venez boire un coup avec nous !

Ils s’assirent à table pendant que le coq téléphona aux autres équipes pour annoncer la nouvelle mais aucun d’eux ne répondit.

- Il y a un feu d’artifice ! S’écria Amalya qui regardait les éclats lumineux à travers les fenêtres.

- Non, ça c’est le capitaine qui te cherche… Fit le coq exaspéré par son attitude.

Elle regarda Tino, l’air pantois, et lui proposa un autre verre, complètement déconnectée de la réalité. Les deux amis déconnèrent à nouveau ensemble faisant sourire certains pirates qui ne l’avait jamais vu dans un tel état d’allégresse.

***********

Les deux équipages s’affrontèrent tandis que leurs capitaines se jaugeaient encore. Le bruit des sabres qui s’entrechoquaient et des balles qui sifflaient envahir la salle faisant fuir les spectateurs qui craignaient pour leur vie.

Face à un ennemi aussi dangereux, le Kid engagea le combat au maximum de sa puissance. Grâce à son pouvoir magnétique, il fit léviter dans un premier temps toutes les armes des adversaires aux alentours ainsi que celles de certains de ses compagnons puis les rejeta comme un millier de flèches sur Shanks. Ce dernier, devinant l’attaque, endurcit son bras droit et lui porta aussitôt un coup qui fut contrecarré par un bouclier métallique fait de boulons et de plaques. Eustass Kid ricana lorsqu’il se prit un coup invisible qui le projeta dans la rue après avoir traversé une fenêtre. Sonné par cette attaque inattendue, il forma autour de lui une sphère en métal pour se protéger des autres combattants, le temps de reprendre ses esprits. Quelque chose clochait. Il était pourtant sûr d’avoir stoppée le coup de poing. Il désagrégea la sphère qu’il reforma en un gigantesque bras et détruit, sous l’effet de la colère, toutes les habitations aux alentours puis il retourna sur le ring, l’esprit consumé par le doute.

- Tu ne ricanes plus ? Se moqua Shanks amusé par la situation.

Le Kid se jeta sur lui enchainant coups sur coups tous évités par Shanks lorsque ce dernier fut cloué sur place, enclavé par des chaines.

- Essaye d’éviter ça !

Tous les objets métalliques de la pièce lévitèrent et formèrent une nouvelle sphère autour de Shanks, le coupant du reste du monde. Une cinquantaine d’épées s’élevèrent et transpercèrent la boule de part en part.

- Personne n’y a jamais survécu ! Cria-t-il avant de lever le piège dans lequel il n’y avait personne.

Effaré, le Kid chercha partout son adversaire qui se trouvait sur un autre ring.

- C’est impossible ! Tu étais juste devant moi !

- Il serait peut-être temps que tu mettes les lunettes que tu portes sur ton front… Se moqua à nouveau Shanks avant de redevenir sérieux. Il est temps d’en finir à présent.

Il ramassa une épée et fendit en deux le ring du Kid qui se prit au même moment un autre crochet invisible avant de ressentir une horrible douleur qui irradiait au niveau de sa cicatrice et de son bras manquant. Le décor changea soudainement et apparut devant lui un autre pirate. Eustass Kid revivait l’affrontement qui l’avait eu un an auparavant et qui lui avait pratiquement coûté la vie. Le décor changea à nouveau pour redevenir celui du Fight Club. Le Kid, terrassé par la douleur, à genoux devant Shanks, avait une épée pointée entre les yeux.

- Maintenant, tu vas me dire où elle se trouve.

- Je ne sais pas….

- Dans ce cas…

Shanks leva son arme et s’apprêtait à lui fendre le crâne lorsque le coq rentra dans la salle à moitié détruite.

- Capitaine ! Amalya est sur le bateau !

- Tu es chanceux le Kid… D’ailleurs tu portes bien ce nom. Tu n’es encore qu’un enfant. Reviens me voir dans 20 ans quand tu seras capable de contrôler correctement ton Haki.

Shanks et son équipage repartirent vers le bateau, laissant derrière eux un centre-ville incendié et partiellement détruit.


Dernière édition par Bibi le Mer 17 Juin 2015 16:18, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mer 17 Juin 2015 16:08 
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Chapitre 11 : Sous la lune le cœur se confesse



23 ans plus tôt, prison sous-marine d’Impel Down, 6ème niveau

- Alors c’est bien elle…

- A vous de me le dire Docteur Vegapunk. J’espère que ces locaux vous conviendront malgré leur vétusté. Nous vous avions préparé un laboratoire sur l’île des salamandres mais la fillette nous a causé quelques ennuis.

- Oui, j’en ai entendu parler. Ils sont tous morts n’est-ce pas ? C’est merveilleux… Dit le Docteur ébloui par la force de l’enfant.

- … Nous avons dû la droguer pour l’emmener ici, elle devrait se réveiller dans quelques heures.

- Impel Down n’est pas vraiment l’endroit approprié pour faire des expériences sur elle, nous sommes immergés dans l’eau, vous n’avez pas peur qu’elle tente à nouveau de s’échapper ?

- Tout se passera bien, je serais toujours présent à vos côtés.

La petite fille gémit et entrouvrit les yeux. Enchainée sur une table, elle regarda les deux hommes sans imaginer une seconde le calvaire qu’elle endurerai pendant trois ans.

- Je croyais qu’elle ne devait pas se réveiller avant plusieurs heures !

- Nous lui avions pourtant administré une dose de cheval. Aucune importance, elle est entièrement à vous Docteur. Peu importe les méthodes que vous utiliserez, nous voulons rapidement des résultats, nous nous comprenons ?

- Bien sûr jeune homme. Il semblerait que nous passions beaucoup de temps ensemble. Peut-être pourrais-je vous appeler autrement ?

L’adolescent se dirigea vers un coin de la geôle et s’assit par terre.

- Space. On m’appelle Space.


*************

Accompagné de ses hommes qu’il avait dispersé sur l’île, Shanks monta à bord de son bateau et rejoignit le reste de l’équipage dans la salle à manger. Dans un premier temps soulagé de savoir qu’il ne lui était rien arrivé, la colère le gagna petit à petit lorsqu’il vit, à travers la fine pellicule de fumée qui avait envahi la pièce, Amalya en train de danser le French cancan sur la table au côté d’un homme qui jouait de la guitare. Ce dernier jeta l’instrument qui alla se fracasser au pied de Shanks et empoigna la jeune femme pour commencer un tango. Complètement ivres, ils cassèrent la vaisselle des pirates qui s’étaient attablés en attendant le retour de leur capitaine.

- Je crois que tes compagnons sont de retour, murmura Tino en faisant tourner son amie sur elle-même.

- Capitaine ! Il était temps que vous arriviez, on a failli attendre ! Allez, il reste plein de bouteilles à siffler ! Cria-t-elle en montrant les bouteilles déjà vides.

- Je ne pense pas que ce soit le moment de faire la fête, rétorqua Shanks énervé. Arrête tes conneries et descends de la table.

- C’est ton capitaine ? C’est marrant, j’ai l’impression d’avoir déjà vu sa tête quelque part… Marmonna Tino en pleine réflexion.

- Quoi ?! C’est pourtant toi qui dis que toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête !

Elle descendit de la table et ramena un verre à Shanks.

- Allez c’est bon, décoince toi un peu et danse avec nous !

- Je t’avais dit de ne pas partir seule pour chercher ce type ! Fulmina-t-il en rejetant le verre. Il serait temps que tu comprennes où est ta place ! Tu te soumets aux ordres que je te donne, tu n’es pas une exception !

L’esprit altéré par les drogues et l’alcool, Amalya n’était plus en mesure d’ajuster son comportement en fonction du but qu’elle s’était fixée. Elle oublia les raisons pour lesquelles elle avait intégré l’équipage et révéla au grand jour son véritable caractère. Elle serra les dents et ferma ses poings, retenant le flot de rage qui la submergeait. Elle marcha d’un pas lent, faisant des allers retour entre Shanks et la table tel un fauve faisant les cents pas.

- Lya… Calme-toi. On va discuter tranquillement d’accord ? Intervint Tino qui la connaissait par cœur.

Il saisit la jeune femme par les épaules et tenta de l’asseoir sur une chaise qu’elle attrapa aussitôt et jeta violemment en direction de Shanks.

- PERSONNE ne me donne d’ordre Shanks ! PERSONNE ! Hurla-t-elle le visage rouge de colère. Je ferai toujours ce qu’il me plait et le mec qui m’en empêchera n’est pas prêt de naitre !

Shanks l’attrapa par la veste et la plaqua au mur, lui coupant le souffle.

- Alors pourquoi as-tu accepté de rentrer dans mon équipage ! Cria-t-il à son tour. On te considère tous comme un membre à part entière au point d’avoir détruit ce centre-ville merdique pour te retrouver ! Tu ne vois donc pas à quel point nous étions inquiets ? Arrête de te comporter comme une gosse égoïste et capricieuse et pour une fois, deviens une vraie femme sur qui on peut compter !

- Tu ne comprends vraiment rien ! Je me fous de vos états d’âme ! Et j’en ai encore plus rien à foutre de toi et de ton putain d’équipage ! Lâche-moi enfoiré !

Blessé par ses propos, Shanks évacua sa rage en utilisant le Haki des rois au maximum de sa puissance contre Amalya malgré les cris du Doc qui lui disait d’arrêter. Complètement terrifiée, elle eut encore le réflexe de se protéger le visage lorsqu’elle le vit lever son poing et frapper le mur juste à côté d’elle laissant un énorme trou par lequel on pouvait voir la mer.

- Si c’est ce que tu penses vraiment, alors dégage de mon équipage ! Je méprise les gens comme toi !

Il sortit de la pièce laissant ses hommes choqués par leur violente dispute. Le doc s’approcha d’Amalya encore debout contre le mur, le corps figé par la peur et le regard perdu dans le vide.

- Princesse, ça va ?

Elle le regarda avant de tomber à genoux et vomit tout ce qu’elle avait ingéré durant la nuit. Le visage blanc et dégoulinant de sueur, elle leva les yeux vers Ben qui lui lança un regard désapprobateur avant de sortir à son tour. Les jambes fébriles et l’esprit brisé, elle réussit à se relever et retourna dans sa chambre où elle tomba sur le lit, inconsciente.


***********

Malgré la nuit noire, Ben n’eut aucun mal à trouver son capitaine à l’autre bout du bateau, debout sur la tête de proue.

- Capitaine, je crois qu’il

- Pas maintenant Ben.

- …

Ben partit alors s’allonger dans un hamac à la poupe du bateau et s’alluma une cigarette, regardant les étoiles disparaitre et réapparaitre au gré des nuages. Trente minutes s’écoulèrent lorsque Tino rejoignit Shanks, plus sérieux que jamais.

- Capitaine Shanks, bien que le moment ne soit pas opportun, j’aimerai me présenter à vous et en profiter pour vous dire une seule chose. Je m’appelle Tino, je suis l’ami d’Amalya, certainement le seul d’ailleurs. De toutes les personnes que j’ai pu rencontrer tout au long de mon existence, Amalya est la seule à qui je confierai ma vie aveuglément.

Il fit demi-tour lorsque Shanks l’interpella.

- Dis-m’en plus.

Tino sourit. A son tour d’aider son amie.

- Elle est menteuse, voleuse, froide, égoïste et violente. Elle voit le mal partout, elle méprise pratiquement tout le monde et ne s’attire que des problèmes. Elle ne supporte pas l’autorité, le contact physique et les humains en général.

Shanks le regarda, surpris par ce discours dévalorisant. Tino sourit encore plus.

- Elle adore regarder les couleurs chatoyantes des fleurs et sentir leurs parfums. Elle aime entendre les nourrissons babiller et observer les enfants jouer ensemble. Elle aime la présence des animaux et dormir près d’eux. Mais ce qu’elle préfère par-dessus tout, c’est sentir la fraicheur de l’eau contre sa peau et nager le plus profondément possible vers les abysses, loin de la civilisation, afin de goûter, seulement quelques instants, à ce sentiment qu’elle chérit par-dessus tout, la paix intérieure.

Tino s’assit sur l’herbe, se roula un joint et regarda la lune dont la lumière illumina son visage couvert de larmes.

- Elle est courageuse, brillante, forte et mon dieu ce qu’elle est belle…. Loyale, elle affronterai l’humanité entière pour aider ceux qu’elle estime. Là où nous voyons de l’amour et de la douceur, elle n’y voit que du désespoir et de la douleur. Son cœur remplit de tristesse et de solitude me brise le mien. Je n’ai jamais pu l’aider, ne serait-ce qu’à frôler le bonheur mais je sais qu’elle le mérite plus que quiconque. Je souhaite un jour détruire son masque fait de colère et de haine et faire apparaitre l’ange animé par la joie et la compassion que je vois depuis toujours.

Le pirate observa cet homme, non pas l’ivrogne immature qu’il avait rencontré une demi-heure auparavant, mais un homme sincère et lucide qui venait de partager ses sentiments les plus intimes à un inconnu. Shanks se retourna, fixa l’horizon et souffla :

- Merci.

***********

La terreur parcouru chaque cellule de son être. Tous les boucliers de son esprit qui l’a protégé de la folie furent détruits un par un par cette vague de haine qui submergeait tout sur son passage. Sans défense, son âme sombra petit à petit dans les abysses de la souffrance. A l’aide…. Au secours… Aidez-moi…
- Ça suffit ! Vous allez la tuer !
Cette voix… Quelle belle voix… Je t’en supplie sauve moi….


************

- Lya ! Lya ! Réveille-toi !

Amalya était tombée de son lit et gisait sur le sol, le corps parcouru de violentes secousses. Tino la gifla à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience. Elle se recroquevilla alors sur elle-même et murmura des phrases incompréhensibles.

- Quoi !? Qu’est-ce que tu dis ?

- Il… Il…Pareil…Cette force…

Sa respiration s’accéléra de plus en plus vite jusqu’à ce qu’elle reperde connaissance.

***********

Je survivrai, quoiqu’il arrive, quoiqu’il m’en coûte, je te promets que je survivrai. Etouffe moi, brûle moi, frappe moi, tu peux briser mon corps mais tu ne briseras plus jamais mon esprit car je sais que bientôt, je serai libre !

***********

- Princesse ? Ca va aller, on est là…

- Doc… J’ai soif…

A peine éveillée, Amalya bu quelques gorgées et perdit à nouveau connaissance.

***********

Une soupe encore fumante était posée sur la table de chevet. Tino, assis au bout du lit, adossé contre le mur, dormait paisiblement. Voir son ami veiller sur elle lui fit chaud au cœur. Elle regretta un instant de ne pas être plus douce envers lui. Ce n’était pas dans son caractère d’être démonstratif de ses sentiments. Tino s’y était fait même s’il tentait constamment de lui faire des avances. Quel idiot… Elle le couvrit avec sa couverture et se dirigea vers la porte.

- Tu peux être gentille quand tu veux…

- Tu ne dormais pas…

- Comment te sens-tu ?

- Je ne sais pas trop… Sereine je crois.

- Vraiment ? Tu as pourtant fais que crier et lutter dans ton sommeil pendant quatre jours.

- Quatre jours !

- Le doc pense que c’est en partie à cause de la drogue.

- En partie… Et Shanks ? Encore furieux ?

Tino repensa à la conversation qu’ils avaient eue ensemble. Ce pirate était quelqu’un de bien. Amalya et Shanks finiraient tôt ou tard par se lier d’amitié voir davantage. D’un amour égoïste et destructeur, Tino ne la voulait que pour lui.

- Tu aurais pu me dire que c’était Shanks le roux ton nouveau capitaine… Peu importe, je crois qu’il n’est plus en colère.

- Tino, des souvenirs me reviennent. Tous ces cauchemars ne sont que des bribes de souvenirs qui remontent à la surface. Il y avait cet adolescent… Je le revois constamment me torturer. Quand Shanks à utiliser ce pouvoir contre moi, ça m’a rappelé ce gamin qui me faisait exactement la même chose.

- Tu parles du Haki des rois. C’est impressionnant. J’en avais entendu parler mais je ne l’avais jamais vu.

- Haki des rois… Je déteste ça… Que dois-je faire ?

- D’abord t’excuser. Puis rester dans cet équipage pour retrouver Kaïdo comme tu l’avais prévu. Shanks est un pirate très puissant, ne te le mets pas à dos, conduis toi comme les autres membres en attendant que je trouve où navigue Kaïdo.

- M’excuser… Je vais devoir supplier ce type de me garder alors que j’ai qu’une envie, celle de lui arracher les yeux et

- Ok ok ! Allez courage, ce ne sont que des mots. Sois convaincante, comme d’habitude.

Amalya sortit de la chambre et monta sur le pont. Le bateau était toujours à quai au port de Las Negras. Le pont vide de monde et le soleil à son zénith, elle en déduisit qu’il devait être en train de manger. Face aux portes de la salle à manger, elle réfléchit un moment avant de les franchir, plus déterminée que jamais.

A son apparition, tous les pirates s’arrêtèrent un instant de manger et de parler avant de reprendre aussitôt leur conversation. Décontenancée, elle ne comprit pas leur étrange comportement. Ses propos durant la dispute auraient dû les blesser ou les énerver mais ils agissaient comme si de rien n’était. Le doc, en tête de table, lui fit signe de venir s’asseoir à côté de lui. Elle s’avança pour le rejoindre pensant qu’elle n’aurait finalement pas besoin de s’excuser mais elle se ravisa. Non. Elle devait présenter des excuses et leur prouver ainsi qu’elle regrettait ses actes. Par la repentance, elle renforcerai ses liens factices avec l’équipage.

- Capitaine !

Toutes les têtes se tournèrent une fois de plus vers elle, sauf celle de Shanks.

- Je m’excuse !

Elle baissa la tête et ferma ses poings.

- Je m’excuse pour tous les problèmes que je t’ai causés et je regrette de t’avoir blessé avec mes propos. J’ai été égoïste, immature et irrespectueuse. Cela ne se reproduira plus.

Elle regarda tous les pirates un à un et reprit la parole en portant son dernier regard sur le doc.

- Je ne pensais pas ce que j’ai dit. Faire partie de cet équipage est un honneur. Plus que des compagnons, vous êtes devenus ma famille. J’ai beaucoup de défauts et j’ai mauvais caractère mais je vous promets de devenir un membre digne de l’équipage du roux.

Shanks leva enfin les yeux vers elle.

- J’accepte tes excuses. La colère nous fait parfois dire des absurdités…. Ce qui fait la force d’un équipage, ce n’est pas seulement sa puissance physique, c’est aussi la confiance et le respect que se portent chacun des membres. En n’en faisant qu’à ta tête, tu brises ces règles qui nous unissent et tu mets en péril cette harmonie qui nous préserve de la discorde. Ne t’avise plus jamais de mettre en danger la cohésion de mon équipage car je ne serai pas aussi clément…

Le corps parcouru d’un frisson, Amalya hocha la tête. Le message était bien passé. Elle avait fait l’erreur de croire que Shanks était un homme doux et naïf. Elle comprit alors qu’il lisait en elle comme dans un livre ouvert. Ses mensonges et son attitude ne l’avaient jamais dupé. Sa force et son impressionnante perception en faisait un homme très dangereux. Comme une arme à double tranchant, elle pensait pouvoir le manipuler à sa guise mais à tout moment, cela pouvait se retourner contre elle. Quelle conne ! Pensa –t-elle avant de s’asseoir près du doc.

Content qu’elle soit à nouveau parmi eux, les pirates s’esclaffèrent en se remémorant les facéties d’Amalya sous l’emprise de la drogue. Le coq lui apporta une assiette de champignons à la crème lorsqu’il la vit devenir pâle, le front transpirant à grosses gouttes. Il fit brusquement demi-tour et lui ramena une assiette de viande.

- Tu ne devrais pas voir d’éléphant bleu avec ça !

***********

Au crépuscule, Shanks décida enfin de quitter l’île. Alors que les pirates hissaient les voiles, Amalya, sur le quai, disait au revoir à son ami Tino.

- Prends soin de toi ma Lya.

- … Retourne voir Anna, elle a besoin de toi. Envoi moi Clakbek quand tu as un message à me transmettre. Cet oiseau est capable de me retrouver n’importe où.

- Pardonne moi pour ce que je vais faire.

Il s’approcha d’elle, la prit dans ses bras et l’embrassa tendrement avant de se prendre une violente claque qui lui cassa une nouvelle dent.

- Tu vas finir par ne plus avoir de dents abruti ! Cria-t-elle avant de remonter sur la passerelle.

- Moi aussi je t’adore ! Passe le bonjour à William de ma part !

Le Red Force leva l’ancre et s’éloigna lentement de cette sinistre île. Tino regarda partir son amie le cœur lourd. Il n’avait jamais osé lui dire mais il était éperdument amoureux d’elle. Il vit alors Shanks qui l’observait du pont. Une seule et unique pensée lui traversa l’esprit.

- J’espère que tu finiras comme les autres pirates qu’elle a rencontrés. Mort !


Un petit commentaire ça ferait plaisir !!


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 15:39 
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Chapitre 12 : Comme un poisson dans l’eau

- Mais il y a au moins trente kilos de patates à éplucher !

- Après, tu me videras tous les poissons et tu mettras la table, rajouta le coq.

Amalya soupira. Depuis leur départ de Las Negras, le capitaine lui faisait faire toutes les corvées. Chaque jour, elle devait participer au nettoyage du bateau, à la préparation des repas, faire la vaisselle et manipuler les voiles et les cordages.

- Il est vraiment rancunier !

- Tu as ce que tu mérites. Tu pensais te la couler douce après lui avoir désobéi ? Crois-moi, tu as de la chance qu’il ne t’est pas demandé de faire en plus la vigie.

- Je dois la faire ce soir…

Le coq rigola et lui tapa l’épaule.

- Courage, tu dormiras demain entre deux corvées !

En fin de soirée, les pirates partirent se coucher tandis qu’Amalya monta à la hune pour surveiller l’horizon. Finalement, ce travail était plutôt agréable, il suffisait de s’asseoir et de regarder la mer. Le calme et la douce brise la détendirent, lui faisant oublier la fatigue accumulée ses derniers jours. Elle repensa à Tino. Celui-ci ne devrait pas tarder à accoster à Rock City. Peut-être lui enverrai-t-il une lettre. Passe le bonjour à William lui avait-il crié avant qu’ils ne se quittent. William… Elle ne l’avait pas vu depuis des années, il était temps qu’elle retourne le voir. Elle sortit le carnet de sa veste et regarda les initiales W.B. Cela faisait des semaines qu’elle ne l’avait pas feuilleté. Elle tourna la première page lorsqu’elle sursauta au son d’une voix.

- Yo !

- Yasopp ! Que fais-tu là ? C’est moi qui suis de garde cette nuit.

- Je n’arrivais pas à dormir. Alors je viens te tenir compagnie. C’est quoi ce livre ?

- C’est rien, répondit-elle avant de le remettre dans sa veste.

Yasopp l’observa un instant et sourit.

- Décale-toi que je puisse m’asseoir.

Côte à côte, ils regardèrent l’océan durant une heure sans prononcer un mot lorsqu’il finit par rompre le silence.

- J’ai un fils.

Amalya le regarda, surprise par cette confidence. L’idée que des pirates puissent avoir une famille ne lui avait jamais traversé l’esprit. Lors des escales, il y a avait toujours des prostituées avec qui ils pouvaient assouvir leur désir mais de là à faire des enfants.

- Je vivais sur une petite île avec ma femme et mon fils lorsqu’un matin, Shanks accosta avec quelques pirates. L’appel de la mer a été plus fort…

- Tu as laissé tomber ta famille pour lui ? Tu parles d’un père modèle…

Yasopp, étonné par sa franchise, se mit à rire.

- J’avais toujours voulu devenir pirate et l’occasion s’est présentée. Mais parfois, nos désirs nous font oublier l’essentiel.

- Tu regrettes de les avoir abandonnés ?

- Non, pas du tout. Je suis heureux de faire partie de l’équipage de Shanks.

- Ton histoire n’a aucun sens. Qu’essayes-tu de me dire ?

- Rien. J’avais juste envie de discuter !

Il rit à nouveau et reprit sur un ton plus sérieux.

- Shanks est un homme bien.

Amalya fronça les sourcils et haussa les épaules.

- Si tu le dis…

Elle se leva et scruta l’horizon. Un frisson parcouru son corps puis le pressentiment que quelque chose allait arriver.

- Yasopp, tire la sonnette d’alarme.

- Quoi ? Tu vois un bateau ? Dit-il en se levant brusquement.

- Non, je ne vois rien.

- Si je sonne l’alerte pour rien, c’est moi qui devrais faire toutes les corvées…

Il s’apprêtait à se rasseoir lorsque le tonnerre gronda puis un éclair fendit le ciel, illuminant une dizaine de tornades à l’horizon.

- Putain !

Yasopp déclencha l’alerte et en moins d’une minute, tout l’équipage se rassembla sur le pont.

- Capitaine ! C’est une tempête du siècle ! Droit devant !

- Tout le monde à son poste ! Hurla Shanks à ses hommes. Yasopp ! Reste là-haut pour nous avertir de son déplacement ! Amalya ! Rentre à l’intérieur !

- Quoi ?! Mais je peux vous aider !

- Tu ne discutes pas, c’est un ordre !

- C’est quoi une tempête du siècle ? Demanda-t-elle à Yasopp.

- C’est une tempête que l’on voit très rarement. Elle est si violente que peu de bateau arrive à la traverser. Grouille-toi de rentrer !

Elle descendit de la hune et passa devant Shanks en lui lançant un regard noir avant d’aller se réfugier dans la cuisine. Surexcitée, elle observa à travers la fenêtre les pirates tirer sur les cordes et courir dans tous les sens. Les ordres que donnait le capitaine s’entendirent de moins en moins à mesure que les tornades se rapprochaient. Soudain, le bateau chavira, percuté par une vague, faisant tomber tous les hommes.

- Un homme à la mer ! Un homme à la mer !

Ne tenant plus en place, Amalya retourna sur le pont. Faites d’eau, les tornades qui encerclaient le Red Force reliées le ciel à la mer. La pluie, incessante, ne permettait pas de voir distinctement à plus de trois mètres. Tandis que les pirates s’attachaient à tout ce qui semblait solides, Shanks, quant à lui, fendait à l’aide de son sabre les gigantesques colonnes d’eau en deux. C’est impossible, pensa-t-elle choqué par ce spectacle. Aucun homme ne peut faire ça !

Le bateau chavira à nouveau faisant glisser la jeune femme jusqu’à la balustrade. La bouche pleine d’eau et les cheveux collés au visage, elle tenta de se relever lorsqu’elle sentit quelqu’un l’attraper par le bras.

- Que fais-tu là ? Retourne à l’intérieur !

- Ben ? Merde, je ne vois rien ! Je crois que quelqu’un est tombé dans l’eau !

- Je sais, on s’en occupe, dépêche-toi bordel !

Ben l’aida à retourner vers la cuisine lorsqu’elle se colla contre lui, défit l’écharpe qu’il portait autour de la taille et se noua les cheveux avec.

- Qu’est-ce que tu fous ?! Ce n’est pas le moment !

- Je fais aussi partie de cet équipage et il n’est pas question que j’aille me planquer pendant que vous risquiez vos vies !

Elle courut vers la balustrade et sauta par-dessus bord.

Dans le noir total, ballotée dans tous les sens par le courant, elle réussit à remonter à la surface. La tête hors de l’eau, elle crut entendre les cris d’un homme à seulement quelques mètres lorsqu’elle aperçut dans le creux d’une vague un pirate accroché à une bouée.

- Viens vite t’accrocher Amalya !

- Cornaq ? Je suis venue te secourir mais il semblerait que tu n’es plus besoin de moi !

- Impossible de remonter sur le bateau, on n’y voit rien et ça bouge beaucoup trop ! Tu es folle d’être venue, tu aurais pu te noyer !

Tandis que les tornades disparaissaient une par une et que la pluie se calmait, une immense vague, bien plus grande que les autres, recouvrit le Red Force, happant au passage les deux pirates. A nouveau dans l’obscurité, agités comme des poupées de chiffon, Amalya vit l’espace d’une seconde, à la lueur d’un éclair, Cornaq se cognait violemment contre la coque du bateau. Elle nagea de toutes ses forces vers lui, consumant petit à petit l’oxygène que contenaient ses poumons. Capable de tenir quinze minutes sous l’eau, elle pensait avoir suffisamment de temps pour récupérer son compagnon et remonter à la surface. Mais elle n’avait pas envisagé que la tempête avait apporté, dans son lot de désolation, des centaines de débris dont l’un d’eux la percuta en plein ventre, lui faisant perdre pratiquement tout son oxygène. Le souffle coupé, elle réussit malgré tout à récupérer Cornaq, déjà inconscient, lorsqu’une nouvelle vague les entraina vers les profondeurs.

Les poumons vides d’air, Amalya sentit la fin arriver. Immobile, elle regarda la surface s’éloigner sans chercher à lutter pour la vie. Elle se sentait si bien. L’eau s’insinua dans sa poitrine, son rythme cardiaque ralentit. Une partie de sa vie défila alors devant ses yeux en seulement quelques secondes. Les visages de Tino et William défilèrent en boucle pour finir sur celui de Shanks. Son cœur s’arrêta et elle perdit connaissance.

Dans le néant absolu, une petite étincelle jaillit de nulle part.

- Trop tôt. Il est encore trop tôt pour revenir. Retournes accomplir ton destin.

Son cœur battit une fois. Deux fois. Trois fois. A travers ces yeux noirs, elle revit la surface, lointaine mais accessible. Comment ai-je pu oublier une telle chose ? Je peux respirer sous l’eau ! Ultra-sensible, elle ressentit au plus profond d’elle l’énergie de chaque être vivant aux alentours. Une félicité absolue l’envahit quand elle comprit que l’eau n’était qu’une partie d’elle-même. Elle bougea lentement sa main devant elle de gauche à droite et provoqua un grand courant tourbillonnant. Les larmes qui coulèrent de ses yeux se mêlèrent à celle de l’océan qui pleurait son retour. Comment ai-je pu oublier ?

D’un seul battement de pied elle se propulsa vers Cornaq qui flottait à dix mètres d’elle. Elle l’attrapa et d’un second battement de pied, ils atteignirent la surface. La tempête passée, Shanks leur lança une corde et les pirates les aidèrent à remonter sur le bateau. Une fois sur le pont, le doc se jeta sur Cornaq afin de le ranimer. Amalya, à genoux, se frappa la poitrine et vomit toute l’eau qui avait inondé ses poumons. Redevenus jaunes, elle leva ses yeux vers le ciel et sourit.

- C’est un miracle que vous soyez en vie ! S’écria Yasopp.

Shanks s’assit à côté d’elle et lui dégagea les mèches de cheveux collées sur le front.

- Oui, c’est un miracle… Murmura-t-il en admirant la jeune femme.


***************

La nuit suivante se fut au tour de Yasopp de faire la vigie. Amalya s’était proposé de la refaire mais Shanks avait refusé, préférant qu’elle se repose.

- Ça fait combien de temps qu’elle est là ? Demanda Shanks à Yasopp posté à la hune.

- Depuis que les autres se sont couchés, ça doit faire quatre heures maintenant.

Shanks s’accouda au bord du poste d’observation et l’observa plus attentivement.

- Je crois qu’elle médite Capitaine.

- Il s’est passé quelque chose durant la tempête. Son aura est différente. Elle semble plus calme.

- Elle a failli mourir, ça changerai n’importe qui.

- Non ce n’est pas ça. Ce n’est sûrement pas la première fois qu’elle frôle la mort. J’ai l’impression qu’elle a pris conscience de quelque chose mais je ne saisis pas quoi.

- Alors il suffit de lui demander Capitaine…

Shanks marmonna une excuse avant de retourner se coucher tandis que Yasopp, amusé, continua son tour de garde.

***********

- Terre en vue ! Hurla la vigie au lever du jour.

- Il était temps ! Râla Shanks qui n’avait pas réussi à se rendormir. Allez, tout le monde se bouge ! Grouillez-vous !

De mauvaise humeur, il cria au coq de préparer du café et tira violemment du lit tout son équipage. Après avoir quitté Las Negras, il avait décidé de faire route vers une île touristique pour y vendre le premier prix que son équipage avait récupéré au Fight Club, un trésor d’une valeur de cent millions de berry. Une fois l’encre jetée dans une petite crique à l’écart de la ville, Amalya, pressée de faire un tour, descendit la passerelle la première.

- Que fais-tu ? Demanda Shanks brusquement.

- Je vais voir les boutiques, j’ai besoin de fringues.

- Et avec quel argent vas-tu les acheter ?

- Nous sommes des pirates, nous n’avons pas besoin de payer.

- Nous ne sommes pas ce genre de pirates. Tu nous attends. J’ai besoin de monde pour transporter le trésor. Tiens, prends ce sac !

Il lui lança une lourde sacoche rempli d’or et de joyaux avant de rajouter :

- Tiens-toi tranquille, compris ?

- Oui Capitaine…

Enfin prêt, le groupe chargé de vendre le butin rejoignit la ville, Shanks en tête.

Costa Del Sol était une cité balnéaire très prisée par les riches et les nobles. De ce fait, Shanks ne souhaitait pas s’éterniser car les pirates n’étaient pas les bienvenus. Amalya, quant à elle, aurait aimé visiter chaque rue de cette jolie ville au maison bleue et blanche. Mais avec le capitaine à ses côtés, cela lui était impossible. Elle ralentit malgré tout le rythme et observa chaque vitrine avant de s’arrêter devant l’une d’entre elles. Une boutique de vêtements pour femme proposait toute une panoplie de gamme plus jolie les unes que les autres. Envieuse, elle regarda sa tenue délabrée et effilochée puis caressa la sacoche, tenté de troquer un petit joyau contre un nouvel ensemble.

- N’y pense même pas, je sais exactement ce que contient ton sac, murmura Shanks à ses côtés. Dépêche-toi, on n’a pas que ça à faire. Pourquoi faut-il toujours que je sois obligé de te surveiller ?

Arrivé au bureau de change, Shanks s’occupa d’échanger le butin tandis que ses hommes attendaient dehors. Les passants, attirés par leur étrange dégaine, leur jetaient des regards hostiles.

- T’as un problème ? T’as vu ta tronche ?! C’est pas ma faute si mon Capitaine est radin, maugréa Amalya à l’adresse d’un touriste, déçue de ne pas avoir obtenu ce qu’elle désirait. Avant, j’avais la classe… Maintenant, je ressemble à une pouilleuse !

- Mais non beauté, même crasseuse tu es toujours aussi bonne ! S’exclama Roar en lui passant un bras autour des épaules.

- Ouais c’est vrai… J’ai eu un moment de doute mais tu m’as redonné confiance en moi ! Rigola-t-elle suivit par les autres pirates.

- Vous avez fini ce bordel ? On n’entend que vous !

- Capitaine ! Le sac est énorme, on a obtenu combien ?

- Mêle-toi de tes affaires ! Retournons au bateau !

De retour sur le Red Force, l’équipage largua les amarres pendant que Shanks, dans la bibliothèque, calculait le salaire qu’il verserait à chacun de ses hommes. La journée se déroula calmement lorsqu’en fin d’après-midi, chaque pirate fut convoqué. Etant la nouvelle recrue, Amalya fut appelé en dernière.

- Me voilà Capitaine.

- Assis toi.

Il lui posa une enveloppe sur le bureau qu’elle ouvrit aussitôt.

- …. C’est une blague ?

- Si je déduis de ton salaire les dix millions de berry que tu m’as volé, il ne te reste que ça. C’est-à-dire rien.

La jeune femme serra les dents et tourna sa langue plusieurs fois dans sa bouche. Depuis quelques temps, leur rapport s’était dégradé, il était inutile d’envenimer davantage la situation.

- Ce sera tout Capitaine ?

- Tu peux partir.

Il la regarda fermer la porte derrière elle avant de s’asseoir.

- Et merde.

Le son d’une guitare envahit les couloirs suivit de plusieurs voix chantant des chansons paillardes. Alors qu’Amalya regagnait sa chambre, l’équipage fêtait le fruit de son dur labeur. Une fois dans sa cabine, elle vit un paquet posé sur la table. Elle le tourna dans tous les sens espérant trouver un quelconque mot puis le secoua légèrement afin de se donner une idée du contenu. Après mûre réflexion, elle finit par déchirer le papier cadeau plus vite qu’un enfant le jour de son anniversaire et y découvrit des vêtements flambants neufs qu’elle posa délicatement sur son lit.

- Ca c’est la classe !

Elle les enfila sans tarder et couru jusqu’à la salle de bain commune pour se regarder dans le miroir. Cette nouvelle tenue ressemblait beaucoup à la sienne mais d’une qualité bien supérieure. En revanche, la personne qui lui avait offert n’avait pas lésiné sur le décolleté de la chemise car à présent, on pouvait voir une partie de ses seins en toute circonstance. La malice de ce bienfaiteur la fit sourire, elle prit donc la décision de partir à sa rencontre en participant à la fête.

Sur le chemin de la cuisine elle croisa Ben qui la scruta de haut en bas avant de continuer sa route. Se pourrait-il que ce soit lui ? Ça m’étonnerait… Pensa-t-elle en pouffant de rire comme une gamine. Cela ne pouvait pas être un des pirates parti avec elle au bureau de change. Elle rentra dans la salle à manger et observa tout l’équipage avant d’arrêter son regard sur le doc. Celui-ci était attablé un dessert à la main. Elle s’assit à côté de lui et rentra dans le vif du sujet.

- Merci pour le cadeau doc !

- Tu es superbe ! S’écria-t-il en louchant légèrement sur le décolleté. Mais ce n’est pas moi qui te l’ai offert princesse.

Elle lui fit un clin d’œil et se dirigea cette fois-ci vers le coq encore en train de cuisiner. Elle s’accouda au plan de travail de manière à mettre en valeur sa poitrine et lui esquissa un léger sourire. Le coq, rouge comme une pivoine, fit tomber son couteau et bégaya une phrase incompréhensible.

- Tu as autant de goût en matière de vêtements qu’en cuisine mon coq…

Celui-ci bredouilla à nouveau d’étranges gargouillements lorsqu’elle comprit que ce n’était pas lui non plus. Elle partit alors vers la sortie, déçu de ne pas savoir qui était ce mystérieux bienfaiteur lorsqu’elle croisa Cornaq entre deux tables. Il s’arrêta près d’elle et lui souffla :

- Alors comme ça, les jumelles sont de sortie ?

Il rapprocha lentement son visage du sien et lui susurra tout en lorgnant ses seins :

- Merci pour l’autre soir, sans ton aide je me serais noyé. Alors si je peux faire quoique ce soit… Les femmes me disent toutes que j’ai les mains très habiles…

- Aucune délicatesse ! C’est sûr, ce n’est pas toi ! S’énerva-t-elle en le repoussant.

Elle retourna sur le pont et respira un bon bol d’air frais.

- Ce qu’ils peuvent être cons quand ils voient des miches ! C’est un cadeau empoisonné !

Elle s’assit sur la balustrade dos à la mer et observa les étoiles, se laissant emporter par ses pensées. Elle avait tenté de manipuler l’eau la nuit dernière lorsque Yasopp faisait la vigie mais ce fut un échec. Elle essayait de ne pas y penser mais la nuit de la tempête l’avait énormément perturbée. Que s’était-il réellement passé ?

- Tu devrais te couvrir, il fait frais.

Amalya sursauta avant d’apercevoir Shanks devant elle.

- Quoi ?

- Tu vas attraper froid, répéta-il en lui mettant sa cape sur les épaules.

Les deux pirates se toisèrent un moment lorsque Shanks reprit :

- Il y a un lacet dans le paquet qui te permet de fermer le haut du chemisier. J’apprécierai que tu le mettes et que tu arrêtes de troubler mes hommes.

- C’était toi…

Elle tourna la tête vers l’horizon et sourit lorsqu’elle vit une grosse masse noire à seulement quelques kilomètres.

- Shan… Capitaine ! Il y a une île là-bas !

- Je sais. Elle était prévue sur notre itinéraire.

- Quel est son nom ?

- A l’époque, elle s’appelait Boratora. A présent, les voyageurs la surnomment Desolación. Une rumeur court comme quoi la marine l’aurait détruite il y a plusieurs années.

- Pour quelle raison ?

- Je ne sais pas. A nous de le découvrir.

Le Red Force navigua autour de l’île à la recherche d’un point d’ancrage lorsqu’une voix agonisante résonna dans l’esprit d’Amalya.

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mer 15 Juil 2015 02:48 
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Alors, franchement, autant au début j'étais pas trop convaincu, autant là, j'attend la suite avec impatience.
Je trouve l'idée de base beaucoup plus originale que dans beaucoup d'autres fanfic sur one piece, et le choix de suivre les aventures de Shanks le Roux laisse énormément de liberté étant donné qu'on ne sait rien de lui (bon au point de lui rajouter un frère perdu, je suis pas à fond convaincu).
Par contre je trouve toujours de nombreuses incohérences dans le personnage de Amalya, en terme de personnalité autant qu'en terme de puissance.
Pour la personnalité, c'est juste qu'avec sa manie de manipulatrice, je n'arrive absolument pas à comprendre la moitié de ses actions, car elle peut rapidement péter un cable ou se bourrer la gueule avec de très mauvaises conséquences, alors qu'on sait qu'elle aime tout avoir sous contrôle et qu'elle est assez intelligente. Je pense que la description qui m'a éclairé le plus est celle de son camarade de buverie dont j'ai déjà oublié le nom.
En terme de puissance, on nous la montre un coup comme étant un monstre sans limite avec ses yeux noirs, un coup elle se fait presque tuer par une plante...
Bon pour finir ce long commentaire, je vais juste te souhaiter bonne continuation, et j'ai hâte de voir la suite. ^^

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Jeu 16 Juil 2015 17:38 
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Chapitre 13 : retour aux sources

- La côte est complètement dévastée, il n’y a aucun endroit pour accoster, fit Ben à son Capitaine.

- Nous n’avons pas le choix. Nous allons utiliser la barque et faire un camp sur l’île. Le bateau restera ici avec quelques hommes. Amalya ! Va les aider à préparer le matériel. Amalya !?

La jeune femme, debout sur la balustrade, fixait l’île depuis plus d’une heure.

- Quelque chose ne va pas ? Demanda Ben.

- Vous n’avez rien entendu tout à l’heure ?

- Non. Qu’as-tu entendu ?

- Rien…

Les deux hommes se regardèrent, surpris par son étrange comportement. Persuadée que la voix était bien réelle et non pas l’œuvre de son esprit, elle sauta sur le pont et partit aider les autres afin d’aller le plus vite possible sur l’île pour voir ce qui s’y passé.

Une heure plus tard, tout l’équipement nécessaire fut enfin réuni et l’équipage commença les allers retours du bateau à la plage à l’aide d’une embarcation propulsée par un coquillage céleste, le ventio dial. Ravagée par les boulets de canon de la marine, une partie de l’île était parsemé de cratère tandis que tout le reste avait été incendié. Malgré ce carnage, la vie avait repris ses droits et la forêt avait repoussé.

Amalya fut la première à mettre pied à terre, animé par une irrésistible envie d’en savoir plus. Elle participa au montage des tentes pour y mettre à l’abri les provisions et alla couper du bois pour les futurs repas. Une fois les corvées accomplies, Shanks créa trois groupes qui partiraient dans trois directions différentes à la découverte de l’île.

Le premier groupe, mené par Ben, se dirigerait vers le sommet de la montagne afin d’avoir une vue d’ensemble. Le second groupe, mené par le doc, ferait le tour de l’île à la recherche de traces de civilisation. Le troisième groupe, mené par Shanks, traverserait la jungle pour y trouver un point d’eau.

- Capitaine, je souhaiterai faire partie de ton groupe plutôt que celui qui longe la côte.

- Si tu veux, Roar va avec eux.

Le doc, heureux de faire cette expédition en compagnie d’Amalya, fut très déçue par cet échange et partit en boudant.

- Je vais essayer de me blesser pour que tu puisses t’occuper de moi à ton retour ! Lui cria-t-elle le pouce levé.

Le doc lui sourit et reparti à nouveau heureux tandis que Shanks la regarda d’un œil sévère. L’expédition dans la jungle dura trois jours. Ils y trouvèrent plusieurs sources d’eau potable mais pas le moindre animal ni vestige humain. De retour au camp, le troisième groupe attendit les deux autres qui n’arrivèrent que quelques jours plus tard à la nuit tombée. Les compagnons les plus proches de Shanks le rejoignirent à sa tente à l’écart du camp. Ben, le doc, Yasopp, Lucky s’assirent à côté de leur capitaine autour d’un feu pour faire leur rapport.

- Lorsque nous avons atteint le sommet du volcan, Yasopp a pu apercevoir à l’aide de son viseur plusieurs petits villages près de la côte, enfin plutôt ce qu’il en restait. Autrement, l’île est recouverte d’une jungle très dense à travers laquelle on ne peut rien voir, dit Ben en fumant une cigarette.

- En effet, nous avons traversé trois villages en ruine où vivaient certainement des pêcheurs et des paysans. Nous avons trouvé quelques ossements. A part ça, aucune autre trace des habitants, ils ont peut-être été emmené par la marine avant l’attaque, continua le doc en pleine réflexion.

- De notre côté, rien à signaler. Pas la moindre âme qui vive comme nous l’avions senti en arrivant sur l’île, rajouta Shanks. Je ne peux donc pas utiliser mon pouvoir ici.

- As-tu essayé sur les plantes ? Demanda Lucky.

- Oui mais aucun résultat. De toute manière, je ne sais même pas si ça fonctionne avec le monde végétal. Je possède ce pouvoir depuis trop peu de temps pour savoir l’utiliser correctement. Je ne comprends pas les raisons pour lesquelles la marine à détruit cette île. Que pouvait cacher de simples paysans ? Je crois que nous en saurons pas plus. Nous allons attendre que le log pose se recharge et nous repartirons.

- Comment peux-tu être sûr que personne ne vit ici ? Intervint Amalya qui s’était rapprochée pour écouter la conversation.

- Tu n’as rien à faire ici Amalya, je ne t’ai pas convoqué.

- Tu n’as pas répondu à ma question. J’ai besoin de savoir ce qui se passe, surenchérit-elle agacé.

Ben jeta sa cigarette dans le feu et la regarda droit dans les yeux.

- Ferme la. N’oublie pas où est ta place. Evite de manquer de respect au Capitaine car un jour, cette manie d’ouvrir toujours ta bouche va finir par vraiment m’énerver. Ensuite, l’équipage aurait été mis au courant une fois la réunion terminée. Alors, retournes d’où tu viens et tu attends comme les autres.

- J’ai entendu une voix. Quelqu’un vit encore ici.

- C’est impossible.

- Mais comment pouvez-vous le savoir ? Nous n’avons pas exploré toute l’île !

- Nous n’avons pas besoin de voir pour savoir qu’il n’y a plus de vie Amalya. Il suffit de le sentir, intervint enfin Shanks. C’est un des pouvoirs du haki. Nous pouvons sentir la présence des êtres vivants.

Elle se souvint de la nuit de la tempête lorsqu’elle avait sauvé Cornaq. Elle avait elle-même utiliser involontairement et durant un court instant cette capacité.

- Mais cette personne efface peut être sa présence !

- C’est possible, certaines personnes en sont capables. Mais comment expliques-tu qu’il n’y est que toi qui la ressentes ?

- Sûrement parce que je suis plus douée que vous, répondit-elle en retournant vers son camp.

Enervé, Ben finit par se lever lorsque Shanks lui demanda de se rasseoir. Ce dernier ferma les yeux et concentra toute son attention sur l’île. Il soupira et hocha la tête.

- Il n’y a rien…

- Evidemment qu’il n’y a rien Capitaine. Elle est tout simplement folle, Doc tu devrais la soigner !

- Elle a peut-être raison Capitaine. Elle a sentit l’arrivée de la tempête du siècle sans même la voir et lorsque nous étions coincé sur l’île estivale, elle a également ressentit l’orage arriver. Il est possible qu’elle soit plus perceptive que nous, défendit Yasopp.

- D’accord, elle est capable de prévoir les changements de temps, elle ferait une bonne navigatrice et après ? Il ne s’agit pas de ça.

- Yasopp a raison. Elle n’est pas une femme ordinaire, on devrait lui accorder le bénéfice du doute, rajouta le doc.

- Dans ce cas, en attendant la recharge du log pose, nous continuerons d’explorer l’île, conclu Shanks.

Amalya s’allongea sur une serviette à la lisière de la forêt, en retrait du camp et tenta d’employer le haki pour retrouver l’inconnu à la voix agonisante mais sans succès. Elle observa alors les étoiles et finit par s’endormir.

*************

A quatre pattes, elle imitait les louveteaux qui jouaient autour d’elle. Elle sauta sur l’un d’eux lorsque leur mère apporta un lapin tout juste tué. Etant la favorite de la louve, elle mangea la première pendant que les autres attendaient impatiemment leur tour. Le ventre rassasié, elle leva les yeux vers le figuier des banians dans lequel une créature noire l’observait avec tendresse. Se sentant en sécurité, elle lui sourit et sombra dans le sommeil.

************

Elle se redressa brusquement et chercha les traces de sang sur ses mains. Ce n’était qu’un rêve. Tout l’équipage s’était endormi et le doc, allongé à côté d’elle, aussi. Elle porta alors son attention sur la forêt et décida d’y faire une petite randonnée. A peine mit-elle un pied dans la jungle que quelqu’un lui tira le bras.

- Je viens avec toi princesse. Moi aussi j’aimerais trouver cette personne.

- Merci Doc, souffla-t-elle en souriant.

Ils marchèrent durant neuf heures sans avoir la moindre idée de l’endroit où ils devaient se rendre lorsque le doute finit par envahir la jeune femme qui s’assit au pied d’un arbre.

- Doc, je crois que je deviens dingue. Peut-être n’y a-t-il vraiment rien. Je ne ressens aucune présence et je ne sais pas où chercher.

- C’n’est pas grave princesse, on aura essayé. Tu as fait une erreur, ce sont des choses qui arrivent.

Il passa sa main dans ses cheveux et sentit son crâne brûlant.

- Amalya ? Regarde-moi, tu es sûre que ça va ?

Le visage rouge et perlé de sueur, elle ne semblait pas au sommet de sa forme.

- J’ai la tête qui tourne.

- Depuis combien de temps ? Tu ne t’es pas fait piquer par un insecte ?

- Non. Ça a commencé dès notre arrivée sur l’île. J’ai chaud, tout le temps…

- Faisons demi-tour, il faut que je t’examine. Tu t’en sens capable ?

- Pas de soucis Doc, je n’ai pas mal, c’est juste la forêt qui tangue un peu…

************

Le coq était en train de préparer le repas lorsqu’il vit débouler de la jungle le doc avec Amalya sur son dos.

- Capitaine ! Ils sont de retour !

Shanks et une partie de l’équipage encercla les deux pirates qui était parti presque vingt-quatre heures.

- Que s’est-il passé ?

- Capitaine, il me faut des compresses, de l’eau fraîche et tout le matériel que j’ai apporté ! Je veux aussi des serviettes et une tente propre, vite !

- Doc j’ai chaud… Trop chaud… J’en peux plus…

Il porta la jeune femme dans ses bras et couru jusqu’à la mer pour la plonger dedans. Il retourna sur la plage et l’allongea dans la tente déjà prête. Il l’a déshabilla et regarda minutieusement tout son corps à la recherche d’une quelconque blessure. Il l’a recouvrit de serviettes trempées et lui fit avaler un médicament lorsque Shanks entra.

- Cela fait plusieurs jours qu’elle a de la fièvre et son état a soudainement empiré dans la forêt. J’ai alors pensé à une piqûre d’insecte ou à une plante mais elle ne porte aucune trace. C’est peut être une maladie. Quelqu’un d’autre a-t-il les mêmes symptômes ?

- Non.

- Il faut l’emmener sur le bateau, tout mon matériel est à l’infirmerie.

- Allons-y tout de suite.

- Non… Je veux rester là… Je dois rester sur l’île… J’ai juste un peu chaud…

- La fièvre peut être dangereuse et tu as certainement attrapé un virus, il faut te soigner princesse.

- J’ai dit non. Emmène tes affaires ici et n’en parlons plus !

Le doc soupira et céda à son caprice. Il fit envoyer des hommes à sa place et commença ses analyses dès leur retour. La nuit passa tranquillement lorsqu’au petit matin, Shanks vint demander des nouvelles.

- Il n’y a absolument rien. Son sang est sain. Elle est en parfaite santé ! S’énerva le doc, plus stressé que jamais. Ce n’est pas normal. J’ai refait tous les tests cinq fois et rien.

- Ce n’est sûrement qu’un coup de chaud.

- Possible, mais la température ne veut pas baisser…

- Ca va aller Doc… Arrête de t’inquiéter. Capitaine, vous n’avez toujours rien trouvé ? Demanda Amalya essoufflée.

- Non mais on continue l’exploration.

- Je vais dormir un peu maintenant…

Au coucher du soleil, le doc sortit se dégourdir les jambes et respirer un peu d’air frais en marchant le long de la plage lorsqu’il entendit quelqu’un criait. Il se retourna brusquement et vit Amalya à l’extérieur de la tente, à genoux, le visage contre le sable. Il courut aussitôt à ses côtés, la peur au ventre.

- Ça brûle ! Mon corps me brûle ! Putain ça brûle ! Cria-t-elle en tapant le sol du poing.

La respiration saccadée, le cœur battant la chamade, d’étranges visions l’assaillaient. Les images s’enchainaient à toute vitesse. Des flammes. Des animaux effrayaient. La fumée dans le ciel. La chaleur insoutenable. Un boulet de canon qui tomba sur elle. Puis le noir total. Elle se tint soudainement le bras droit et hurla de douleur.

- Amalya ! Cria le doc en lui tenant les épaules. Calme-toi ! Ton bras n’a rien !

Shanks lui attrapa le menton et releva son visage couvert de sueur et de sable. Il éclaira ses yeux à l’aide d’un lumino dial et vit ses pupilles se dilataient et se rétractaient sans cesse.

- Elle ne nous voit même plus ! On l’emmène au bateau immédiatement, elle doit quitter cette île !

Tandis que le doc l’emmenait à la barque, Amalya se débattait tant bien que mal pour ne pas y aller. Arrivé au Red Force, Shanks fit couler un bain et le remplit de glace puis ils l’immergèrent dedans. Quelques secondes dans ce froid intense finirent par la calmer et elle reprit ses esprits.

- Que s’est-il passé ? Leur demanda-t-elle en claquant des dents.

- Tu n’étais plus toi-même. Comment te sens-tu ?

- J’ai froid… Et je suis épuisée.

Elle sortit de l’eau et partit vers sa chambre où elle dormit sur le champ.
Deux jours plus tard, l’équipage était réuni dans la salle à manger, débattant sur les raisons de la destruction de Boratora lorsqu’Amalya rentra dans la pièce et vint s’asseoir à table. La mine défaite et d’une humeur mélancolique, elle resta prostrée le regard dans le vide.

- Nous avons exploré toute l’île et nous n’avons rien trouvé, fit Ben en brisant le silence.

Un orage éclata au loin. Amalya se posta devant une fenêtre et regarda l’île à l’horizon s’éloignait de plus en plus. Accablée par la tristesse, elle marcha le long de la salle en serrant sa tête entre ses mains.

- Tu ne te sens pas bien ? S’inquiéta le doc.

- Il faut que j’y retourne….

- Ca suffit Amalya ! Tu avais tort et je ne veux plus en entendre parler, c’est clair ?

- Oui Capitaine…

- Aide-moi à servir tout le monde, ça te changera les idées, dit le coq en lui donnant un plat.

Les mains tremblantes et le regard brouillait par les larmes, elle remplit les assiettes de chaque pirate quant au moment de servir Shanks, elle eut une nouvelle vision. Celle de deux grands et magnifiques yeux jaunes. Puis cette même voix agonisante résonna dans sa tête.

« Je t’en supplie, ne pars pas petite sœur »

Une partie de sa mémoire lui revint alors. Elle avait vécu sur cette île. La meute. Les habitants. Le jeune homme aux cheveux noirs. Et la créature qui veillait constamment sur elle. Choquée par cette révélation, elle fit tomber le plat sur les pieds du Capitaine. Débordante d’énergie, elle fixa Shanks d’un regard déterminé.

- Je n’ai jamais tort.

Elle courut vers la porte qu’elle ouvrit d’un coup de pied tandis que Shanks, Ben et le doc se levèrent pour la rattraper.

- Amalya ! Hurla Shanks hors de lui, si tu montes dans la barque, tu vas le regretter !

Elle courut vers la balustrade et sauta dans la mer.

- Elle se fout de ma gueule !

Les trois hommes jetèrent l’embarcation à l’eau, sautèrent dedans et démarrèrent en trombe pendant qu’Amalya, à la surface de l’eau, nageait le plus rapidement possible. Très vite rattrapée, elle sut qu’elle n’avait aucune chance de s’approcher du rivage en gardant ce rythme. Elle plongea sous la surface et se força à respirer malgré le liquide qui envahissait ses poumons.

« Vite, plus vite, dirige-toi vers le sommet du volcan »

« J’arrive »

Sentant une incroyable force affluer dans tout son corps, sa vitesse augmenta prodigieusement en seulement quelques battements de pied. Capable de respirer grâce à l’oxygène que contenait l’eau, elle finit par atteindre la plage sans effort.

- Comment a-t-elle pu nager aussi vite et sans reprendre sa respiration ! Cria le doc médusé.

L’orage grondait au-dessus de l’île, frappant la jungle de centaines d’éclairs.

- Si elle ne meurt pas foudroyer, je veux bien m’en charger Capitaine ! S’exclama Ben une cigarette trempée à la bouche.

Les pirates atteignirent enfin la plage et partirent à la poursuite d’Amalya qui était déjà dans la forêt. La pluie diluvienne avait transformé le sol en boue, rendant difficile la course. Courant sur le flan du volcan, le visage entaillé par les branches et le corps recouvert de terre, la jeune femme ne faiblissait pas lorsqu’un éclair frappa un arbre juste à ses côtés, la faisant tomber et glisser sur vingt mètres en contrebas.

- Elle court vite la garce ! S’énerva Ben des feuilles plein les cheveux.

- C’est parce qu’elle sait qu’elle va s’en prendre une ! Ajouta Shanks.

- Vous êtes durs avec elle ! Je reconnais qu’elle a peut-être un grain mais ce n’est pas en lui tapant dessus que vous allez arranger les choses ! Fit le doc essoufflé.

- T’inquiète ! Elle a la tête dure. Comme les animaux, il faut lui montrer par la force qui commande ! Là-bas, je la vois !

En voyant Amalya se relevait de sa chute, Ben redoubla d’effort et réussit à l’attraper par les cheveux avant de la jeter à terre. Shanks, juste derrière, se jeta sur elle et la bloqua au sol en posant ses genoux sur sa poitrine.

- Jamais personne ne m’a autant énervé que toi ! Si tu as un don, c’est bien celui de faire chier le monde ! Hurla-t-il à son visage.

- Tu me fais mal… Gémit-elle en tentant de le repousser.

- Tu veux notre mort ?! Dit-il en lui montrant les éclairs qui continuaient de s’abattre tout autour d’eux.

« Dépêche-toi, je ne tiendrais plus très longtemps »

Amalya posa son pied sur le torse de Shanks et le rejeta de toutes ses forces, le projetant plusieurs mètres en arrière. Celui-ci atterrit sur ses pieds et posa la main sur ses côtes, un léger rictus de douleur aux lèvres.

- Je crois qu’elle m’a fêlé quelques côtes… Souffla-t-il en souriant impressionné par sa force.

- Cette fois-ci, s’en est trop !

Ben s’approcha d’elle avec l’intention d’en découdre lorsque Shanks lui ordonna d’arrêter.

- Ben, regarde la, elle n’est pas dans son état normal !

Amalya, légèrement accroupie en position d’attaque, montrait ses dents tout en grondant comme un animal et ses yeux noirs leur intimaient de ne pas s’approcher davantage.

- Laissons la partir et suivons là.

Quelques secondes s’écoulèrent et elle repartit dans son ascension vers le sommet de la montagne, suivit à distance par les autres.

« Je suis là, juste en dessous »

Amalya s’arrêta subitement et frappa d’un puissant coup de pied le sol qui s’affaissa sous ses pieds, la faisant tomber dans une cavité souterraine. Les trois hommes sautèrent dans le trou et atterrirent juste derrière elle, dans le noir. Une légère respiration saccadée entrecoupée de sifflements brisait ce silence de mort et une affreuse odeur de putréfaction rendait l’air irrespirable. Shanks prit le dial et éclaira la grotte.

- Mon dieu… Murmura le doc effaré.

Toute la tension qu’ils avaient accumulée s’évapora aussitôt face à ce triste spectacle. Shanks se mit à genoux à côté d’Amalya, déjà assise sur le sol et posa sa main sur son épaule. Il regarda tendrement cette étrange femme dont le visage dégoulinait de larmes. Les deux mains sur sa poitrine, Amalya ressentit au fond de ses entrailles un désespoir intolérable. Elle gémit de douleur et se prosterna devant la créature.

- Pardon… Pardon… Pardon… Tout est ma faute… Pleura-t-elle silencieusement.

Le dragon noir ouvrit lentement ses ailes, tendit sa tête vers elle et lui lécha le visage.

« vingt-trois années de souffrance ne sont rien comparé à cette instant de bonheur, je suis heureuse de te revoir petite sœur »

Amalya passa ses bras autour du cou du dragon et frotta son visage contre son énorme museau. Le corps de la bête entièrement brûlé et son aile droite déchiqueté firent frémir la jeune femme qui éclata en sanglots.

« Pardonne moi, je n’ai pas su te protéger de ce monde »

Le dragon gémit et se laissa tomber sur le flan avant de vomir un liquide visqueux et noirâtre. Amalya se jeta à son cou et lui caressa le crâne.

- Je t’en prie, ne me laisse pas seule… J’ai besoin de toi….. Dis-moi ce que je dois faire… Je suis perdue…

Le cœur de la créature ralentit énormément et sa vision s’estompa.

« Ta nature humaine te perturbe mais tu ne dois pas oublier la mission que nous a confié Mère. Mon rôle consiste seulement à te protéger. Et j’ai échoué…. Pardonne-moi »

Amalya enlaça la bête qui rendit son dernier souffle et lui murmura à l’oreille :

- Je te pardonne.

Le corps en décomposition s’affaissa sur lui-même et disparu dans un nuage de cendre. Comme si elle avait perdu une partie de son âme, un grand vide s’installa en elle. Ecrasée par cette lourde perte, elle se mit à genoux et attendit.

- Allez-vous-en, dit-elle aux trois hommes.

- Amalya, tu ne peux plus rien faire, retournons au bateau, fit Shanks compatissant. Rester seule ne t’aidera pas à surmonter cette épreuve. Si tu as besoin d’aide, je suis là, lui dit-il en prenant sa main.

Elle se releva et sortit de la grotte avec eux puis elle prit le dial pour éclairer le tas de cendre afin de faire ses adieux lorsqu’elle y vit une étrange bosse. Elle sauta dans le trou et enfonça ses mains dans la cendre.

- Il y a un œuf !

Elle ressortit de la grotte et l’examina de plus près.

- Ca bouge…. Je prendrai soin de toi… Murmura-t-elle en le serrant contre elle. Ben ! Ton écharpe !

Celui-ci leva les yeux au ciel avant de lui jeter le tissu qui lui servait de ceinture pour son arme. Elle enroula l’œuf dedans et le mit sur son dos.

- Allons-y.

Les trois pirates se regardèrent, encore surpris par la situation qu’ils venaient de vivre. Sous la pluie battante, ils retournèrent tous au Red Force, la tête pleine de questions sans réponses. A peine posèrent-ils le pied sur le pont qu’un cri retentit dans le ciel.

- Clakbek !

L’aigle royal plongea en piqué vers le sol et se posa délicatement sur le bras tendu d’Amalya. Elle défit l’étui de sa patte, en sortit une lettre et s’éloigna de ses compagnons pour la lire.

« De retour au bercail auprès d’Anna. J’ai reçu une visite ce matin à laquelle je ne m’y attendais pas. Un des hommes de Don Vito est venu me proposer un contrat pour le débarrasser d’un équipage pirate qui serait venu s’installer dans sa ville et qui chercherait à faire main mise sur ses affaires. Il m’a suggéré de faire appel à toi pour ton expérience du combat mais également parce qu’il souhaitera te revoir… Pour des raisons d’argent, je ne ferai pas appel à d’autres mercenaires, je te laisse t’en charger, avec ou sans ton équipage, c’est toi qui voit. La chance te sourit puisque le symbole de Kaïdo orne leur pavillon. Si tu as besoin de quoique ce soit, demande à Mama, elle me doit un service. Passe le bonjour à tout le monde de ma part, certains seront peut être content de te revoir…Ma Lya, fais attention à toi et tiens moi vite au courant. »

- Qu’est-ce que c’est ? Lui demanda Shanks de loin.

- Une lettre de Tino, il est bien rentré chez lui et il nous souhaite une bonne route !

Elle se retourna et s’accouda à la balustrade avant de jeter la lettre par-dessus bord. Amalya resserra l’écharpe qui soutenait l’œuf et sourit. Tracé par la chance et la détermination, le chemin qui s’ouvrait petit à petit devant elle la conduisait vers la réponse à la question qu’elle se posait constamment : Qui suis-je ?


Dernière édition par Bibi le Dim 16 Aoû 2015 21:07, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Sam 8 Aoû 2015 23:09 
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Chapitre 14 : Cosa Nostra


Le soleil révéla tout juste ses premiers rayons quand Amalya comprit, après une nuit de réflexion, qu’elle n’avait pas d’autre choix que celui-ci. Elle s’était installée dans la bibliothèque afin de trouver une solution pour rejoindre l’île natale de Tino où l’attendait Don Vito. En observant la carte du nouveau monde, elle vit que cette destination n’était pas du tout prévue sur l’itinéraire du capitaine. Ainsi, elle serait obligée de lui demander de l’y emmener.

Après plusieurs mois passés au sein de cet équipage, elle comprit que Shanks était un homme qui préférait davantage les îles inexplorées ou habités par des gens simples et conviviaux. Gouvernée par la mafia, l’île où elle devait se rendre ressemblait beaucoup à Las Negras. Malgré ses multiples insubordinations, elle savait que le capitaine l’aimait bien. Peut-être accepterai-t-il pour lui faire plaisir.

Elle reprit son stylo et continua d’écrire sa lettre destinée à Tino l’informant sur ses dernières aventures, sa capacité à respirer sous l’eau et la découverte du dragon lorsque la porte s’ouvrit brusquement. Ben rentra, suivit de Yasopp, Lucky, le doc et Shanks qui referma derrière lui. Amalya, surprise par leur arrivée, avait encore la main levé, prête à écrire. Se sentant de trop, elle se leva et contourna le bureau avec son œuf qu'elle gardait toujours près d’elle et sa lettre dans les mains.

- Désolée capitaine, j’ai emprunté ton bureau pour écrire un courrier. Je vous laisse à votre réunion.

- Retournes t’asseoir, lui ordonna Shanks avant de s’installer dans un des sofas qui meublait la pièce.

Immobile et silencieuse, elle regarda tour à tour les pirates qui s’étaient déjà assis et eut cette évidente intuition que le sujet de la réunion serait elle-même. Elle se rassit dans le fauteuil et attendit nerveusement l’interrogatoire.

- Comment te sens-tu ? Demanda gentiment le doc.

- Ca va.

- Ce que le doc te demande très subtilement, c’est comment es-tu capable de rester si longtemps sous l’eau sans reprendre ta respiration et comment peux-tu nager plus rapidement qu’une barque lancée à pleine vitesse. Il te demande également comment tu as pu ressentir les souffrances de ce dragon avant même de l’avoir découvert et s’il est normal que tes yeux deviennent noirs et que tu te mettes à grogner comme un animal quand tu te sens en danger. En gros, il voudrait savoir si ça tourne rond là-dedans, conclu Ben en pointant sa tête sous le regard foudroyant du médecin.

- Euh… Répondit-elle les yeux écarquillés par l’étonnement.

- Et tu as réussi à fêler quelques côtes du capitaine d’un coup de pied ! Tu as une sacrée force de frappe, ce n’est pas à la portée de tout le monde ! S’enthousiasma Yasopp.

Amalya jeta un rapide coup d’œil vers Shanks qui lui répondit par un grand sourire tout en se frottant le torse.

- A charge de revanche…

La jeune femme s’affaissa dans son siège et devint livide.

- Amalya, as-tu vécu sur Boratora avant qu’elle ne soit détruite par la marine ?

Elle baissa les yeux et resta silencieuse. Elle venait récemment de se remémorer une partie de son passé et elle ne souhaitait pas partager ses nouveaux souvenirs. Le capitaine se leva et s’assit sur le bureau face à elle.

- Amalya, regarde-moi et répond à ma question.

- Pourquoi t’y intéresse-tu autant ? Lui demanda-t-elle en le fixant droit dans les yeux, sentant la colère grandir en elle. Qu’est-ce que ça peut te faire d’où je viens et de quoi je suis capable ? En quoi ça te concerne ? Continua-t-elle en se mettant debout devant lui.

- La marine utilise très rarement le Buster Call sans avoir une excellente raison. S’ils ont détruits Boratora, ce n’était sûrement pas pour le plaisir. Tu connaissais ce dragon alors je voudrais savoir si la marine est venue pour lui ou pour toi ? Tu me demandes en quoi ça me concerne ? Tu fais partie de mon équipage et si la marine te recherche au point d’utiliser une attaque militaire aussi violente, alors nous somme plus en danger qu’en temps normal.

Ses paroles la frappèrent en plein cœur. Si elle lui répondait sincèrement, elle risquait de se faire expulser de l’équipage. Lui, un homme bien ? Tu parles ! La haine et le mépris qu’elle ressentit à son égard lui intimèrent de mentir et de le manipuler autant qu’il était possible de le faire. Elle se rassit et joua la comédie.

- J’ai vécu sur cette île durant mon enfance puis je suis partie. Je ne savais pas qu’elle avait été détruite, c’est pourquoi je ne l’ai pas reconnu quand on y a accosté. Je connaissais ce dragon, il était mon ami. Je ne m’en rendais pas compte à l’époque mais je sais à présent qu’il n’était pas un animal ordinaire. Les dragons sont une espèce dangereuse et éteinte, peut-être la marine a-t-elle vu en lui une menace ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que je regrette de ne pas avoir été à ses côtés pour le défendre.

Elle essuya la larme qui coulait le long de sa joue et reprit :

- Je suis désolée capitaine, je n’aime pas parler de moi. J’ai fait des choses dont je ne suis pas fière alors je n’apprécie pas trop quand on me questionne sur mon passé.

- Je comprends, c’est un peu notre cas à tous…

Il se releva et se dirigea vers la porte avec les autres.

- Capitaine ? Ce n’est peut-être pas le bon moment pour te faire cette requête mais il y a quelques années, j’ai vécu avec Tino sur une île qui ne se trouve pas très loin de notre position actuelle. Il y a certaines personnes que j’aimerai beaucoup revoir et c’est l’occasion pour toi d’en savoir un peu plus sur moi… Quand bien même ça t’intéresserai toujours…

- Tu sais bien que sur cette océan, il n’est pas possible de naviguer d’une île à une autre sans avoir les bonnes boussoles et

- Tino m’a envoyé un eternal pose en plus de la lettre, ça nous y mènera directement, dit-elle en sortant l’objet.

Shanks sourit, hocha la tête et lui prit la boussole.

- Merci, souffla-t-elle en souriant timidement.

Les quatre pirates sortirent de la bibliothèque et se dirigèrent vers la salle à manger.

- Elle ment comme elle respire, murmura Ben à l’intention de Shanks.

- Je sais. J’étais simplement curieux de voir comment elle tournerait cet interrogatoire à son avantage, dit-il en faisant sauter la boussole plusieurs fois dans sa main avant de regarder le nom de l’île gravé dessus « Cosa Nostra ». Cette île se situe près du territoire de Kaïdo. Je me demande maintenant dans quel merdier elle va nous mettre. Encore une drôle d’aventure en perspective !

Ben soupira. Son capitaine était l’incarnation de la malice.

Amalya envoya sa lettre à Tino l’informant des dernières nouvelles et l’équipage vaqua à ses occupations habituelles lorsqu’au bout de dix jours, le Red Force finit par arriver à Cosa Nostra.

- C’est ça la ville où tu as vécu ? S’étonna le doc au côté d’Amalya.

- Non, c’est juste un des nombreux petits villages de pêcheurs qui alimentent la ville au centre de l’île. Nous devons louer des cheveux chez Aldo pour traverser la garrigue. Il y a deux jours de voyage.

La taille du port semblait disproportionnée par rapport à celle du village et seuls des navires marchands y étaient amarrés. Les pirates mirent en place la passerelle et l’équipage descendit sur le quai tandis qu’Amalya, encore sur le pont, observait l’horizon.

- Ca fait un bail…

Elle enveloppa ses cheveux et une partie de son visage sous un grand châle noir puis elle rejoignit le groupe et les emmena au haras aux abords du village. En chemin, les effluves de poissons frais firent saliver le gros lucky, ce qui fit sourire la jeune femme.

- Une fois en ville, je vous emmènerai à l’auberge de Carmen où elle vous mijotera les meilleurs plats de l’île.

- Je suis content de découvrir la ville où tu as vécu beauté. J’espère que la visite guidée sera pleines de surprises, s’enthousiasma Roar en lui passant un bras autour des épaules.

Amalya souhaitait contacter discrètement Kaïdo par l’intermédiaire de ses hommes qui avaient élu domicile à Cosa Nostra. Elle avait donc prévu une petite surprise à ses compagnons afin de les occuper un moment pour pouvoir se promener librement.

- Nous sommes arrivés !

Un petit homme trapu vint les accueillir, leur souhaitant la bienvenue sur l’île.

- Nous souhaiterions louer une vingtaine de chevaux pour rejoindre la ville, demanda aussitôt le capitaine.

- Une vingtaine ! Je vais voir ce que je peux faire…

Le propriétaire du haras regarda plus attentivement les pirates. Propre sur eux et robustes, ils devaient avoir de l’argent. Il tenta alors de leur faire payer le prix fort.

- Ca fera 200000 berry.

- … Nous irons à pied. Ca nous ouvrira l’appétit !

- Mais capitaine ! Il y en a pour une semaine de marche ! Rétorqua Amalya qui voulait arriver le plus tôt possible.

- Attendez, on peut s’arranger… 130000 berry ! C’est raisonnable non ?

Malgré la ristourne, Shanks fit demi-tour, préférant marcher que payer.

- Fais chier ! S’énerva Amalya qui enleva brusquement son châle. Aldo ! Je n’ai pas l’intention de marcher une semaine !

Le petit homme, choqué de revoir ce visage, resta bouche bée un instant. Le front perlé de sueur, il finit par fermer la bouche et baissa sa tête.

- Madame, si j’avais su que c’était vous, je ne me serais pas permis une telle chose. Veuillez accepter mes excuses. Pour vous et vos amis, c’est gratuit, bien évidemment.

Aldo partit atteler les chevaux tandis que Shanks revint près d’Amalya, le visage fendu par un grand sourire.

- Eh bien voilà ! Il suffisait de montrer ton doux visage !

- Mais tu es vraiment une princesse ? Demanda le doc émerveillé.

- Ça promet… Murmura-t-elle agacé.

Une fois à cheval, l’équipage galopa en direction de l’horizon, Amalya, derrière le groupe, se retourna en direction d’Aldo et posa son doigt sur sa bouche avant de remettre son châle. Le petit homme hocha la tête, saisissant parfaitement le message. La terre jaune et aride devant ses pieds s’assombrissait à mesure que les gouttes de sueur dégoulinant sur son visage tombaient de son menton. Il avait déjà vu cette femme anéantir un équipage pirate à elle seule au port. C’est certain, il n’ouvrirait pas la bouche.

A la nuit tombée, les hommes s’arrêtèrent près d’un cours d’eau pour y allumer un feu et manger un bout avant de se reposer. Amalya, au sommet d’un amas rocheux, à l’écart des autres, regardait le paysage. Les parfums de romarin et de lavande lui rappelèrent de bons souvenirs. C’est sur cette plaine, à la lueur de la pleine lune, qu’elle rencontra Tino pour la première fois. Elle ferma ses yeux, croisa ses bras et se berça lentement en écoutant le son des cigales disparaitre un par un. Shanks, qui l’observait du camp, ressentit sa profonde solitude. Il regarda les flammes, envahit à son tour par la mélancolie. Aucun des deux ne dormit de la nuit.

Au lever du jour, ils reprirent la route en espérant arriver avant le coucher du soleil. Les chevaux, confortables et dociles, permettaient aux hommes de profiter du paysage en toute quiétude.

- Il y a une meute de coyotes là-bas ! Cria Yasopp à travers son viseur.

Les chevaux, sentant l’odeur des prédateurs, se cabrèrent et hennirent de peur, faisant tomber quelques pirates à terre. Shanks, qui s’apprêtait à les intimider avec le haki pour les faire fuir fut pris de court par Amalya qui galopa jusqu’à la meute. Les coyotes, maigres et sales, étaient si affamés qu’ils étaient prêts à s’en prendre à un groupe d’humains pour assouvir leur faim. Une fois devant eux, elle descendit de cheval et s’accroupit face au chef de la meute, la main tendue vers lui. En position d’attaque, les babines retroussées dévoilant des crocs abîmés, il bondit sur elle avec la ferme intention de la dévorer.

- Non ! Hurlèrent les pirates qui brandirent leurs armes pour les tuer.

- Ne tirez pas ! Cria Yasopp, toujours l’œil dans le viseur.

En effet, elle n’était pas en danger. Le chef de la meute se roula sur le dos, la queue entre les pattes suivit par tous les autres qui gémirent en cœur. Amalya frotta leurs ventres, ébouriffa leurs fourrures et frotta son nez contre leurs museaux avant de retourner sur son cheval.

- Allons-y ! Cria-t-elle à l’équipage.

Un léger sifflement sortit de sa bouche, faisant cabrer son étalon et relever les coyotes. Elle reprit sa course à toute vitesse, encerclé par la meute qui ne la quittait pas des yeux.

- C’est une sacrée emmerdeuse mais je dois reconnaitre qu’elle a de la classe ! Fit Ben amusé avant de galoper à son tour.

Deux heures s’écoulèrent lorsqu’ils arrivèrent à la périphérie de la ville. Ils mirent pied à terre, laissant les chevaux retrouver par eux-mêmes l’écurie la plus proche. Amalya ouvrit plusieurs sacs de provisions qu’elle jeta aux coyotes au grand désespoir de Lucky.

- Nous devons traverser le bidonville pour rejoindre l’auberge de Carmen. Beaucoup d’enfants vous demanderont de l’argent. Ne leur donnez rien, ils le dépensent en alcool et en drogue. Evitez les prostituées du coin si vous ne voulez pas attraper de maladies et faites attention à vos affaires, un habitant sur deux est expert en vol à la tire. Les hommes ont la gâchette facile mais ils sont si défoncés qu’il est aisé de les désarmer. Si vous aimez le rat et le pigeon, toutes les échoppes en proposent dans leurs menus. Et elles n’ont toutes qu’un seul menu.

- Tu as vécu combien de temps ici ? Demanda Shanks regrettant déjà d’avoir accepté de l’emmener sur cette île.

- Huit ans. Elle respira un bon bol d’air nauséabond et regarda son capitaine en souriant. Tu en sais un peu plus sur moi désormais.

- En effet, j’y vois un peu plus clair…

Ils traversèrent le quartier sous le regard envieux des habitants qui sortaient petit à petit de chez eux pour les dévisager. Beaucoup d’entre eux avaient connu la misère, la famine et la violence dans leur passé. Ils ne furent donc pas surpris à la vue d’une telle pauvreté. Ce spectacle leur rappela la chance qu’ils avaient de faire partie de l’équipage de Shanks, ce qui renforça leur estime pour lui.

- Nous voilà chez Carmen. Le restaurant se trouve au rez de chaussée et les chambres aux étages.

Les pirates rentrèrent et s’installèrent aussitôt pour manger les fameux plats que leur avait promis Amalya.

- C’est fermée ! Vous ne savez pas lire ? Railla une jeune femme à l’allure de garçon manqué en pointant du doigt l’écriteau défraîchi à l’entrée.

- Bonjour Carmen, Fit Amalya après avoir enlevé son châle.

L’aubergiste, stupéfaite, fit tomber les verres qu’elle venait tout juste d’essuyer et resta immobile, l’air ahuri.

- C’est fermé pour moi aussi ?

- Amalya ! Non, non, bien sûr que non ! Je t’en prie, installe toi !

- Je suis venue avec des amis, je leur ai dit que tu leur concocterai tes meilleurs plats et ils s’impatientent.

- Je m’y mets de suite !

Carmen partit immédiatement en cuisine suivit d’Amalya qui souhaitait lui demander un service.

- Je n’aurais jamais cru te revoir un jour Amalya, tu as quitté l’île si vite, sans dire au revoir à personne !

- Ton fils vit toujours ici ?

- Fredo ? Oui bien sûr, il doit être à l’étage, dans sa chambre. Il va être si content de te revoir !

Amalya n’eut pas le temps de sortir de la cuisine qu’un gamin d’une quinzaine d’années se jeta sur elle, un sabre à la main. Elle évita l’attaque, attrapa le poignet de l’adolescent et le projeta au sol.

- Pas terrible, y’a encore du boulot, dit-elle en s’accroupissant à côté de lui.

Le fils de Carmen se jeta à son cou, plus heureux que jamais.

- Madame, je pensais ne jamais te revoir ! Tu nous as tellement manqué !

- Fredo, peux-tu amener ce mot à Mama de ma part et lui dire que c’est urgent ?

- Evidemment ! Il partit en courant apporter le message. Quand les autres vont savoir que tu es là !

Amalya retourna dans le restaurant et sortit tout l’alcool que contenait le bar. Elle servit tous ses compagnons lorsque Shanks lui demanda de venir s’asseoir à sa table.

- Qui était ce gosse ?

- Rien qu’un avorton au sang chaud… Répondit-elle en haussant les épaules.

- Il avait l’air heureux de te voir… Rajouta Shanks en pensant que ce fameux avorton devait représenter bien plus pour elle.

Les pirates burent avec enthousiasme une partie de l’alcool lorsque Carmen apporta ses premiers mets.

- Il était temps ! S’écria Lucky qui dévora aussitôt son assiette en lorgnant déjà celles de ses voisins de table. C’est vrai que c’est drôlement bon !

L’aubergiste rougit et continua de servir durant une heure ses clients inattendus lorsque la porte d’entrée s’ouvrit. Une vingtaine de superbes jeunes femmes sexy à souhait s’accaparèrent tout le restaurant, s’asseyant sur les genoux des pirates qui, la bouche béante, laissaient tomber des miettes de leurs savoureux repas.

- Quand tu nous parlais d’une auberge… Commença Ben à l’intention d’Amalya.

- Je voulais dire Bordel. Le meilleur de la ville.

Une grosse femme d’une cinquantaine d’années vêtu de vêtements chics et parait de magnifiques bijoux referma la porte et se posta devant le bar face à l’équipage.

- Messieurs, je vous souhaite la bienvenue à Cosa Nostra. Afin de passer un meilleur séjour sur notre charmante île, je vous ai apporté mes plus belles filles qui se feront un plaisir de vous

- Je n’ai jamais demandé de prostituées, l’interrompit Shanks, surpris par toute cette agitation. Et je n’ai pas l’intention de payer quoique ce soit.

- Monsieur, vous n’aurez pas à débourser un berry. Cette petite fête vous est généreusement offerte par quelqu’un qui souhaite que vous passiez un agréable moment parmi nous.

- Ce qui me donne d’autant plus envie de refuser puisque je ne connais personne à Cosa Nostra.

- Il est impoli de votre part de refuser une telle attention, vous ne devriez pas

- Mama, laisse tomber. Capitaine, c’est moi qui en ai eu l’idée. Je pensais vous faire plaisir à tous en organisant cet accueil.

Shanks, troublé, ne sut pas quoi répondre. Quel étrange cadeau venant d’une femme !

- Pour une fois, tu as pris une bonne initiative ! S’exclama Ben en attrapant une prostituée par la taille et en l’asseyant sur ses genoux.

- Capitaine, je te présente Mama. Elle gère le réseau de prostitution de l’île.

- Je tiens à vous préciser que mes filles sont saines contrairement à celles qui parcourent les rues, rajouta Mama en se recoiffant.

Shanks fronça les sourcils. Cette conversation lui donnait l’impression que ces femmes étaient considérées comme du bétail et cela le mettait mal à l’aise. Chacun de ses hommes était libre de s’en payer une mais jamais au point d’organiser une telle orgie. Amalya prit une chaise et proposa à Mama de s’installer à leur table.

- Amalya, je ne comprends pas les raisons de ton retour mais je suis malgré tout contente de te revoir. J’ai pris la peine d’informer Don Vito de ton arrivée.

La jeune femme hocha la tête. Elle jeta un œil à Shanks qui la questionna du regard puis elle se leva pour aller s’asseoir seule au bar.

- Qui est ce Don Vito ? Demanda Shanks en continuant d’observer Amalya du coin de l’œil.

- Il est le dirigeant de Cosa nostra.

- En quoi le retour d’Amalya l’intéresse-t-il ?

Mama alluma une cigarette et sourit, dévoilant d’affreuses dents jaunes.

- Vous êtes bien curieux… Elle a travaillé pour lui après avoir travaillé pour moi.

Le doc cracha l’alcool qu’il venait de boire et toussa à plusieurs reprises avant de demander :

- Vous voulez dire qu’elle était une prostituée ?!

- Peu d’hommes ont dû y survivre… Murmura Ben moqueur.

- Non pas du tout. Elle leur faisait bien trop peur ! Son rôle était de protéger mes filles des hommes un peu trop menaçant. Puis elle a été le bras droit de Don Vito avant de devenir sa maîtresse.

Shanks reposa brutalement son verre, n’aimant pas la tournure que prenaient les événements.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Dim 27 Sep 2015 16:07 
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Chapitre 15 : entre plaisir et devoir

A travers la fenêtre du dernier étage, un homme regardait les lumières de sa ville s’allumaient une à une lorsque quelqu’un frappa à la porte.

- Pardonnez-moi pour le dérangement Don mais nous venons de recevoir un message de Mama. Amalya serait en ville.

- Bien.

A nouveau seul, l’homme réajusta son costume blanc trois pièces, resserra sa cravate rouge et recoiffa, à l’aide d’un peigne, ses cheveux noirs vers l’arrière. Il se tourna une fois de plus vers sa ville, en observant cette fois ci la maison close de Mama située de l’autre côté de Cosa Nostra.

- Très bien, murmura-t-il en souriant.

***********

Accoudée au bar, Amalya sirotait un cocktail tandis que Mama, attablée avec le capitaine et ses hommes, répondait à leurs questions. Plusieurs cris retentirent dans la rue puis une ribambelle de gamins déboulèrent dans la maison close et se jetèrent sur Amalya qui tomba à terre avec eux.

- Madame ! Madame !

Agés de huit à quatorze ans, ses enfants des rues lui exprimaient leur enthousiasme en tentant de l’immobiliser au sol à l’aide de prise qu’elle leur avait enseigné. Dans l’incapacité de se relever, elle tapa le parquet de la main en signe de défaite.

- On est devenu fort, hein Madame ?

Amalya leur ébouriffa les cheveux, heureuse de les revoir en si grande forme.

- Que vous avez grandi ! Par contre, vous êtes toujours aussi sale ! Julio, tu as de la morve, va te moucher, c’est dégueulasse !

- A vos ordres ! Crièrent-ils en chœur avant d’aller tous se moucher.

- Qu’ils sont cons… Rigola Amalya pliée en deux.

Elle sortit dans la rue et leur cria de venir la rejoindre.

- Montrez-moi ce que vous avez dans le ventre les morveux !

Les enfants se ruèrent sur elle en donnant des coups de poings et de pieds qu’elle esquivait facilement tandis que les pirates, postés aux fenêtres, observaient le spectacle en se marrant.

- Lorsqu’elle est arrivée sur l’île, Amalya était à l’article de la mort. Elle n’a jamais parlé de son passé, ni de quoique ce soit d’ailleurs. Mais elle a su se faire une place parmi nous et elle a vite monté les échelons. Elle était respectée parce qu’elle était redoutée. Elle avait le sang chaud et aucun scrupule. Quand Don Vito la pris sous son aile et lui a promis l’argent et le pouvoir, elle a refusé car ce n’est pas ce qu’elle désirait.

- Que voulait-elle ? Demanda Shanks très curieux d’en savoir plus.

- La connaissance. Elle voulait tout savoir sur tout. Il lui a donc fourni des livres et des professeurs et elle a étudié durant ses moments de libre.

Le silence s’installa et les pirates regardèrent, à travers la porte ouverte, la jeune femme s’amusait avec les enfants. Tandis que Mama reprit la discussion, Shanks continua d’observer Amalya qui chuchota à l’oreille d’un enfant. Ce dernier partit en courant et revint une minute plus tard un portefeuille à la main.

- Au voleur ! Cria un homme au bout de la rue.

Mama interrompit son monologue et se retourna vers Amalya.

- Ah non ! Tu ne vas pas recommencer tes conneries ! J’en ai marre d’être obligé de te couvrir !

La jeune femme s’excusa et Mama continua sa conversation avec les pirates.

- Vous savez, elle est peut être violente et vil mais si ces enfants l’aiment autant, c’est qu’elle n’a pas un mauvais fond…

Shanks, qui continuait de l’observer du coin de l’œil, finit par pâlir en levant le doigt vers la rue. Amalya, accroupi au milieu des enfants, leur apprenait comment faire un cocktail Molotov avec une bouteille d’alcool et du tissus. Cette fois-ci, Mama se leva et courut vers eux.

- Dispersion ! Cria Amalya aux enfants qui déguerpirent instantanément.

- Amalya ! Si je t’attrape, tu vas le regretter ! Hurla la pourvoyeuse rouge de colère avant de revenir s’asseoir à table.

- Cette gamine est épuisante ! Personne ne peut la tenir !

- C’est ce qui fait son charme… Fit Shanks amusé. Mama, en quoi consistait son travail pour Don Vito ?

- Je ne suis pas en mesure de vous répondre. Mon travail consiste seulement à gérer mes filles et leur clientèle. Sur ce, Messieurs, je dois vous quitter. J’espère que vous passerez un agréable moment.

- Une dernière chose, vous ne savez vraiment pas pourquoi Amalya est revenue ici ?

Mama soupira et se leva.

- Vous ne savez absolument rien d’elle n’est-ce pas ? Sachez que c’est notre cas à tous. Il n’existe qu’une seule personne qui pourrait répondre à n’importe laquelle de vos questions. C’est Tino. Mais il ne vit plus ici. Il s’est passé quelque chose entre ces deux-là et depuis, Amalya lui a accordé toute sa confiance. C’est pourquoi il ne vous dirait rien non plus. Il ne tient qu’à vous de l’obtenir. Sachez être patient, conclu-t-elle avant de quitter la pièce.

- J’ai tout mon temps, murmura Shanks.

- En tout cas, j’ai du mal à l’imaginer en couple avec un homme ! S’exclama le doc qui ne s’en remettait pas de cette nouvelle.

- En réalité, il ne formait pas un couple. Don Vito était marié mais tout le monde savait qu’il lui rendait visite certaines nuits. Il s’était épris d’elle bien plus qu’il voulait le faire croire mais je suis persuadée que ce n’était pas réciproque. Amalya l’a accepté dans sa vie plus par solitude que par amour ! Expliqua la prostituée sur les genoux de Ben.

- Ah ! Je t’avais oublié toi ! Fit Ben accaparé par les propos de Mama.

- Alors c’est que je fais mal mon travail, susurra la femme avant de l’embrasser passionnément.

Shanks leva les yeux au ciel et sortit boire son verre dehors pour prendre un peu l’air lorsqu’il vit Amalya assise sur un banc fait de briques et de planches sur le trottoir d’en face. Il s’apprêtait à lui tenir compagnie lorsqu’il vit trois hommes arriver du bout de la rue. L’un d’eux se détacha des autres et vint s’asseoir près d’elle. Shanks s’adossa au mur de la maison close et observa toute la scène, caché dans la pénombre.

- Bonsoir Madame. Don Vito doit quitter l’île demain pour les affaires.

La jeune femme hocha la tête et se retrouva seule. Elle réfléchit un moment et dit à haute voix.

- Tu veux un verre ?

- …Volontiers, répondit Shanks en sortant de la pénombre.

Les deux pirates retournèrent dans le bordel et passèrent le reste de la soirée auprès de l’équipage. Lorsque la fête atteint son paroxysme, Amalya décida qu’il était temps de s’éclipser. Elle observa les prostituées et appela discrètement les deux plus belles d’entre elles qui se trouvait être des jumelles. Leurs grands yeux verts et leurs corps aux formes généreuses pouvaient faire tourner la tête au plus austère des hommes.

- Occupez-vous du grand roux là-bas et faites en sorte qu’il n’est d’yeux que pour vous, compris ?

- Mais Amalya, il a rejeté toutes les autres filles !

- Ce n’est pas mon problème, faites ce que je vous demande, rajouta-t-elle l’air menaçant.

Les jumelles baissèrent les yeux et hochèrent la tête. Elles prirent les meilleures bouteilles du bar et rejoignirent la table de Shanks dans l’idée de le saouler pour plus facilement le séduire. Amalya, quant à elle, partit dans la cuisine et sortit par la porte de derrière, ce qui n’échappa pas à l’œil de Ben.

- Que nous prépare-t-elle encore…

- Quoi ? Demanda Shanks entouré des jumelles qui remplissaient constamment son verre à peine l’eut-il entamé tout en lui massant les épaules.

- Amalya s’est barré. Je paris que cette accalmie sera de courte durée.

Shanks interpella Roar qui, déjà saoul, vint en titubant.

- Je Veux que tu suives Amalya et que tu me tiennes au courant de ces faits et gestes. Dépêche-toi, elle vient de partir.

Il poussa son verre vers le centre de la table et demanda aux jumelles d’aller voir ailleurs s’il y était. Soudainement de mauvaise humeur, il tendit un escargophone à Roar et en posa un autre devant lui avant de dire.

- Ne me fais pas attendre.

En voyant son capitaine dans cet état, Roar redevint immédiatement sobre et s’empressa d’exécuter son ordre. Tandis qu’il sortait pour retrouver la jeune femme, Ben soupira et murmura à l’adresse de Shanks.

- Elle n’a encore rien fait qu’elle t’énerve déjà. En ce qui me concerne, cette nuit, je suis occupé, fit-il en souriant à la prostituée.

**********

Sous un ciel sans étoiles, Amalya marcha lentement à travers cette sinistre ville en se remémorant les huit années qu’elle y avait vécues. Depuis sa plus tendre enfance, elle avait compris que les faibles n’avaient pas leur place dans ce monde où régnait la loi du plus fort. La vie parmi les habitants de Cosa Nostra avait endurcit son caractère, la rendant encore plus méfiante et taciturne qu’auparavant. Son tempérament froid et solitaire l’avait marginalisé du reste de la population mais au fil des années, elle avait appris à baisser sa garde devant certaines personnes qui, à ses yeux, le méritaient.

Ainsi, à son arrivée sur l’île, elle avait rencontré Tino, le seul homme à qui elle avait raconté l’histoire de sa vie. Puis quelques années plus tard, elle s’attacha à un groupe d’enfants des rues à qui elle inculqua l’art du combat et insuffla sa rage de vivre. Puis enfin, elle rencontra le maitre des lieux, Don Vito, avec qui elle partagea son corps et y découvrit les plaisirs de la chair. A leur manière, chacun d’entre eux avait allumé une bougie et éclairé un court instant les ténèbres qui opprimaient son âme.

Perdu dans ses pensées, elle se retrouva rapidement à l’autre bout de la ville, devant la luxueuse demeure de Don Vito. Elle enleva son châle et à la vue de son visage, les deux gardes lui ouvrirent le portail afin de la laisser entrer.

***********
- Oui ?

- Elle vient de rentrer dans un grand manoir à l’extrême nord de la ville. Je peux revenir maintenant ?

- Continue de la suivre.

- … Je te rappelle.

Roar s’éloigna de l’entrée et contourna le mur d’enceinte qui encerclait la résidence. A l’abri des regards, il se colla au mur et se camoufla au couleur de celui-ci. Grâce au pouvoir du fruit du camouflage, Roar était devenu l’informateur de l’équipage. Il escalada l’obstacle et sauta dans le jardin où plusieurs gardes faisaient leur ronde. Son pouvoir était pratique mais avait un inconvénient, celui de s’estomper quand il n’était plus en contact avec l’élément dans lequel il se dissimulait. Il attendit de sortir du champ de vision des hommes de Vito pour courir se coller à un arbre.

D’arbres en arbres, il finit par s’adosser à la façade de la résidence, près d’une fenêtre. Il s’apprêtait à regarder à l’intérieur lorsqu’un chien vint lui renifler les pieds. Roar resta immobile espérant que l’animal ferait demi-tour mais celui-ci, animé par la curiosité, lui urina dessus avant de repartir. Furieux, le pirate maudit Amalya pour être obligé de la suivre alors qu’il aurait pu boire auprès de ravissantes femmes.

*************

Elle entra dans le salon richement décoré où crépitait un feu de cheminée. Elle parcouru la pièce du regard et vit sur une chaise des vêtements neufs et un seau à champagne avec deux flûtes sur la table basse. Elle n’avait pas particulièrement soif mais l’idée de se laver la tentait bien. N’ayant pas eu l’occasion de faire sa toilette depuis leur arrivée sur l’île, elle pouvait bien profiter de cette petite pause avant de rentrer dans le vif du sujet.

Connaissant parfaitement la résidence, elle s’élança vers la salle d’eau au fond du salon, posa sur le sol l’écharpe qui soutenait l’œuf sur son dos et se déshabilla prestement avant de rentrer dans la douche. Elle tourna le robinet d’eau froide et plaça sa tête sous le pommeau puis son corps. Elle se douchait toujours à l’eau froide car cela lui rappelait l’océan. Une fois propre, elle sortit et enfila un peignoir plié sur une étagère lorsqu’elle entendit un bruit dans le salon.

Vêtu d’un costume blanc, un grand homme svelte d’une cinquantaine d’années se tenait devant la cheminée. Amalya se rappela pourquoi elle l’avait laissé entrer dans sa vie. Son allure charismatique et ses yeux noirs tombants lui donnaient un charme fou. Marqué par les années et les soucis, son visage ridé et ses soyeux cheveux grisonnants le rendaient encore plus séduisant. Son regard plongé dans le sien, la démarche lente, elle vint se placer devant lui.

- Bonsoir Vito.

L’homme resta de marbre un instant puis il posa ses mains sur la ceinture de son peignoir qu’il défit doucement avant de lui ôter le tout. Il regarda la jeune femme nue de haut en bas puis il la prit dans ses bras avant de l’embrasser tendrement. Malgré la chaleur du feu, Amalya frémit à son contact et lui rendit fougueusement son baiser. Brûler par le désir de redécouvrir l’autre, les deux amants s’allongèrent sur le tapis, éclairé par la lumière ardente des flammes.

****************

- Oui ?

- Tout le monde baise pendant que je me fais pisser dessus par un clébard !

- Pardon ?

- Capitaine, elle est en train de coucher avec un type. Je peux rentrer maintenant et faire comme tout le monde ?

- …

- Capitaine ? Putain, il m’a raccroché au nez !

***************

Shanks raccrocha violemment l’escargophone.

- Elle nous a fait naviguer jusqu’ici pour une partie de jambe en l’air. Elle ne manque pas de culot ! S’exclama Ben plus gai que jamais.

Voyant son capitaine maussade, Ben soupira et hocha négativement la tête. Cette femme pouvait faire perdre la tête au plus sage des hommes. La première impression qu’il avait eu en la rencontrant s’avérer de plus en plus fondé. A tout point de vue, Amalya était un danger pour l’équipage. Ben fit signe aux jumelles de revenir et dit à son capitaine.

- Il semblerait que tout le monde s’amuse, tu devrais en faire autant mon ami. Les femmes de Cosa Nostra ne connaissent pas encore ta réputation de grand séducteur. Peut-être aimeraient-elles en avoir un aperçu ?

Les jumelles vinrent s’asseoir sur les genoux de Shanks et le couvrir de baisers et de caresses. Ce dernier leva son verre et fit un clin d’œil à Ben avant de trinquer à la dure vie de pirate.

**************

Dans sa lente agonie, la dernière flamme éclaira le corps nu d’Amalya allongé contre celui de Vito avant de s’éteindre et laisser place à l’obscurité. A travers la fenêtre, la lueur de la lune prit le relai lorsque la jeune femme se leva et partit s’habiller dans la salle d’eau.

- Je t’ai posé des vêtements neufs sur la chaise, laisse tomber tes vieilles guenilles.

Amalya préférait les habits que lui avaient offerts Shanks même s’ils ne sentaient pas la rose et commençaient à être abîmé.

- Pourquoi tu m’as fait venir Vito ? Où sont ces pirates qui ont soi-disant accaparé tes affaires ? Je n’en ai encore vu aucun.

L’homme la regarda sortir de la salle d’eau et haussa les épaules en la voyant porter ses habits de pirate.

- Ils font partie de l’équipage de l’empereur Kaïdo, je me suis vite rendu compte qu’il était inutile de s’opposer à leurs desseins. Je continue de m’occuper des affaires tandis qu’ils empochent une partie des gains. Ils m’offrent leur protection et en échange, je leur donne ce qu’ils désirent. Don Vito serra les dents et les poings. Quel comble n’est-ce pas ?

- En effet, ton rôle s’est inversé. Ça te fait quoi de te retrouver à la place de tes subordonnés ? Se moqua-t-elle en buvant la bouteille de champagne au goulot.

Vito fronça les sourcils avant de reprendre :

- Ils sont très discrets et œuvrent dans l’ombre. Je ne sais donc pas où ils crèchent mais je sais qu’à chaque livraison, ils me donnent un point de rendez-vous. La prochaine est dans quelques heures, au lever du jour, dans l’ancien bar d’Azzio.

Vito prit le champagne, remplit les deux flûtes et en tendit une à Amalya qui était déjà à la porte.

- Je t’ai dit que c’était dans quelques heures, restes encore avec moi.

- Je te ramènerai la tête de leur chef.

Elle claqua la porte et retourna dans les rues de la ville. Don Vito posa les deux verres, regarda les braises mourir et sourit.

Amalya renoua ses cheveux et vérifia que l’écharpe soutenait bien l’œuf. Elle prit le couteau qu’elle cachait dans son dos, l’aiguisa à l’aide d’une pierre qu’elle trouva sur le sol. Cela ferait l’affaire pour ce combat. Elle le cacha dans sa botte et se dirigea vers le bar d’Azzio.

Elle allait à nouveau rencontrer un des commandants de la flotte de Kaïdo. Excitée par le futur affrontement et impatiente d’entrer en contact avec cet empereur, elle accéléra le pas lorsqu’un homme l’interpella.

- Alors comme ça, on est de sortie ? Je préférais quand c’était les jumelles, fit Cornaq en regardant sa poitrine. Ce lacet enlève tout le charme de ta tenue…

- Qu’est-ce que tu veux ? Les prostituées ne sont pas à ton goût ?

- Ah ah ah ! Je savais qu’il y avait anguille sous roche. Ces femmes étaient une diversion pas vraie ? Je ne te cache pas que je m’en suis tapé une ou deux mais tu sais, le cul, c’est marrant qu’un moment. Moi, je préfère la baston ! Alors, qui doit-on tabasser ?

- Qu’est ce qui te fait croire qu’il y aura un combat ?

- Avec toi, les emmerdes ne sont jamais bien loin… Et puis, je te rappelle que je te dois une dette. Tu m’as sauvé de la noyade.

Amalya tiqua. S’il venait avec elle, il apprendrait qu’elle tentait de rencontrer Kaïdo, et Shanks finirait par le savoir.

- Tu te fais des films mon pote. Va emmerder quelqu’un d’autre.

- Je t’ai vu aiguiser ton couteau et le planquer dans ta botte alors écoute moi bien. Soit je viens avec toi soit je vais emmerder le boss en lui racontant tes petites escapades nocturnes.

La jeune femme tiqua de plus belle. Quel enfoiré ! Elle allait devoir l’emmener et trouver une solution en route. Elle se retourna et marcha vers le bar.

- Suis-moi Cornaq mais ferme-la !

Le pirate sauta de joie et sortit de sa ceinture un étrange pistolet à deux crosses. Il le braqua devant sa bouche et lui donna un baiser.

- Allez Beretta, il est temps de jouer !

Une langue sortit du canon de l’arme et lécha le visage de Cornaq puis le chien se mit à frétiller.



p.s: le chien d'une arme est la pièce qui met le feu à la poudre ou qui sert à percuter l'amorce de la cartouche, elle se situe au dessus de la crosse, à l'arrière de l'arme.

p.s 2: si des dessinateurs sont intéressés pour faire quelques dessins ( rémunérés ) sur mon histoire, m'envoyer un message par MP.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 16:28 
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Chapitre 16 : Intolérable espoir


La lueur des bougies illuminée les corps nus des deux prostituées allongées sur le lit. L’une d’elle se redressa et caressa le dos de Shanks qui, assit sur le bord, contemplait le sol.

- Ca n’a pas l’air d’aller, je peux peut être te remonter le moral… Susurra la femme en lui mordillant l’oreille.

- Lâche-moi ! S’énerva Shanks en la repoussant. Réveille ta sœur et dégagez d’ici.

Surprise de le voir soudainement contrarié, elle ne chercha pas à en savoir davantage et réveilla aussitôt sa jumelle. Shanks enfila son bermuda et partit s’asseoir au bord de la fenêtre tandis que les prostituées quittèrent la chambre, énervées à leur tour par son comportement lunatique. La mine sombre, le pirate regarda l’aube se lever lorsque plusieurs détonations au loin brisèrent le silence de la nuit.

- Amalya…

************

30 minutes avant

- Tu ne veux toujours pas me dire ce qu’on fout là ? Demanda Cornaq planqué sur le toit d’une baraque.

- Tu ne veux toujours pas aller voir ailleurs si j’y suis ? Rétorqua Amalya en observant le bar abandonné d’Azzio.

- … On t’a déjà dit que tu étais chiante ?

- Les voilà ! Baisse-toi et tais-toi !

Un grand homme de forte corpulence entra dans le bar suivit de quatre autres. Amalya attendit un instant avant de se décider à y aller.

- Cornaq, tu passes par la porte d’entrée et tu t’occupes des quatre gringalets. Je vais passer par derrière et m’occuper du gros.

- Ok je veux bien mais qui sont ces types au juste ? Amalya ?

La jeune femme avait déjà sauté du toit lorsque Cornaq compris qu’il n’aurait aucune explication. Peu importe qui était ces gens, il n’avait qu’une envie à l’heure actuelle, sortir Beretta et faire un deuxième trou de balle à chacun de ses types. Cornaq n’était pas un homme au cœur tendre. Sans scrupules ni objectifs, il tuait seulement pour le plaisir. Son passé de tueur en série avait été mis au placard lorsqu’il entra dans l’équipage de shanks mais parfois, les portes s’entrouvraient laissant ressurgir quelques un de ces démons. Il sortit son pistolet de sa ceinture et alla se poster devant la porte d’entrée.

- C’est parti pour de nouvelles aventures…. Murmura-t-il à travers un sourire malfaisant.

Il franchit le seuil et se retrouva nez à nez avec ses quatre adversaires. Il leva alors son arme et tira une balle dans chacun des quatre corps qui tombèrent par terre. Amalya, au fond de la salle, avait un pied posé sur le dos du gros qui gisait déjà au sol.

- C’est tout ? Tu parles d’un combat. J’aurais dû rester au bordel !

- Ce n’est pas normal, j’ai à peine touché ce gros lard et il est immédiatement tombé.

La jeune femme scruta de plus près le corps de l’homme et eut un mouvement de recul.

- Ça pue le mort !

Les autres cadavres se levèrent et se jetèrent sur Cornaq qui leur tira dessus à plusieurs reprises en vain.

- Des zombies ! Des saloperies de zombies !

Amalya s’approcha d’eux et en toucha un qui s’effondra brusquement, sous le regard médusé de son compagnon.

- Un fruit du démon… C’est un piège, reste sur tes gardes !

Elle toucha les trois autres lorsqu’une dizaine d’hommes armés rentrèrent par la porte arrière et l’encerclèrent. Cornaq s’apprêtait à la rejoindre quand il sentit une lame tranchante sous son cou.

- Un pas de plus et je coupe… Souffla l’homme derrière lui. Alors voilà cette fameuse femme qui ne craint aucun fruit du démon… Ce n’est donc pas un mythe… Mes pantins n’auront donc aucun effet sur toi. J’ai entendu dire que tu étais assez forte, et à vrai dire, je n’aime pas vraiment me battre. Alors je te propose un deal. Tu viens sagement avec moi rencontrer mon capitaine sur son île ou bien je tranche la tête de ton ami.

Tout était clair à présent. Elle s’était fait manipuler en beauté. Elle fixa Cornaq dans les yeux.

- C’est le moment de me rendre ta dette.

Elle se retourna et assena un violent coup de poing dans la gorge d’un des hommes puis se servit de lui comme bouclier tout en tirant sur les autres avec son arme. Cornaq sourit et laissa tomber son pistolet à terre.

- A toi de jouer Beretta.

Le pistolet prit vie et tira sur le chef du groupe, le blessant au pied et à la cuisse. Cornaq sentit la lame sous son cou tomber et en profita pour attraper le bras de son adversaire et le jeter contre un mur. Celui-ci retomba maladroitement sur ses pieds et d’un claquement de doigts, ranima ses hommes morts avant de les envoyer se battre contre Cornaq tandis qu’il affronterai la femme.

- Je t’attends… Fit Amalya les deux poings levés, excitée par l’affrontement.

- J’ai appris que tu voulais rencontrer Kaïdo. Je suis son septième commandant, Nagash le nécromancien. Il semblerait que tu ne veuilles pas le rencontrer en tête à tête. Alors je te propose un autre deal. Si je gagne, tu viens avec moi. Si tu gagnes, tu peux l’appeler, dit-il en sortant un escargophone de son manteau.

- Marché conclu !

Les deux pirates se jetèrent l’un sur l’autre et se rouèrent de coups un moment lorsqu’Amalya remarqua les faiblesses de son adversaire. Il était mauvais au corps à corps. C’est pourquoi il utilisait la nécromancie pour se battre. Il avait dû être promu commandant grâce à ce pouvoir. Le tuer serait un jeu d’enfant. Elle ramassa un sabre lorsqu’un zombie lui attrapa les chevilles, la faisant tomber en arrière. Nagash saisit l’opportunité et la frappa sans relâche dans les côtes et le ventre. Les zombies ne pouvaient pas se battre contre elle mais ils pouvaient la toucher une seule fois avant d’être inerte.

- Ta capacité d’annuler les pouvoirs des fruits du démon est incroyable mais j’ai trouvé ton point faible.

Nagash lança une partie de ses pantins sur elle, l’écrasant sous le poids de leurs corps devenus inerte à son contact. A chaque fois qu’elle arrivait à se défaire de ces cadavres ambulants pour attaquer le nécromancien, ceux-ci se réanimaient et lui sautaient dessus.

- Tu commences à me faire sérieusement chier ! Cria-t-elle lorsqu’elle eut une idée.

Elle cala les chevilles des cadavres sous ses bras et avança laborieusement vers Nagash en tirant le troupeau de zombies.

- Allez viens maintenant que je te botte le cul, sale nécro !

- C’est ridicule… Murmura Cornaq qui observait la scène, assis sur un monticule de corps découpés en lamelle. Beretta, va l’aider.

Le chien pistolet courut imperceptiblement derrière Amalya, grimpa sur le amas de mort vivant, sauta sur le dos de la pirate et du haut de son épaule, tira une balle entre les deux yeux du nécromancien qui succomba aussitôt. Amalya, abasourdie, lâcha toutes les chevilles et se tourna vers Cornaq, le visage rouge de honte.

- Je t’interdis de raconter ça à qui que ce soit, cria-t-elle en cachant l’escargophone dans l’écharpe qui soutenait l’œuf.

- Ca marche, par contre je peux dire au boss que tu souhaites rencontrer Kaïdo ?

Il lui fit un clin d’œil lorsqu’il entendit une détonation et sentit son sang dégoulinait le long de sa nuque. Il tomba face contre terre, sans avoir vu l’auteur de sa mort. Sans son maitre pour l’encourager, Beretta courut se cacher dans un meuble, laissant Amalya seule face à Don Vito et ses hommes.

- Mon amour, je ne pensais pas que tu survivrais à ce combat. Tu es vraiment increvable. Je vais devoir m’occuper de toi moi-même. Quelle corvée !

- C’est toi qui as fait appel à Nagash ? Tu ne travailles pour aucun pirate n’est-ce pas ? Tino est dans le coup ?

- Ah ah ah, Tino… Il y a quelques années au cours d’un de mes voyages, j’ai rencontré un des commandants de Kaïdo qui m’a parlé du mythe d’un être doté de la capacité d’annuler les pouvoirs des fruits du démon. Puis il y a peu, lors d’une mission, un de mes gars est tombé sur cet abruti de Tino. Quelques verres et un peu de drogues ont suffi pour lui délier la langue. Il m’a alors raconté ton don et ton désir de voir l’empereur Kaïdo. J’ai donc arrangé cette rencontre.

- Dans quel but ?

- Laisse-moi y venir, tu es toujours aussi impatiente mon amour. Je savais que tu ne reviendrais pas sur cette île sans une bonne raison. Nagash était la carotte qui t’attirerai jusqu’à moi. Connaissant la réputation de l’équipage de Kaïdo et ton tempérament, je pensais que cet affrontement finirait en bain de sang mais comme à ton habitude, tu t’en sors indemne. Tu sais, je n’ai pas vraiment apprécié que tu me quittes sans prévenir. Tu sais à quel point j’ai horreur que l’on se serve de moi. Et c’est l’impression que j’ai eu après ton départ. Quand je pense à tout ce que j’ai fait pour toi… Je t’ai tout donné… Je t’aimais Amalya.

- Ce carnage pour une stupide histoire de cul… Murmura-t-elle en regardant le cadavre de Cornaq. Tu es ridicule Vito !

Elle se rapprocha de lui afin d’en finir une bonne fois pour toute lorsqu’elle s’arrêta brusquement, les yeux écarquillés et la peur au ventre. Don Vito braquait son arme sur la tempe de Fredo qu’il tenait en otage. Cet adolescent était un des enfants qu’Amalya avait élevé à l’époque où elle vivait à Cosa Nostra.

- Je connais ton point faible. Cette étrange fascination que tu as pour les enfants m’a toujours dérouté. Tu peux être si impitoyable avec les adultes et si douce avec les gosses… Je me suis toujours demandé quel en était la raison. Bouge ne serait-ce que d’un centimètre et je lui fais sauter la cervelle. Allez les gars, faites-vous plaisir !

Tous les hommes de Vito encerclèrent Amalya et s’acharnèrent sur elle de toute leur force tandis que leur chef se délectait de cette macabre scène. Malgré son visage boursouflé et ses dents cassés, la jeune femme ne bougeait pas, ne gémissait pas.

- Vous pouvez briser mon corps mais vous ne briserez jamais mon esprit.

Fredo s’effondra en larme mais s’obligea à regarder. Pour certain, cette séance de torture pouvait représenter ce qu’il y a de plus abjecte chez l’Homme mais à ses yeux, elle représentait le courage la détermination infaillible d’une personne extraordinaire. Il n’oublierait jamais ce jour.

- Tu disais quelque chose ? Demanda Vito en faisant signe à ses hommes d’arrêter.

- … Les enfants sont l’incarnation de l’innocence. Ils sont notre espoir, notre avenir…. Si seulement les adultes ne les formataient pas à devenir comme eux… Je n’ai aucune estime pour ces gens-là. Tu te demandes pourquoi j’ai quitté l’île sans dire un mot ? Vito, tu es le pire de ces hommes. Je te hais, toi et tous les habitants. Je ne supporte pas de voir tous ces mômes devenir aussi infâme que vous tous !

- Alors tu ne dois pas avoir beaucoup d’estime envers toi-même… Tu es comme nous mon amour, si ce n’est pire.

- Je n’ai jamais dit le contraire… Je ne suis que le reflet de vos âmes. Je ne suis que la conséquence de vos actes… Vous avez fait de moi un monstre, une compilation d’émotions plus malsaines les unes que les autres et qui me collent à la peau où que j’aille et quoique je fasse. Je souffre chaque jour, chaque seconde qui s’écoulent… Cette vie m’est intolérable. Mais pourquoi cette petite lueur d’espoir tapit au fond de moi me dit de continuer, de croire que la vie vaut la peine d’être vécue ? Je sens que les choses peuvent être différentes, je le sais, je le vois, souffla-t-elle en regardant Fredo.

- Tu délires… Tu vois encore de l’espoir ? Mmmm, je te crois…

Vito ramassa un sabre, prit le bras de Fredo et lui sectionna à hauteur du coude. L’adolescent hurla de douleur et tomba à genoux, fixant son moignon se vidait de son sang.

- Et maintenant mon amour, tu vois encore de l’espoir ?

Il prit la cheville de l’enfant et l’amputa à nouveau.

- Et là, tu en vois encore ?! Hurla-t-il les yeux exorbités de rage. Flinguez moi cette salope !

Tétanisée, Amalya regarda Fredo agonisait et mourir à petit feu. La fureur s’empara d’elle un court instant puis la folie prit le dessus sur sa conscience. Tout détruire. Tout annihiler. Plus rien n’a d’importance. Une aura meurtrière jaillit de son être et terrassa mentalement ses bourreaux qui tombèrent instantanément, complètement apathiques.

Madame, madame

La pirate se redressa très lentement. Ces yeux intensément noirs ne voyaient plus la réalité mais un déferlement de visions chaotiques. Un grognement émana de sa bouche puis ses dents se détachèrent laissant place à une nouvelle dentition. Elle leva doucement ses mains vers le plafond lorsque toutes les canalisations cassèrent à cause de la soudaine pression de l’eau qui giclait de partout.

Madame, madame

Une intense douleur déchira son esprit, la faisant vaciller et tomber devant Fredo qui la toucha fébrilement de son bras valide.

- Madame, ça va aller…

Amalya vit alors le sol inondé puis Fredo qui tentait de la calmer. Elle se releva aussitôt à la recherche d’un moyen pour lui faire un garrot quand elle vit Vito se jeter sur elle et lui planter un couteau dans le ventre.

- Cette vie intolérable va bientôt prendre fin mon amour…

- Pas toute seule… Murmura-t-elle à son oreille avant de lui mordre le cou et lui arracher la veine jugulaire comme le lui avait appris sa première famille.

L’homme recula en titubant les mains sur le cou avant de s’effondrer à côté de l’adolescent. Instinctivement, la jeune femme retira le couteau, accélérant ainsi l’hémorragie et s’assit par terre en attendant la fin. L’eau de la pièce se tinta en rouge, révélant ainsi le véritable bain de sang qui venait d’avoir lieu.

La porte d’entrée vola en éclat et Shanks apparut suivit d’une partie de l’équipage. Le doc examina la situation et fit immédiatement les premiers soins à Fredo tout en jetant des coups d’œil à Amalya qui semblait également dans un état critique. Les autres pirates cherchèrent des survivants tandis que Shanks s’agenouilla devant elle, regrettant amèrement de ne pas avoir été là avant.

Sa présence apaisante et son regard bienveillant réchauffèrent son cœur si froid. Il tenta d’essuyer du bout de ses doigts la larme qui coulait sur sa joue. Elle pencha son visage pour mieux sentir la main de cet homme qui tentait désespérément de la consoler. L’odeur et la douceur de sa peau réconfortèrent son âme meurtrie. Elle ferma les yeux, un léger sourire étira ses lèvres.

Non. Elle ne devait plus succomber à de tels sentiments. Elle n’avait plus confiance en personne. Tous ceux avec qui elle avait partagé sa vie se retourner tôt ou tard contre elle. Tino, comment as-tu pu me trahir ?

Elle regarda Shanks, écarta violemment sa main d’un revers de la sienne et lui dit :

- Je ne veux pas de ta pitié.

- Amalya…

- Capitaine ? Nous venons de trouver le corps de Cornaq, il est mort… Il y a plusieurs survivants mais impossible de les interroger, ils sont pires que des légumes. Il y en a un autre derrière toi qui essaye de dire quelque chose.

Amalya vit Vito, encore en vie. Elle n’avait pas mordu assez fort. Shanks attrapa l’homme par les cheveux et lui ordonna d’expliquer ce qu’il s’était passé.

- K… Ka…

Même à moitié mort, il continuait de lui pourrir la vie. Elle appela Beretta qui sortit de sa cachette et courut se jeter dans sa main, se transformant ainsi en simple pistolet. Elle visa la tête de Vito juste à côté de celle de Shanks et tira une seule balle fatale. Elle rampa jusqu’à lui, prit le couteau avec lequel il l’avait éventré et découpa sa tête avant de la poser sur son torse.

- Comme prévu, je te rapporte la tête de leur chef.

Puis elle rampa vers Cornaq, posa Beretta sur son torse qui se retransforma en chien pistolet et qui hurla à la mort, pleurant la perte de son maitre. Elle finit par s’allonger avant de perdre connaissance.

*************

Shanks était assis dans le couloir en face de l’infirmerie du Red Force. Le doc finit par en sortir après plusieurs heures d’intervention. Il s’assit à côté de son capitaine et s’essuya le front.

- Le gamin devrait s’en sortir. Il a perdu énormément de sang. Une chance que j’avais suffisamment de poches en réserve. Pour ce qui est d’Amalya… Le doc baissa la tête et fronça les sourcils. Je ne peux pas me prononcer. Elle a de nombreuses hémorragies internes, ces salops l’ont tabassé à mort…

- Elle est forte, elle s’en sortira mon ami, le rassura Shanks.

- Capitaine… Crois-tu au destin ? Ce n’est pas par hasard si l’on a croisé sa route. Cette femme porte un lourd fardeau sur ces petites épaules. Il serait peut-être temps de l’en décharger un peu non ?

Shanks hocha la tête, il y travaillait déjà depuis le début.

- Tu peux aller les voir si tu veux.

- Non. Je préfère veiller d’ici.

- Comme tu voudras. En ce qui concerne Cornaq, je ne peux pas conserver son corps suffisamment longtemps pour l’enterrer sur son île natale. Il va falloir l’incinérer ici et porter ses cendres chez lui plus tard.

- Je m’en doutais. Je vais préparer ces funérailles. Laisse-moi juste un moment.

Le doc retourna dans l’infirmerie afin de le laisser seul lorsqu’il posa une dernière question.

- Capitaine, pourquoi n’utilises tu pas ton pouvoir sur elle ? Elle est inconsciente, elle n’en saura rien. Ça nous permettra enfin de savoir qui elle est.

- J’y ai songé mais je ne le ferai pas contre son gré. Elle se livrera quand elle sera prête. Elle doit comprendre qu’elle peut nous faire confiance.

Shanks se retrouva seul et soupira. Avait-il fait un bon choix en enrôlant Amalya ? Il commençait à en douter. Il venait de perdre un homme sans en connaitre les circonstances. Représentait-elle un danger pour son équipage ? Peut-être bien. Sa colère s’amplifiait de plus en plus à mesure qu’Amalya lui apportait des ennuis. Mais l’intuition qu’elle avait un rôle à jouer était plus forte. Dorénavant, il ne la lâcherai plus d’une semelle.

**************

Le lendemain soir, tous les pirates se réunirent sur la plage. Chacun d’entre eux raconta une anecdote sur leur compagnon disparu puis Shanks mit le feu au bûcher funéraire et l’équipage contempla les flammes danser au gré du vent jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un tas de cendre.

**************

Deux jours plus tard, Ben était de garde à la vigie. Il fit le tour du bateau pour se dégourdir les jambes lorsqu’il vit une lueur à travers la fenêtre de la bibliothèque. Il rentra dans la salle et aperçut une bougie allumée à côté de l’urne de Cornaq. Quelqu’un était passé se recueillir. Il éteignit la bougie et fit demi-tour quand il croisa le regard d’Amalya, assise sur une banquette. Le doc avait peu d’espoir qu’elle s’en sorte et la voilà ici, au bout de seulement trois jours…

- Nous nous sommes fait attaquer par Don vito… Je suis désolée, je n’ai jamais voulu ça… J’apprécié Cornaq…

- Epargne-moi tes mensonges. Sa mort ne signifie rien pour toi. Rien ne t’oblige à rester parmi nous, siffla Ben en colère contre elle.

- Toujours aussi agréable à mon égard…

- Certainement parce que je ne t’aime pas.

Ben claqua la porte et retourna faire sa ronde.

Il a raison. Sa mort ne me touche pas. Vito disait vrai. Je suis un monstre comme tous les autres. Alors pourquoi ce monde où règne tant de souffrance m’écœure tant ? Pourquoi me suis-je réveiller en pleine nuit en pensant à Cornaq ? Que fais-je ici à regarder son urne ? Rien n’a de sens. Je suis si fatiguée de vivre. Je n’ai jamais demandé à naitre… Qui m’a imposé un tel fardeau ? Une simple balle bien placée suffirait à me libérer… Alors pourquoi je continue ? Pourquoi je garde malgré tout espoir quand je ne vois que haine, vanité et désolation ?

Amalya sortit de son vêtement l’escargophone qu’elle avait pris à Nagash. Elle regarda un moment l’unique bouton de l’appareil et finit par appuyer dessus.

- Biiip biiip biiip

- Nagash ? Où en es-tu ? Demanda un homme à la voix rauque.

- Nagash est mort.

- … A qui ai-je l’honneur ?

- Je suis la personne que vous recherchez depuis tant d’années.

- …

- Et je souhaite vous rencontrer, Kaïdo aux cents bêtes.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mar 15 Déc 2015 18:27 
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Chapitre 17 : une seconde chance


Vingt ans plus tôt, prison sous-marine d’Impel Down, 6ème niveau

La sirène retentissait à travers toute la prison depuis cinq minutes. Un pan de mur s’était fissuré lorsque Space avait été projeté dessus, laissant l’eau s’infiltrer dans le 6ème niveau.

- Space ! Space ! Réveillez-vous ! Arrêtez-la ! Hurla le savant pris de panique.

- Dr Vegapunk ! Nous devons vous évacuer immédiatement ! Il faut remonter à la surface, suivez-moi ! Ordonna le directeur Magellan tout en regardant l’enfant à l’autre bout du couloir.

La petite fille les fixait, les yeux aussi noirs que les larmes qui coulaient sur ses joues. Elle leva lentement ses bras vers l’avant lorsque la fissure dans le mur s’élargit brusquement transformant la légère infiltration d’eau en véritable torrent. Les trois hommes furent emportés par le courant quand surgit un quatrième homme derrière l’enfant, et qui l’assomma en lui assenant un violent coup de coude sur le crâne. Ils furent à leur tour pris dans le courant mais au lieu de s’échapper en nageant vers la sortie qui menait au cinquième niveau, l’homme serra fermement la fillette contre lui et sorti par la brèche, se retrouvant au fond de l’océan face à un gigantesque monstre marin.

Inoffensive, la créature les renifla un moment avant de se pencher sur le côté pour leur montrer sa nageoire. Surpris, l’homme ne saisit pas de suite son attitude puis il comprit qu’elle souhaitait les aider. Il s’agrippa au monstre qui les emmena sur la plage d’une lointaine île. L’homme déposa l’enfant encore inconsciente sur le sable blanc et s’assit à côté d’elle.

- … Qu’est-ce que j’ai fait… Murmura-t-il en regardant le monstre marin s’éloignait vers l’horizon.

Il s’agenouilla contre la petite fille et caressa ses longs cheveux bruns. Comment un visage aussi angélique pouvait-il faire autant de mal ? Il savait qui elle était et ce qu’elle représentait pour le gouvernement. Mais dans un stupide élan de bonté, il avait décidé de la sauver de la tragique fin qui l’attendait. Et qu’elle méritait. Avait-il fais une erreur ? Sûrement la plus grosse de sa vie. Il glissa ses deux mains autour de son cou et serra lentement lorsqu’elle ouvrit ses grands yeux. De magnifiques yeux jaunes délivrés de leur noirceur.

- Qui es-tu ? Demanda-t-elle d’une délicate voix.

Ebahi, l’homme ôta ses mains de son cou et resta muet un instant. Cette enfant aux nouveaux iris jaunes n’avait jusqu’à présent jamais parler de son existence. Tout le stress et le doute qu’il avait accumulé venait d’être balayé par seulement trois petits mots.

- Je… Je suis William…

- William ?

- William ton grand père, mon ange. Tout va bien, papy t’a sauvé de la noyade. Tu as du perdre la mémoire. Repose-toi maintenant, mentit-il le regard plein d’espoir.

- Tu m’as sauvé la vie papy… Fit-elle en se blottissant dans ses bras.

- Oui mon ange, il semblerait que tu es le droit à une seconde chance…

***********

Il ne fallut que cinq jours pour qu’Amalya se rétablisse parfaitement de ses blessures mais elle resta malgré tout deux semaines de plus à l’infirmerie au côté de Fredo pour deux raisons. Elle regrettait d’avoir mêlée son jeune ami à ses problèmes, elle rachetait donc sa faute en étant au petit soin pour lui. Puis elle ne souhaitait pas retourner auprès de l’équipage et affronter leur regard accusateur. Celui de Ben lui avait amplement suffi. Seul le doc venait leur rendre visite pour apporter les repas et changer les pansements. En apparence jovial, Amalya voyait bien qu’il était très touché par la mort de son compagnon. Tôt ou tard, elle devrait raconter les circonstances de son décès.

- Doc… Je voulais que tu saches que je…

- C’est inutile Princesse… Tu n’as pas à te justifier auprès de moi. Je sais que tu n’y es pour rien. Sache que personne ne te reproche sa mort et si aucun d’entre eux n’est venu te voir à l’infirmerie, ce n’est pas parce qu’ils t’en veulent, mais plutôt parce qu’ils regrettent de ne pas t’avoir aidé à temps. A présent, nous devons tous passer à autre chose. Fredo va beaucoup mieux et je pense qu’il est temps pour lui de reprendre le cours de sa vie.

- Merci monsieur. Je n’ai pas de quoi vous payer mais je vous revaudrez ça un jour ! S’exclama le garçon content de rentrer chez lui.

Amalya lui mit une claque derrière la tête avant de lui pincer affectueusement la joue. Ce gamin venait de perdre deux de ces membres et sa joie de vivre n’en avait pas été affecté le moins du monde.

- Tu es vraiment un drôle de gamin… Tiens, prends ça et allons-y, fit le doc en lui tendant une béquille.

Tous les trois retournèrent sur le pont, prêt à quitter le bateau pour retourner à la ville. Amalya fut surprise de voir aussi peu de pirate présent à bord. Elle chercha du regard le capitaine qui ne semblait pas être là non plus.

- Il n’est pas ici, princesse. Montez dans la charrette, nous avons encore quelques jours de voyage.

Après trois jours de route, Fredo distingua enfin au loin sa ville natale.

- Ce que c’est bon d’être de retour chez soi !

Amalya fronça les sourcils. Elle comprenait ces sentiments pour l’avoir elle-même ressentie quelques semaines auparavant. Mais Cosa Nostra était bien loin de la vie idéale à laquelle on aspirait tous. La chute de Don Vito avait dû semer la zizanie parmi ses hommes et ses habitants, amoncelant ainsi une guerre civile pour savoir lequel reprendrait sa place.

- Regardez là-haut, sur le toit de la demeure du Don, il y a quelque chose qui flotte !

Ils descendirent de la charrette garée à l’entrée de Cosa Nostra et furent accueilli par une ribambelle d’enfants qui se réjouissaient de leur retour. Malgré les cris et les accolades, Amalya ne put décrocher son regard du toit de la maison de Vito, au sommet de la ville. Un immense drapeau noir était fixé dessus. Un drapeau sur lequel était dessiné le symbole de l’équipage de Shanks le Roux.

- Comment te sens-tu ?

- Qu… Quoi ? Bégaya Amalya en se tournant vers son interlocuteur.

- Je te demande si tu vas mieux, répéta Shanks au côté de Mama.

- Ca va, répondit-elle avant de regarder à nouveau le drapeau.

- Cosa Nostra est désormais sous ma protection. Quiconque s’attaquera à cette île aura affaire à moi. Ensuite, Mama a remplacé Don Vito et ses hommes lui ont immédiatement fait allégeance. Apparement, la mort de leur chef a été une véritable délivrance.

- Vito a fait sombrer son peuple dans la drogue pour mieux les manipuler. Nous n’avons jamais eu le courage de nous dresser contre lui mais grâce à toi Amalya, je peux à présent reprendre les rênes et supprimer ce fléau qui avili mon pays, rajouta la pourvoyeuse reconnaissante.

Amalya fixa Mama et lui rit au nez.

- La drogue n’est qu’un prétexte pour justifier la lâcheté de ces habitants. Je n’ai pas tué Vito pour faciliter vos vies insignifiantes et je ne pense pas, capitaine, que cette île mérite votre protection.

- Tout le monde n’est pas aussi fort que toi Madame. Et le courage peut nous faire défaut lorsqu’on a peur de mourir ou de perdre un être cher. Je reconnais que la plupart des gens d’ici sont loin d’être respectable mais je crois que tu n’as pas le droit de les juger sans connaitre leurs vies. Ils ont juste besoin d’un bon leader et d’un gros coup de pouce pour retourner sur le droit chemin. Pour beaucoup d’entre eux Madame, tu es effrayante et sans cœur, mais moi j’ai appris à te connaitre et tu es la plus belle personne que j’ai rencontré… Intervint Fredo timidement.

- Fredo… Tu es jeune et si naïf… Ces gens vous ont pourtant maltraité et exclu de leur société toi et tes amis. Comment peux-tu dire ça ?

- Je ne suis pas naïf Madame, je pense seulement que chacun a le droit à une seconde chance !

Amalya resta bouche bée, surprise par son charisme et son grand cœur. Ce jeune adolescent à qui on avait mené la vie dure deviendrait un très grand homme.

- J’aiderai Mama à sortir tout le monde de cette mauvaise passe même si je ne suis que la moitié d’un homme ! Rigola-t-il en regardant ses deux membres amputés.

- Même un demi-homme peut changer la face du monde ! S’exclama Shanks en tapotant son épaule.

La jeune femme regarda son capitaine et son jeune ami, ils se ressemblaient tant. Une étrange douleur oppressa sa poitrine comme si la soudaine prise de conscience de sa malhonnêteté venait de l’écraser. Elle s’était persuadée que sa colère n’était que le fruit de ce qu’on lui avait fait subir tout au long de sa vie. Rejeter la faute sur les autres était comme une armure qui l’empêchait de voir ce qu’elle était vraiment. Cette haine qui l’animait ne pouvait qu’engendrer autour d’elle encore plus de haine. Croire que Shanks était un homme mauvais et se servir de ce prétexte pour le manipuler était inqualifiable. Faire du tort à ce pirate qui ne lui voulait que du bien équivalait à s’en prendre à l’innocence même de Fredo. Amalya recula d’un pas et pris de sa main tremblante le couteau qu’elle cachait dans son dos avant de le tendre à Fredo.

- Tiens, ce couteau a beaucoup de valeur à mes yeux et j’espère qu’il t’aidera à bâtir un meilleur avenir pour Cosa Nostra.

L’adolescent prit l’arme et regarda le manche en bois. Un arbre à trois branches avec une initiale sur chacune d’entre elle était gravé dessus. A W L

- Merci Madame, je sais à quel point tu y tiens… Dit Fredo en se blottissant contre elle.

Non. Merci à toi mon ami de m’avoir fait prendre conscience de qui j’étais réellement.

- Nous devons partir. Une longue route nous attend avant notre prochaine destination. Mama, n’hésitez pas à m’appeler en cas d’urgence même si je pense qu’à la vue du drapeau, beaucoup s’abstiendront de tenter quoique ce soit. Allons-y Amalya.

Après une dernière étreinte avec Fredo, la pirate suivit son capitaine qui monta sur un cheval.

- Où sont les autres ? Demanda-t-elle en jetant un œil aux alentours.

- Ils sont déjà en route vers le Red Force. Monte !

- Il n’y a qu’un cheval ?

- Oui. Ça te pose un problème ?

- … Je n’ai pas vraiment le choix… C’est moi qui prends les rênes, bougonna-t-elle en montant devant Shanks.

**********

Le premier jour de voyage se passa en silence. Le second également lorsque le soir, près du feu de camp, Shanks finit par ouvrir la bouche.

- Ca fait deux jours que tu évites mon regard et que tu ne m’adresses pas la parole.

Amalya leva les yeux vers lui avant de les reposer sur les flammes.

- Merci et pardon, murmura-t-elle en se recroquevillant davantage sur elle-même.

- D’accord… Un bref regard et trois mots… C’est un bon début, remarqua-t-il amusé.

- Capitaine, merci d’avoir offert ta protection à ce pays même si je ne saisi pas pourquoi tu as pris cette responsabilité puisque tu n’as aucun lien avec ces habitants. Je sais qu’en ce qui me concerne, je ne l’aurai pas fait…

- C’est vrai, je n’avais aucune raison de le faire mais faut-il vraiment une raison ? Prendre cette responsabilité ne m’apportera rien. Mais si ma notoriété peut les aider à s’en sortir, alors je leur donne sans détour. Comme le gamin le dit si bien, tout le monde a le droit à une seconde chance.

- Capitaine, je suis désolée pour Cornaq, il a tenté de m’aider durant l’affrontement contre Vito. Je ne voulais pas de son aide. Je ne veux aucune aide. Shanks, m’offriras-tu une seconde chance ? Pourquoi es-tu si bienveillant envers moi ? Le fais-tu aussi sans raison ?

- Cornaq n’est pas le premier homme à mourir en défendant un autre membre de l’équipage et il ne sera pas le dernier. Je n’accepte pas tes excuses car tu n’as pas à m’en donner.

Shanks, ce besoin de savoir qui je suis m’obsède sans cesse. Pardonne-moi mais je suis obligée de t’emmener avec moi rencontrer Kaïdo, un de tes pires ennemis.

- Amalya, si tu étais à nouveau en danger, je serai le premier à te défendre. Tu fais partie de mon équipage et je te considère comme mon amie.

Je peux entrevoir l’homme que tu es mais ne me donne pas l’occasion d’en savoir plus car sinon, je ne sais pas si je serais capable d’aller jusqu’au bout…

- Je n’imagine même pas ce que tu as pu vivre pour refuser l’aide de tes compagnons. Amalya, pourquoi cherches-tu à rester seule ?

- J’imagine que c’est dans mon caractère d’être solitaire…Shanks, je suis un monstre. Il y a quelque chose tapis au fond de moi qui détruit tout sur son passage, je suis incapable d’avoir une relation normale avec quelqu’un…

- Personne ne naît avec l’envie de rester seul. Je vois à travers tes yeux cette profonde solitude qui t’accables. Pourquoi ne veux-tu pas partager avec moi ce que tu ressens ou simplement ce que tu penses ?

Shanks tenta de poser sa main sur son épaule lorsqu’Amalya, prise de panique, se leva et hurla.

- Ne me touche pas ! Ne t’approche pas de moi bordel ! Tu ne comprends donc rien !?

- Comment veux-tu que je comprenne si tu ne me dis rien ! S’énerva-t-il à son tour.

- Je veux être seule ! Je dois être seule !

La jeune femme commença à s’éloigner du camp lorsqu’un bruit s’échappa de son dos. Elle prit l’écharpe qui soutenait l’œuf et s’agenouilla sur le sol. La coquille se fissura et un petit museau noir pointa hors du trou. Comme si elle assistait à la naissance de son enfant, Amalya versa des larmes de joie à la vue de ce petit être fébrile. Portrait miniature du dragon de Boratora, la petite créature noire grimpa jusqu’à son visage, plongea ses grands yeux jaunes dans ceux de la pirate avant de la lécher du menton au front, déposant ainsi une épaisse pellicule de salive visqueuse. Instinctivement, Amalya lui rendit la pareille, amorçant ainsi leur future et fusionnelle amitié. Elle retourna près du feu avec le dragon sur l’épaule et s’assit à quelques mètres de Shanks.

- Comment vas-tu l’appeler ? Demanda-t-il repoussant à plus tard leur dispute.

- Pourquoi devrais-je lui donner un nom ?

- Bah… Bonne question. C’est ce que font les gens lorsqu’ils ont un enfant ou adopte un animal…

- Ce dragon ne m’appartient pas. Je ne pense pas avoir le droit de le nommer. S’il veut s’appeler, il choisira son nom lui-même.

- Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle... Dans la mesure où il est capable de choisir son propre nom, pourquoi pas ? Rigola Shanks plus détendu.

**************

Le lendemain après-midi, les deux pirates atteignirent enfin le bateau. A la vue du mini dragon, l’équipage tenta de l’approcher, curieux de voir une créature mythique. Mais l’animal, toujours sur l’épaule d’Amalya, sauta sur le sol et poussa de longs grognements hostiles envers eux. En posture défensive, comme s’il voulait la protéger, il déploya ses petites ailes, leva son épaisse queue pointue puis la couleur de ses iris s’assombrit. Tous les hommes reculèrent aussitôt, impressionné par la puissante aura que dégageait ce dragon tout juste né.

- Tiens, ça me rappelle quelqu’un… Chuchota Ben à son capitaine.

La pirate s’accroupit et murmura à la jeune bête.

- Je suis avec ces gens et tu ne dois pas leur faire de mal.

Le dragon observa un par un le visage de chaque pirate, mémorisant ainsi les personnes qu’il ne devait pas tuer et retourna sur l’épaule d’Amalya, plus doux qu’un agneau.

- Putain ! Il est flippant ton nouveau pote ! S’exclama Yasopp. Et il va devenir aussi grand que celui de Boratora ?

Shanks se posta devant elle et fixa l’animal.

- Fais en sorte qu’il ne s’attaque à personne sinon je me chargerai moi-même de son dressage.

- Capitaine, quel est notre prochaine destination ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Nous allons au Museion, fit-il à l’attention de tout l’équipage. Levez les voiles !

- Ou est-ce ? Demanda Amalya à Yasopp.

- C’est sur l’île de Myconos.

- Et qu’allons-nous y faire ?

- Je t’en dirais pas plus, c’est une surprise !

Chaque pirate se tint à son poste et le Red Force leva l’ancre, prêt pour un voyage de trois semaines sans escale.

*************

Au milieu de la nuit, réveillée par les gargouillements de son nouveau compagnon, Amalya partit à la cuisine pour lui dénicher un morceau de viande qu’il refusa catégoriquement.

- Je ne sais pas ce que t’es censé manger… Tu préfères peut être les légumes ? Fit-elle en lui tendant un poireau.

Le dragon sauta de son épaule et marcha jusque sur le pont avant de plonger par-dessus bord. Il revint en volant quelques instants plus tard avec un poisson dans la gueule.

- Va pour le poisson ! Je me baignerais bien à mon tour mais je n’ai pas le temps pour ça ce soir.

Elle partit vers la bibliothèque et s’installa au fauteuil du bureau après avoir déroulé plusieurs cartes. Peu après l’enterrement de Cornaq, elle avait contacté l’empereur Kaïdo avec qui la conversation fut plutôt brève. C’était un homme peu enclin au compromis mais il avait fini par accepter de la rencontrer sur l’île de son choix. Elle sortit l’escargophone de sa veste et appuya sur le bouton.

- Oui ?

- C’est moi.

- Alors ?

- Dans exactement dix-neuf jours, je serais sur l’île de Myconos.

- … Il me faudra plus de temps pour l’atteindre. Disons un mois. J’ai hâte de te rencontrer. Seras-tu accompagné ? Peu importe, il faudrait vraiment être stupide pour tenter quelque chose contre moi. Et tu es loin d’être idiote n’est-ce pas ?

- Je souhaite simplement parler avec vous.

- Bien sûr… Dans ce cas, nous nous reparlerons dans un mois.

Amalya rangea l’appareil. Un mois. Encore un mois et elle saurait enfin qui elle est. Elle prit un papier et un stylo dans le tiroir puis se ravisa. La lettre pour Tino attendrait.

- Allons-nous baigner maintenant.

Elle retourna sur le pont, enleva ses vêtements et plongea dans l’obscure océan. Loin de la surface, là où les rayons de la pleine lune ne pouvaient plus l’atteindre, elle ferma les yeux et se laissa flotter au gré du courant. La fraicheur de l’eau qui inonda lentement ses poumons la revigora instantanément. C’est certain. Il n’y a que là qu’elle se sentait bien. Dénué de toute pensée, son esprit totalement apaisé finit par lâcher prise et la jeune femme s’endormit dans les profondeurs du monde.

*************

Peu avant midi, Amalya se réveilla complètement trempée dans son lit.

- Qu’est ce qui s’est passé ? Je ne me rappelle de rien… C’est toi qui m’as ramené ici ?

Le dragon fit des bonds avant de lui lécher frénétiquement le visage.

- Je ne sais pas comment tu as fait mais merci. Quelle idée de s’endormir au fond des eaux ! Où sont mes vêtements ?!

Elle les trouva en boule au pied du lit avec l’escargophone dedans.

- Tu as même pensé à me les ramener… Tu es très malin ! Allons prendre un bain puis nous monterons manger.

Une fois propre, Amalya monta sur le pont pour accéder à la cuisine lorsqu’elle vit le bateau à l’arrêt.

- C’est étrange… Il n’y a personne et c’est si calme.

Elle rentra dans la salle à manger et vit une douzaine de pirates agonisants sur le sol et les chaises.

- C’est quoi ce bordel ? Coq, que s’est-il passé ?

- Amalya, je crois qu’on a tous chopé un sale truc, tu es la seule à être indemne… Les autres sont au dortoir et le doc à l’infirmerie.

Elle courut rejoindre le médecin qui, assit dans son officine, tentait de trouver un remède. Son teint livide et ses lèvres violettes en disaient long sur son état.

- Princesse… Je suis rassurée, tu vas bien… Je pensais à une intoxication alimentaire mais c’est bien plus grave. Qu’as-tu mangé hier soir ?

- Rien, je n’ai pas soupé.

- Alors ça explique pourquoi tu n’es pas malade.

Le doc s’effondra sur le sol, haletant et inconscient.

- Doc ! Doc ! Merde ce n’est pas le moment ! Cria-t-elle en lui giflant les joues.

Elle courut jusqu’au dortoir et trouva le capitaine parmi le reste de l’équipage.

- Capitaine ! Ouvre la bouche ! Ordonna-t-elle en inspectant chaque centimètre de son visage. Ta langue est gonflée, tes lèvres cyanosées et tes pupilles dilatées. Ce sont les premiers symptômes d’un empoisonnement par le Purple. Qu’avez-vous mangé hier soir ?

- Du civet. Les gars ont chassé le lapin sur le voyage du retour.

- Les lapins de Cosa Nostra mangent des champignons nommés Purple. C’est un poison mortel pour l’homme. Les habitants de Cosa Nostra s’en servaient pour s’entretuer avant l’arrivée des armes. Un si puissant équipage décimé par un simple poison, quelle mort stupide !

- Quel tact… Dans l’état actuel des choses, je me fiche de l’histoire de ton pays.

- C’est en lisant des livres sur l’histoire de ce pays que j’y ai découvert le remède. Merde ! A cause de ce fichu champignon, nous n’arriverons peut-être pas à temps à Myconos. Si le doc n’a pas les bons ingrédients, ils vont tous y passer !

- A quoi penses-tu ?

- … J’espère pour vous que le doc à ce qu’il faut à l’infirmerie…

- Je vois… Je compte sur toi Amalya pour nous sortir de ce merdier.

La pirate retourna à l’officine et allongea le doc sur le lit. Elle ouvrit tous les placards puis sortit tous ce qui était susceptibles de servir à la composition de l’antidote. Par chance, le doc était prévoyant. Du Carcone Zombi, le remède de tous les poisons végétales. Une émulsion d’une poignée de graines suffirait mais avant tout, il fallait faire vomir tout l’équipage pour diminuer drastiquement la quantité de poison dans leurs corps. Elle courut à la cuisine, récupéra tous les plats creux et les distribua au maximum de pirates.

- Que veux-tu que je fasse d’un putain de saladier… Grogna Shanks dont l’état empiré à vue d’œil.

Amalya repartit aussitôt en cuisine et fit chauffer plusieurs litres d’eau dans laquelle elle jeta quelques grammes de poudre d’Ipéca. Elle versa le contenu dans des bouteilles vides qu’elle fit boire à chaque homme.

- Je comprends mieux l’utilité du saladier… Murmura Shanks en vomissant dedans.

Elle prépara ensuite le remède en commençant par écraser les graines qu’elle fit ensuite bouillir dans de l’eau pour en récupérer l’huile. Elle obtint un liquide légèrement épais en mélangeant l’huile avec du lait et de la lécithine qu’elle distribua enfin à l’équipage. Toutes les pièces du bateau s’imprégnèrent d’un nauséabond relent de vomis tandis qu’Amalya s’agita toute la journée pour soigner ses compagnons.

Au coucher du soleil, elle revint examiner le capitaine qui, à nouveau sur pied, aidait les autres à se lever.

- Bien joué Amalya !

- Tout le monde dans la salle à manger, j’ai préparé un bouillon pour vous réhydrater.

Réunis autour de la table, elle servit les pirates dans des verres puis elle s’allongea sur une banquette près d’une fenêtre.

- Il n’y a plus de vaisselle et comptez pas sur moi pour la laver ! Rigola-t-elle moqueuse.

- Tu es meilleure en préparation d’antidote qu’en cuisine… Fit Ben en buvant la soupe.

Endormie, Amalya ne surenchérit pas au sarcasme de Ben. Shanks la couvrit avec sa cape et s’assit à côté d’elle.

-On lui doit nos vies… Reposez-vous cette nuit, on repart dès l’aube !


un ptit commentaire d'encouragement ferait plaisir !!


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mar 22 Déc 2015 08:37 
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Bien , je me suis enfilé la suite de ta fic en 2-3 heures ^^'

Je trouve que tu fais un bon travail sur la gestion des personnages , il n'y a pas énormément de nom , en fait les seuls que j'ai du mal sont de la cité de Babel. Tu entoures bien le mystère autour de l'identité de Amalya , son origine et ses capacités sont vraiment intéressants . En revanche je trouve que son changement d'humeur lorsqu'on l'a prive de sa liberté immédiate est un peu trop brutal , même en mettant plus tard une grosse backstory ( bien riche apparemment ) cela semble trop gros , j'accepte encore la fois où elle est saoule mais le reste …
Pour son passé , il me semble encore pour les personnages de son enfance qu'il faut découvrir un peu plus ce William et surtout « L » ( celui/celle mentionné(e) sur la dague donnée au gamin amputé , eww d'ailleurs pour celui-là tu n'y es pas aller de main morte avec sa torture ) . Les capacités d'Amalya sont assez cheatés : respiration sous l'eau , force supérieure à la moyenne , régénération , parler aux animaux (même dans l'eau) , prescience ou conscience sur-développée de son environnement ( haki ou un don à la Nami?) et surtout annulation de pouvoirs de FDD ?!
Là pour les explications il va falloir y aller , je suis tout de même curieux si elle possédait en déjà certaines de naissance avant son séjour à Impel Down avec peut-être des capacités données par Vegapunk ( intéressant que tu l'ai intégré , sinon j’attends de revoir le garçon nommé « Space » ) .

Pour les enjeux de ses pouvoirs , tu envois du lourd avec Kaido ! Je ne sais pas si tu reprendras les éléments déjà connu des 20 derniers scans comme son apparence et ses capacités , voire même de son système de commandement de sa flotte .
En parlant de pouvoirs : il serait bien de savoir quel est le modèle du chien-pistolet de Beretta (qui d'ailleurs a disparu après la mort de son maître , va t-on le revoir ) ( je n'arrive plus à trouver le passage , désolé si il y a une faute dans le nom ) car le zoan du basset est déjà pris par Lasso , ce n'est pas grand-chose mais disons pour une histoire de cohérence par rapport au monde ;) . Pour le « frère » d'Amalya , bien que l'on ne connaisse pas toute l'histoire , je théorise un peu sur son apparence mais à moins que cela soit : (1) les deux se considèrent comme frère et sœur / (2) à la Wakfu avec une autre moitié draconique / (3) malédiction ou pouvoir acquis par je ne sais quel miracle du scénario;) / (4) soit un pouvoir du FDD dragon , si c'est cela alors il faudra décider de son apparence pour savoir si orientale ou occidentale ^^' .
Pour les personnages « secondaires » , je trouve que Shanks est assez bien retranscris bien que j'aimerais qu'il soit plus balèze dans les phases de combats et qu'il se fasse moins entourlouper par Amalya ( presque , par ce qu'il faut le noter qu'il doit bien deviner 70 % de ses actions et pensées ) comme elle le veut . Je suis curieux de voir la technique qu'il veut utiliser pour enfin découvrir le passé d'Amalya , juste pour voir si cela est par le haki , d'ailleurs chapeau pour avoir eu l'idée d'utiliser le Haki des rois comme moyen de torture mental . Ben est bien sympa , méfiant et intelligent , bien que j'ai été surpris que Shanks résiste mieux que lui à l'appel des bitches XD
Pour Tino , définitivement un gars qui en sais trop ( surtout depuis sa « trahison »)lorsqu'il a trop bu =deathflag . En ce qui concerne le reste de l'équipage du Roux , disons que la confiance est brin trop excessive envers Amalya , surtout avec tout le merdier qu'elle leur amène mais bon , elle est une fine manipulatrice et puis sa dernière action avec le poison va lui faire gagner des points .

Niveau écriture d'apparence , je le répète mais tu continue d'échanger les ai/é(s) , de plus avoir plus de discours indirect permettrait de savoir qui parle car à certains dialogues j'ai été perdu pour savoir qui parlait donc ça gène un peu à la compréhension de la scène ( par exemple lors des flashbacks d'Impel Down ) . Sinon la longueur des chapitres est parfaite , je suis encore étonné d'avoir passé presque deux heures sur la lecture de la seconde page de la fic ^^' . J'aime bien la présence éparse des flashbacks du passé d'Amalya , tu arrive bien à teaser , il est encore difficile de comprendre la majorité des événements passé .

Donc une bonne fic , il y a définitivement du potentiel là-dedans , aucune longueur qui donne envie d'arrêter de lire , tu gères ^^

Il est toujours plaisant de voir les petites références à l'histoire principale des Chapeaux de Paille , les mentions de Luffy et d'Usopp étaient sympas :)

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La mort est la même pour tous ." - Ryûk


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mar 22 Déc 2015 14:49 
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Merci pour ce commentaire très complet !

J’invente peu de personnages car sinon, il est trop difficile de s’y retrouver. J’essaye de m’appliquer tout particulièrement sur le mystère du personnage principal pour donner envie de lire la suite en essayant de dire juste ce qu’il faut là où il faut.

Je reconnais que sa personnalité est confuse, elle est censée être maître d’elle-même pour mieux arriver à ses fins en manipulant les autres mais elle pète constamment des câbles. C’est pas logique. Depuis le début, j’écris l’histoire petit à petit sans idée bien définie donc le ton du personnage ou de l’histoire change. C’est pourquoi j’envisage de la finir et de la retravailler entièrement pour faire quelque chose de cohérent. ( ex : comme me l’a souligné un commentaire précédent, le frère perdu de Shanks va passer à la trappe car je ne veux plus de ce personnage )

J’aime beaucoup les flashback sur le passé du perso, ils sont courts mais suffisent à dévoiler une partie du mystère. Tous les personnages rencontré sont importants et ne seront pas oublié en cours de route, ils feront donc tous leur réapparition tôt ou tard.

Amalya possède beaucoup de capacités, en effet. D’ailleurs, t’en as oublié une mais elle n’est pas évidente à trouver, il faut donc attendre la suite. Ces différents talents qu’elle possède ne sont pas là par hasard, juste pour que le perso en jette… Elle est loin d’être une personne ordinaire c’est pourquoi elle a une force extraordinaire.

En ce qui concerne Kaïdo… J’ai légèrement abusé… Et je suis emmerdée pour la suite des événements, j’aurai du prendre un perso moins puissant /important. Bref il est là alors je continue avec. Le problème est que je n’arrive pas à imaginer la puissance d’un empereur et je n’aime pas écrire les scènes d’action. Ce qui justifie le fait que la force de Shanks ne te semble à la hauteur de sa réputation. C’est pourquoi il me faudrait quelques idées de la part des lecteurs… En fait, j’ai déjà écrit les deux chapitres suivants mais je n’en suis pas très fan. Alors j’attends l’inspiration pour pouvoir les retravailler…

Le chien pistolet ! C’est marrant car je l’avais complètement zappé ! Pourtant il était prévu dans la suite de l’histoire, je te remercie de me l’avoir fait rappeler ! Je connaissais déjà l’existence de Lasso, expérimentation de Vegapunk, Beretta ( nom du chien pistolet ) est un second essai.

Alors on en arrive à ce fameux petit dragon tout mignon…( je ne suis pas du tout fan des films d’animation Dragons…;)) Créature très importante de l’histoire, j’en dirais pas plus. Je n’ai pas encore décrit son apparence, il est trop petit ( ai-je dit qu’il était mignon ?...)

J’aime beaucoup les personnages de Ben et Shanks, mais je reconnais que l’histoire donne l’impression d’un Shanks qui se laisse trop facilement berner. En réalité, il a l’intuition qu’il doit absolument garder Amalya à ses côtés pour une raison qu’il ignore encore. Du coup, le tempérament d’Amalya lui donne du fil à retordre mais faut croire qu’il aime les femmes à caractère… A contrario, Ben ne peut pas se l’encadrer mais il fait avec car il n’est pas en mesure de prendre une décision à l’égard de cette femme puisqu’il n’est que le second du capitaine. Il surveille et fait en sorte que Shanks garde sa tête sur ses épaules. Enfin, Shanks possède effectivement une technique pour connaitre le passé d’Amalya mais il ne souhaite pas l’utiliser, préférant qu’elle en parle d’elle-même.

Tino, aaaaah Tino, un personnage que j’aime beaucoup. Ivre d’amour pour Amalya ( et d’alcool également ) il a vécu de longs et intimes moments avec la jeune femme, ce qui les a fortement rapproché. Il est la seule personne avec qui Amalya se laisse complètement aller. Pourquoi ? Vive les futurs flashback !

C’est vrai, l’équipage adore Amalya et il ne lui reproche jamais rien… Mais ils sont si contents d’avoir une femme parmi eux… Et si belle en plus… ;)

Et pour finir, tu devras faire avec mon petit problème de conjugaison…lol ça je gère pas du tout ;;))


Dernière édition par Bibi le Sam 5 Mar 2016 12:18, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mar 26 Jan 2016 17:27 
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Chapitre 18 : de surprise en surprise


Vingt ans plus tôt, sur une île inconnue

- Où est-elle encore passée nom de Dieu ! A chaque fois c’est la même chose, il me faut des heures pour la retrouver !

Après avoir traversé une partie de la jungle, William retrouva la fillette dénudée près d’une rivière en train de pêcher à mains nues.

- On a un frigo flambant neuf à la maison ! Pourquoi continues-tu de venir jusqu’ici ?

L’enfant se retourna vers son grand père avec un poisson encore frétillant dans la bouche.

- Craches moi ça ! Je t’ai dit de les tuer avant de les manger. Puis rhabilles toi ! Les gens normaux ne se comportent pas comme ça !

- C’est meilleure quand ils sont vivants et les vêtements me gênent !

William soupira. Les mauvaises habitudes étaient dures à perdre.

- Je sais mon ange… Mais ton comportement pourrait gêné ou effrayé les autres. Tu dois vivre comme eux pour pouvoir t’intégrer. Retournons à la maison, c’est l’heure de ton cours de mathématique, nous allons étudier…

- Tu peux encore me raconter l’histoire ? L’interrompit-t-elle sur le chemin du retour.

- … C’est l’histoire d’une femme façonnée dans l’argile et l’eau qui reçut des Dieux de nombreux dons : la beauté, la flatterie, l’adresse, la grâce, l’intelligence mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. Le jour de son mariage lui fut remis une jarre qu’elle ne devait pas ouvrir et dans laquelle se trouvait tous les maux de l’humanité : la maladie, la guerre, la misère, le vice, la vieillesse, l’espérance. Cédant à la curiosité que lui avait insufflée les Dieux, elle ouvrit la jarre, libérant ainsi les maux qu’elle contenait. Elle voulut la refermer pour les retenir mais seule l’espérance, plus lente à réagir, resta enfermée.

- L’espérance peut être perçue comme le plus atroce tourment que l’Homme garde au fond de lui-même ou au contraire, lorsqu’il se voit frappé par le malheur, l’Homme ne doit jamais perdre espoir, conclut la fillette.

- Oui, c’est pourquoi tu t’appelles Amalya, prénom qui signifie espoir. Nous sommes arrivés, au boulot maintenant !

- Je veux bien mais je veux étudier les équations différentielles. Ce que tu me fais faire est beaucoup trop simple papy !


***********

- Je te dis qu’elle est noire.

- Non, aujourd’hui elle est rouge.

- Elles sont toujours noires, C’est sa couleur préférée !

- Salut les gars, que faites-vous ? Intervint Ben, un café à la main.

- On devine de quelle couleur elle sera.

- Elle sera noire, c’est sa couleur préférée, répondit Ben.

- Tu vois abruti ! Qu’est-ce que je disais !

- Vous préparez une mutinerie ? Intervint à son tour Shanks, une tartine à la bouche.

- Capitaine ! On tente de deviner la couleur d’aujourd’hui.

- Vous n’avez pas honte ?! Retournez bosser bande d’idiots ! S’énerva Shanks en leur postillonnant dessus.

Amalya, debout sur le bastingage, finit par enlever son pantalon et plongea dans l’eau avec son dragon.

- Tiens, elle est noire aujourd’hui aussi. C’est sa couleur préférée, constata Shanks.

- Oui, c’est ce que je disais, conclu Ben en allumant une cigarette.

Cela faisait deux semaines qu’Amalya s’entrainait chaque jour à respirer sous l’eau aussi naturellement qu’à la surface. Accompagné de son petit compagnon devenu aussi gros qu’un chien, elle apprenait à dompter ce précieux liquide qui lui permettait d’augmenter prodigieusement sa vitesse. Chaque matin, une partie de l’équipage déjeunait sur le pont pour suivre ses progrès. D’un battement de pied, Amalya se propulsa hors de l'eau et atterrit parmi eux.

- Alors ?

- Tu as pris cinq secondes pour faire le tour du bateau, répondit Lucky.

- Fais chier ! Ce n’est pas terrible, je sais que je peux mieux faire ! Râla la jeune femme.

- Ne déconne pas ! Aucun d’entre nous n’est capable de faire ça !

- C’est parce que vous êtes nuls ! Lui, il me bat à plate couture ! S’exclama-t-elle en pointant du doigt le dragon, aussi agile dans l’eau que dans le ciel, qui lui répondit en lui crachant un jet d’eau au visage.

- Il est trop marrant ! Je peux le caresser Amalya ? Demanda Yasopp admiratif.

- J’en sais rien, c’est à lui qu’il faut demander…

La créature se tétanisa et poussa un long feulement.

- Et moi je peux le bouffer ? Surenchérit Lucky toujours à l’affût d’une nouvelle saveur.

- Ca, je peux répondre et c’est non.

Elle remit son pantalon et partit s’isoler dans le jardin exotique où elle commença une série de pompes avec le dragon sur le dos.

- Quelle mouche t’as piqué princesse ? Tu sembles drôlement motivée ! Tu as prévu une nouvelle bataille ? Préviens-moi que je mette à jour mon matériel ! S’exclama le doc dans les parages.

- … Le temps passe plus vite lorsqu’on s’entraine…

- Si ça t’intéresse, je pensais t’apprendre les rudiments de la médecine. S’il devait m’arriver quelque chose, tu pourrais me remplacer.

- Il n’y a personne au sein de l’équipage qui te seconde ?

- Penses-tu ! Ils sont bien trop idiots !

- … Je ne sais pas trop doc... Je préfère m’entrainer.

Je ne ferais plus partie de l’équipage après notre rencontre avec Kaïdo, ce serait te faire perdre ton temps…

- Je comprends… N’en fais pas trop non plus ! Répondit le doc déçu.

************

Dix nouveaux jours s’écoulèrent lorsque le Red Force atteint Myconos. Leur voyage avait pris plus de temps que prévu à cause du mauvais temps. Heureusement, Kaïdo ne devait arriver que quelques jours plus tard, cela laissez à Amalya le temps de découvrir les lieux. Cette petite île aride, habitée par une dizaine de villages de pêcheurs, ne semblait pas avoir grand-chose à offrir. Les pirates accostèrent dans l’un des ports et furent chaleureusement accueillis par les habitants.

- Bonjour Capitaine ! Cela faisait longtemps ! Comment allez-vous ? Demanda un homme âgé au crâne rasé.

- Bonjour mon ami ! Nous nous portons encore mieux rien qu’en pensant au festin que vous allez nous préparer ! Mais avant tout, je voudrais vous présenter notre dernière recrue. Amalya ! Je te présente Chilon, le maitre des lieux.

Le vieil homme regarda la jeune femme et s’attarda plus longuement sur son dragon, assis à côté d’elle.

- Je vois… Il semblerait que vous ayez beaucoup de choses à me raconter Capitaine. Permettez-moi de vous accompagner à la paillote, nous avons tout organisé après votre coup de fil.

L’équipage s’installa à table et mangea un repas préparé exclusivement à base de poisson. A la vue de sa nourriture préférée, l’animal se déchaina et vola malicieusement les mets des pirates.

- Il est intéressant de voir ce jeune dragon se mouvoir sans jamais décrocher son regard de cette jeune femme. Qui est-elle ? Demanda Chilon en renversant un tonneau plein de poissons sur le sol.

Shanks raconta sa rencontre avec Amalya et toutes les aventures qui s’en suivirent.

- La cité bleue, Boratora… Murmura le vieil homme pensif. Si vous avez fini, nous pouvons y aller Capitaine.

- Peut-elle venir ?

Chilon observa un moment Amalya avant d’acquiescer. Ben, Shanks et leur hôte se levèrent de table et firent signe à la jeune femme de les suivre. Tandis que l’équipage continuait de festoyer gaiement, tous les quatre montèrent sur un énorme bœuf de trait qui les emmena au pied d’un mont rocheux au centre de l’île.

- Que faisons-nous ici ? S’impatienta Amalya.

- Un moment de patience peut préserver de grands malheurs, un moment d’impatience détruire toute une vie… Lui répondit Chilon.

Amalya croisa les bras et soupira d’agacement, ce qui exaspéra fortement Ben.

- Il faut que jeunesse se passe… Rajouta le vieil homme en regardant Ben.

- C’est quoi son problème aux vieux ? Chuchota Amalya à Shanks qui lui répondit par un coup de coude.

Un bruit sourd mit un terme à cette étrange conversation et une entrée apparut dans la roche. Le petit groupe rentra, suivit de près par le dragon et un autre vieil homme au crâne rasé fit rouler de l’intérieur une pierre pour boucher l’ouverture. Après quelques secondes d’adaptation à la faible luminosité, Amalya vit le visage de cette nouvelle personne qui ressemblait trait pour trait à leur hôte.

- Amalya, je te présente Solon, le frère de Chilon.

- Sans blague…

- Bonjour Capitaine, cela faisait longtemps ! Veuillez me suivre s’il vous plait.

Ils traversèrent un étroit couloir de pierre illuminé par de rares bougies qui les mena dans une ancienne mine gigantesque. Ce qui fit frissonner Amalya ne fut pas le soudain écart de température avec l’extérieur mais plutôt la beauté inattendue du lieu. Encastré dans les parois, des milliers de livres attendaient d’être lu. Bouche bée, elle courut jusqu’à la balustrade qui surplombait un profond fossé. De multiples passerelles aériennes reliées par des échelles permettaient d’accéder aux coins les plus impraticables.

- Voici le Muséion, fit Shanks dont la voix résonna à travers la bibliothèque. La moitié du savoir du monde y est entreposé.

- L’autre moitié se trouvait dans l’arbre de la connaissance, sur l’île d’Ohara qui a été détruite par le gouvernement, déduisit Amalya émerveillée.

La jeune femme s’approcha d’un mur, caressa quelques manuscrits avant d’en sortir un au hasard qu’elle feuilleta aussitôt, assise par terre.

- Amalya ! Viens t’asseoir là, il y a des fauteuils ! Fit Shanks content de l’avoir amené ici.

- Elle ne vous entend plus Capitaine, intervint Chilon. Ben, rejoignez-nous, j’ai quelque chose à vous montrer.

Le vieil homme leur donna un parchemin défraichi écrit dans une langue morte.

- Cette écriture ressemble étrangement à celle des ponéglyphes, remarqua Shanks.

- J’ai déjà vu cette écriture, murmura Ben en sortant un carnet de sa poche. Lorsque nous étions à Babel, il y avait cette porte d’entrée en forme d’arche protégé par un lierre. Une phrase était gravée dessus. Regardez, je l’ai dessiné.

- « Le malin en toi je perçois, passe ton chemin esprit sournois ou de l’Hedera le châtiment tu subiras. » Traduisit Chilon. Je ne pensais pas avoir l’occasion de revoir un jour cette écriture… Ce parchemin que je vous ai apporté correspond parfaitement au langage de votre croquis. Lors de mon voyage à Ohara, j’ai pu étudier certains manuscrits avec l’aide des archéologues de l’île. Nous y avons découvert un morceau de parchemin vieux de plus de huit cents ans, écrit dans un langage similaire à celui des ponéglyphes. Trop abîmé pour pouvoir le lire, nous avons malgré tout réussi à traduire quelques mots. Il s’agissait d’une incantation adressée à une entité. Puis quelques années plus tard, mon frère a découvert au Muséion cet autre morceau de parchemin. Nous en avons conclu que celui d’Ohara et celui-ci faisait partie du même rouleau. Egalement en piteux état, il nous parle d’une créature sacrée, le dragnix. Capable de voler au-delà du ciel et de nager jusqu’au centre de la terre, éphémère mais immortelle, il renait de ses cendres et apparait aux yeux de l’Humanité lorsque…

- Lorsque ? Demanda Ben captivé.

- Aucune idée, comme je vous disais, le parchemin est très abîmé.

- … Pourquoi vouliez-vous nous montrer ce texte ?

- Car vous m’avez parlé d’un dragon sur l’île de Boratora et d’un œuf qui est apparu dans ses cendres. J’ai immédiatement fait le rapprochement avec cette légende.

- Rien ne dit que cet œuf est la résurrection de ce dragon. Il l’avait peut-être pondu avant de mourir, fit Shanks en regardant le nouveau compagnon d’Amalya.

- Oui, c’est fort possible. Je voulais juste vous en faire part.

- Eh ! Papy aux dictons ! Il y a trop de bouquins incompréhensibles, vous pourriez m’apprendre à les traduire ? S’exclama Amalya qui avait sorti une vingtaine de livres du mur.

- Rangez moi de suite ces manuscrits à leurs places ! Ils sont fragiles et irremplaçables ! S’énerva Chilon d’habitude si calme.

- Je vais retourner auprès de mes hommes, je peux la laisser ici avec vous ? Tenta Shanks amusé.

- Je reste là Capitaine, j’aimerai aussi jeter un œil aux ouvrages. J’en profiterai pour la surveiller, dit Ben déjà en pleine lecture.

Shanks repartit au port laissant ses deux amis s’abandonner à leur unique point commun, l’érudition. Impressionné par ses connaissances et sa capacité de mémorisation, Solon prit plaisir à partager avec Amalya son savoir qu’elle absorbait comme une éponge tandis que Chilon orientait Ben vers les ouvrages qu’il souhaitait lire.

************

- Ils ne sont toujours pas rentré ? Demanda le doc attablé dans la salle à manger le lendemain matin à l’heure du petit déjeuner.

- Tiens, en parlant du loup ! S’exclama le coq en voyant rentrer Ben et Amalya dans la pièce. Et voilà de bon œuf au plat suivit d’un smoothie de fruits frais pour ma superbe savante !

Après s’être fait servi trois fois, Amalya remercia le cuisinier et partit se reposer dans un des hamacs du jardin exotique où se trouvaient déjà Yasopp et Shanks, en pleine discussion. A la vue des deux pirates, elle fit demi-tour lorsque Yasopp l’interpella.

- Viens avec nous, il y a encore de la place ! On se demandait ce que tu pensais du Muséion.

- Je ne m’attendais pas à voir un tel lieu sur une île pareille… Répondit-elle en s’asseyant à côté d’eux.

- C’est une belle surprise hein ? Fit Yasopp content de ne lui avoir rien dit.

- C’est pour moi que nous sommes venus ici ?

- Oui, Mama nous a expliqué ton engouement pour les livres et ton désir de tout connaitre. On s’est dit que ça te ferai plaisir. Cette bibliothèque est unique au monde et peu de gens connaissent son existence. Un autre secret que nous tentons de protéger !

- Merci… Merde ! Si j’avais su que cette île abritait un secret si précieux, je n’aurais jamais fait venir Kaïdo. Tu parles d’une surprise !

Shanks commença à raconter l’époque de leur découverte de Myconos lorsque la vigie déclencha l’alerte.

- Deux bateaux à l’horizon ! Ce sont ceux de l’empereur Kaïdo ! Hurla le pirate au sommet du Red Force.

Tout l’équipage se rua sur le pont pour regarder la venue de l’homme considéré comme le plus puissant du monde.

- Que fait-il ici ? Tu crois qu’il a découvert l’existence du Muséion ? S’écria Yasopp à son Capitaine.

- … Cet homme se fiche totalement de ce que peux contenir la bibliothèque. Peut-être est-il ici par hasard même si j’en doute fortement, répondit Shanks saisit par un mauvais pressentiment qui le poussa à regarder Amalya. Que tout le monde se prépare au combat et descendent sur la plage ! Ordonna-t-il à ses hommes. Yasopp ! Conduit Amalya auprès de Chilon et dit lui de l’emmener au Muséion. Ensuite, demande-lui de réunir son clan et de se tenir prêt au combat.

- C’est quoi cette connerie !? Hurla la jeune femme. Pourquoi je ne peux pas me battre ? Je fais partie de l’équipage et comme les autres, je veux me battre !

- Capitaine, elle a raison. Nous avons besoin de tout le monde face aux navires de Kaïdo, on ne peut pas se permettre d’écarter ne serait-ce qu’une personne, raisonna Yasopp.

- Je ne la veux pas dans mes pattes. Je ne serais pas en mesure de me battre sereinement si je dois veiller à ce qu’elle ne se fasse pas tuer !

- Tu te fous de moi ?! Pourquoi tu m’as recruté si tu me largues avant chaque bataille !

Shanks l’attrapa par la veste et la décolla du sol.

- Ecoute-moi bien gamine, tu es dans la cour des grands à présent. Tous les petits merdeux que tu as combattus jusqu’ici ne sont rien comparés aux hommes qui vont s’affronter aujourd’hui. Tu ne sais pas te battre correctement et encore moins en équipe. Alors je ne le répèterai pas une autre fois, tu vas au Muséion et tu attends là-bas jusqu’à ce qu’on revienne te chercher, car si je te vois dans les parages, je te jure que tu le regretteras amèrement, c’est clair ? Lui souffla Shanks menaçant.

- Comme de l’eau de roche…

Amalya suivit en silence Yasopp jusqu’à la cabane de Chilon au port qui séchait du poisson.

- Chilon, l’empereur Kaïdo ne va pas tarder à accoster. Le Capitaine vous demande de cacher Amalya à la bibliothèque et de vous préparer au combat.

- Kaïdo ? Mais que fait-il ici ?

- Nous n’en savons rien, soupira Yasopp en regardant la pirate. Amalya, le Capitaine ne veut pas prendre le moindre risque tu comprends ?

- Je comprends que je n’ai rien à faire parmi vous. Pouvons-nous y aller Chilon ?

Le vieil homme ordonna à un de ses compagnons de l’emmener à la bibliothèque tandis qu’il s’occuperait des préparatifs en vue de l’imminente bataille. Amalya, toujours accompagné de son dragon, monta avec le pêcheur sur le bœuf qui, malgré son imposante taille, cavala prestement en direction du centre de l’île.

Il est arrivé plus tôt que prévu… Comment vais-je pouvoir lui parler sans croiser la route de Shanks ? Je devrais peut-être attendre la fin de l’affrontement. Et si jamais Kaïdo ne s’en sort pas ? Je comptais sur l’équipage pour me protéger en cas de problème avec Kaïdo mais comment faire si Shanks m’exclut du combat ? Et merde ! Je fonce dans le tas et advienne que pourra ! Amalya frappa d’un grand coup sec la nuque de son escorte qui tomba par terre puis elle prit les rênes du bœuf et rebroussa chemin. Soudain, l’animal cabra, la faisant chuter à son tour.

- Mais comment !

- Ne vous fiez pas aux apparences, je ne suis pas un simple pêcheur mademoiselle. Je suis un moine du Muséion et un expert dans l’art martial. Mon maître Chilon m’a demandé de vous conduire à la bibliothèque, et soyez en sûre, je vous y mènerai.

- Putain, il manquait plus que ça !

Amalya attaqua la première et chacun de ses coups furent facilement contrer par son surprenant adversaire. Agé d’une cinquantaine d’années, celui-ci s’était entrainé chaque jour de sa vie pour défendre le Muséion en cas d’attaque du gouvernement mondial. Comptant davantage sur sa chance et ses étranges facultés, Amalya manquait d’entrainement et en prit rapidement conscience.

- Aide-moi ! Cria-t-elle à son petit compagnon.

Le dragon sauta sur le dos du moine et lui lacéra les omoplates puis se posta entre les deux combattants. Ses ailes se déployèrent, sa cage thoracique gonfla et un épais liquide noirâtre jaillit de sa gueule, formant ainsi une petite flaque juste devant lui.

- C’est quoi ça !? S’écria Amalya qui attendait de sa part une puissante attaque.

La créature renifla la flaque, la recouvrit de terre et lécha ses babines en soupirant.

- Je n’ai pas le temps ! Je dois vite retourner au port !

Le dragon sauta sur le bras de la pirate, referma ses puissantes pattes autour de son poignée et vola brusquement dans les airs.

- Waouh c’est génial ! Je ne savais pas que tu pouvais me porter !

*********

A quai, Kaïdo et ses soixante hommes débarquèrent sur la plage, patiemment attendu par Shanks et ses trente hommes.

- Kaïdo… Quelle surprise de te voir ici. Dis-moi, quel bon vent t’amène sur cette île ?

- Le roux… En effet, quelle surprise. Je t’avoue que je suis plutôt contrarié de croiser ta route en ce lieu. Si tu veux tout savoir, je suis venu rencontrer quelqu’un.

- Ah oui ? Qui est ce ?

Kaïdo regarda chaque membre de l’équipage de Shanks avant de répondre.

- Une femme.

- Etrange. Cela fait plusieurs jours que nous sommes ici et nous n’avons croisé aucune femme. Seulement quelques pêcheurs venu tenter leurs chances. Parait-il que ça mord plutôt bien dans le coin !

Kaïdo sourit et hocha la tête.

- Bien sûr… LE ROUX ! NE TE FOUS PAS DE MOI ! Cette femme m’a dit qu’elle serait ici, alors où est-elle ? Rugit l’empereur hors de lui.

Jusque-là silencieux, des murmures éclatèrent dans les rangs de Shanks et s’estompèrent aussitôt lorsque leur capitaine leva son bras. Ben regarda Shanks et perçut, le temps d’une fraction de seconde, une profonde déception sur son visage.

- Il n’y a aucune femme sur cette île, répéta-t-il gravement.

La tension parvint à son paroxysme lorsque les deux capitaines dégainèrent en même temps leurs armes.

************

- Dépose-moi là, un peu avant la plage, je ne dois pas être vu. Tu m’entends ? Oh ! Tu m’écoutes ?

Gêné par un filet de liquide qui bouchait ses naseaux, le dragon éternua à plusieurs reprises, desserrant petit à petit son emprise sur Amalya.

- Arrête-toi ! Arrête ! Tu vas trop loin !

L’animal éternua pour de bon, libérant enfin son petit museau et se sentit agréablement plus léger. Il jeta un œil à ses pattes arrière et ne vit plus son amie.

- Noooooooon ! Paniqua Amalya qui chuta de quinze mètres et atterrit sur ses fesses.

- Ooooooooh mon cul… Gémit-elle allongé sur le sable.

Elle s’assit tant bien que mal et vit sur sa droite, à seulement quelques mètres, un monstrueux colosse à la crinière noire surmontée de deux cornes qui brandissait son sabre vers elle. Elle tourna sa tête et vit sur sa gauche Shanks qui la fixait, ébahi.

- Il suffisait de demander et la voilà qui tombe du ciel ! Se réjouit Kaïdo de bonne humeur.

A nouveau silencieux, il regarda plus attentivement Amalya et redevint sérieux.

- C’est bien toi… Je reconnais ce visage… Seul ton regard à changer. Cela fait vingt ans que je te recherche. Et un beau jour, je reçois ton coup de fil et nous voilà réuni.

Kaïdo rangea son sabre et tendit sa main vers elle.

- Intègre mon équipage et je te dirai tout ce que tu veux savoir.

Amalya regarda son capitaine qui, subitement enragé, fit trembler le sol par l’onde de choc de son aura meurtrière. Entre ces deux monstres, la jeune femme se sentit plus insignifiante que jamais. Elle avala sa salive, serra ses poings pour diminuer ses tremblements et regarda l’océan. Dans quelle emmerde je me suis encore fourrée… Je suis allée trop loin. C’est évident. Je n’ai aucune chance…


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Ven 5 Fév 2016 02:12 
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Localisation: Dans mon Royaume de l'oreiller !
Salut, premièrement bravo ! Je n'ai pour l'instant lu que les deux premiers chapitre de ton oeuvre, mais ayant été écrit il y'a plusieurs années je gage que le niveau d'écriture a dû grandement évoluer. Cependant, ces deux premiers chapitres sont très intéressant, d'autant plus que j'ai énormément de mal avec les Fanfictions reprenant l'univers en plus des personnage de One Piece, je sais pas pourquoi mais j'ai beaucoup de mal à accrocher habituellement. Mais là c'était super.

Je trouve le personnage d'Amalya détestable à souhait, avec une arrogance parfois camouflé qui donne envie de lui mettre des tartes, c'est pas un personnage tout beau tout gentil avec des papillons qui lui sortent du nez. L'introduction de l'équipage de Shanks est très bien mise en scène et on retrouve très bien ça personnalité au travers de ton écriture. C'est très bien, continue ainsi, je continuerais à lire ça demains.

Des bisous pour mon premier commentaire sur ce forum <3

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