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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Ven 5 Fév 2016 18:45 
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un nouveau commentaire ! je suis ravie !

alors pour ce qui est du niveau d'écriture, il n'a pas évolué car lorsque j'ai commencé la fanfic, j'ai arrêté pratiquement aussitôt avant de reprendre très longtemps après. Je suis pas super fan des deux premiers chapitres et je pensais les réécrire entièrement une fois l'histoire terminée. Contente quand même qu'ils te plaisent. Si t'as déjà envie de mettre des tartes au personnage principal, alors qu'est ce que ca va être par la suite... En effet, c'est une véritable emmerdeuse particulièrement arrogante. Merci pour ton commentaire, et si tu as le courage, n'hésites pas à commenter au fur et à mesure de ta lecture !


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Ven 4 Mar 2016 14:23 
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Chapitre 19 : de la confiance naît la trahison


18 ans plus tôt sur une île inconnue

- Ne baisse jamais ta garde, regarde mes yeux et non ma partie du corps que tu vas frapper sinon je te contrerai facilement !

- Compris !

Agée de neuf ans, Amalya apprenait depuis plusieurs mois l’art du combat. Après mûre réflexion, William avait décidé de l’entrainer malgré cette puissance terrifiante qui sommeillait en elle. Depuis sa perte de mémoire, aucun événement étrange ne s’était produit. Pour son équilibre psychologique, il lui avait inventé un passé afin qu’elle oublie totalement ce qu’elle avait réellement vécu. Petit à petit, la jeune fille se comportait comme une personne normale même s’il lui arrivait encore d’avoir des réflexes issus de son ancienne vie. Amalya s’accroupit, montra ses dents et poussa un grognement avant de sauter sur son grand père qui la stoppa d’une grosse gifle.


- Tu fais quoi !? Tu n’es pas un animal !

- Je n’ai pas fait exprès ! Cria-t-elle en se tenant la joue.

Ils s’apprêtèrent à reprendre le combat lorsque William ressentit une présence en contrebas de l’île, sur la plage. Amalya courut sur la corniche qui dominait l’île et vit une partie de la mer gelée.

- Amalya, retournes à la maison et attends mon retour.

William partit à la rencontre de ce visiteur qui l’attendait, allongé sur le sable.

- Bonjour William, ça fait un bail !

- Kuzan, mon ami ! Que vient faire un amiral dans ce trou perdu ?

- Je venais vérifier que tu étais encore en vie… Comment se porte-t-elle ? Demanda Kuzan en créant une stalagmite au bout de son doigt.

- Amalya va bien, nous menons une petite vie paisible loin du chaos de ce monde.

- Une vie paisible… Mais pour combien de temps ? Alors tu lui as donné ce nom… Que signifie-t-il ?

- Espoir.

- … Quelle ironie quand on sait ce qu’elle est capable de faire… Me permets-tu de la voir ?

- Je ne préfère pas Kuzan. Elle ne sait rien.

- J’ai participé à son évasion d’Impel Down, tu peux bien me laisser jeter un coup d’œil à la plus grosse erreur de ma vie, non ?

- Suis-moi mais dis en le moins possible !

- Pas de problème, tu sais à quel point je suis feignant quand il s’agit de parler…

*************

J’aime cette vie solitaire même si je me sens très seule. Faire partie d’un équipage n’a jamais été un but, plus un tremplin pour atteindre un seul et unique objectif. Celui de comprendre ce que je fais sur cette terre. Je ne suis pas à ma place parmi vous. Je me sens vide de sens comme si une partie de moi-même avait disparu. Je suis fatiguée de traverser tant d’épreuves. Je veux juste une réponse. Une simple réponse à ma question.

Amalya se redressa et regarda l’empereur Kaïdo.

- Je suis las de toutes ces conneries. Faire partie de l’équipage de Shanks ou du vôtre ne m’intéresse pas. Répondez juste à ma question et je n’importunerais plus aucun d’entre vous. S’il vous plait, dites-moi seulement qui je suis ?

- Amalya… Murmura Shanks calmé par cette révélation.

- Tu fais donc parti de l’équipage du roux… Shanks, je vais t’enlever une épine du pied, il n’y aura aucun affrontement si tu me laisse l’emmener avec moi. Il semblerait que cette gamine se soit servie de toi.

- … Cette proposition est tentante… Je dois reconnaitre que la vie serait beaucoup plus simple sans elle…

Amalya se raidit. Elle n’avait pas prévu cette éventualité. Elle pensait que Shanks la défendrait si cela tournait mal avec Kaïdo, mais voilà qu’il envisageait de l’abandonner. La jeune femme recula de plusieurs mètres, effrayés par le retournement de situation. D’un œil sévère, Shanks la dévisagea longuement.

- Mais elle reste avec nous, Kaïdo.

- Cette femme s’est fichue de toi au point de risquer vos vies pour obtenir ce qu’elle veut et toi, pauvre idiot, tu la gardes dans ton équipage. N’as-tu donc aucune fierté ?

- Ces actions ne seront pas sans conséquences. Mais à présent, je comprends enfin ce qu’elle souhaite et je l’aiderai dans sa quête.

- L’aider ? Avec ton fruit du démon ? Tu n’as donc pas la moindre idée de qui elle est n’est-ce pas ?

- Quel fruit du démon ? Intervint Amalya qui se rapprocha de son capitaine.

- Ah ah ah ! Quelle tragédie ! S’esclaffa Kaïdo hilare. Vous êtes vraiment dans le même équipage ? Gamine, ton capitaine possède le pouvoir du fruit du souvenir. D’un simple contact, il peut voir et te montrer chaque seconde qui se sont écoulés depuis ta naissance. Ta réponse se trouve à portée de main. La sienne en l’occurrence !

Le cœur déchiré, Amalya se rapprocha de Shanks, lui prit la main et la posa sur son visage.

- Shanks, je t’en prie, dis-moi qui je suis, gémit-elle le regard brouillé par les larmes.

Distante et souvent insensible, Amalya n’était pas le genre de personne qui laissait paraitre sa peine. Dérouté mais touché par son imploration, le pirate se concentra, s’attendant à voir défiler dans son esprit une série de milliers d’images mais rien ne vint.

- C’est ridicule, tu sais très bien qu’il ne se passera rien, rajouta Kaïdo amusé. Aucun fruit du démon ne fonctionne à ton contact. Quel pathétique spectacle mais quelle belle paire vous faites !

- Je t’en supplie Shanks, dis-moi qui je suis… Répéta Amalya en descendant la main sur son cœur.

- Je ne peux pas… Murmura Shanks impuissant.

La jeune femme posa son visage sur le torse de son capitaine et ferma les yeux. Malgré leurs multiples disputes, elle avait passé de bons moments à ses côtés. Jamais aucun équipage n’avait été si bienveillant à son égard. Parmi eux, son existence lui avait paru moins difficile à supporter. Mais ils ne pouvaient plus rien lui apporter. Deux fois moins nombreux face aux hommes de Kaïdo, ils étaient condamnés à mourir.

- Merci… Chuchota-t-elle avant de faire demi-tour. Elle marcha vers Kaïdo avant de s’arrêter à côté de lui.

- J’accepte votre proposition.

- Le problème est réglé. Désormais, tu es à moi ! Jubila-t-il en brandissant son sabre.

Tous ces hommes dégainèrent et crièrent en chœur avant de se lancer sur l’équipage adverse. A travers le fracas des épées et le sifflement des balles, les deux empereurs se toisèrent un instant avant de se jeter à leur tour l’un contre l’autre. Jamais Amalya n’avait vu pareille bataille. Elle s’éloigna de la mêlée pour ne pas être blessée et monta à bord du navire de Kaïdo sans se retourner.

Peu importe les conséquences, je vais enfin savoir ce que je cherche depuis tant d’années. Tout le reste n’a aucune importance. Ces pirates n’ont jamais rien représenté pour moi. Ils n’étaient que des pions sur l’échiquier. Je crois. Je ne sais plus. Ferme les yeux, ne regarde pas, ne réfléchis plus. Tout est plus simple dans le noir. Comme au fond de l’océan, seule, toujours seule.

Amalya fut projeté au sol par une onde de choc qui percuta le bateau de plein fouet. Chaque coup que se portaient les deux capitaines était d’une violence rare. La force inouïe qui s’en dégageait dévastait tout sur son passage, remodelant ainsi le paysage de cratère et de tranchée. C’est pourquoi les deux hommes s’éloignèrent de leurs équipages pour éviter de blesser leurs compagnons.

Amalya, du haut de ce nouveau bateau où elle vivrait désormais, regarda finalement cette terrifiante bataille dans laquelle se jouait son avenir. Elle avait déjà connu de multiples affrontements entre équipages pirates et la vue de tant de violence ne la touchait aucunement. La mort avait cheminé à ses côtés tout au long de son existence, emportant avec elle de nombreux hommes, et cela sans jamais l’affectait le moins du monde. Pourtant, cette fois ci, cet énième spectacle, déjà vécu maintes fois, comme un perpétuel recommencement, renversa, tel un raz de marée, les dernières fondations qui soutenaient fébrilement son indifférence face à la vie des autres. Ainsi, voir ses anciens compagnons se battre pour elle, dans l’espoir de la garder auprès d’eux, l’ébranla plus qu’elle ne l’aurait jamais cru. Une nouvelle onde de choc heurta le navire lorsqu’elle aperçut Kaïdo se métamorphoser en un énorme dragon rouge, sans grâce, mais dont émanait une puissance phénoménale.

Quelle hideuse créature ! Rien à voir avec celui qui veillait sur moi à Boratora. Issus d’un fruit du démon, il n’est qu’une pâle copie de la splendeur de ces êtres légendaires. C’est une véritable insulte envers les vrais dragons !

En effet, son corps trapu et terne, ses petites ailes grotesques firent frémir le jeune dragon d’Amalya qui, malgré sa petite taille dû à son jeune âge, était bien plus majestueux et scintillant que son pseudo congénère.

Pour avoir déjà combattu Kaïdo auparavant, Shanks rangea son sabre sachant qu’il était à présent inutile. Aucune arme ne pouvait pénétrer l’épaisse peau de son adversaire puisqu’une fois transformé, Kaïdo devenait indestructible. C’est donc à ce moment qu’intervenait son pouvoir du souvenir afin de le déstabiliser de l’intérieur. Son fruit du démon ne lui servait pas seulement à connaitre le passé de la personne qu’il touchait, il pouvait également lui faire revivre un événement déjà vécu. Ainsi, il attendit que le dragon rouge l’attaque d’un coup de queue qu’il prit de plein fouet dans le torse. Malgré plusieurs côtes cassées, Shanks s’agrippa à l’appendice et vit défiler dans sa tête une partie de la vie de Kaïdo, dans le but de découvrir ce qu’il savait sur Amalya. Quelques secondes suffirent pour obtenir l’information puis il choisit un douloureux souvenir d’une précédente blessure qu’il lui projeta ensuite dans l’esprit. C’est alors que Kaïdo hurla de douleur avant de se retransformer en humain.

- Enfoiré… Grogna Kaïdo, la main sur la cicatrice de sa poitrine.

Le fruit du démon augmentait considérablement la force brute de kaïdo mais diminuait sa vitesse. De ce fait, il était moins difficile pour Shanks d’entrer en contact suffisamment de temps pour fouiller ses souvenirs, au risque de subir des dégâts physiques importants. Tandis que l’un encaissait de gros dommages corporels, l’autre malmené psychologiquement, goutait amèrement aux profondes douleurs du passé. C’est pourquoi aucun des deux n’était jamais ressorti victorieux de leurs affrontements. Shanks sourit malgré sa difficulté à respirer. Il chercha Amalya du regard et la vit sur le pont du bateau en train de les regarder.

- Alors c’est ça que tu veux ?! Que l’on s’entretue ? Lui hurla-t-il plein d’amertume. Veux-tu être ce genre de personne qui laisse insensiblement ses amis mourir ?!

- Des amis !? Je ne vous ai jamais considéré comme tel ! Vous ne représentez rien pour moi ! Cria-t-elle à son tour.

- Je n’y crois pas une seconde !

- Cornaq, toi, les autres, je me fous de vous depuis le début !

- Amalya ! Regarde les se battre ! Regarde leurs visages !

La jeune femme observa ses anciens compagnons lutter pour leurs vies et repensa à tous les bons moments passés ensemble. Son mauvais caractère, son égoïsme, son entêtement, ils l’avaient accepté telle qu’elle était, sans jamais se plaindre. Pire encore, ils lui avaient tout donné. Un toit, de la nourriture, des vêtements, de la chaleur humaine et de la douceur de vivre. Et sans jamais rien demandé en retour.

- Regarde-moi dans les yeux et ose encore me dire qu’ils ne représentent rien pour toi !

- … Représentent rien… Gémit-elle en s’éloignant davantage vers l’arrière du pont.

- Alors explique-moi ce que signifient tes larmes !?

Amalya toucha ses joues et récolta du bout des doigts ses larmes qui n’avaient rien à faire là.

- Vous ne vous en sortirez jamais ! Ils sont beaucoup trop nombreux ! Tu ne peux pas m’aider Shanks alors que lui, si !

- Cet homme ne porte aucune valeur à la vie des autres et il ne se bat que pour la sienne ! Ce n’est pas toi qu’il veut mais ta faculté ! Il ne te laissera jamais repartir ! Que feras-tu s’il te dit ce que tu veux savoir ?! S’écria Shanks déterminé à la faire changer d’avis.

- Laisse tomber le roux, elle a fait son choix. Et elle a choisi le plus fort ! Rugit Kaïdo en se retransformant.

Leur combat reprit plus violemment qu’avant et Amalya se retrouva à nouveau seule avec elle-même. Inconsciemment, elle continuait de reculer pour s’éloigner de la main que lui tendait Shanks lorsqu’elle trébucha sur un seau d’eau. Le cul par terre, un pied dans le récipient, elle plongea ses mains dedans et s’aspergea le visage. Il suffisait qu’elle retourne là-bas, dans les profondeurs, loin de tous ces fous. Loin de ce monde insensé. A nouveau seule. Toujours seule.

Tino, Fredo, William, Shanks… Je ne veux plus être seule…

Une foudroyante douleur déchira son esprit. Elle saisit sa tête et hurla ses tourments qui l’a torturait lentement. Inexorablement.

- ARRETEZ !!!

Une nouvelle onde de choc, qui ne provenait d’aucun des capitaines, fit chanceler tous les pirates dont certains tombèrent, inconscients. Amalya se redressa et marcha vers eux, doucement, tranquillement. Comme si le temps s’était arrêté, chaque pas lui semblait durer une éternité. Des dizaines de battements de cœur assourdissant l’irradièrent telle une explosion de palpitations. Mais elle ne les entendait pas. Elle les ressentait à travers chaque cellule de son corps. Le tumulte de la vie était partout, ici comme là-bas, à l’écart de la plage. Le noir de ses iris dégoulina de ses yeux et se mêla aux larmes et aux gouttes d’eau sur ses joues, assombrissant ainsi son visage. En transe et les yeux également devenus noirs, le petit dragon se connecta psychiquement à la jeune femme.

« Petite sœur »

Amalya sourit et répondit mentalement :

« Mahakala »

C’était son nom. Ca l’avait toujours été. Elle l’avait juste oublié.

- Le haki des rois… Murmura Shanks, surpris.

- C’est ça… Ses yeux… Ils étaient comme ça… Montre-moi ta vraie nature ! Rugit le dragon rouge en se rapprochant d’elle.

La pirate s’accroupit en position d’attaque, montra ses dents et poussa un long grondement du fond de ses entrailles avant de bondir sur Kaïdo. Elle tenta de planter ses dents dans le cou de son adversaire et réussit à lui arracher un morceau de chair que lorsqu’il se métamorphosa en humain. Kaïdo, pas du tout impressionné, l’attrapa par les cheveux et l’écrasa violemment contre le sable.

- Un chien n’attaque jamais son maitre, dit l’empereur en la dominant de toute sa puissance.

Du haut de son arrogance, Kaïdo ne vit pas Mahakala régurgiter, au-dessus de lui, un liquide épais et noir. Il se retourna brusquement et frappa le jeune dragon avant de ressentir une intense brûlure sur sa peau. L’acidité du vomi noirâtre commença par dissoudre ses cheveux et ses cornes avant d’entamer son crâne et son cerveau lui-même. Terrassé par la douleur, Shanks en profita pour dégainer son sabre afin de lui porter le coup de grâce lorsque Kaïdo se retransforma en dragon.

- Je ne partirais pas seul… Grogna-t-il avant de refermer sa mâchoire sur Shanks et sauter dans les airs.

A nouveau elle-même, le sang qui coulait de son front recouvra rapidement ses larmes noires. La tête en vrac, elle se leva et oscilla vers la mer. Déjà très loin de la côte, l’énorme dragon rouge s’évapora et les deux hommes tombèrent dans l’eau. Amalya plongea et nagea difficilement jusqu’à eux mais l’obscurité des profondeurs l’empêchait de voir leurs corps. Ne pouvant pas se permettre de nager à l’aveugle, elle s’arrêta et se concentra pour capter leur présence.

Un battement de cœur. Non, deux ! Cinq cents mètres plus bas. Ils sont déjà si loin…

Elle se dépêcha de rejoindre l’un des battements et tomba sur le corps inerte de Kaïdo. Elle attrapa son poignet et nagea jusqu’au second battement. Shanks, également inconscient, n’attendait que d’être sauvé. Elle remonta les deux corps lorsqu’une suggestion la stoppa dans son élan.

Ils ne survivront pas à la pression si je les remonte trop vite… Et ils ne vont pas tarder à mourir noyé… Merde ! Je ne peux en sauver qu’un…

Amalya pensa à Kaïdo. La réponse était juste là. Si elle l’abandonnait, tout ce qu’elle avait entreprit n’aurait servi à rien. Puis elle pensa à Shanks. Non. Elle n’avait pas perdu son temps. Elle lâcha le poignet de Kaïdo, sacrifiant ainsi le but de sa vie. Blotti contre Shanks, elle posa ses lèvres sur les siennes et partagea son oxygène. Une minute s’écoula lorsqu’il ouvrit enfin les yeux. Surpris par l’étrange contact, Shanks s’agita et recula instinctivement. Amalya lui attrapa la main et la posa sur son visage pour lui faire comprendre qu’il s’agissait d’elle. Puis elle l’emmena cinquante mètres plus haut où elle s’arrêta de nouveau. Comprenant la raison pour laquelle ils avaient nagé seulement jusque-là, Shanks pressa la jeune femme contre lui et ouvrit la bouche.

L’un contre l’autre, les deux pirates partagèrent un déroutant mais agréable moment durant dix minutes puis nagèrent jusqu’au prochain palier de décompression où ils reprirent le bouche à bouche. Malgré son état critique, Shanks ne s’était jamais senti aussi vivant. Exalté par cette intime promiscuité avec Amalya, il se raidit et sourit, perdant ainsi la moitié de son apport en oxygène. Déconcertée par sa soudaine ardeur, Amalya lui pinça furieusement le ventre et lui attrapa le visage pour l’empêcher de bouger. Cinq autres paliers plus tard, ils atteignirent la surface où une barque les attendait.

- Bon dieu de merde ! Ca fait plus d’une heure que vous êtes dans l’eau ! Cria Yasopp en hissant les deux pirates. Vous allez bien ? Vous êtes si rouge ! S’exclama-t-il en voyant son capitaine euphorique, le sourire jusqu’aux oreilles.

- … C’est rien, c’est l’ivresse des profondeurs, son cerveau a manqué d’oxygène… Répondit Amalya, embarrassée. Et moi qui croyais que l’eau vidait de leur force les possesseurs du fruit du démon…

- Qu’en est-il de Kaïdo ? Demanda Yasopp.

- … Désormais, il ne reste que trois empereurs… Murmura Shanks, la respiration sifflante.

- Capitaine ! Ça n’a pas l’air d’aller fort !

- J’ai quelques côtes cassé et j’ai du mal à respirer… Répondit-il en suffocant de plus en plus.

- Merde ! Il y a peut-être un poumon perforé ! Retournons immédiatement au Red Force.

Lorsque Shanks et Kaïdo tombèrent dans l’eau, une quarantaine de moines du Muséion vinrent en renfort et mirent fin à la bataille. Etrangement, aucun des deux équipages n’avaient subi de pertes, mais il y avait beaucoup de blessés plus ou moins dans un état grave en attente de soin. Tandis que Doc soignait ses compagnons les plus amochés, Ben – qui avait pris le commandement en l’absence du capitaine- ligotait et surveillait l’équipage de Kaïdo sur la plage avec l’aide des moines.

Une fois à terre, Amalya et Yasopp soutinrent Shanks jusqu’au dortoir où ils l’allongèrent dans un lit. Doc arriva aussitôt et fit les premiers soins en ordonnant à son capitaine de ne pas bouger d’un centimètre jusqu’à nouvel ordre. Un poumon perforé pouvait vite se dégradait s’il était trop sollicité. Une chance que la côte en était ressortie. Amalya regarda tous ses amis blessés allongé tant bien que mal sur les lits et recula vers la sortie.

- Amalya ! Qu’est-ce que tu fous ! S’énerva le doc dépassé par les événements. Dépêche-toi de les panser ! Tu es capable de faire ça quand même !?

- … Euh oui oui… Marmonna-t-elle impressionnée par Doc qui n’avait jusqu’à présent jamais élevé la voix contre elle.

Elle nettoya et banda chacune de leurs plaies durant deux heures sans jamais oser lever les yeux vers leurs visages, accablée par la honte de ses actes. Quand elle eut fini, elle s’échappa rapidement de cet hôpital de fortune et courut dehors pour respirer à plein poumon. Les deux siens étaient intactes… La nuit était tombée depuis peu et le pont était désert.

Que devait-elle faire ? Elle était effrayée à l’idée d’affronter Shanks face à face, que ferait-il d’elle dorénavant ? Peut-être le moment était-il venu de quitter le navire et de recommencer à zéro ? Alors qu’elle descendait la passerelle en réfléchissant au moyen de fuir ses responsabilités, une main saisit son bras et la tira vers l’arrière.

- Où comptes-tu aller comme ça ?

- Ben ! S’exclama-t-elle en baissant aussitôt les yeux.

- Ai au moins les couilles de me regarder en face ! Traitresse et lâche qui plus est… Tu ne quittes pas le bateau tant que le capitaine ne t’aura pas convoqué. Et que l’idée de filer en douce ne t’effleures même pas l’esprit car je te promets que je ne me retiendrais pas… Souffla-t-il en serrant fortement son bras, tenté par le désir de lui broyer littéralement.

Amalya serra les dents et repoussa Ben.

- Je ne te laisserai pas ce plaisir… Répondit-t-elle avant de rejoindre sa chambre, Mahakala sur les talons.

Après avoir claqué la porte derrière elle, folle de rage, elle s’attaqua aux meubles en les brisant et les éclatant contre les murs. Une fois la pièce sens dessus dessous, elle s’assit par terre et mit la tête entre ses genoux en attendant le verdict de Shanks.

Amalya ne sortait de sa chambre que pour utiliser la salle de bain au bout du couloir, laissant les plats de nourriture inentamés s’accumuler devant sa porte. Shanks, obligé de rester alité, ordonna à ses hommes de laisser partir l’équipage de Kaïdo, qui, anéanti par la mort de leur capitaine, n’avait plus aucune combativité. Il aurait aimé parler avec Amalya mais se ravisa après le sage conseil du doc de laisser du temps à la réflexion. Après tout, la nuit porte conseil. Il en fallu quand même trois pour que Shanks prenne sa décision.

La première nuit, rassuré par le fait qu’aucun de ses hommes n’avaient succombé à ses blessures, il n’en voulait finalement pas tant que ça à Amalya. Avant la bataille, son imploration l’avait touché. Ainsi, elle cherchait à savoir qui elle était, elle avait alors contacté Kaïdo qui était soi-disant à même de lui répondre. Sans en connaitre la raison, Shanks avait conclu qu’elle préférait chercher par ses propres moyens plutôt que lui demander de l’aide. Elle ne devait donc pas connaitre ses origines mais il était nécessaire pour elle de les retrouver seule. Comme l’avait dit le doc un mois auparavant, cette femme portait un lourd fardeau qui l’éloignait des autres. Elle devait se sentir bien seule, et Shanks désirait vraiment lui apporter son aide et la soutenir.

La seconde nuit, la colère l’envahit en repensant au comportement totalement égoïste, arrogant et sournois d’Amalya. Elle n’en faisait qu’à sa tête et ne réfléchissait jamais aux conséquences de ses actes. Malgré sa tolérance, son indulgence et sa clémence, elle continuait de se foutre de lui et de le manipuler. Il avait tenté plusieurs fois de lui tendre la perche qu’elle lui rejetait en pleine figure après l’avoir cassé en deux… Incontrôlable, elle mettait en danger la vie de ses compagnons et ça, il ne pouvait plus le supporter. Cornaq était mort en l’aidant… mais n’étais-ce pas plutôt la volonté d’Amalya qu’il meurt après s’être servi de lui ? Comment pouvait-il obliger son équipage à supporter une telle femme ? Il s’en voulait d’être un si piètre capitaine… Et puis cette bataille était la cerise sur le gâteau. Kaïdo mort, le faible équilibre qui, jusqu’à maintenant, avait permis aux quatre empereurs de régner sur le nouveau monde, était rompu. Son décès aurait de graves répercussions sur le monde. Le gouvernement et la marine chercherait à savoir ce qu’il s’était passé.

C’est ainsi que la troisième nuit, il convoqua chacun de ses hommes pour demander leur avis sur ce que représentait, à leurs yeux, Amalya. Honnêtement et sans détour, ils répondirent tous à sa requête, en bien comme en mal. Doc souhaita passer en dernier à cause de sa surcharge de travail, mais en réalité, il voulait que son opinion soit celle qui terminerai la concertation sur une note favorable. Pour finir, Shanks se remémora la traduction de Chilon sur le dragnix, une créature sacrée qui ressuscitait éternellement. Puis il pensa au dragon de Boratora, à l’œuf dans ces cendres et à la petite créature noire qui en était sortie, collant et protégeant Amalya à chaque instant. Y avait-il un rapport entre cette légende et la réalité ? Et puis toutes ses aptitudes extraordinaires qu’elle possédait… Annulation des pouvoirs du fruit du démon, respiration sous l’eau, Haki des rois ! C’était complètement insensé… Elle avait de bonnes raisons de rechercher ses origines… Peut-être était-elle une cousine lointaine des hommes-poissons, et qu’à défaut de ne pas avoir le physique, elle en avait hérité la respiration aquatique ? Et ses étranges yeux qui devenaient noirs sous l’effet de la colère… Shanks était très intrigué et sa curiosité le poussait à en découvrir davantage. Soudain il se remémora le monologue de Tino au clair de lune, l’ami d’Amalya. « Je souhaite un jour détruire son masque fait de colère et de haine, et faire apparaitre l’ange animé par la joie et la compassion que je vois depuis toujours » avait-il dit… Puis ce jeune gamin, Fredo, qui avait perçu derrière son mépris une femme au cœur juste. C’était une personne meurtrie par la vie qui avait besoin qu’on lui redonne le goût de vivre. Mais arriverait-il à lui faire de nouveau confiance ? C’est ainsi que le jour se leva et que Shanks appela Yasopp.

- Amène la moi.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Lun 7 Mar 2016 23:06 
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Je viens de me mettre à jour. Je n'avais pas lu les dix derniers scans de One Piece et pour le coup, je me prends une grosse claque au visage... Je me rends bien compte que les personnages de ma fanfiction ne sont pas à la hauteur du manga. Je ne suis pas douée pour écrire les scènes de combat, et surtout, je n'arrive pas à imaginer un duel entre deux empereurs.

Ainsi, lors de votre lecture de mes deux derniers chapitres, je vous conseille fortement de remplacer les noms de Shanks et Kaïdo par Titi et Gros Minet, alors seulement là, le combat semblera correct.

Si vous me donniez vos idées sur la manière dont vous envisageriez un duel d'empereur, alors j'envisagerais de réecrire le chapitre. Sinon, on s'en tiendra à Titi et Gros Minet.

Dans tous les cas, sachez que vos commentaires font toujours très plaisir et sont également très motivant car il n'est pas aisé d'écrire sans savoir ce qu'en pensent les lecteurs. Et puis ce n'est pas comme si on était 20 à écrire dans le cabinet... En effet, je me sens un peu seule, surtout depuis que Chaosx ne poste plus.

Alors je me rends visite tous les jours: " salut, comment ca va ? tranquille on fait aller... Ton dernier chapitre était pas top tu sais ? ah m'en parle pas, j'ai honte si tu savais ! Mais t'as quand même 4590 vus, c'est cool non ? Mouais... Mais tu sais, ca fait un vu à chaque fois que tu cliques sur le sujet... alors ca pourrait très bien être moi qui est cliqué 4000 fois...

Mais sachez, mes chers lecteurs, que moi Bibi, je continuerais de porter le flambeau du cabinet, même si je suis seule et peu douée ! Le cabinet d'écriture survivra et revivra ! Et que la volonté du C ne disparaitra pas avec moi !

Bref, sur ce, merci encore amis lecteurs et je continuerais de faire de mon mieux !


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Dim 8 Mai 2016 00:27 
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Salut ! Suite à ton message privé, j'ai lu quelques chapitres de ta fic, et je vais donc me permettre de t'exposer ce qui me semble être les qualités et les défauts de ton travail.

Bon, alors déjà, et ça c'est pareil pour quasiment toutes les fics, y a des fautes. Des fautes de conjugaison notamment, avec des verbes à l'infinitif alors qu'ils devraient être sous forme de participe passé : "ne te sens pas obliger de m'aider" ou "qui aimaient faire la fête et se racontaient des histoires" mais aussi "Lily s'occupa de la fermeture puis rejoigna". Enfin tu connais la rengaine, rares sont les personnes qui échappent aux fautes de conjugaison. Il y a également des erreurs de grammaire, et des phrases mal tournées, comme ici : "[...] pas seulement pour son aspect qui fait penser à cet animal, mais aussi au fait que la vie s'y écoule lentement". Dans le cas présent, pour suivre la logique établie plus tôt, avec "pour son aspect", il vaudrait mieux dire "par le fait que [...]". Ce sont des petites erreurs, et pas forcément les plus dramatiques qui soient, mais malgré tout, les phrases qui manquent de sens viennent gâcher le plaisir de lecture. Oh, et puis dans un autre registre, tu as tendance à oublier la marque du pluriel, assez souvent.

Concernant ton récit, je trouve que la narration est maîtrisée. C'est agréable, pas surchargé - en bref, ça se lit bien - et c'est surtout bien amené : là où d'autres balancent les descriptions de leurs personnages un peu au hasard, toi, tu les places de manière judicieuse. Elles ne tombent pas comme un cheveu sur la soupe, et ça rend le tout encore plus digeste à lire. Et pour le coup, les dialogues sont assez réalistes. Les personnages ne sont pas des bouquins, ils parlent comme on pourrait parler, comme des pirates pourraient parler. Y a des petites punchlines lancées ça et là, et c'est chouette. Encore une fois, le temps est vraiment agréable à lire, et les dialogues ne font pas exception à cette règle.

Ce que j'aime également, c'est que tu prends ton temps pour mettre en place une ambiance, et pour développer ton scénario : l'aventure ne commence pas directement, tu installes ta vision de l'univers d'Oda, et tu ne le fais pas en un chapitre, voire un demi-chapitre. Fan fiction ne rime pas forcément avec action (trop) rapide, et certains ont malheureusement tendance à l'oublier, ce qui n'est pas ton cas.

...Et me voilà désormais bien embêté, puisque je n'ai rien d'autre à dire. C'était ni très constructif, ni très original par rapport aux commentaires précédents, mais tout me semble avoir été dit. Ta fic, c'est du bon, j'en ai lu cinq chapitres, et je vais pas me faire prier pour lire la suite. Bref, ce que tu écris est top, c'est une fan fiction comme on aimerait en voir plus souvent.

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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Lun 16 Mai 2016 21:01 
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Chapitre 20 : nouveau départ, nouvelle vie


17 ans plus tôt sur une île inconnue

De la corniche qui dominait l’île, Amalya observait son grand-père discutait avec Kuzan sur la plage. L’amiral tira la couverture qui recouvrait la nacelle derrière son vélo, moyen de transport qu’il utilisait pour circuler sur les mers. En effet, son pouvoir du fruit du démon lui permettait de givrer la surface de l’eau, fabricant ainsi son propre chemin.

- Qu’est ce que ! S’exclama Amalya soudain contrariée.

William remonta seul vers sa maison avec un petit garçon de cinq ans assoupi dans ses bras qu’il installa dans son lit.

- Grand-père ! Pourquoi tu ramènes ça ici !

- Commence déjà par te calmer et ai un peu de respect pour cet enfant qui allait être vendu comme esclave. Pauvre petit, il sera bien mieux ici avec nous.

- Parce qu’il va vivre avec nous ?!

Furieuse, Amalya partit dans la jungle pour s’isoler. Très proche de son grand-père, elle pensait que cette intrusion dans leurs vies en briserait l’harmonie. William n’avait pas adopté cet enfant par hasard, il souhaitait parfaire l’éducation d’Amalya en lui apprenant à se sociabiliser avec d’autres personnes que lui. Apparement, c’était mal parti.

Plusieurs mois s’écoulèrent depuis l’arrivée de Loan et la jeune fille l’avait finalement très vite accepté. Ce petit garçon aux yeux bleus pâles et aux cheveux blonds adorait Amalya qu’il appelait désormais Yaya. Toujours à ses trousses, il la suivait partout sous la surveillance constante de William qui était le plus heureux des hommes. Amalya avait très vite toleré Loan, mieux encore, elle était à ses petits soins comme une mère le serait avec son enfant.

Une nuit, alors que William dormait paisiblement, la jeune fille réveilla le petit garçon et lui demanda de la suivre.

- On va où Yaya ?

- Chuuuut, parle pas si fort. Je veux te montrer quelque chose.

Loan suivit Amalya à travers la forêt jusqu’au sommet d’une falaise.

- Loan, tu vois la panthère blanche en bas ? C’est très rare d’en apercevoir ! Si tu fais un vœu en la regardant, elle te l’exaucera !

- Où ça Yaya, je la vois pas !

Loan se pencha par-dessus le précipice pour mieux voir lorsqu’Amalya posa sa main sur son dos et le poussa dans le vide.

- Tu ne devrais pas tarder à la voir… Murmura-t-elle, un sourire malveillant étirant ses lèvres.

L’île était son territoire. Et personne d’autre, mis à part son grand-père, n’avait le droit d’y vivre.

Le lendemain matin, constatant que Loan n’était pas là, William s’affola et sonda l’île avec son haki afin de le retrouver. Sa présence était si faible qu’il était difficile de le détecter, mais le vieil homme finit par le sentir au Nord-Est de la jungle où il courut aussitôt. Amalya, quant à elle, s’étira longuement dans son lit en se demandant quelle mouche l’avait piqué.

William revint une demi-heure plus tard, le corps ensanglanté du petit garçon dans les bras, qu’il déposa délicatement sur sa couche. Le visage grave, il le soigna du mieux qu’il pu mais sans grand espoir de guérison. En effet, Loan était grièvement blessé. De multiples hématomes, quelques fractures et une plaie ouverte au crâne le rendaient méconnaissable. William l’avait retrouvé enchevétré dans des lianes. Les branches des arbres avaient ralenti sa chute, l’épargnant ainsi de se fracasser sur le sol. Une fois les soins terminés, il s’assit à table, se servit un verre de rhum et regarda Amalya.

- Il n’aurait jamais su monter là-haut tout seul…

- … Je voulais que l’on reste que tous les deux papy… Je ne veux vivre qu’avec toi, on a besoin de personne d’autre !

William essuya une larme qui coulait sur sa joue, saisit un couteau près de lui et le relâcha immédiatement.

- Ne refais plus jamais ça ou il n’y aura plus de « nous deux ».

La jeune fille retint un hoquet de surprise et partit dans la jungle où elle y resta seule durant trois mois.

Comme chaque midi depuis de nombreuses semaines, Amalya alluma un feu afin d’y cuire son poisson tout juste pêché sans s’imaginer un instant que ce jour ci serait un des plus marquants de sa vie. Tandis qu’elle embrochait sa carpe, une petite main se posa sur son épaule. Loan, complètement rétabli, gardait malgré tout un stigmate de cet accident. La paupière de son œil gauche à moitié fermée sur l’iris blanchâtre était la conséquence du traumatisme crânien. Il prit la jeune fille dans ses bras et la serra très fort contre lui.

- Reviens avec nous Yaya. Ne sois pas triste, je sais que tu n’as pas fait exprès - fit-il en lui caressant le bras avant de murmurer à son oreille - et si tu souris, c’est que la panthère blanche a exaucé mon vœu car je lui ai demandé que tu sois toujours heureuse !

Amalya, choquée, resta stoïque un instant avant d’éclater en sanglots. Troublée par l’innocence de Loan, elle afficha un grand sourire trempé de larmes et se jura qu’elle ne ferait plus de mal à un enfant.

***********

- Toc ! Toc ! Toc !

Amalya ouvrit la porte de sa chambre à Yasopp qui n’eut même pas le temps de parler.

- Je suis prête, fit-elle les yeux cernés et le teint pâle.

Effectivement, elle était prête depuis belle lurette. Elle avait eu le temps de réfléchir pendant ses trois jours sans dormir. Elle acceptait son sort, peu importe lequel. La mort de Kaïdo lui avait mit un sacré coup au moral, se demandant ainsi si la quête de son passé en valait vraiment la peine. Etait-il si important de savoir d’où elle venait ? Trop regarder en arrière l’empêchait d’avancer. A présent, elle désirait plus que tout goûter à la vie sans avoir d’objectif précis. Bien évidemment si Shanks acceptait de l’épargner. C’est ainsi qu’elle marcha jusqu’au dortoir où le capitaine l’attendait, à demi assis dans son lit. Yasopp referma la porte derrière elle, les laissant tous les deux face à face.

- Il est temps que l’on parle sérieusement.

Amalya hocha la tête et s’assit sur un tabouret, Mahakala à ses pieds. Le capitaine regarda le dragon noir, laissant les minutes s’écoulaient silencieusement quand Amalya finit par lever ses poignets.

- Ces cicatrices étaient, jusqu’à il y a seulement quelques mois, les seuls souvenirs de mon enfance. Chaque nuit depuis mes sept ans, je fais des cauchemards. Je percois des sons, des sensations, des bribes d’image et je me réveille en sueur, me rassurant que ce n’était qu’un rêve. Mais mon esprit n’est pas dupe. Puis il y a eu Boratora où j’ai vécu parmi une meute de loups et par la suite dans une famille humaine. Je n’étais pas à ma place. Toujours à l’écart des autres, ces gens avaient peur de moi. Je ne sais pas pourquoi. Je n’ai pas le souvenir d’en avoir souffert. Je crois que j’étais bien, dans mon coin, à les observer, à attendre je ne sais quoi. Je me souviens d’un jour où il y avait beaucoup d’eau et de sang. Un homme, peut-être un enfant, m’a pris dans ses bras. Son visage était doux, si souriant, il n’avait pas peur, lui. Puis il m’a fait quitter l’île.

Boratora avait été détruite par le buster call, une puissante attaque militaire. Shanks fit alors le rapprochement. Ce garcon faisait peut-être parti de la marine et avait certainement eu l’ordre de venir chercher Amalya avant de rayer l’île de la carte. Elle devait avoir beaucoup d’importance aux yeux du gouvernement. Tellement d’importance qu’il avait effacé toute preuve de son existence.

- Shanks, ce que je t’ai fais est impardonnable… Mais j’ai appris quelque chose. Que la vie n’avait pas de prix. Mon obsession m’a aveuglé au point d’en occulter l’essentiel. Kaïdo est mort, emportant avec lui une partie de mon passé. Mais cela n’a plus d’importance car cette douloureuse perte d’identité m’a permis de comprendre que l’avenir était devant moi. Et non loin derrière. Je ne veux plus être seule. Et je veux pouvoir rendre tout ce que l’on m’a offert sans détour. L’amitié, l’indulgence…

Shanks ferma les yeux. La mort de Kaïdo avait profondément changé Amalya, remettant en cause la croisade qu’elle avait mené jusqu’à aujourd’hui. Devait-il alors lui révéler ce qu’il avait vu dans les souvenirs de Kaïdo, au risque de raviver sa haine ?

Kaïdo lui avait promis une réponse qu’il n’aurait pas pu lui donner. Vingt deux ans plus tôt, il avait été incarcéré à la prison sous marine d’Impel Down, où une rumeur circulant entre les prisonniers racontait qu’au niveau le plus bas, une petite fille, créature unique au monde, subissait des expériences. Celle-ci avait la faculté d’annuler les pouvoirs des fruits du démon. C’est alors qu’un jour, l’enfant avait dû être transféré quelques heures au niveau de Kaïdo pour cause de rénovation. Ainsi, Kaïdo avait pu rencontrer cette fillette qui avait temporairement élu domicile dans une cellule en face de la sienne. Cette journée qui permit à Kaïdo de l’observer marqua à jamais son esprit.

Les yeux profondément noirs de la petite fille étaient vides. Vide de toute humanité. Vide de vie elle-même. Comme un trou noir aspirant tout ce qui, par malchance, s’approche trop de lui, Kaïdo se perdit dans le néant de son regard. Lorsqu’il revint à lui, plusieurs heures étaient passées même s’il aurait juré qu’une seule minute s’était écoulée. Après cette expérience, il ne fut plus jamais le même. Le monde lui semblait terne, ennuyeux et vide de sens, comme si sa propre vie avait été à son tour aspiré.

Shanks rouvrit les yeux et se gratta les cheveux. Le souvenir de Kaïdo aurait apporté à Amalya plus de questions que de réponses. Peut-être valait-il mieux qu’elle vive le reste de ses jours dans l’ignorance.

- Depuis ton intégration dans l’équipage, tu as pratiquement enfreins toutes les règles du code d’honneur de la piraterie. Tu nous a volé de l’argent lorsque nous étions à Las Negras. Tu as, à de nombreuses reprises, désobéi à mes ordres. Puis tu as délibérement abandonné l’équipage pour rejoindre celui de Kaïdo. Je veux que tu saches que ton comportement m’a… nous à tous profondément blessé. Désires-tu faire encore partie de notre équipage ?

- Tu me laisserais partir si j’en faisais le choix ?

Ses cernes également étaient profondes. Lui non plus n'avait pas dû beaucoup dormir. La tristesse de son regard toucha Amalya qui, jusqu'à présent, ne s'était jamais intéressée à son bien-être. Elle s'en voulait de lui avoir causé tant de peine. Il ne le méritait pas. Aucun d'entre eux. Amalya sourit. Enfin sereine, le temps était venu pour elle de vivre parmi les autres. Parmi les siens.

- Acceptes-tu de me laisser une dernière chance, Capitaine ?

Shanks sourit à son tour. Inconsciemment, elle avait déjà fait son choix depuis longtemps en remontant Shanks à la surface et non Kaïdo.

- Oui.

- ... Alors c'est tout ?

- Ah non ! J'allais oublier... Tu auras cinq cents coups de fouet pour te punir de ta trahison !

- ....

- ....

- Merci Shanks. Allons-y Mahakala ! Fit-elle en se dirigeant vers la porte.

- Mahakala ? Tu as fini par lui trouver un nom ?

- Comme je te l'ai expliqué, les souvenirs de mon enfance sont très confus. En fait, c'est son nom depuis toujours, je l'avais juste oublié !

- Mais il est né il y a seulement quelques mois ! S'exclama Shanks incrédule tandis que la jeune femme était déjà loin dans le couloir.
Alors Chilon avait raison...

**********

Une nouvelle vie commencait pour Amalya qui s'était délesté d'un lourd fardeau. Le coeur léger, elle décida dans un premier temps de s'excuser auprès du Doc qui faisait l'inventaire de ses médicaments à l'infirmerie.

- Doc ? Tu aurais une minute ? Je voudrais discuter de ce qui s'est...

Le docteur laissa brusquement tomber ses cachets, attrapa le poignet de la jeune femme et la serra fort contre lui.

- Je suis content que tu restes parmi nous princesse... Souffla-t-il à son oreille. Excuse moi d'avoir élevé la voix contre toi l'autre jour, excuse moi de ne pas avoir su te soutenir davantage, je ne connaissais rien de ton histoire, j'aurais dû chercher à en savoir plus, alors peut-être n'aurais-tu pas chercher à affronter Kaïdo ! Je suis un imbécile qui ne te mérite pas ! Princesse ! Pourquoi tu ne réponds pas !? Tu m'en veux c'est ça ? Dis moi ce que je peux faire pour obtenir ton pardon...

- ... Peux pas...pas....respirer..... Suffoqua-t-elle, etouffé par son étreinte.

Doc dessera son emprise et Amalya respira un bon bol d'air avant de lui caresser la joue, geste affectif très rare de sa part.

- Si il y a bien quelqu'un à qui je ne dois aucun pardon, c'est bien toi mon ami. Si tu as besoin de quoique se soit, compte sur moi Doc. Dorénavant, je suis là. Vraiment là. Ok ?

Le médecin sourit et lui ébourrifa les cheveux. Amalya partit ensuite rejoindre le coq à la cuisine à qui elle fit à nouveau des excuses puis s'évertua à faire de même avec chaque membre de l'équipage. La plupart d'entre eux comprirent ce qui l'avait poussé à en arriver là et leurs sentiments pour elle ne changèrent aucunement. Mais pour certain, sa nouvelle attitude bienveillante était difficile à croire et n'excusait certainement pas sa trahison, ce que lui fit clairement comprendre Ben.

- Il m'en faudra beaucoup plus pour te faire confiance. Je ne suis pas comme le capitaine qui pense qu'une part d'humanité sommeille en chaque homme. Je doute fort qu'un tel sentiment existe chez toi. J'ai cette étrange intuition depuis que je t'ai rencontré qui me pousse à me méfier de chacun de tes faits et gestes. Tôt ou tard, cette histoire finira mal alors n'essaye pas de m'amadouer avec tes belles paroles car elles ne changeront pas ce que je pense de toi.

Auparavant, le mépris de Ben ne l'aurait guère touché. Mais ce n'était plus le cas car cela la blessa profondément. Elle désirait vraiment devenir une meilleure personne et elle se dit alors qu'elle y parviendrait le jour où Ben croirait enfin en elle.

*******

La nuit était tombée depuis quelques heures lorsqu'Amalya sortit sur le pont. Enfin seule, elle s'accouda à la balustrade et regarda les vagues s'écraser contre la coque. L'eau étincelait de milles feux sous la lueur de la lune, lui donnant alors envie d'y plonger pour se laver de son obscure passé. Elle enleva ses bottes puis ses vêtements lorsque Shanks la rejoignit.

- Ce n'est pas la première fois que je te vois te baigner en pleine nuit. J'ai toujours trouvé cela étrange.

- ... Si tu veux comprendre pourquoi je fais ça, alors viens avec moi... Fit-elle en lui tendant la main.

Shanks fut touché par son geste. C'était la première fois qu'elle tentait de partager ses sentiments avec lui. Il désirait la rejoindre et découvrir une infime partie de son jardin secret afin de se rapprocher un peu plus d'elle.

- Non...

- Je vois...

- Amalya, c'est difficile à exprimer mais j'ai une sorte d'aversion pour l'eau... Je la redoute car les possesseurs du fruit du démon perdent toutes leurs force à son contact mais ce n'est pas seulement ça.... L'eau n'est pas mon élément, je n'y suis pas à l'aise. Les océans sont imprévisibles et donc indomptables. Et je n'aime pas avoir aucune emprise... L'eau est sournoise, elle s'insinue partout sans que l'on s'en rende compte et peut détruire des fondations pourtant solides, elle est redoutable et peut anéantir tout sur son passage. Oui je la redoute et pourtant elle me fascine. J'aime être près d'elle et sentir son courant me bercer. Source de toute vie, elle est un miracle incontestable... J'aime l'observer et vivre à ses côtés tout en gardant un pied sur terre... Conclut-il en tapant du pied le sol.

Les deux pirates se regardèrent un moment avant de sourire. Derrière sa propre réflexion qu'il se faisait de l'eau, Shanks exprimait en réalité ce qu'il ressentait vis à vis d'Amalya. Oui, il aurait vraiment aimé se rapprocher d'elle.

La jeune femme enleva ses derniers vêtements pour finir complètement nue. Shanks la dévora des yeux sans aucune honte. Elle monta sur la balustrade et plongea dans l'eau. Fascinante et inaccessible.

Il regarda alors l'océan, particulièrement paisible ce soir. Il partit à la bibliothèque, s'assit au bureau et sortit un escargophone du tiroir.

- Biiip biiiip biiiip

- Capitaine Shanks ? Nous attendions votre appel. Je vous passe mon grand-père.

- ...

- Capitaine, votre question j'attends.

- Aendrys ? Excusez moi de vous appeler si tardivement. J'ai besoin de savoir qui elle est. Qui est Amalya ?

- .... Sans son passé personne ne peut vivre. Sur son humanité la noirceur ne doit pas prendre le dessus. Ou votre paradis sera perdu. Biiiip biiiip biiiip

Shanks raccrocha. A travers une des fenêtres de la pièce, il regarda à nouveau l'océan lorsqu'un violent frisson le parcourut.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mer 25 Mai 2016 22:49 
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Chapitre 21: Wanted

14 ans plus tôt sur une île inconnue

Les premières lueur du jour traversaient fébrilement les volets à moitié fermés quand Amalya, âgée de 13 ans, fut réveillée par son jeune frère adoptif Loan.

- Yaya, réveille toi, papy a laissé nos cadeaux sur la table !

- ... M'en fous, laisse moi dormir...

- Yayaaaaaaa, supplia le garçon en tirant la jambe de sa soeur qui finit par tomber par terre.

Un filet de bave au coin de la bouche, Amalya étira ses membres recouverts d'éraflures puis s'assit en gémissant. Son corps courbaturé lui faisait un mal de chien. William avait intensifié son entrainement depuis plusieurs mois, ne lui laissant que très peu de répit. Elle leva son bras et attrapa le paquet que lui jeta Loan. Les deux enfants ouvrirent leurs cadeaux, l'un avec ardeur et l'autre sans grande conviction.

- Woaw ! Papy est très doué ! S'exclama Loan qui examina le manche du couteau sous tous les angles.

- Ouais, c'est pas mal pour un vieux... Murmura Amalya qui toucha du bout de son doigt les trois initiales gravées dans le bois.

- Viens Yaya, allons les essayer tout de suite !

Le garçon courut dehors, ramassa un bout de bois et commença à le sculpter tandis qu'Amalya partit loin dans la forêt à la recherche d'un animal qu'elle chasserait avec son nouveau couteau. Après vingt minutes de course à travers les arbres, son instinct lui intima de s'arrêter et de se cacher dans le feuillage d'un buisson. En silence, elle attendit patiemment le gibier lorsque des murmures lui parvinrent.

- William, vous ne pouvez pas la cacher indéfiniment. Le gouvernement mondiale finira tôt ou tard par la trouver, même dans ce lieu isolé. Laissez moi l'emmener, vous n'imaginez pas l'opportunité qu'elle représente ! Avec elle à mes côtés, je serais sûr de gagner cette guerre ! Au nom de la justice, le gouvernement a instauré une véritable ère de terreur et cet enfant est le remède qui mettra un terme à leurs desseins !

- Un remède !? Une calamité vous voulez dire ! Dragon, c'est parce que je sais ce dont elle est capable que je ne veux pas vous la laisser ! Vous voudriez la brandir comme une arme alors que je m'évertue à la rendre plus humaine !

- Vous désirez tant changer son destin que vous en oubliez presque ce pourquoi elle est venue au monde ! Ces oeillères derrière lesquelles vous vous cachez vous empêche de voir la réalité. Sa mémoire finira par revenir et réduira en poussière tout votre travail ! Qui de nous deux est le plus méprisable ? Celui qui veut l'utiliser pour libérer le Monde de ses entraves ou celui qui lui ment sur son passé au point de lui faire croire qu'il est son grand-père ?!

Chef des révolutionnaires, Monkey D. Dragon tentait obstinément de faire changer d'avis William qui, de son côté, ne voulait rien entendre. Les deux hommes continuèrent de se disputer sans se rendre compte qu'ils passèrent tout près de la cachette d'Amalya. Celle ci attendit quelques minutes avant d'en sortir et, les mains tremblantes sous l'effet de cette révélation, repartit d'un pas mal assuré vers la maison.

- Yaya ! Tu es de retour ! Alors t'en pense quoi du couteau de papy ?

La jeune fille poussa Loan et s'assit à table face à William qui n'était plus en compagnie de l'étrange homme au visage tatoué.

- Alors les enfants, vos cadeaux vous plaisent ? Je les ai sculpté pour fêter le troisième anniversaire de l'arrivée de Loan. Ainsi, grâce à ses couteaux, nous serons toujours ensemble. Regardez, j'en ai un aussi !

- Je suis une calamité le vieux ? Souffla Amalya hors d'elle.

Le visage de William devint aussitôt livide. Elle avait entendu leur conversation. Il comprit alors qu'il était désormais inutile de mentir davantage et que le lien qui les lié était à présent rompu. Amalya se dressa sur ses bras et hurla au visage du vieil homme:

- Si tu n'es pas mon grand-père, alors qui es-tu !? Qui était ce type ?! Et qui suis-je si tout est faux !? ALORS QUI SUIS-JE ?!

- Calme toi Amalya ! Laisse moi t'expliquer ! Répondit William qui tenta vainement de la maîtriser.

La jeune fille, folle de rage, agrippa la table et la retourna brusquement sur William qui l'évita de peu. Ses iris jaunes commencèrent à virer au noir lorsque le vieil homme la plaqua au sol pour l'empêcher de faire un geste qu'elle regretterait plus tard. Accablé par cette violente dispute, Loan, recroquevillé dans un coin de la pièce, finit par se lever et vint en sanglotant caresser la joue écarlate de sa soeur.

- Yaya, arrête, tu me fais peur... Murmura-t-il d'une voix hoquetante.

Amalya se calma aussitôt au contact de la main de son petit frère. Ce dernier avait acquis le don de l'apaiser depuis l'accident de la panthère blanche. Elle s'en était tant voulu de l'avoir blessé qu'elle avait décidé d'obtempérer à la moindre requête de l'enfant. Et le stigmate sur le visage de Loan le lui rappelait chaque jour.

- Amalya, j'étais vice amiral au sein de la marine et je l'ai déserté car leur éthique ne correspondait pas à la mienne. Tu possèdes une force hors du commun, c'est pourquoi j'ai fais le choix de nous cacher sur cette île pour que jamais personne ne puisse t'utiliser. Pardonnes moi de t'avoir blessé en te mentant mais c'était pour ton bien...

- De quelle force parles-tu ? Pourquoi voudrait-on se servir de moi ? Qui sont mes parents ? Qu'ais-je fais avant de perdre la mémoire ?

L'adolescente fixa les yeux de William et comprit alors qu'elle n'en saurait jamais plus. Pour une raison qu'elle ignorait, l'homme s'était promis de ne rien lui révéler sur son passé. Mais si l'être qui lui était le plus proche l'a trompé depuis des années, vers qui pourrait-elle se tourner ? Elle se dit alors que la confiance n'était qu'un vague concept pour que les gens puissent vivre en communauté mais en réalité, chaque personne était véritablement seule.

Elle se redressa et saisit délicatement les douces joues roses de Loan afin de lui enseigner une dernière règle de vie.

- Petit frère, ne fais confiance à personne ! Tu ne dois compter que sur toi-même si tu veux vivre dans ce monde !

Elle ramassa un sac, le vida et y enfouit quelques vêtements, de la nourriture et le couteau lorsque Loan lui tendit le petit carnet rouge de William dans lequel le vieil homme et le garçon dessinaient leur train-train quotidien.

- Ne m'oublie pas Yaya... Murmura l'enfant en retenant un sanglot.

- Jamais... Murmura-t-elle avant de lui embrasser le front.

Sans un regard pour William, elle sortit de la maison et quitta l'île sans se retourner une seule fois.


*********

Le Conseil des cinq étoiles était composé de cinq patriarches qui représentaient la plus haute autorité politique du gouvernement mondiale. Exceptionnellement, ceux-ci s'étaient réunis pour discuter des derniers événements majeurs qui avaient déstabiliser le monde.

- Messieurs, nous sommes aux prémices d'un grand bouleversement dans l'Ordre Mondial si nous ne prenons pas une bonne fois pour toute les choses en main.

- En effet, depuis la mort de l'Empereur Kaïdo, de nombreux équipages pirates ont pris de l'assurance et espèrent prendre sa place en semant le chaos sur leur route. La marine ne s'est plus où donner de la tête et demande donc davantage de renfort. Mais il y a plus grave encore. L'Héritière est de retour.

- Une partie de l'équipage de Kaïdo a été intercepté par un navire de la marine. Nous avons appris que l'affrontement a eu lieu contre l'Empereur Shanks le Roux et que celui ci détient l'Héritière dans son équipage. Elle se ferait appeler Amalya et posséderai un jeune dragon.

- Ce que je ne comprends pas, c'est pour quelle raison elle est avec eux et pourquoi elle ne se manifeste que maintenant ? Shanks le Roux n'aurait jamais décidé de mettre fin au règne de Kaïdo, est-il au courant de qui elle est ? Pensez-vous qu'elle le manipule ? Si tel est le cas, pourquoi prend-t-elle la peine d'utiliser des pirates pour mettre en place sa nouvelle ère alors qu'elle pourrait le faire seule ?

- Où en est-on en ce qui concerne l'ex vice amiral William Baffùn ?

- Il est la dernière personne aperçu en compagnie de l'Héritière il y a de cela vingt-trois ans. Space est toujours à sa recherche et a pour ordre de nous le ramener vivant.

- Bien. Je propose que l'on augmente les effectifs de la marine en enrôlant de nouveaux marins, par la force si nécessaire. Nous devrions envoyer un émissaire à Shanks le Roux en lui sommant de nous livrer l'Héritière.

- Il n'est pas homme à se plier devant le gouvernement mondiale et à abandonner un membre de son équipage. Dois-je vous rappeler que derrière sa réputation de pirate débonnaire, il peut être impitoyable et a de nombreuses fois laisser de véritables hécatombes derrière lui ?

- Que savons-nous des îles qu'il a conquis ?

- D'après nos dernières informations, dix-huit îles se sont ralliées à lui. La dernière serait Cosa Nostra. Mais il est possible que cela ne soit que la partie émergée de l'iceberg...

- Dans ce cas, s'il n'accède pas à notre requête, nous enverrons des flottes pour détruire son empire. Nous verrons alors s'il ne veut toujours pas nous la livrer...

- Nous prenons de gros risques en agissant ainsi. Ne craignez vous pas que les pirates s'allient pour nous renverser ?

- Au contraire, les autres équipages profiteront de la situation pour se retourner contre lui et prendre sa place !

- Messieurs, le débat est clos. Il est inutile que je vous rappelle que récupérer l'Héritière en vie est notre principal objectif !

********

Assise sur la plage, Amalya regroupait ses noix de coco ramassées durant la matinée. Mahakala, à côté d'elle, regardait chacun de ses gestes tout en se grattant le cou, ce qui fit tomber sur le sable quelques une de ses écailles. Cela faisait une semaine - depuis la mort de Kaïdo - que la peau du dragon ternissait, passant alors d'un profond noir scintillant à un gris pâle sans éclat. D'abord inquiète que son petit compagnon soit malade, Amalya comprit alors qu'il était en train de muer.

- Ok, tu es prêt ?

Mahakala gloussa et se dressa sur ses pattes arrière, l'oeil vif et tous ses sens en alerte lorsqu'Amalya lança de toutes des forces une noix de coco dans le ciel. Le dragon gonfla son thorax puis ses joues et cracha un épais liquide noirâtre de la taille d'une balle de golf vers la cible végétal et la toucha de plein fouet à une vitesse spectaculaire. La noix se désagrégea sous l'effet du puissant acide gastrique et ne retomba jamais sur le sol.

- Bien joué ! C'est beaucoup mieux qu'hier. Allez, on continue jusqu'à ce que tu n'es plus rien à cracher !

Du haut du pont, le doc observait l'entrainement du dragon tout en ramassant ses écailles dispersés un peu partout dans le bateau. Deux jours auparavant, il avait, par curiosité, tenté de les réduire en poudre pour en savoir plus sur l'animal. Après une batterie de tests, il découvrit que la poudre avait des propriétés régénératrices. Il appliqua alors la substance sur une de ses propres blessures qui cicatrisa en seulement quelques heures.

Roar, quant à lui, ne sachant que faire, flânait le regard perdu dans les rares nuages lorsqu'il aperçut un martin facteur. Il leva le bras et siffla l'oiseau qui vint se poser dessus. Le pirate donna une pièce à la mouette qui lui tendit un journal avant de repartir dans les airs. Cela tombait bien, la lecture ferait passer le temps plus vite. Il commença à feuilleter les pages, découvrant sans grande surprise la mort de l'Empereur Kaïdo et les chamboulements que cela avait apporté dans le monde de la piraterie. Il continua de tourner les pages afin de trouver la rubrique humoristique quant une feuille tomba par terre. Il la ramassa avec agacement mais jeta quand même un coup d'oeil à ce stupide papier qui l'avait obligé à se baisser.

- QUOI ?!! Rugit-il de surprise avant de courir à toutes jambes vers le bureau du Capitaine situé dans la bibliothèque.

- CAPITAINE !! TU NE VAS JAMAIS LE CROIRE !!

- C'EST QUOI TON PROBLEME !!? Hurla à son tour Shanks désagréablement surpris par l'entrée fracassante de Roar. Tu vois bien que l'on est occupé NON ?

Le pirate posa la feuille sur la table sans se soucier des remontrances de son capitaine et du regard noir de Ben avant de vociférer à nouveau:

- C'EST COMPLETEMENT DINGUE !!

Encore plus énervé, Shanks finit par lire le papier qui se trouvait être un avis de recherche. Bouche bée, il resta sans voix une longue minute. Ben frotta frénétiquement son front en murmurant qu'il y avait forcément une erreur. Les trois hommes sortirent sur le pont où Amalya était en train de fêter l'achèvement de l'entrainement de Makahala en chantant à tue-tête avec le dragon comme partenaire de danse.

Après une courte danse du ventre conclut par un moonwalk, un cri retentit dans le ciel et Clakbek se posa sur l'épaule de la jeune femme. Celle ci récupéra le message dans l'étui accroché sur son dos et le lu rapidement avant de lâcher un hoquet de surprise.

- Oh ! Elle leva la tête et vit Shanks, Ben et Roar en train de la lorgner. D'après Tino, il y a un avis de recherche à mon nom...

Elle regarda à nouveau son courrier et lu la suite lorsqu'un second hoquet de surprise s'échappa de sa bouche.

- Oh !!

Son regard croisa une fois de plus ceux des trois autres pirates qui brandissaient l'avis de recherche avec le doigt de Ben sur la prime inscrite sous le portrait dessiné d'Amalya.

- C'est quoi ce bordel ?! Qu'as tu fais pour avoir une prime d'un milliard de berrys sur ta tête ? C'est autant que celle du capitaine !! S'écria Ben qui ne pouvait y croire.

- Bah rien... Rien qui mérite un milliard en tout cas... Il n'empêche que c'est la grande classe quand même...Se murmura-t-elle à elle même.

- NON ce n'est pas la grande classe ! Tous les regards vont se tourner vers toi à présent et je ne te parle même pas du nombre de types qui vont tenter de te capturer !

- Ca suffit Ben, elle n'y est pour rien, interrompit Shanks pour mettre un terme à la conversation. Amalya, tu ne crains rien à nos côtés. On est une équipe et on affrontera les emmerdes ensemble.

Le capitaine retourna dans son bureau suivit de Ben tandis que Roar félicitait la pirate en lui ébouriffant les cheveux.

- Notre petite princesse est devenue une grande reine dis donc !! T'es une vraie dure maintenant hein ? Hein ?

Amalya soupira et partit avec Mahakala dans sa chambre pour s'isoler. La grande classe, tu parles ! Je n'avais vraiment pas besoin de ça. Moi qui pensais enfin me la couler douce. C'est étrange, une telle somme pour moi ? Je reconnais avoir certaines facultés intéressantes mais j'ai bien trop de lacunes en situation de combat. Je ne mérite même pas trois cents millions de berrys ! Il y a quelque chose qui cloche...

- Comme je le pensais, le gouvernement mondiale cherche à tout prix lui mettre la main dessus. La marine l'avait récupérait sur Boratora lorsqu'elle était enfant et par je ne sais quel miracle, elle en a réchappé après un séjour à Impel Down. Mais pourquoi l'ont-ils emprisonné ? Une gamine aussi jeune ne pouvait pas être à ce point dangereuse ? Une chose est sûre, l'avis de recherche précise bien que la prime sera versée seulement si elle est vivante. Ainsi, morte, elle ne représenterait plus rien à leurs yeux, ce n'est donc pas qu'une question de dangerosité. Sa capacité à respirer sous l'eau et son don d'annuler les pouvoirs des fruits du démon sont certes impressionnants, peut-être veulent-ils l'utiliser comme une arme ? Ils possèdent déjà le granit marin qui a également la capacité d'annuler les pouvoirs des fruits et ils comptent parmi leurs effectifs des hommes-poissons. De plus, ses techniques de combat sont loin d'être exceptionnelles et il lui faudrait un véritable lavage de cerveau pour qu'elle consente à leur obéir, réfléchit Shanks à voix haute.

- Tu fais fausse route. Rien de tout cela ne les intéresse. Pour ma part, je pense qu'il s'agit de quelque chose de bien plus étrange, quelque chose qui nous dépasse. Ne t'es-tu jamais demandé pourquoi ses yeux devenaient noirs ? Lors de l'affrontement avec Kaïdo, c'est toi même qui m'a dit que des larmes noires dégoulinaient de ses yeux, c'est quand même bizarre non ? S'exclama Ben.

- Et ce fichu dragon qui la suit comme son ombre... Elle m'a dit qu'il se connaissait depuis toujours alors qu'il est né il y a seulement quelques mois... A vrai dire, je comprends pas grand chose. Tes recherches au Muséion ont porté leurs fruits ?

- Je viens de passer soixante douze heures à rechercher des informations dans les livres mais je ne trouve rien. Il y a beaucoup trop de bouquins mais Chilon continuera de chercher après notre départ. Nous savons donc rien de plus que ce qu'il nous a déjà dit. Il existe une créature immortelle, le dragnix, qui n'apparait aux yeux de l'humanité que lorsque... C'est tout.

- Donc si Mahakala s'avère être le dragnix, et s'il connait bien Amalya depuis toujours, alors elle serait aussi immortelle ? Fit Shanks avant de rigoler.

- Mouais, tu parles d'une histoire à la con...

- Quoiqu'il en soit, on risque fort d'avoir du vilain monde sur le dos. Des chasseurs de primes, des pirates, le gouvernement mondial. En somme, rien d'inhabituel... Notre réputation devrait en décourager un grand nombre. Sur ce, allons nous boire un petit verre de rhum !

Shanks conclut cette histoire en ouvrant un des tiroirs du bureau afin d'y ranger l'avis de recherche d'Amalya dans la pile de ceux de l'équipage, juste derrière le sien.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Sam 18 Juin 2016 13:20 
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Chapitre 22: Hîleton Island

Cela faisait déjà deux semaines que l'équipage avait quitté Myconos. Les pirates, se remettant doucement de leur convalescence, faisaient route vers une île balnéaire, où le capitaine avait décidé d'y faire halte quelques jours pour les gratifier de leur bravoure au combat en leur accordant un peu de bon temps.

En attendant, chacun d'entre eux tentait de s'occuper pour passer le temps, trop impatient d'arriver à destination. Yasopp suggéra l'idée d'un concours de pêche où le gagnant recevrait un prix. Shanks promit alors que celui ci serait récompensé en dormant dans la plus belle chambre du futur hôtel où ils logeraient. Ainsi, tout l'équipage participa au jeu avec entrain sauf Amalya qui ne souhaitait pas gagner une faveur qu'elle pensait ne pas mériter.

Le concours débuta le lendemain au levée du jour. Tous les participants s'installèrent le long du garde-corps tout autour du bateau avec une canne à pêche à la main et un récipient derrière eux, plus ou moins gros selon leur orgueil ou leur chance.

- Trois, deux, un, GO ! Cria Yasopp enthousiaste.

Les pirates beuglèrent à l'unisson, très motivé à l'idée de dormir sur un lit douillet dans une suite de luxe tandis que Lucky salivait en pensant à la quantité de poissons frais qu'il pourrait manger. La clameur générale finit par s'estompe lorsqu'au bout de deux heures, aucuns poissons ne vinrent mordre aux hameçons.

Les hommes, mécontents, reprirent leur raillerie de plus belle en gueulant qu'ils méritaient ce fichu lit moelleux et scintillant de propreté pendant que d'autres crachaient de gros molards dans l'eau en espérant attirer quelques poissons affamés.

Amusée, Amalya descendit furtivement avec Makahala dans l'eau. L'animal avait légèrement grossi depuis sa mue. Ses écailles avaient été remplacé par de nouvelles plus robustes et étrangement tansparentes. De couleurs noirs virant au pourpres puisque l'on pouvait voir les vaisseaux sanguins circulaient sous la surface. Ils nagèrent tous les deux vers les profondeurs lorsqu'ils aperçurent un banc de jeunes thons. D'un puissant coup de pied, Amalya se propulsa vers les futurs sushis et en attrapa quelques uns avant de remonter lentement vers la surface pour les accrocher aux hameçons.

- OH ! J'en tiens un !! Cria Roar fier de lui. C'est qui le meilleur ?!

Petit à petit, les récipients se remplirent et chaque pirate se vantait d'en avoir plus que les autres quand Shanks jeta un oeil à son voisin.

- Eh bien mon ami, tu attends d'en pêcher un gros pour nous mettre une raclée ? Rigola le capitaine hilare.

Ben, qui n'en avait pas attrapé un seul, ne répondit pas à sa boutade et bouda en silence.

Espiègle, Amalya prit beaucoup de plaisir à participer à ce petit jeu, à sa manière, en prenant bien soin de n'accrocher aucun poisson à la canne de Ben. Au bout de deux heures, elle ressortit de l'eau et retourna sur le bateau en catimini lorsque Shanks l'aperçut. Cette dernière s'arrêta aussitôt, fixa le capitaine et posa son index sur ses lèvres lui intimant de ne rien dire. Surpris, Shanks comprit son manège et retint un rire avant de lui faire un clin d'oeil doublé d'un grand sourire. Il mit ainsi fin au concours qui n'avait plus lieu d'être.

Au souper, l'équipage fêta la victoire du doc qui avait rempli deux fois plus de récipients que les autres. Celui-ci rejoignit Amalya près de la fenêtre et leva son verre:

- J'espère que cette journée t'a plu princesse même si tu n'y as pas participé !

- Ne t'en fais pas pour moi, j'y ai participé avec le coeur ! Répondit-elle gaiement en cognant son verre au sien.

- Permet moi de t'offrir le prix princesse... Je veux te remercier pour être resté parmi nous...

- Doc... Ta seule présence est un cadeau, garde le, tu en feras meilleur usage... Merci mon ami, murmura-t-elle en l'embrassant sur la joue.

Ebranlé, le teint écarlate, le docteur accepta enfin ce sentiment qu'il éprouvait depuis un bon moment. L'amour inconditionnel, non pas celui d'un père pour sa fille mais celui d'un homme pour la femme de ses rêves, qui a ses yeux, était parfaite au delà du possible. Il passa le restant de la soirée silencieux, le sourire béat, ce qui n'échappa pas aux yeux de Shanks. Le docteur avait perdu sa femme il y a trente ans, tuée sous les balles d'un officier de la marine, le poussant alors à devenir pirate, par haine pour le gouvernement. Bienveillant et profondément bon, le doc méritait plus que quiconque d'être aimer en retour. Jeter son dévolu sur Amalya était vraiment un mauvais choix mais comme tout le monde le sait, on ne choisit pas la personne dont l'on tombe amoureux. Shanks était content qu'il ressente à nouveau ce sentiment mais il était inquiet, son coeur serait certainement à nouveau brisé.

Trois jours plus tard, le Red Force accosta à Hîleton Island, une île tropicale où culminait un immense et majestueux bâtiment, le Hîleton Hotêl, riche de ses 350 luxueuses chambres, avec vue sur le lagon et l'énorme volcan de l'île inhabitée d'en face. Un comité d'accueil attendit le capitaine au pied de la passerelle.

- Bonjour et bienvenue Capitaine Shanks le Roux, nous vous avons réservé un étage entier et une salle de restauration pour toute la durée de votre séjour, en espérant que celui ci vous sera agréable, fit le directeur légèrement tendu.

- Merci bien Alban, répondit Shanks en lui jetant une grosse bourse de joyaux, j'espère que vous avez prévu suffisamment d'alcool, nous allons avoir très soifs !

- Bien sûr Capitaine... Excusez moi Capitaine... Pouvez vous demander à votre équipage d'avoir un comportement un peu plus adapté à la clientèle , nous avons eu beaucoup de dégâts et de plaintes lors de votre dernier séjour...

- ...

- Pardonnez moi, nous sommes à votre entière disposition et notre hôtel est à présent le vôtre...

- Merci, conclut Shanks en lui jetant une autre bourse pour les futurs dégâts.. Et ne vous en faites pas pour le dragon, il est dressé de manière à manger les hommes que sur demande, rajouta Shanks pour le destabiliser davantage.

- Le dragon ? Demanda l'homme encore plus effrayé lorsqu'il vit la créature.

Les pirates se dirigèrent vers l'hôtel quand Amalya fit remarquer à Lucky:

- Ce Alban n'avait pas l'air très serein, vous êtes déjà venu ici ?

- Oui, plusieurs fois. La toute première, l'île était attaqué par de nombreux pirates et nous avons mis un terme à leur razzia. Au delà de la peur qu'il éprouve pour le capitaine, le directeur lui est redevable et Shanks en profite un maximum !

- Pourquoi le paye-t-il alors si le type ne peut rien lui refuser ?

- ... Car le capitaine, avant d'être pirate, est un homme honnête...

Amalya réfléchie et se dit alors qu'elle était loin de l'être, il est clair qu'elle n'aurait pas verser un berry... Les hommes déposèrent leurs affaires dans leurs propres chambres et se rejoignirent au bar. Après de nombreux tonneaux de rhum, de saké et de bière vidés, certains partirent au spa pour se faire masser ou y faire une séance de hammam tandis que les autres feraient un plongeon dans la piscine à vagues.

Particulièrement éméchée, Amalya versa dans l'eau un sac de sel et jeta un homard vivant, le tout récupéré dans la cuisine de l'hôtel.

- Je préfère l'océan que la piscine... Rigola-t-elle avant de se mettre en sous vêtements et sauter dans l'eau suivit de Mahakala qui chassa le malheureux homard comme un chat s'amusant avec une souris.

- T'as raison ma belle, rien ne vaut la mer ! S'écria Roar qui se jeta à son tour et perdit son caleçon au contact de l'eau.

La jeune femme récupéra le vêtement et le fit tourner au dessus de sa tête avant de narguer Roar de venir le récupérer. Ce dernier sourit de toutes ses dents et sortit cul nu de la piscine avant de se taper la poitrine comme un gorille. La clientèle masculine de l'hôtel qui tentait vainement de se reposer sur les transats fut exaspéré par le spectacle alors que leurs femmes en étaient toutes émoustillées.

Insatisfaite par ce petit jeu qui tournait à l'avantage de Roar, Amalya, toujours dans l'eau, enleva sa culotte, la fit à son tour tourner au dessus de la tête et la jeta au centre de la piscine. A la vue de ce petit bout de tissu, le pirate se rejeta dans l'eau pour récupérer le vêtement, victorieux. Il renifla alors la culotte à plein nez avec un air coquin et jeta un oeil malicieux à Amalya qui lui répondit par un sourire joueur. Elle regarda alors tous les hommes de l'assistance et sortit lentement de la piscine par l'échelle. Bouches bées, le silence s'installa tandis que les spectateurs attendirent impatiemment que ses hanches finissent par sortir de l'eau lorsque le moment enfin venu, une culotte pointa le bout de son nez.

- C'est quoi ce bordel ! Vociféra Roar très déçu.

La pirate, qui portait toujours ses sous vêtements, sortit des billets de la poche de son pantalon gisant à terre et les apporta à une vieille dame qui se tenait dans l'eau au bord de la piscine depuis le début.

- Bande de ploucs ! S'exclama Amalya en faisant claquer sa culotte contre sa peau.

La mamie, plutôt en forme pour son âge, fit un clin d'oeil à Roar et lui envoya un baiser de la main. La clientèle et l'équipage, Shanks le premier, rirent de bon coeur, amusés par le retournement de situation. Roar, quant à lui, fit la moue avant de rendre le maillot à la dame, qui de près, n'était pas si vilaine que ça. Après tout, il n'était pas difficile et une femme de son âge avait certainement de l'expérience.

- Fais chier quand même, j'aurais bien aimé voir... marmonna le coq allongé dans son transat, légèrement rouge.

- Moi, j'ai déjà vu ! Rigola Shanks en levant son verre de rhum, saoûl comme un cochon. Elle est drôlement joueuse cette petite !

Ben regarda son capitaine et leva les yeux au ciel, ne voulant pas en savoir davantage mais se demandant tout de même ce qu'il avait pu se passer entre eux. Alors qu'Amalya se rhabillait et s'apprêtait à retourner dans sa chambre, la venue d'un homme aux abords de la piscine mit un terme à son départ. Son regard se troubla à la vue de cette personne qu'elle n'avait pas vu depuis des années, faisant ainsi remonter à la surface de nombreux souvenirs qu'elle essayait d'occulter.

- Bonjour Amalya, ca fait longtemps. Tu es devenue une très belle femme ! S'étonna le grand homme aux cheveux frisés.

- Kuzan... Murmura la jeune femme ne sachant pas quoi dire de plus.

Tous les pirates se crispèrent et dessaoulèrent aussitôt. En effet, Kuzan n'était pas n'importe quel homme, il était un ancien amiral, le second poste au sommet de la hiérarchie de la marine. Etant parfaitement connu au sein du monde de la piraterie, Shanks fit surpris de le voir dans pareille circonstance et encore plus quand il vit qu'Amalya le connaissait.

- Tiens tiens, l'ex amiral Aokiji passe sa retraite à Hîleton Island... Fit le capitaine sans montrer le moindre signe d'animosité.

- Ex amiral ? S'étonna Amalya qui ne connaissait finalement rien de sa vie.

- Tu connais cet homme et tu ne sais même pas qui il est ? Demanda Shanks de nouveau surpris.

- Amalya, nous devons parler, dit Kuzan sans faire attention au propos de Shanks.

- Kuzan ! Etais-tu de mèche avec William ? Que sais-tu en ce qui me concerne ?!

- ...

- Non ! Oublie, j'ai tiré un trait sur mon passé, je ne veux plus entendre parler de vous !

- Tu dois retourner le voir, il s'inquiète énormément pour toi, il regrette ce qui s'est passé... Fit l'ancien amiral qui habituellement, ne se mêler jamais de la vie des autres.

Amalya serra sa poitrine d'une main et cacha ses yeux de l'autre. Sentant ses larmes monter, elle respira un grand bol d'air et se ressaisit. Pour son bien et celui de ses amis, elle avait pris la décision de ne plus regarder en arrière et d'avancer en croquant la vie à pleine dent. Pourtant, la douleur était encore trop présente.

- ... Il m'a profondément blessé, je ne peux pas lui pardonner... S'il te plait Kuzan, tais-toi, laisse moi... Souffla-t-elle tristement.

- Amalya ! Je dois te parler ! Finit par s'énerver l'homme qui perdit patience, oubliant la renommée des pirates qui l'entourait.

- AOKIJI ! S'exclama Shanks qui venait de se lever. Je ne pense que tu sois venu chercher les ennuis, alors laisse la partir ou tu auras affaire à moi.

L'ex amiral se tut et regarda la jeune femme retourner dans l'hôtel avant de porter son regard sur l'Empereur.

- Le Roux, pourquoi est-elle dans ton équipage ?

- Je ne suis pas un grand fan des interrogatoires, mais dans la mesure ou j'aimerais comprendre ce qu'il se passe, je veux bien discuter avec toi Aokiji, c'est donnant donnant évidemment. Alors pour répondre à ta question, nous l'avons rencontré il y a plusieurs mois et après avoir vécu un bon moment ensemble, j'ai décidé de l'enrôler.

- Pour quelles raisons as-tu décidé de l'enrôler ?

- Qui est-elle pour que le gouvernement décide de mettre une prime d'un milliard de berry sur sa tête ?

- ...

- Allez Aokiji, calmons nous et repartons sur de bonnes bases ! Viens boire un coup avec moi et reprenons depuis le début ! Fit Shanks en tentant de poser sa main sur l'épaule de Kuzan.

- Ne me touche pas, pour qui me prends-tu ?! Je connais parfaitement ton pouvoir et je n'ai pas l'intention de me faire triturer le cerveau !

L'ancien amiral, sur la défensive, dégagea une aura dense et sinistre, presque palpable. L'atmosphère, déjà tendue, atteint son paroxysme lorsque Shanks utilisa lui aussi le haki. Les clients déguerpirent rapidement quand sous leurs pieds, le carrelage se transforma en véritable patinoire glacée.

- Te combattre m'amuserai au plus haut point mais je ne souhaite pas provoquer de désordre, restons en là, répliqua Shanks qui se retenait de sortir son sabre.

- Le Roux, le gouvernement ne doit pas mettre la main sur cette femme, sous aucun prétexte. Et méfis toi en particulier d'un homme nommé Space qui tentera par tous les moyens de la retrouver.

- Montre moi son visage, fit le capitaine en tendant sa main.

- Non, je n'ai pas confiance en toi, démerde toi.

Kuzan se détendit et fit demi-tour lorsqu'il s'arrêta de nouveau:

- C'est certain, tu n'as pas la moindre idée de qui elle est et tu n'imagines même pas dans quel merdier tu t'es mis. Si j'étais toi, je la tuerai sur le champs.

- Une chance que tu ne sois pas moi, maintenant dégage car je vais bientôt ne plus pouvoir me maîtriser... Siffla Shanks hors de lui.

L'homme repartit comme il était venu, discret et nonchalant. Le capitaine regarda son équipage et ordonna:

- Que quelqu'un me la retrouve, elle ne doit pas rester seule.

- Je m'en charge, fit Roar.

- Non, la dernière fois que tu l'as filé a été un désastre ! Cosa Nostra, ça te dit quelque chose ?!

- J'y vais capitaine, proposa le coq qui partit en direction de l'hôtel. Les emmerdes ne finiront donc jamais !

- Ils ne font que commencer, répliqua Ben toujours allongé dans son transat un cocktail à la main. Pas vrai capitaine ?

Shanks grinca des dents, encore énervé par la dernière réplique de Kuzan.


********

Assise sur une des plages de l'île, Amalya regardait le volcan de l'autre côté du lagon quand elle entendit une conversation entre deux touristes qui bronzaient non loin de là.

- Parait qu'il se passe des trucs bizarres sur l'île d'en face.

- Ah ouais ? Comme quoi ?

- Personne ne veut y vivre car des événements bizarres s'y déroule...

- Accouche bordel !

- Le temps ne s'écoule pas normalement, il ralentit, s'accélère, comme si en te promenant, tu passais d'un jour d'été où il fait chaud à crever, à un jour d'hiver plein de neige et de bourrasques.

- Que racontes-tu ? C'est une île tropicale, il ne peut pas y avoir de neige !

- Je sais, c'est ca qui est dingue ! c'est comme si tu changeais de lieu ou carrément d'époque, peut être que c'était une île hivernale il y a des siècles !

Amalya regarda son compagnon qui se léchait le derrière et se dit que cette petite escapade sur le volcan lui changerai les idées. Elle se leva et plongea dans l'eau, à la nage, elle arriverait très rapidement de l'autre côté.

- Ce doit être marrant d'y vivre quand même...

- Tu rigoles ?! Quelques minutes là bas peut être l'équivalent de plusieurs mois voire années ici ! Et inversement. En tout cas, beaucoup s'y sont aventurés et peu sont revenus. Les rares survivants étaient soit devenus très vieux soit complètement fous ! Certains d'entre eux auraient vu leur double, identique !

- Woaw, quelle histoire ! Faudrait être dingue pour y aller !


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Lun 20 Juin 2016 11:44 
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Deux chapitres en trois jours, allez Messieurs Dames, un p'tit commentaire pour la bonne cause !



Chapitre 23: le Temps est un bon conseiller


La traversée du lagon fut un peu plus longue que prévu. Dans un premier temps effrayés par Mahakala, les dauphins finirent par surpasser leur appréhension et vinrent nager autour d'Amalya qui s'accrocha à l'un deux, laissant ce dernier l'emmener où bon lui semblait. Un jeune dauphineau, plus vaillant que ses congénères, ou plus inconscient, se frotta contre le dragon, qui jeune lui aussi, s'amusa beaucoup de cette rencontre. Tous les deux nagèrent ventre contre ventre avant d'enchainer des sauts hors de l'eau. Ce spectacle inattendu et précieux fit frémir la jeune femme, exhaltée par l'insouciance que pouvait procurer l'existence. L'instant d'intimité prit fin quand cette soudaine fraternité entre espèce se dissout pour suivre sa propre voie. Une amitié de quelques minutes pouvait parfois être aussi intense et pleine de sens que celle de toute une vie.

Une fois arrivé sur la plage au pied du volcan, Amalya prit Mahakala dans ses bras et frotta son nez contre son museau. Ils n'avaient plus jamais réussi à communiquer ensemble depuis la défaite de Kaïdo, mais tout l'amour qu'ils se portaient comblait indéniablement l'absence de mots. L'animal glapit de joie et sauta sur lui même avant de regarder le sommet de l'île.

- Ok, allons-y !

La jungle était très dense sur la surface du volcan et semblait particulièrement vieille, Amalya en conclut qu'il était éteint depuis de nombreuses années. Après plusieurs heures de dénivelés, ils finirent par arriver au cratère où s'était accumulé suffisamment de précipitations pour former un lac d'une vingtaine de kilomètres de diamètre. De couleur verte, l'eau acide dégageait une forte odeur de soufre, ce qui obligea la jeune femme à masquer son visage avec son châle tandis que Mahakala respira de grandes bouffées avant de se jeter corps et âme dans le lac.

- NON ! Hurla-t-elle horrifiée.

Le dragon sortit sa tête hors de l'eau et cracha des jets verts avant de nager entre les remontées de bulles qui éclataient à la surface. Amalya se calma et sourit, son compagnon était décidemment pleins de surprises. Elle se retourna et observa le panorama qui s'offrait à elle. L'île était assez petite et le volcan devait faire à tout casser mille mètres de haut. Elle tourna son regard vers Hîleton Island et se demanda ce que pouvait bien faire l'équipage en ce moment même.

- Maka ! On va rapidement faire le tour de l'île puis on retourne à l'hôtel ! Je n'ai pas envie de me faire taper sur les doigts par le capitaine et puis de toute façon, il ne se passe rien ici, ces touristes disaient des conneries...

Sentant un courant d'air brûlant dans son dos, la pirate fit volte face lorsqu'elle vit avec stupeur le magma bouillonnant remplacer le lac scintillant. Le cratère ne faisait à présent que cinq cents mètres de diamètre et de fines coulées de lave visqueuse et lente s'en échappées. La peur la saisit au ventre quand elle comprit à travers l'aspect de la lave que le volcan était de type explosif et s'accentua lorsqu'elle sentit sous ses pieds un effroyable tremblement.

- MAHAKALAAAAA !! Hurla-t-elle bouleversée.

Le dragon jaillit de la surface du cratère et secoua violemment son corps pour enlever la lave avant de fondre sur Amalya qui s'était jetée sur le flanc du volcan gris dépourvu de végétation. La jeune femme courut à perdre haleine en manquant de tomber toutes les cinq secondes quand le moment si redouter fit une entrée fracassante. Une assourdissante explosion retentit, détruisant la face ouest du volcan et une onde de choc, suivit de nuées ardentes, s'apprêtèrent à tout dévaster sur leur passage lorsque le temps s'arrêta, figeant toute l'île afin qu'elle contemple sa propre fin.

Pétrifiée telle une statue de sel suspendue à vingt centimètres du sol, Amalya se rappela de ces stupides touristes et de leur histoire rocambolesque. Sur cette île, le Temps n'en faisait qu'à sa tête et avait le don d'être particulièrement malicieux. Ainsi, le visage tourné vers le pied du volcan qui semblait dorénavant bien plus loin, la pirate ne vit pas Mahakala juste derrière elle, figé également, prêt à l'attraper au vol.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le Temps avait décidé de ne pas arrêter le fil des pensées de la jeune femme qui eut donc tout le temps pour réfléchir à sa vie comme à sa mort prochaine. Quelle macabre sentiment de savoir que l'on va mourir dans la seconde quand celle-ci daigne montrer le bout de son nez. Ainsi, une minute, une heure ou peut-être l'éternité s'écoula dans son esprit qui ressassait chaque instant vécu jusqu'à aujourd'hui. Mon dieu que le temps fut long en cet instant figé.

Soudain, un léger bruissement se fit entendre puis une délicate brise poussiéreuse effleura sa peau. Reprenant progressivement possession de son corps, Amalya tourna sa tête vers l'arrière et vit son compagnon voler très lentement à sa rescousse, les deux pattes avant tendues vers elle. Un monstrueux nuage composé de cendres, de gaz et de pierres dévalait tout aussi tranquillement la pente, juste derrière eux.

"On est déjà morts", pensa-t-elle lorsque le Temps mit fin à son sinistre jeu et redevint normal. Le bruit assourdissant déchira ses tympans déjà mal en point et de petits projectiles entaillèrent sa peau quand Mahakala la saisit par les épaules puis la protégea de cet enfer en refermant ses ailes autour d'elle, en prenant soin de ne pas la toucher davantage. Déployant une énergie considérable pour sauver sa petite soeur, le dragon subit de plein fouet l'onde de choc qui percuta violemment son dos, les projetant tous les deux dans la forêt au centre de l'île.

Allongée sur un épais tapis de branches et de feuilles, Amalya rouvrit les yeux et vit son compagnon assis à ses côtés, les écailles rougeoyantes dégageant de la vapeur. Elle se redressa subitement et gémit de douleur. Le sang dégoulinant de ses oreilles, de graves brûlures au niveau des épaules et plus légères sur le corps lui rappelèrent l'éruption qui venait de se produire. Elle regarda tout autour d'elle la splendide jungle verdoyante puis le volcan aussi serein que lorsqu'ils étaient arrivés.

- Putain de merde, cassons nous d'ici !

Elle marcha fébrilement vers la plage quand non loin de là, quelque chose chuta d'entre les branches avant de terminer sa course enchevêtré dans les lianes. Amalya vit qu'il s'agissait d'une personne et courut à son secours lorsqu'à la vue de son visage, elle tomba à genoux et fut prise de tremblements incontrôlables.

- Non.....non..... Bégaya-t-elle tétanisée par le choc.

Cette île était décidemment très spéciale, comme si manipuler le temps à sa guise ne suffisait pas, elle se délectait des souffrances les plus enfouies de ces pauvres explorateurs venus chercher un petit coin de paradis.

- Ce n'est qu'un rêve.... Je dors dans ma chambre à Hîleton Hôtel.... Se rassura-t-elle en se frappant frénétiquement le crâne.

Après une minute de martelage crânien, elle regarda de nouveau le corps suspendu et gémit de désespoir. Le sang, les écorchures et les ecchymoses sur le doux visage de l'enfant lui furent insupportable. Pas n'importe quel enfant puisque celui ci était son petit frère adoptif Loan, lorsqu'il n'avait que 5 ans. Elle se souvint alors de la scène où elle l'avait poussé du haut d'une falaise pour se débarrasser de lui, il y a de cela dix sept ans. Elle leva les yeux vers le ciel et ne voyant aucune falaise, les reposa sur l'illusion de Loan qui semblait tellement réelle. Mais lorsqu'elle voulut détourner son regard pour fuir cette vision éprouvante, le temps se figea une fois de plus.

Ce n'est que bien plus tard, autour d'un feu sur une lointaine île céleste, qu'elle raconterai à son unique interlocuteur cette invraisemblable journée qui l'avait sans aucun doute profondément marqué. Pour cette vie et toutes les autres. Face à son spectateur attentif, elle jurerai que lors de ce face à face avec son petit frère agonisant, son coeur s'était arrêté de battre et que la douleur qui l'a foudroya était pire que la mort elle même.

Combien de temps s'était-il écoulé ? Elle n'en avait aucune idée. Mahakala l'avait ranimé en lui léchant la figure. Elle regarda tout autour d'elle à la recherche de l'illusion qui avait disparu. Elle rajouta à sa liste de blessures une grosse douleur à la poitrine et repartit en direction de la plage.

- Partons Maka.

Après une demi-heure de marche à travers la forêt - ne pouvant pas voler sur le dos du dragon qui était encore trop brûlant - Amalya vit une adolescente accroupie derrière un buisson. Il lui fallu moins de temps pour comprendre que cette nouvelle scène était un de ses souvenirs. A l'époque, le hasard avait voulu qu'elle intercepte une conversation qui ne lui était pas destinée entre William et Monkey D. Dragon. Mais cette fois-ci, la scène illusoire qui se déroulait devant elle ne s'arrêta pas à la limite de son souvenir. Elle continua simplement, lui montrant alors la suite de leur conversation qu'elle n'avait jamais entendu.

" Dragon, peu importe ce que vous m'offririez, jamais je ne vous laisserais ma fille. Amalya est pour moi l'enfant que je n'ai jamais eu, elle est plus importante que ma propre vie et toutes celles des hommes ici-bas. Sachez que je crois en elle. Le jour arrivera où elle vous démontrera à tous, pauvres misérables que vous êtes, que vous aviez tort à son sujet. Et j'espère être présent à ce moment là pour voir vos sales visages se décomposer de honte !"


Amalya regarda le souvenir disparaître et essuya ses joues recouvertes de larmes. Tandis qu'une brèche dans son coeur s'était ouverte pour la scène de Loan, une autre s'était refermée suite à celle de William.

*************

- Merde ! Elle est passée ou bordel !? Cria le coq debout sur une plage de Hîleton Island.

- Excusez nous monsieur, vous chercher quelqu'un ? Demandèrent deux touristes en train de bronzer.

- Oui, une femme grande et brune avec une créature noire assez flippante.

- Bien sûr, il y a une heure, elle est partie nager.

Le coq fixa le lagon quand il vit la tête d'Amalya sortir de l'eau, assise sur le dos de son dragon. Ce dernier passa devant le cuisinier pirate sans lui jeter un regard et amena la jeune femme jusque dans la chambre qu'elle lui indiquait. Elle ouvrit la porte sans prendre la peine de frapper et se laissa tomber, inconsciente, sur l'immense lit, sous le regard médusé de Doc qui lisait un journal. Mahakala fit de même et se vautra à côté d'elle. Ainsi, elle passa l'équivalent de six jours, sans dormir, sur l'île au volcan à revivre une multitude de souvenirs alors qu'il ne s'était écoulé qu'une heure pour l'équipage, sur Hîleton Island.

Une fois alerté par le coq, Shanks et quelques hommes rejoignirent le doc qui soignait les plaies d'Amalya.

- Qu'a-t-elle ? S'enquit immédiatement le capitaine, inquiet.

- Pratiquement que des brûlures à tous les degrés... Mais rien qui ne mette sa vie en péril ! Rassura-t-il.

- Yasopp, prends quelques hommes et tu me quadrilles l'île à la recherche de la marine !

- Capitaine, tu penses à Akainu ? Demanda Ben.

- Non, ses blessures ne correspondent pas à celles laissées par l'Amiral en Chef, répondit Yasopp en levant sa chemise pour montrer celle sur son ventre. Les brûlures d'Amalya sont trop nettes et pas assez profondes. Le pouvoir du magma d'Akainu fait vraiment de sale cicatrice !

- Elle a perdu du poids. A mon humble avis bien trop en l'espace de seulement une heure, rajouta le doc.

- Capitaine ? Elle nageait face au volcan.... Osa le coq, embêté.

Ben et Shanks se dévisagèrent aussitôt.

- Merde, la pauvre... Fit Ben exceptionnellement compatissant.

- J'ai oublié de la mettre en garde ! S'écria Shanks, les yeux écarquillés et une main sur la bouche.

- Le Gnomon n'a aucune pitié... Murmura le doc, dépité.

- Le gnoquoi ? Fit une petite voix fébrile.

Tous les yeux se tournèrent vers Amalya qui avait repris temporairement conscience. Le doc caressa ses cheveux tandis que Ben commença de succinctes explications.

- Gnomon. C'est le nom du volcan. Il s'agit d'un lieu hors de notre Temps qui décompose le passé, le présent et le futur pour le refaçonner à sa convenance. Lorsqu'une vie étrangère entre dans son périmètre, il s'approprie son temps et joue avec. Mais parfois, le Gnomon fait découvrir à son invité un événement qu'il n'a pas vu de ses yeux. On suppose qu'il est parfois capable de voler ces instants bien au delà de son propre périmètre.

- Je comprends mieux maintenant, murmura-t-elle en souriant avant de s'endormir.

- ... Regardez, elle sourit... Je n'ai pas le souvenir que l'on est sourit en revenant de cette fichu île, hein capitaine ? Demanda le doc en bordant Amalya.

- Non, il est clair que l'on en avait pas le coeur, ni la force d'ailleurs... Conclut Shanks.

***********

Dans l'obscurité la plus totale, et trimballée dans tout les sens par des courants tourbillonnants, la créature n'avait aucun repère et sentit les émotions négatives l'envahir petit à petit. D'abord la peur car elle ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait, puis la colère contre cette force qui se jouait d'elle et enfin l'envie de vengeance, qui lui permettrait de rendre la douleur qu'on lui infligeait.

" Je crois en elle ", dit une faible voix lointaine.

La créature tendit ce qui semblait être une oreille et n'entendant plus rien, douta alors d'elle même avant de sentir une esquisse de folie l'imprégner.

" Tu es la plus belle personne que j’ai rencontré ", fit une autre voix atténuée.

La créature retendit l'oreille, non, elle n'était pas folle. La lucidité prit le dessus sur la démence et elle nagea avec difficulté vers ses étranges sons qu'elle ne comprenait pas mais trouvait magnifique. Le courant tourbillonnant l'empêcha d'avancer davantage. C'est alors que la détermination naquit, lui donnant la force d'aller plus loin malgré l'obstacle.

" Je lui ai demandé que tu sois toujours heureuse ! "

Une fente s'ouvrit sur son visage lisse et s'étira tel un sourire. La créature tendit vers l'avant le moignon qui lui servait de main et nagea avec plus d'entrain.

" Je suis content que tu restes parmi nous princesse "

Des appendices apparurent sur son moignon qui devint une main. La créature se débarrassa petit à petit de ses émotions négatives tandis que son corps se transformait. Elle nagea encore plus vite quand une étrange sensation fourmilla dans son ventre. Quel bonheur que de ressentir ce sentiment d'affection ! Oui, elle en désirait encore plus et en donner autant.

" Si tu as besoin d’aide, je suis là "

Son visage traversa une surface lumineuse et émergea dans un monde d'une exquise chaleur. Ses paupières se soulevèrent et une lumière intense traversa ses iris jaunes. Les gouttes d'eau dégoulinant de ses cheveux carressaient avec tendresse son doux visage quand un dernier sentiment la submergea. La félicité était assurément le plus beau de tous.

********

Amalya se réveilla seule dans la chambre. Des larmes coulaient le long de ses joues sans interruption. Yasopp entra pour prendre la relève du doc qui était parti prendre l'air.

- Amalya ! Tu es réveillée ! Mais pourquoi tu pleures ? Tu as mal quelque part ? Demanda le pirate pris de panique.

La jeune femme pleura de plus belle en sanglotant comme un bébé. Finalement, elle réussit à placer une phrase entre ses gémissements et les hoquets:

- Je... Je.... Je suis heureuse ! Cria-t-elle avec la rage de vivre et de le crier haut et fort sur tout les toits du monde.

- Ca c'est bien dit poulette !! Moi aussi je suis heureux bordel !! Cria à son tour Yasopp prit d'une irrésistible envie d'exulter sa joie.

A la limite de l'hystérie, les deux pirates se fixèrent et éclatèrent de rire, désopilés par l'incongruité du moment. L'atmosphère redevenu normal, Yasopp l'aida à se lever. Grâce aux pommades à base d'écaille de Mahakala, ses brûlures avaient disparu et ses tympans percés se régénéraient rapidement.

L'équipage avait plié bagage, prêt à quitter l'île. Amalya récupéra ses affaires dans sa chambre et rejoignit le Red Force où les hommes embarquaient une cargaison de vivres. Ils levèrent les voiles et se réunirent derrière la pirate qui, debout sur le bastingage, faisait ses adieux au Gnomon.

- Je suis désolé Amalya, je ne t'ai pas prévenu sur les dangers du Gnomon... S'excusa le capitaine.

Les hommes attendirent qu'elle leur raconte ce qu'elle avait vécu mais elle garda pour elle cette douloureuse et précieuse expédition qui lui fit prendre une décision:

- Mes amis, j'aimerais beaucoup vous faire rencontrer mon grand père et mon petit frère.

- Avec plaisir ! Répondit Shanks au nom de tous, surpris mais content de savoir qu'elle avait une famille.

Le Gnomon était un véritable enfer pour ceux qui osaient s'y aventurer, mais il faut croire que pour certain, il se révélait être une source de bénédiction.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mar 12 Juil 2016 22:21 
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Chapitre 24: le bonheur ne dure qu'un temps



13 ans plus tôt sur une plage,


Sous la douce lumière de la lune, unique lueur d'espoir, des milliards de grain de sable se glissaient entre ses doigts fripés. Le vent mordant séchait l'eau salée sur sa peau tandis que de nouvelles goutellettes de pluie nettoyaient les résidus de sel. Ses longs cheveux noirs maculés de sang virevoltaient au gré des rafales, lacérant ses épaules et son visage déjà tuméfié par de récents coups de poing. Une violente quinte de toux coupa le peu de souffle qui lui restait, freinant ainsi sa pénible ascension vers la survie. Ses mains se tendirent une fois de plus vers l'avant et s'enfoncèrent dans le sable, tentant désespérement de trainer le reste de sa carcasse endolorie sur la plage. Epuisée, l'adolescente rampa tant bien que mal à travers les dunes pour y trouver un abri de fortune contre la tempête qu'elle ne trouva jamais. La fatigue finit par prendre le dessus, elle lâcha prise et posa son visage sur le sable trempé. Le typhon qui frappait l'île redoubla d'intensité, fermement décidé à semer le chaos sur son passage. Les yeux fermés, ballottée par les bourrasques, la jeune fille attendit patiemment sa mort lorsqu'une main la saisit à l'épaule et la retourna sur le dos.

- Dis moi que tu n'es pas un putain de mirage !? Hurla l'étranger à travers le vacarme de la pluie diluvienne.

- Aide moi abruti... Souffla l'adolescente avant de perdre connaissance.

Une intense douleur lui martelait le crâne quand elle rouvrit les yeux. Allongée sur un vieux matelas déchiré posé à même le sol, elle se redressa pour mieux analyser la chambre dans laquelle elle avait dormi. Petite, obscure et insalubre, la chambre était en fait la seule pièce à vivre. Un vieux réchaud gras et rouillé faisait office de cuisine tandis qu'une unique commode en bois délabré servait de rangement et de table. La jeune fille ouvrit un tiroir et découvrit de nombreuses sculptures en bois et en pierre de femmes nues et d'animaux.

- Salut ! Fit une voix derrière elle.

Elle sursauta et chercha son couteau dans son dos dans le but de menacer l'étranger.

- C'est ça que tu cherches ? Fit l'homme en sortant l'arme blanche de sa ceinture. La sculpture sur le manche est très sympa, que signifie les initiales ?

- Rends le moi... Murmura l'adolescente sur le qui vive.

- Bien sûr ! Mais avant, permets moi de tirer ce qui sert de rideaux, on y voit comme dans le cul de Mama ici !

La pièce s'éclaircit malgré les carreaux des fenêtres jaunis par la crasse, exposant enfin le visage de l'étranger à la lumière. Pas encore adulte, il devait avoir tout au plus 16 ans. Ses lèvres charnues, son nez fin et ses grands yeux bleus pâles lui rappelèrent aussitôt son petit frère Loan. Ce jeune homme était très beau malgré son corps rachitique et sale. La sous nutrition avait gonflé son abdomen et terni sa peau et ses cheveux blonds. Les guenilles qu'il portait devaient être ses seules vêtements depuis des lustres.

- Que faisais tu dans le désert par un temps pareil ? Demanda-t-il en lui rendant son couteau.

- Je te retourne la question, répondit-elle en le rangeant dans son dos, elle n'avait pas grand chose à craindre de sa part vu son état physique
.
- ... Peu importe. Tiens, je t'ai ramené une assiette de pigeon bouilli. Ce n'est pas très appétissant mais c'est tout ce que je peux te proposer. Mange tout, j'ai déjà dîné tout à l'heure.

La jeune fille huma l'odeur qu'exhalait la viande et fit une grimace. Elle repoussa l'assiette et se dirigea vers la porte. Le garçon haussa les épaules et mangea le plat à pleine main, éclaboussant ses vêtements au passage. Après un soupir de satisfaction comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours, il s'excusa auprès de son invitée pour sa malpropreté et lui proposa de lui faire visiter la ville. Il la fit sortir par la fenêtre puis ils escaladèrent plusieurs cabanes montées les unes sur les autres pour finir sur le toit le plus haut du quartier.

- Voici Cosa Nostra, la ville où je suis né, dit-il en écartant les bras comme si la ville lui appartenait. Et moi, je m'appelle Tino, tu peux loger chez moi si tu n'as nulle part où aller.

L'adolescente observa le bidonville qui s'étendait à perte de vue et fronça les sourcils. Cet endroit était loin d'être idyllique mais parcourir les mers sans objectif précis n'était guère mieux. Avoir un pied à terre lui permettrait de réfléchir à son avenir. Elle se tourna vers son hôte et posa ses conditions:

- J'accepte ta proposition mais il va falloir trouver un taudis plus confortable et je refuse de bouffer du pigeon bouilli à chaque repas.

- ... La vie est très difficile à Cosa Nostra, la plupart des gens crèvent de faim ou de maladie avant d'avoir vingt ans. Si tu veux obtenir un meilleur logement et de la meilleur nourriture, il faut connaitre les bonnes personnes. Mais les connaitre ne suffit pas, tout est donnant donnant ici, et ce qu'ils exigent en retour à un prix élevé.

- Mets moi en contact avec l'un d'eux et je m'occupe du reste.

Tino fixa les yeux jaunes de la jeune fille et sourit. Quel charisme pour son âge ! Elle dégageait une telle force que le garcon en tomba immédiatement sous le charme. Il la regarda redescendre du toit lorsqu'elle se retourna:

- Au fait, moi c'est Amalya, et c'est tout ce que tu as besoin de savoir.



************

Egayée par la réponse positive du capitaine, Amalya courut vers la bibliothèque pour déballer la carte de l'océan sur lequel ils naviguaient. Elle démela une de ses plus grosse dreadlocks et en sortit un petit log pose qui indiquait l'île de son grand père. Elle posa la boussole sur la carte et calcula approximativement le temps qu'il faudrait pour l'atteindre.

- Si tout se passe bien, on devrait y être à peu près dans trois semaines.

- Le capitaine n'a jamais dit que l'on irai de suite, dit Ben qui n'était pas particulièrement emballé par ce voyage.

- Ben... Nous n'avons rien de prévu, nous avons des vivres pour toute la durée du voyage, et j'avoue être très impatient de rencontrer ta famille Amalya, s'enthousiasma Shanks. Je pensais que tu étais seule, tu nous en avais jamais parlé !

Surexcitée, la jeune femme commença à faire les cents pas, agitant ses mains dans tous les sens en racontant que William, son grand père, était un ancien vice amiral de la marine, mais qu'il avait quitté son poste pour s'occuper d'elle. Elle raconta son quotidien avec lui puis la venue de Loan et enfin son départ de l'île.

- Tu ne les a jamais revu ? Demanda Yasopp qui écoutait attentivement le passé qu'Amalya acceptait enfin de dévoiler.

La pirate soupira et s'assit dans un canapé, prête à partager ce que seul Tino connaissait. Le doc, Ben, Shanks et Yasopp se regardèrent et s'assirent à leur tour, sentant le moment propice à la confidence. Mystérieuse et renfermée, elle était finalement décidée à révéler son histoire car ces hommes autour d'elle étaient devenus sa nouvelle famille. Elle pouvait compter sur eux et n'avait donc plus de raison de se murer dans le silence. Elle reprit ainsi son histoire depuis le début, du moins ce dont elle se rappelait. Elle commença par l'île de Boratora, où elle avait vécu ses premières années avant de partir avec un étrange adolescent puis sa perte de mémoire avant d'être adoptée par William qui n'était pas réellement son grand père. Shanks fronça les sourcils en se remémorant les souvenirs de Kaïdo à la prison d'Impel Down. Amalya ne se souvenait pas de son séjour en prison et il n'avait pas le coeur à le lui dire. Elle continua son monologue en racontant sa vie auprès de William, totalement coupé du monde, sauf lorsque de rares personnes venaient leur rendre visite. Kuzan, Monkey D. Dragon et l'adoption de Loan.

- Monkey D. Dragon, le chef des révolutionnaires !? S'exclama Ben, incrédule.

- Oui... Mais je n'ai su que bien plus tard qui était cet homme.

- Mais que faisait-il avec ton grand père ?

- .... Dragon voulait m'emmener avec lui afin de m'utiliser contre le gouvernement mondial. William refusa et s'obstina à me cacher la vérité lorsque je lui posais des questions sur mon passé. Il m'expliqua simplement qu'il souhaitait me protéger du monde extérieur. C'est la raison pour laquelle j'ai quitté l'île, je ne supportais pas de vivre dans l'ignorance et le mensonge.

Les pirates se dévisagèrent, sidérés par son histoire. De nombreuses questions accaparèrent leurs esprits mais ils ne voulurent pas l'interrompre. Elle parla rapidement de ses voyages à travers le monde au sein d'équipages pirates ou de navires marchands, des huits années qu'elle avait vécu à Cosa nostra où elle décida de repartir en voyage à la recherche de son identité. La découverte de ses étranges pouvoirs au fil des années n'avaient fait que renforcer son désir d'en savoir plus sur elle même.

- Puis je vous ai rencontré. C'est la première fois depuis très longtemps que je me sens aussi bien. J'ai compris que partir à la recherche de mon passé était une perte de temps et que seul comptait l'avenir, avec les gens que l'on aime... C'est pourquoi je désire plus que tout revoir mon grand père, non pas pour lui tirer les vers du nez, mais pour le remercier de s'être occupé si bien de moi et de m'avoir fait découvrir ce qu'est l'amour paternel, que je n'aurais peut être pas connu en d'autre circonstance. Et puis mon petit frère me manque...

Shanks était heureux de voir à quel point elle avait changé. Cette femme si égoïste et asociale avait fini par comprendre quel était le véritable sens de la vie. Ne plus détruire ni haïr, juste aimer et profiter de l'instant présent. Emu, il avait toujours eu de l'affection pour elle, même lorsqu'elle ne le méritait pas, et il en avait encore plus à cet instant. Il marcha jusqu'à elle, l'attrapa par la taille et la serra fort contre lui. La jeune femme, surprise par ce contact, resta les bras ballants avant de rougir et de le serrer à son tour.

- Tu mérites ce bonheur, chuchota-t-il à son oreille avant de quitter la bibliothèque pour prendre les rênes du bateau afin de l'amener à cette nouvelle destination.

Le doc et Yasopp lui ébourrifèrent les cheveux et sortirent à leur tour, laissant Amalya seule avec Ben. Leur rapport avait toujours était plus que tendu et elle espérait qu'il finirait par l'apprécier, au moins la tolérer. Mais Ben n'était pas un homme sentimentale et l'histoire d'Amalya le laissait de marbre. Cette anecdote avec le chef des révolutionnaires l'avait plus que troublé, et comme il le pressentait depuis le début, cette aventure au côté de cette femme finirait mal. Et pour couronner le tout, son capitaine commençait à se comporter trop familièrement avec elle, il redoutait qu'une relation intime s'installe entre eux. Ce genre d'amour n'avait pas sa place à bord d'un bateau pirate.

- Ben.... Commença-t-elle avant d'être interrompue par un geste de la main du pirate qui lui intima de se taire.

Il sortit de la pièce sans dire un mot mais son regard noir en disait long. Le chemin serait encore long avant qu'il ne l'accepte comme membre de l'équipage.

Les deux semaines suivantes passèrent paisiblement, sans le moindre incident lorsqu'une nuit, un bateau de très petite taille vint naviguer à côté du Red Force. Un seul homme de forte carrure se tenait à la barre. La vigie ne sonna pas l'alerte mais alla réveiller le capitaine qui vint aussitôt à la rencontre du voyageur suivit de Ben.

- Empereur Shanks le Roux, je me présente à vous sur ordre du conseil des cinq étoiles. Le gouvernement mondiale demande que vous leur livriez la femme qui se fait appeler Amalya.

Shanks resta silencieux avant de lâcher un rire.

- Je me demandais quand le gouvernement m'enverrait un émissaire... Comme je le pensais, Amalya est d'une importance capitale pour eux. La prime d'un milliard de berry pour sa capture en est la preuve. Quel culot de me faire part d'une telle requête ! Fit Shanks en déployant son haki des rois sur le messager. Et par l'intermédiaire d'un seul homme qui plus est ! S'énerva-t-il en le dominant de toute sa puissance. Dis à ces fils de chien que cette femme fait partie de mon équipage et qu'il en faudra bien plus pour la récupérer. Mais avant que tu repartes, continua Shanks en sautant sur le bateau de l'émissaire pour lui faire face, tu vas me dire tout ce que tu sais à son sujet.

Shanks saisit l'homme par le coup et le souleva du sol. Il utilisa son pouvoir du souvenir pour sonder son esprit mais ne trouva aucune information. Le conseil des cinq étoiles n'auraient bien évidemment pas pris ce risque.

- Connaissant déjà votre réponse, le gouvernement tient à ce que vous sachiez qu'il n'en restera pas là, et que vous regretterez amèrement de ne pas avoir accéder à sa requête car cette femme vous conduira à votre perte. Vous pensez que rien ne viendra perturber votre paisible existence mais sachez que vous êtes déjà mort.

Shanks retourna sur son bateau et regarda le messager partir puis il se tourna vers Ben et le pirate qui l'avait réveillé.

- Pas un mot aux autres.

Trois nouveaux jours s'écoulèrent quand une île apparut à l'horizon. L'équipage s'apprétait à accoster mais Amalya l'en dissuada.

- Ce n'est pas cette île. Le log pose devait seulement nous emmener jusqu'ici. Aucune boussole ne peut pointer vers l'île de William. Elle n'a aucun magnétisme, le vent ne souffle pas dans ses alentours et le courant repousse tout ce qui s'en approche. Nous devons nous diriger en regardant les étoiles et en utilisant un moteur ou des rames. Il devrait y en avoir pour cinq jours. Plutôt cinq nuits puisque l'on ne peut pas naviguer en plein jour.

- Je comprends pourquoi tu avais de si rares visiteurs... C'est la cachette idéale ! Fit le doc étonné qu'une telle île existe.

Plus ils se rapprochaient de leur but, plus Amalya s'impatientait. Nerveuse, elle ne tenait pas en place et parcourait le bateau en long, en large et en travers. En plus des ventio-dials qui propulsaient le bateau grâce à l'air éjecté, Mahakala, accroché à une corde, participait à la manoeuvre en tirant le Red force grâce à sa force herculéenne. Si elle s'écoutait, elle serait déjà montée sur le dos du dragon pour tenter de trouver l'île mais celui ci dormait le jour, harassé par les longues nuits de labeur.

Après la cinquième nuit pointa l'aube qui illumina de ses premiers rayons l'île tant attendue. Amalya bondit sur le garde corps et sourit à s'en décrocher la machoire. Roar passa son bras autour de ses épaules et pointa la plage de l'autre.

- Nous y sommes poulette ! Je suis pressée de rencontrer ton vieux, il doit avoir une sacrée paire de couille pour t'avoir élevé !

Le bateau débarqua près de la plage et tout l'équipage descendit, Amalya la dernière.

- Et alors princesse ? Tu étais impatiente d'arriver et maintenant tu traines ? Ne t'inquiètes pas, ca va bien se passer, la rassura le doc.

- Nous allons rendre visite à ton grand père en petit comité pour ne pas l'effrayer. Cette journée commence bien, je ne voudrais pas me faire attaquer par un vice amiral ! Rigola Shanks qui désigna les hommes qui viendrait avec lui.

Ainsi, Amalya marcha en tête de cortège vers la corniche qui dominait l'île, là où se trouvait la maison, suivit de Shanks, Doc et Yasopp. Le groupe pénétra dans la jungle et marcha un moment avant que Yasopp brise le silence.

- Capitaine...

- Je sais, moi non plus je ne sens aucune présence humaine mais il doit avoir la faculté de se dissimuler. Nous se sommes pas passer inaperçu en débarquant.

Amalya, quelques mètres devant eux, n'arrêtait pas de se retourner en leur faisant signe d'aller plus vite, mais les trois pirates, ne connaissant ni William ni Loan, étaient sur la défensive.

- Je ne l'avais jamais vu si souriante... Murmura le doc à lui même.

Après une demi heure de marche, le groupe sortit de la jungle et monta un étroit plateau dénué de végétation. Amalya ne tint plus et courut vers la maison qui se trouvait juste derrière le sommet. Elle avait passé le cap de la rancoeur et n'en voulait plus du tout à William. Elle ne désirait qu'une chose, s'excuser d'être partie et lui dire qu'elle l'aimait. Mais lorsqu'elle atteint enfin le sommet, ses jambes se dérobèrent à la vue du macabre spectacle et elle tomba à genoux, tétanisée d'horreur.

- Capitaine, elle est à genoux ! Quelque chose ne va pas ! S'écria le doc qui courut à son tour suivit des deux autres.

Les trois pirates rejoignirent leur amie et furent aussitôt accablés par cette terrifiante scène. Shanks s'agenouilla face à Amalya et lui saisit l'épaule.

- Amalya, lève toi... Chuchota-t-il avec douceur. Amalya ? Amalya, dis quelque chose... Amalya, je vais aller défaire la corde, tu veux bien ?

Le capitaine se releva et marcha vers le cadavre suspendu à l'unique arbre de la corniche. L'homme avait été pendu et éventré puis son sang avait servi de peinture pour inscrire une phrase sur le mur de la maison. Shanks sortit son sabre du fourreau pour couper la corde lorsqu'Amalya hurla:

- NE TOUCHE PAS MON GRAND PERE !!

Yasopp et le doc, qui étaient restés à ses côtés, sursautèrent et regardèrent la jeune femme marchait jusqu'à William. Elle arracha le sabre de la main de Shanks, soutint son grand père d'une main et coupa la corde de l'autre. Elle posa alors délicatement le vieil homme par terre et replaça les boyaux qui gisaient sur le sol dans son abdomen. Le doc, qui était pourtant docteur, eut un léger haut le coeur à la vue de ce geste. Non pas parce qu'il était sensible mais parce qu'il lui était inconcevable que la femme qu'il aimait puisse faire une chose pareille aussi froidement. Amalya caressa le visage de William et lui embrassa le front avant de lever les yeux vers l'inscription rouge sang.

" Je te retrouverai fillette "

Fillette. Fillette. Ca y est. Elle s'en rappelait. C'est comme ça que l'appelait cet adolescent aux cheveux si soyeux et qui l'avait torturé durant des années dans une prison. Silencieuse, Amalya fixa lentement chacune de ces lettres dégoulinantes de sang. Au loin, un sinistre hurlement se fit entendre. Mahakala, qui s'était assoupi, venait de se réveiller et sentit immédiatement la profonde détresse qui s'était accaparée de sa soeur.

Le bonheur ne dure qu'un temps.


Si vous n'êtes pas inscrit, et que vous aimez cette histoire, alors franchissez le pas, rejoignez nous et laiisez moi un ptit commentaire, ca fait toujours très plaisir !


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Ven 15 Juil 2016 21:46 
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Voilà un nouveau chapitre, certainement mon préféré, je l'avais en tête depuis très longtemps et je le trouve particulièrement triste, j'espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire.


Chapitre 25: c'est à ça que sert la famille


13 ans plus tôt sur l'île de Cosa Nostra,

Tino sculptait un énième morceau de bois quand la porte de sa cabane s'ouvrit brusquement. Amalya, en sueur, rentra et jeta trois lapins sur la commode, renversant l'assiette de pigeon qui était posée dessus.

- La chasse a été bonne, il y a beaucoup de gibier dans le désert ! Quand je pense que vous bouffez tous que du pigeon et du rat ! Vous êtes vraiment stupides !

L'adolescente prit son couteau et dépeça les rongeurs lorsque Tino stoppa son geste.

- Tu perds ton temps, tous les animaux du désert mangent des champignons venimeux appelés Purple. C'est pourquoi nous ne les chassons pas, ils ne sont pas comestibles.

Amalya fixa Tino avant de balancer les lapins contre le mur. Elle s'accroupit et mangea les morceaux de pigeon bouilli qui étaient éparpillés sur le sol.

- Qui est stupide maintenant ? Se moqua le garçon.

- Cela ne fait que trois jours que je suis ici et j'en ai déjà ras le bol de cette foutu ville ! Je t'avais demandé de me mettre en contact avec ceux qui dirigent ce bled, alors s'en es où ? S'énerva-t-elle, honteuse d'être tombée aussi bas.

- Ce n'est pas aussi simple...

- Ah ouais ? On va voir ça !

Elle se redressa et retourna en ville pour rechercher ses fameuses personnes suivit de Tino qui tentait de la faire changer d'avis. Voyant qu'il ne pouvait pas lui faire entendre raison, il resta auprès d'elle au cas où les choses tourneraient mal. Après avoir traversé une partie de Cosa Nostra, Amalya se rendit compte que les habitants les observaient d'un oeil mauvais.

- C'est quoi leur problème ? Demanda-t-elle au garçon.

- Laisse tomber, ne fais pas attention à eux...

Une pomme de terre vola devant les yeux de l'adolescente et finit sa course dans le visage de Tino. Déjà à cours de nourriture, les gens se mirent à lancer des cailloux sur lui en l'insultant et en crachant. Dans la foulée, Amalya s'en prit un dans la poitrine et explosa alors de colère.

- Cassez vous où je vous défonce tous ! Hurla-t-elle en brandissant son couteau mais la menace eut l'effet inverse et les habitants redoublèrent leur assaut.

- Cours Amalya ! Fit Tino en la tirant par le bras.

Les deux adolescents fuirent à toutes jambes et retournèrent dans leur abris pour s'y réfugier.

- C'est quoi ce bordel !? C'est toi qu'il visait ! Que leur as tu fais ? Cria-t-elle en se tenant le front qui dégoulinait de sang.

- ... Je travaille pour le parrain qui dirige cette île. Je dois lui rapporter tout les faits et gestes des habitants... Alors tu imagines bien que ca ne leur plait pas...

- Sale connard... Et qu'y gagnes tu en retour ? Tu crèves de faim et tu vis dans un véritable taudis ! Tu es pitoyable, tu mérites bien ton sort !

La jeune fille, écoeurée par cette révélation, retourna dehors et marcha à travers la ville en prenant soin d'éviter les précédentes ruelles. La pauvreté et la haine qui alimentaient cette ville était difficile à supporter. Rester ici ne lui apporterai rien. Alors qu'elle réfléchissait au moyen de quitter cette île, un petit garçon tenant un bébé vint se poster devant elle, lui prit la main et la tira jusqu'à un vieil entrepôt en ruine.

Une fois à l'intérieur, Amalya mit quelques secondes pour s'habituer à l'obscurité. De nombreux chuchotements témoignaient du grand nombre de personnes qui vivaient ici. Un autre enfant apparut devant elle puis une dizaine tenant des bébés plus ou moins âgés. Le plus vieux d'entre eux, dix ans à peine, vint lui souhaiter la bienvenue au nom de tous.

- Bonjour Madame, c'est bien toi la copine de Tino ?

- ... Plutôt une connaissance... Ne m'appelle pas " Madame ", je n'ai que quatorze ans. Pourquoi m'avoir fait venir ici gamin ?

- Ne m'appelle pas " gamin ", je n'ai que quatre ans de moins que toi.... Je voudrais savoir si Tino a reçu son salaire car on a presque plus rien à manger et on doit payer le loyer.

- Merde, des merdeux comme vous rackettez Tino ? Décidemment, c'est vraiment un boulet celui là !

- Ne dis pas n'importe quoi ! Il prends soin de nous depuis des années ! C'est grâce à lui que nous sommes encore en vie ! Mon petit frère Fredo serait mort depuis bien longtemps sinon ! S'écria l'enfant en pointant du doigt un petit de trois ans.

- .... Je vois.... J'en sais rien, voyez avec lui, je dois partir.

Finalement, Tino était loin de ce qu'il laissait paraitre. C'est à peine s'il avait de quoi manger. Tout donner à ces gosses était la preuve de sa grande force de caractère et d'une profonde empathie. Peu importe, elle partirai quand même. L'adolescente quitta la ville et entama la traversée du désert à dos de cheval qu'elle avait volé. C'est seulement au bout de deux jours de voyage qu'elle se rendit compte qu'elle était suivi.

- Putain, Tino ! Pourquoi me suis-tu ? Ma parole, t'as volé un cheval ?! T'as un semblant de couille !

- C'est le mien. Comment crois tu que je t'ai ramené quand je t'ai trouvé à moitié morte...

- Ce n'est pas parce que tu m'as sauvé la vie que je te dois quelque chose !

- Tu dois te sentir bien seule...

Amalya sauta de son cheval, attrapa le garçon et le jeta au sol.

- Pourquoi dis tu ça enfoiré ?! Mêle toi de ce qui te regarde ! Je ne t'ai jamais rien demandé alors barre toi !

- Si. Tu m'as demandé de te sauver... Alors je te sauve.

- Qu'est ce qui ne tourne pas rond chez toi !? Je suis en vie ! Merci, ciao !

- La vie n'a pas de sens si l'on est seul...

La jeune fille se jeta sur lui et le frappa au visage à plusieurs reprises.

- Que sais tu de moi ?! Tu ne sais rien ! Rien de rien ! Hurla-t-elle pleine de rage.

- Je n'ai pas besoin de savoir, je le vois, je le sens... Souffla Tino le visage ensanglanté, le nez cassé et la lèvre fendue. Laisse moi t'aider...

- Tais toi ! Ferme la ! Gémit Amalya, les joues recouvertes de larmes.

- Je voulais mourir cette nuit là... Je suis faible, tellement faible... Je n'ai jamais eu le courage de me suicider alors quand le typhon a frappé l'île, j'ai espéré qu'il ferait le travail à ma place... Je ne suis qu'un être pitoyable, tu as raison... Fit Tino en pleurant à son tour. Mais tu es aussi pitoyable que moi ! Derrière ton assurance et tes grands airs, je peux voir que tu es faible ! Cria-t-il en saisissant l'adolescente au cou. Tu crois que je ne le vois pas, ton regard triste et effrayé ? Alors pourquoi deux êtres aussi pitoyables que nous ne pourraient-ils pas s'unir pour être plus fort ?!

Amalya repoussa le garçon et tomba en arrière. Tino rampa jusqu'à elle et s'effondra à ses côtés.

- Laisse moi te tenir compagnie, apprend à me faire confiance et accepte moi comme ami, permet moi de te rendre heureuse... Et en échange, aide moi à sauver les habitants de cette île.

- .... Pourquoi tiens tu autant à les aider ? Ils ne le méritent pas, ils te rejètent et te brutalisent... Je sais ce que tu fais pour ces gamins...

- Je crois en l'humanité, j'ai espoir que les Hommes finiront par s'aimer et s'entraider, il suffit juste de leur donner un coup de pouce !

La jeune fille se releva et regarda l'océan au loin. Jamais elle n'avait vu pareille force chez un homme. La force physique ne signifiait rien, l'espoir et la détermination suffisaient à soulever des montagnes. A ses yeux, les Hommes étaient vils et malhonnêtes, mais peut être que les enfants en valaient la peine. L'image de Loan, toujours présente dans son esprit, finit par la convaincre. Elle se retourna vers Tino, essuya ses larmes et sourit.

- D'accord. Après tout, je n'ai rien à perdre.

Elle aida Tino à se relever. Les deux adolescents se regardèrent et se serrèrent la main pour sceller leur union quand le garçon l'attira à lui et l'embrassa.

- Tu restes malgré tout très con ! S'énerva-t-elle en lui mettant une dernière gifle spectaculaire qui lui fit perdre une dent.



***********

Shanks, Yasopp, le doc et beaucoup de membres de l'équipage avaient déjà perdu des amis ou de la famille au cours de leurs vies. La mort et la violence faisaient partis de leur quotidien et chacun d'entre eux réagissait à sa façon. La colère, la tristesse, le désir de vengeance étaient des réactions normales, et indispensables pour faire le deuil. Mais Amalya n'avait jamais connu une telle perte jusqu'à aujourd'hui. Ainsi, La Faucheuse avait décidé d'emporter la personne qu'elle aimait le plus au monde, sans lui avoir laissé le temps de le lui dire. Quoi de plus normal que de vouloir hurler de rage ou pleurer toutes les larmes de son corps ? Pourtant, Amalya ne réagit comme aucune autre personne. Murée dans le silence, les yeux secs, aucun signe extérieur ne trahissait le profond désespoir qui la submergeait.

Le jeune dragon, qui l'avait rejoint en volant, se comportait aussi froidement que sa soeur. Shanks s'était rendu compte dès sa naissance que l'animal, en parfait harmonie avec Amalya, ressentait exactement les mêmes émotions et par conséquent, reproduisait le même comportement. Ainsi, il resta prostré près d'elle, le regard vide, comme s'il avait également perdu un être cher.

La jeune femme se déshabilla et recouvrit le corps de son grand père avec son manteau. Elle entra dans la maison et ressortit avec un saut rempli d'eau et un chiffon. Face au mur rougi de sang, elle commença à effacer méticuleusement les lettres une à une lorsque Shanks vint lui donner un coup de main en utilisant sa propre cape comme torchon.

- Recule, ne m'aide pas, je dois le faire seule, lui dit-elle simplement.

- Amalya...

Le capitaine n'insista pas et rejoignit ses compagnons qui n'avaient pas bougé d'un pouce depuis leur arrivée. La mine sombre et le regard grave, les trois hommes respectèrent sa volonté et l'observèrent en silence. Une heure plus tard, le mur de nouveau blanc, Amalya rentra à l'intérieur de la maison et ressortit cette fois ci avec un couteau dans la main qu'elle rangea aussitôt dans son dos. Puis elle retourna auprès de William et le porta sur son dos avant de se diriger vers la jungle. De retour sur la plage, tous les regards se tournèrent vers elle mais à la vue du cadavre, les pirates se turent et laissèrent passer la jeune femme qui marcha jusqu'à la mer pour finir par disparaitre sous l'eau.

Lentement, elle s'enfonça dans les profondeurs et sortit de sa poche un lumino dial qu'elle utilisa pour se diriger dans l'obscurité. A cinq cents mètres sous la surface, elle creusa un trou dans le sable et y enfoui le corps de William.

" Tu aimais la tranquillité. Désormais, plus personne ne viendra t'importuner. "

*************

Le doc, à travers la fenêtre de la bibliothèque, surveillait Amalya qui était assise depuis deux jours sur le bastingage à la poupe du Red Force.

- Capitaine, ça fait 48 heures qu'elle n'a ni mangé ni dormi. Elle reste assise au même endroit sous cette chaleur suffocante sans boire ! J'ai beau la solliciter, elle ne me réponds pas, en fait je ne sais même pas si elle m'entends... Je m'inquiètes beaucoup, son comportement est anormal et à ce train là, elle va mourir de déshydratation. Nous allons devoir la forcer... Expliqua le docteur anxieux.

- Elle ne m'écoutes pas non plus. Nous naviguons vers Stoneland et j'y ai envoyé Roar à la recherche de Tino pour gagner du temps, j'imagine que lui seul pourrait la raisonner. Si je pouvais mettre la main sur son frère Loan... Seulement, je n'ai pas la moindre idée d'où il pourrait être.

- Une chance que ce Loan ne se trouvait pas sur l'île ! Comment aurait-elle pu supporter la vue d'un second cadavre ? Je me sens si inutile, c'est insupportable de ne rien pouvoir faire... Se plaint-il en jetant un nouveau coup d'oeil par la fenêtre. Capitaine ! Elle n'y est plus !

Shanks et le doc sortirent en trombe de la bibliothèque quand Yasopp leur indiqua le réfectoire. A ce stade là, personne ne pouvait prédire ces réactions mais ils redoutaient, bien que ce ne soit pas son genre, qu'elle tente de se suicider. Après tout, que pouvait-il bien se passer dans sa tête ? Finalement, les deux hommes s'inquiétaient peut être trop puisque la jeune femme était au côté du coq et l'aidait à préparer le repas du soir.

Le teint livide, les lèvres asséchées et les cernes noires, Amalya tendit un morceau de poisson cru au cuisinier qui le mangea dans sa main. Comme s'il avait la berlue, Shanks se frotta les yeux et questionna le coq du regard qui lui répondit par un haussement d'épaule. Elle s'installa à table et dévora plusieurs plats qu'elle venait de sortir du frigo puis d'un trait, bu un litre d'eau directement au goulot. La bouche pleine, elle sourit à ses amis et leva son pouce, signifiant qu'elle se sentait mieux. Ragaillardi, le docteur et le cuisinier soupirèrent de soulagement alors que le capitaine trouvait louche que son attitude change si radicalement. De plus, Mahakala, toujours prostré dans un coin, restait toujours morose, l'oeil hagard.

Amalya, le ventre plein, remercia le coq pour sa succulente cuisine en l'embrassant sur la joue et retourna sur le pont suivi d'un Mahakala complètement déprimé.

- A ton tour Maka. Tu plonges, tu chasses et tu manges, compris ? Tu dois reprendre des forces.

De la taille d'un poney, le dragon se traina lourdement vers le bastingage en poussant des gémissements de protestation. Il ressortit de l'eau une heure plus tard des arrêtes plein les dents. Amalya passa les heures suivantes auprès des autres pirates en aidant aux corvées et en participant aux activités que ses amis mettaient en place pour lui changer les idées. Au moment du souper, elle s'assit près du doc et fut au petit soin pour lui.

- Princesse, tu es sûre que tout va bien ? Merci pour toutes ces attentions que tu me portes mais tu en as plus besoin que moi...

- J'avais envie de passer un moment avec toi, dit-elle en lui prenant les mains. Doc, ne change jamais, tu es parfait comme tu es.

Le docteur rougit et la regarda quitter le réfectoire. Elle fit une courte pause sur le pont pour regarder le ciel. La lune et les étoiles masqués par les nuages, la nuit était noir. Elle fit signe au dragon de rester dehors puis elle partit se coucher quand Shanks la rattrapa devant la porte de sa chambre.

- Tu ne restes pas avec nous ?

- Je suis fatiguée Capitaine.

- ... Alors à demain, murmura-t-il le regard triste.

La jeune femme ouvrit la porte et passa un pied à l'intérieur lorsqu'elle se retourna brusquement.

- Shanks ?

- Oui ?

Amalya posa ses deux mains sur les joues du pirate, plongea son regard dans le sien et l'embrassa tendrement sur la bouche.

- A demain, souffla-t-elle avant de refermer la porte derrière elle.

Ce doux baiser qu'il avait souvent imaginé avait un goût amer. Il fixa la poignée près à débouler dans sa chambre pour la serrer contre lui et rester à ses côtés tout le reste de la nuit mais il se fit violence en faisant demi-tour. Il ne voulait pas profiter de la situation puis il sentait que ce geste affectueux n'aurait pas eu lieu en d'autre circonstance. Il serra son poing à s'en faire saigner la paume et retourna auprès de son équipage, la boule au ventre.

*********

Malgré la fatigue, Amalya ne put s'endormir et passa les premières heures de la nuit à fixer le manche du couteau de William. Identique à celui qu'elle avait donné à Fredo, les trois initiales gravées dans le bois A W L représentaient le lien qui l'unissait à William et Loan. Elle prit son sac et y rangea l'arme blanche, le carnet rouge et quelques affaires. Discrètement, elle sortie sur le pont en faisant attention de ne croiser personne. L'obscurité dû au temps orageux était idéale pour passer inaperçu. Elle se dirigea vers le petit jardin à la poupe du bateau en rasant les murs où devait l'attendre Mahakala. A la vue du dragon, elle fit un signe de la main pour signaler sa présence lorsque la lune surgit entre deux nuages, faisant ainsi briller les chaines qui ligotaient l'animal.

- Maka ! S'écria-t-elle stupéfaite.

Le gueule muselée, le dragon poussa un faible grondement de détresse. La jeune femme courut vers lui pour le libérer lorsque plusieurs hommes sortirent de derrière les palmiers, l'empêchant de porter secours à son frère.

- Où comptes tu aller de si bonne heure ? Demanda Ben qui s'appuya contre l'animal.

- Détachez le, siffla Amalya d'une voix tremblante.

- Réponds à sa question, fit Shanks en lui faisant face.

- Je ne peux plus rester ici. Je dois retrouver l'homme qui a tué William... Et qui m'a torturé durant tant d'années.... Libère Makahala, ordonna-t-elle sentant la colère l'envahir.

- Non.

- Capitaine, je le pensais quand je t'ai dit que je voulais faire partie de ton équipage et que je vous considérais tous comme ma famille. Je le pensais encore plus quand je t'ai dit que connaitre mes origines n'était plus mon objectif. Mais peu importe ce que je décide, mon passé me rattrape.... Je ne pourrais pas avancer tant que je ne saurais pas... Tu peux comprendre ça non ?! Cria-t-elle les nerfs à fleur de peau.

- Tu oses encore m'appeler capitaine alors que tu nous abandonnes délibérément ?! Cria-t-il à son tour. J'aimerais bien savoir quel sens à le mot famille pour toi ?! Tu refais la même erreur qu'avec William et Loan, tu fuis encore et toujours !

- Je t'interdis de parler d'eux ! Hurla-t-elle en frappant des deux poings le torse de Shanks. Je ne veux plus que mes proches meurent par ma faute ! Je ne supporterais pas de voir de nouveaux cadavres ! Je ne supporterais pas de vous voir mourir ! Je dois régler cette histoire seule ! Laisse moi partir ! Supplia-t-elle en tendant la main vers le dragon.

- Non ! Cria-t-il en saisissant son bras.

- Libère Maka ! Il souffre ! Les chaînes lui font mal ! Gémit-elle en montrant ses propres poignets qui avaient connu les chaînes pendant des années durant son séjour à Impel Down.

- NON !! Ragea Shanks qui était prêt à tout pour l'empêcher de partir.

Amalya saisit sa tête de ses deux mains et tomba à genoux, face contre terre. Une intolérable douleur irradia son esprit et la plongea dans le noir totale. La haine l'enveloppa entièrement comme une aura et de l'encre noire dégoulina de ses obscures iris, recouvrant presque en totalité son visage. Les yeux également devenus sombres, le dragon se débattit et regurgita de l'acide pour faire fondre sa muselière d'acier.

- Capitaine ! Le dragon va se libérer ! S'écria Yasopp lorsque le bateau tangua violemment sur le côté.

Shanks se retourna vers l'animal et vit à l'horizon une colonne d'eau se formait à la base de l'océan et monter vers les nuages. L'orage éclata et un premier éclair fendit le ciel.

- Putain ! Une tempête du siècle ! Ca fait deux en quelques mois, elle porte mal son nom ! Fit Yasopp qui vit deux nouvelles colonnes d'eau au loin.

- Non... C'en est pas une cette fois ci... Souffla Shanks qui s'était retourné vers Amalya.

Le visage noir de la jeune femme et son terrifiant sourire le firent frémir des pieds à la tête. Elle se redressa lentement, croisa ses mains devant elle et les écarta brusquement. Au même moment, l'océan sous leurs pieds se fendit en deux, ce qui fit chuter le Red Force de plusieurs dizaines de mètres avant de finir sa course en percutant violemment le sommet d'un volcan sous marin. Effarés, deux des pirates coururent vers le bastingage et virent que toute l'eau qui était censée être en dessous se trouvait à présent autour d'eux, tel un gigantesque mur.

- ARRETE LA SHANKS ! ELLE VA TOUS NOUS TUER ! Hurla Ben, suspendu en l'air par le pied qu'une torsade d'eau venait de saisir.

- Essaye donc pour voir, siffla Amalya avant de frapper le torse de Shanks d'un puissant coup de poing qu'il encaissa de justesse.

Surprise, la femme mordit sa lèvre inférieure et sourit en voyant le torse noir du Capitaine. Grâce au haki qui pouvait s'utiliser de différente manière, il avait pu renforcer juste à temps sa poitrine pour la rendre aussi dur que du métal.

- Ca me plait... Quelqu'un à la hauteur... Amusons nous toi et moi ! S'exclama-t-elle avant d'enchainer les coups que Shanks contrait un par un.

- Amalya... Murmura-t-il peiné de la voir dans un tel état.

Réveillé par la secousse et le vacarme, l'équipage avait rejoint le jardin prêt à se battre et fut consterné à la vue du décor digne d'une fin du monde tandis que le doc, présent depuis le début, tentait de calmer Mahakala qui crachait de l'acide sur le reste de ses chaînes.

Ne voulant pas rentrer dans son jeu, Shanks finit par ne plus se défendre et se laissa frapper, mettant à mal son corps qui n'était plus protégé par le haki.

- Bats toi ! Comment veux tu que je m'amuse si tu te laisses faire ! Montre moi, Shanks le Roux, que tu es à la hauteur de ta réputation ! Le provoqua-t-elle avant de se jeter sur lui.

- Si ça peut te soulager, frappe moi encore et encore, et redeviens la Amalya que j'ai connu, au caractère bien trempé qui me plait tant... Répondit Shanks, le visage en sang.

Amalya se figea juste devant lui, le poing encore en l'air. Shanks l'attrapa à la nuque et la colla contre lui avant de murmurer à son oreille:

- Evacue ta rage, laisse sortir toute ta tristesse et ta peur, vide ton sac pour de bon. Et après, seulement après nous discuterons de la marche à suivre pour retrouver cet enculé qui a tué William. C'est à ça que sert la famille, à se soutenir et s'aider dans les moments les plus difficiles...

Shanks sentit alors le corps d'Amalya se détendre et trembler sous l'effet des sanglots qui montaient par vagues. La jeune femme s'agrippa au torse du pirate et enfouit son visage dans son cou avant de hurler toute sa peine et sa haine qu'elle avait refoulé depuis la mort de son grand père tandis que le mur d'eau retombait en pluie torrentielle. Epuisée, elle s'endormit dans les bras de Shanks qui lui souffla une dernière phrase.

- S'il te prends l'envie de m'embrasser à nouveau, j'apprécierais que ce ne soit pas pour me dire adieu...


J'ai écris ce chapitre en écoutant en boucle une chanson des fréro delavega " le cœur éléphant " que je trouve magnifique.


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Jeu 21 Juil 2016 11:10 
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Quand je me relis, j'ai pas mal de doutes sur mon écriture et mon personnage principal.

J'ai l'impression que la lecture est ennuyeuse, elle est fluide mais sans intérêt, je trouve que j'utilise toujours le même vocabulaire, les mêmes tournures de phrases, il n'y a pas de surprises. Du coup, je me demande si les lecteurs ressentent la même chose ?

Et pour le perso d'Amalya, j'ai aussi cette impression que c'est un vrai boulet et qu'elle est franchement cucul la praline. Au départ, c'est une vraie casse couille qui n'aime personne puis elle finit par devenir une gentille fifille ! Je trouve ça trop simpliste et barbant, donc je me demande également si les lecteurs ressentent ce problème ? Je me dis que si le perso est si agaçant, alors on ne peut pas s'identifier à lui, et par conséquent l'histoire en est déplaisante ?


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Mer 31 Aoû 2016 14:33 
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Chapitre 26: A la nouvelle ère !



Le conseil des cinq étoiles, basé dans la ville de Marijoa sur Red Line, l'unique continent qui fait le tour du monde tel un anneau, se réunit de nouveau suite à la réponse de l'Empereur Shanks le Roux à l'émissaire qu'il lui avait envoyé.

- Comme prévu, Shanks le Roux a refusé de nous livrer l'Héritière, commença l'un des patriarches.

- D'après le messager, Shanks ne serait pas au courant de qui elle est. Nous supposons donc qu'il ne l'utilisera pas contre nous. Parmi tous les équipages pirates sur lesquelles elle aurait pu tomber, il a fallu que ce soit celui ci !

- Oui, mais nous avons cependant de la chance dans notre malheur ! Space et son équipe ont retrouvé William Baffùn et l'ont interrogé après une semaine de torture ! Il l'a bel et bien fait évadé d'Impel Down comme nous l'avions supposé ! Suite à ça, elle aurait perdu la mémoire ! Le fait qu'elle ne sache plus ce pourquoi elle est venue au monde est une véritable aubaine pour nous !

- De la chance dites vous !? S'énerva un vieil homme en retrait depuis le début. Cet abruti de Space a tué William alors que nous aurions pu nous servir de lui comme appât pour attirer l'Héritière!

- Ce qui est fait est fait ! Cria un autre patriarche en frappant la table du poing. Space est un atout important et nous ne pouvons pas nous permettre de le mettre à l'écart même s'il est incontrôlable !

- Calmez vous. Je comprends votre colère, il aurait été effectivement beaucoup plus simple que l'Héritière vienne à nous mais nous pouvons faire une croix dessus. Ce dont nous sommes sûr, c'est que nous devons à n'importe quel prix la récupérer avant qu'elle ne retrouve la mémoire. Cela fait huit cents ans que nous attendons son retour ! Nous ne pouvons pas nous permettre de la laisser nous passer sous le nez ! Imaginez la entre nos mains ! Ce monde serait définitivement à nous !

- Adieu l'ère de la piraterie...

- Tout à fait ! C'est pourquoi il est grand temps de mettre un terme à ce bordel ! Nous détruirons tous les alliés de Shanks le Roux pour finir par envoyer toute notre flotte contre lui seul !

- L'enrôlement de nouveaux marines et leur entrainement prendra du temps. Nous avons besoin de monde pour attaquer simultanément les îles placés sous la bannière de Shanks le Roux. L'effet de surprise doit être total ! Cela prendra bien deux ans avant de déclarer la guerre.

- Ces attaques vont soulever beaucoup de questions parmi les marines, la population et même les pirates. Quelle raison devons nous donner pour justifier cette attaque massive ?

- Le Roux était mousse à bord de l'équipage de Gol D Roger, l'ancien seigneur des pirates. Lorsque nous l'avons exécuté, Shanks le Roux s'est enfui pour créer son propre équipage. Nous aurions dû nous occuper de lui il y a bien longtemps ! Inventez n'importe quelle excuse ! La marine n'est pas ce qu'elle devrait être ! Nous devons augmenter drastiquement les effectifs et passer à l'offensive.

- Bien. En espérant que l'Héritière restera amnésique, je déclare que la guerre contre l'Empereur Shanks le Roux sera en marche dans deux années. D'ici là, Space nous la raménera peut-être... Conclut solennellement l'un des patriarches avant de quitter la salle.

***********

Shanks, Ben, Yasopp et lucky étaient assis dans la bibliothèque et regardaient en silence l'escargophone quand le coq vint leur servir du saké.

- Merci, on en a grand besoin... Murmura Shanks, le visage tuméfié et le torse recouvert de bandages.

- Alors, que vous a-t-il dit ? Demanda le coq en buvant deux verres d'affilé.

- Le capitaine n'a pas encore appelé... Répondit Yasopp qui n'en revenait toujours pas de ce qui s'était passé la veille.

- Je vois...

- C'est à dire que le vieux n'est pas très loquace... Et puis je n'aime pas appeler avec l'escargophone, je crains toujours que la marine intercepte l'appel. Alors je me demande si ça vaut vraiment le coup de tenter, se justifia Shanks, hésitant.

- Après ce que nous venons de vivre, il me semble évident que l'on a pas à tourner autour du pot, il nous faut une réponse. Jamais personne n'a vu un tel pouvoir ! Enfin merde ! Elle m'a soulevé du sol en manipulant un filet d'eau ! S'écria Ben vexé.

- Un simple filet d'eau, c'est déjà quelque chose, mais elle a carrément séparé l'océan en deux ! Elle n'a jamais mangé de fruit du démon, et puis quand bien même elle en aurait mangé un, aucun fruit du démon ne permet de manipuler l'eau ! Alors elle était capable d'annuler les pouvoirs de ses fruits mais elle peut maintenant aussi tuer aisément leurs possesseurs d'un simple mouvement de main ! Je comprends mieux la prime d'un milliard de berry... Rajouta Lucky qui n'avait jamais parlé aussi longtemps.

- Capitaine, avais tu imaginé cela en l'enrôlant ? Lui demanda Ben qui était réticent depuis le début qu'elle intègre l'équipage.

- ... Evidemment que non. Je sentais bien qu'elle n'était pas ordinaire mais pas à ce point...

- Elle aurait pu tous nous tuer si tu ne l'en avais pas dissuadé.

- ET MERDE ! Cria subitement Shanks. J'aurais dû faire quoi ?! LA BUTER ?

Les pirates baissèrent la tête et se turent. Il n'était pas envisageable d'en arriver là et pourtant, si Amalya recommençait et que personne ne pouvait l'arrêter... Le Capitaine attrapa sèchement l'escargophone, activa le haut parleur et le mit à son oreille en fixant ses amis d'un oeil furibond.

- Biiip biiip biiip.

- Oui ? Fit une voix féminine.

- C'est le Capitaine Shanks le Roux, j'aurais besoin de parler à Aendrys ou son petit fils Aeris, peu importe, c'est urgent !

- Bonjour Capitaine, sachez que la politesse n'est pas un luxe et je vous passe mon grand père, il attendait votre appel.

- Mouiii bonjour... Baragouina-t-il gêné.

L'attente dura quelques minutes, ce qui poussa Shanks à cogner le combiné contre la table, rongé par l'impatience.

- Capitaine ? Fit alors une petite voix fébrile.

- Bonjour Aendrys, j'aimerais encore m'entretenir avec vous au sujet d'Amalya. Elle est.... Elle a.... Vous auriez pu me dire qu'elle était capable de fendre la mer en deux !

- ....

- Tiens donc, vous n'avez aucune parole énigmatique dans votre sac ?! S'énerva-t-il avant de se ressaisir quand il vit ses compagnons faire les yeux ronds et des signes de la main lui intimant de se calmer.

- Sa haine jusqu'ici j'ai ressenti... Ecoutez mon conseil vous n'avez pas fait..

- Quoi ? Quel conseil ?

- Sur son humanité la noirceur ne doit pas prendre le dessus...

- C'est un conseil ça ? Bah va falloir être plus explicite ! Je vous en prie, éclairez moi et dites moi comment faire pour que ses yeux arrêtent de pisser du noir quand elle s'énerve !

- Son propre ennemi elle est. Domptez sa noirceur elle devra. Redevenir une seule et même personne il lui faudra, seulement si balance du bon côté son coeur...

- Je ne comprends pas... Il y a quelque chose d'autre en elle ? Mais d'où vient ce pouvoir ?

- En cet instant, aucune importance a son origine. Capitaine, au mal qui la ronge la félicité est le seul remède...Biip biiip biiip.

Shanks resta muet, l'escargophone toujours à l'oreille, lorsque le coq brisa le silence:

- J'ai rien pigé ! Quelqu'un peut m'expliquer ?

- En gros, l'ermite a dit qu' elle était schizo, qu'elle doit apprendre à vivre avec et qu'elle a besoin de papouilles pour se sentir mieux... Répondit Ben d'un ton sarcastique.

- " Domptez sa noirceur elle devra"... Ca signifie qu'elle doit apprendre à utiliser cette force qui la dépasse et dont elle n'a peut être même pas conscience ! De toute manière, je voulais l'entrainer, lui apprendre à utiliser le haki et améliorer ses performances au combat. Elle devra être à la hauteur face à ce type qui est à ses trousses, face au gouvernement et potentiellement aux chasseurs de primes.

Ses amis le toisèrent un moment d'un air surpris quand Shanks reperdit patience.

- Quoi ?

- Quelle bonne idée d'en faire une machine de guerre en plus de toutes les facultés qu'elle possède ! Comme ça, on sera sûr qu'elle peut buter tout le monde ! S'exclama Ben à son tour hors de lui.

- J'avais bien compris que tu ne pouvais pas la blairer Ben ! Mais tu veux qu'on fasse quoi ? Qu'on l'enferme et la choote au médoc ? Qu'on la livre au gouvernement ? A-t-on vraiment le choix ? Nous devons lui apprendre à se contrôler et manier l'eau sans que sa tronche devienne toute noir !

- Ne vous engueulez pas, nous n'avons jamais connu une situation aussi extrême, c'est donc pas le moment de nous prendre la tête. Nous devons être plus solidaire que jamais.

- Lucky a raison, réfléchissons plutôt à la suite des événements. Je me disais que si Monkey D Dragon a tenté de contacter William à l'époque, c'est qu'il doit en savoir plus que nous sur Amalya. Peut être devrions nous commencer par le contacter ?

- C'est une bonne idée Yasopp, fit Shanks calmé. Seulement je ne sais pas où il se trouve. Il change constamment son QG de place. Mais je connais quelqu'un qui pourrait sûrement nous renseigner. Je pensais aussi organiser une rencontre avec Marco le phoenix.

- Marco ? Pour quelle raison ? Demanda le coq surpris.

- Il y a quelques temps, un émissaire du gouvernement est venu nous rendre visite durant la nuit. Le conseil des cinq étoiles l'a mauvaise. Je sens qu'ils vont utiliser les grands moyens pour récupérer Amalya. Ce serait un désastre s'ils arrivaient à leur fin... Nous avons besoin de former de nouvelles alliances pour y faire face. Marco a repris le commandement de l'immense flotte de Barbe Blanche après sa mort durant la dernière guerre. Il serait un allié exceptionnel.

- A condition qu'il accepte. Et c'est pas gagné...

- Je saurais trouver les mots pour le convaincre. En attendant, nous continuons de nous diriger vers Stoneland, Roar devrait nous retrouver sur le retour avec Tino d'ici un mois. Sur ce, je retourne à l'infirmerie voir le doc.

Shanks quitta la bibliothèque pour prendre des nouvelles d'Amalya tandis que les autres pirates continuèrent de spéculer sur l'avenir qui les attendait.

***********

- Ah bah je comprends mieux pourquoi toutes les encadrements de porte qui mènent jusqu'ici sont défoncés ! S'exclama Shanks en voyant Makahala dans l'infirmerie. Il grandit à vue d'oeil ! Je jurerai qu'il était plus petit hier...

- C'est le cas, il ne fait que manger et dormir. Je suppose que c'est mauvais signe, il prend de la force et se prépare à je ne sais quoi.

- Sûrement à protéger Amalya... Alors Doc, comment va-t-elle ?

- Aussi bien qu'elle pourrait l'être après tous ces événements... Elle dort depuis l'incident de la nuit dernière.

- Bien bien... Bon, appelle moi si y'a du changement.

Shanks fit demi tour, laissant le doc prendre soin de la jeune femme comme à son habitude lorsqu'il revint sur ses pas.

- Doc... Je ne sais pas comment te le dire mais tu devrais...

- Je sais ce que tu penses Capitaine... L'interrompit le doc subitement. Elle est jeune, pleine de fougue avec un peu de caractère, c'est vrai... Mais il est important pour une femme d'avoir un esprit combatif dans un monde dirigé par les hommes ! Et moi je ne suis qu'un vieil homme essouflé qui a fait son temps... Mais je n'attends rien de sa part, je veux juste qu'elle soit heureuse et je ne le prendrais pas mal si tu envisageais de... Enfin tu vois ce que je veux dire ? Elle a besoin d'un homme dans la force de l'âge capable de suivre son rythme, qui sois dit en passant, est intense ! Comment peut-elle enchainer autant de conneries et de coups durs sans s'effondrer ? Ce que j'essaye de t'expliquer, c'est que je vois bien qu'il se passe quelque chose entre vous deux, et que c'est une bonne chose qu'elle est quelqu'un qui sache la canaliser et...

- En fait, je voulais juste te dire qu'il faut changer la perfusion, elle est vide... Coupa Shanks. Voilà.... Hum... Je suis content que tu veilles sur elle, elle a besoin de beaucoup d'attention, encore plus qu'avant.... Merci Doc. Merci pour tout.

***********

De retour sur le pont, Shanks grimpa vers la hune et proposa au pirate qui faisait la vigie d'aller se reposer, il prendrait son tour de garde. Il regarda quelques minutes l'horizon avant de s'asseoir sur le sol. Fatigué, il se frotta le visage puis posa sa main sur les bandages de son torse avant de lâcher un faible rire.

- " Un peu de caractère "... C'est le moins qu'on puisse dire...

Ce que venait de lui dire le doc le fit réfléchir longuement. Il sentait bien qu'un nouveau lien était en train de naître entre lui et Amalya mais il évitait d'y penser. La vie de couple n'était pas compatible avec celle des pirates. L'amour, aussi passionné soit-il, pouvait être une source de tension et de conflit. La violence du quotidien pouvait emporter le plus fort des hommes et perdre un être tant aimé devait être difficilement supportable. Et puis l'amour finissait toujours par engendrer des enfants qui n'avaient pas leur place à bord d'un bateau. Il avait connu beaucoup de femmes lors de ses escales, il en avait aimé plus que d'autres mais pas de cet amour inconditionnel qui vous ferez faire n'importe quoi. Il finissait toujours par reprendre la mer car vivre au jour le jour lui permettait de se sentir pleinement vivant. Sans attaches, sans regrets. Sans aucun doute, cette vie était faite pour lui.

Nerveux, Shanks tapa frénétiquement le sol du pied et se refrotta le visage. Jamais il n'avait connu pareille situation. A travers ses voyages, il en avait vu des vertes et des pas mûres, mais l'équipage s'en sortait toujours. Cette fois ci, il sentait que l'issue de cette aventure était incertaine. Peut être serait-ce leur dernière. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ressenti cette peur qui vous noue les tripes et qui vous crie de décamper à toute vitesse. Il comprit alors ce que voulait dire l'ex amiral Aokiji lorsqu'il vint leur rendre visite à Hîleton Island. " Si j'étais toi, je la tuerai sur le champs ". Cette phrase qui l'avait pourtant mit hors de lui avait maintenant du sens. Une nouvelle guerre s'annonçait. Mais l'enjeu était cette fois ci différent. Ce ne serait pas une simple bataille où chaque camp défendrait ses valeurs, la justice pour la marine, la liberté pour les pirates. Amalya dans les mains du Gouvernement Mondial signifiait la fin des Droits de l'Homme. Amalya avait ouvert la mer en deux, mais son pouvoir s'arrêtait-il là ? Le conseil des cinq étoiles dominerait tous les peuples grâce à la peur qu'inspirerait ce nouveau pouvoir et les fruits du démon qui permettaient d'équilibrer les forces n'auraient plus aucune valeur.

Le soleil illumina la hune de ses premiers rayons et mit un terme à sa nuit de réflexion. Il se leva et vit l'ombre de Mahakala pourchassait les poissons sous l'eau. Le dragon retourna sur le pont et leva ses yeux vers Shanks qui l'observait. Le pirate et la créature se fixèrent un moment quand ce dernier vola jusqu'à lui. Ses grands yeux jaunes étaient troublant tant ils ressemblaient à ceux d'Amalya.

- Me dirais-tu qui elle est si tu le pouvais ? Lui demanda Shanks sans attendre de réponse.

Mahakala rapprocha son museau et renifla le pirate avant de frotter sa gueule contre lui. Surpris, Shanks resta stoïque un instant avant de lui caresser le crâne. Le dragon grogna et régurgita un poisson qu'il lui tendit du bout des crocs.

- .... Hum... Merci.... Tu penses aussi que je dois doubler de volume pour mieux la protéger ? Fit il avant de goûter un morceau par politesse. Et si on retournait la voir ?

Le dragon sautilla de joie, faisant ainsi trembler la hune et parti rejoindre l'infirmerie en détruisant encore un peu plus les encadrements des portes, ce qui fit sourire jaune Shanks qui se demandait s'il ne devait pas agrandir les ouvertures. A quel point pouvait-il encore grandir ?

************

Assoupi contre le lit, le doc n'avait pas bougé d'un pouce depuis la veille. Lentement, Mahakala s'assit à côté de lui et posa sa gueule sur les jambes d'Amalya. Shanks sourit, elle était sous bonne garde, il s'apprêtait à quitter la pièce lorsqu'il entendit un froissement de draps. Les yeux ouverts, la jeune femme le regardait puis referma les paupières.

- Alors ce n'était pas un rêve... C'est moi qui t'ai fais ça n'est ce pas ? Souffla-t-elle pour ne pas réveiller le doc.

- ... Tu n'étais pas toi même, chuchota-t-il en touchant le cocard de son oeil gauche.

- Si c'était moi, j'étais juste différente. Comme si quelque chose avait pris le dessus, je ne pouvais pas me contrôler, j'avais si peur et la colère m'aveuglait. Je ne m'excuserais jamais assez...

- Te rappelles-tu de tout ce qui s'est passé ?

- J'avais déjà manipulé l'eau lors de la tempête du siècle que nous avons traversé. En tentant de sauver Cornaq, j'ai découvert que je pouvais respirer sous l'eau mais j'ai également réussi à créer un léger tourbillon d'un simple signe de la main. J'ai retenté les jours suivants de reproduire ce geste mais sans jamais y parvenir. Comment aurais-je pu imaginé que je pouvais alors produire un tel exploit ?

- Je pense que tu n'y arrives que lorsque tu te sens en danger ou qu'un violent sentiment t'assaille. Tu vas devoir apprendre à maîtriser cette force pour l'utiliser quand tu le souhaites mais aussi pour éviter de tuer tous les gens présent... Amalya, je vais t'entrainer dès que tu seras sur pied, d'accord ?

- Capitaine, je ne suis pas normale, qu'est ce qui m'arrive ? Pourquoi suis je capable d'une telle chose ? J'ai peur.... Peur que ça recommence et que je vous blesse tous, gémit-t-elle en serrant ses poings.

- ... Nous devons prendre ce risque. Ne t'en fais pas, tu ne me tueras pas si facilement...

- ....

- Je plaisante. Tout se passera bien. J'ai confiance en toi Amalya.

- Qu'allons nous faire pour retrouver Space ?

- Je me charge de ça, toi tu te concentres sur l'entrainement et ne pense à rien d'autre, compris ?

La jeune femme hocha la tête. Oui, elle travaillerait dur et sans relâche.

*************

L'équipage, réunit dans la salle à manger pour le petit déjeuner, discutait de l'incident et des combats à venir. Le capitaine leur avait expliqué la situation dans laquelle ils se trouvaient et les pirates, qui avaient pour la plupart une dent contre le gouvernement, se faisaient une joie à l'idée du futur affrontement. Il était temps que ce gouvernement corrompu paye pour ses crime et son despotisme. Fier de son équipage, Shanks leva son café en l'honneur de ses hommes prêt à défendre l'un de leur compagnon lorsque le doc entra dans la salle suivit d'Amalya. La jeune femme regarda chacun des pirates puis finit son tour de table par Shanks.

- Capitaine, je suis prête pour l'entrainement.

Celui ci leva son verre plus haut, bu d'un trait le café brûlant en même temps que ses hommes avant de gueuler:

- A la nouvelle ère !


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Sam 3 Sep 2016 23:12 
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Deux chapitres en quatre jours !


Chapitre 27: Sois Forte et tais toi




Sur un navire de la marine quelque part dans le nouveau monde.

Debout face à l'une des fenêtres de son bureau, un homme regardait une feuille à travers l'unique petit trou du masque métallique blanc qui cachait son visage. Il ouvrit un tiroir et y rangea la prime sur laquelle était dessinée le visage d'Amalya lorsqu'on frappa à la porte.

- Bonjour Capitaine, nous avons préparé une petite fête en l'honneur de votre promotion au grade de Capitaine, tous les matelos vous attendent au réfectoire.

- J'arrive.

L'homme se leva, réajusta son uniforme et toucha le couteau attaché dans son dos sur lequel était gravé les lettres A W L, afin de s'assurer qu'il était toujours à sa place.

- Nous allons enfin nous revoir...

********

Amalya s'assit à table après avoir ordonné à Mahakala de rester dehors, il avait fait assez de dégâts comme ça. Le coq lui servit une assiette de fruit et un jus d'orange. La jeune femme regarda les assiettes des autres pirates, regarda la sienne puis interrogea le coq du regard.

- Je te déconseille de te blinder le bide si tu veux pas vomir tes tripes après ce qui t'attend. Le capitaine n'est pas un tendre lors des entrainements.

- .... Capitaine ? Tu comptes m'entrainer dans ton état ?

- Ah ah ah, tu es loin d'être à ma hauteur, je n'aurais même pas besoin de bouger le petit doigt !

- ....

- Moi, il m'a cassé trois côtes. Un conseil, ne fais pas l'andouille, suis bien ses conseils et apprends vite... Il n'est pas un bon pédagogue et a peu de patience... Chuchota le pirate à côté d'elle. Dis.... Je dormais quand l'autre nuit tu as... J'ai rien vu en fait et... Tu voudrais pas fendre ton jus d'orange en deux ?

- .....

- C'est pas grave... Peut être une prochaine fois...

Trentes minutes s'écoulèrent lorsque Shanks se leva.

- Allons-y.

Tous les pirates s'emparèrent des restes de nourriture, se reversèrent du café et coururent vers le pont où l'entrainement se déroulerait, laissant Amalya seule face à son verre de jus d'orange vide. Une boule au ventre vint lui tenir compagnie quand le doc lui caressa le dos.

- Allez princesse, ne le fais pas attendre, ce serait déjà un bon début. C'est quelqu'un de très indulgent et de patient en général, mais quand il s'agit d'entrainement, ce n'est plus le même homme....

La jeune femme rejoignit le reste de l'équipage qui s'était déjà installé un peu partout sur le bateau pour observer le futur carnage. Au centre du pont l'attendait Shanks tel un empereur prêt à éxecuter un de ses subordonnés. Tout en avancant vers lui, Amalya se préparait psychologiquement à morfler quand une boule de tissu vint se loger sur sa tête. Ben lui avait lancé sa ceinture et son sourire sadique étincellait sous le soleil.

- Attache toi les cheveux avec ça et montre nous ce que t'as dans le ventre !

- Amalya, dans un premier temps, tu vas m'attaquer afin que je puisse évaluer ton niveau, lui ordonna le capitaine. Bien, c'est quand tu veux.

Tout au long de sa vie les adversaires s'étaient succédés. William lui avait inculqué les rudiments du combat puis elle avait appris le reste sur le tas, en tentant de survivre dans un monde où régnait la loi du plus fort. Sa grande résistance naturel, ses facultés de régénération plus rapide que la normal et d'annulation des pouvoirs des fruits du démon lui avaient permis de toujours s'en sortir même face à des bons combattants. Mais Shanks n'était pas un homme quelconque. Il était un Empereur. Ce titre suffisait à faire fuir une flotte de navires de la marine qui croisait sa route.

Amalya ferma les yeux et se concentra. A deux reprises elle avait affronté le capitaine. La première fois sur l'île de Boratora en le repoussant d'un violent coup de pied et la seconde pas plus tard qu'hier. Seulement, lors de ces deux escarmouches, elle n'avait pas été dans son état normal. Elle respira un bon coup, le silence était tel qu'on aurait pu entendre péter les mouches. Ses dernières pensées furent pour William.

Elle rouvrit les yeux et se jeta sur Shanks. Comme il l'avait prévenu, chacun de ses coups furent aisément évités sans qu'il ne lève le petit doigt. Elle enchaina les coups de pieds et de poings sans jamais parvenir à l'atteindre puis elle prit le couteau de William dans son dos pour le lancer mais se ravisa. La lame ne servirait qu'à trancher qu'une seule personne, et ce ne serait certainement pas Shanks. Essouflée après dix minutes d'intenses attaques dans le vent, elle revint à sa position initiale.

- Je ne peux pas te toucher...

- En effet, à ce stade, t'en es incapable. Bien, à mon tour maintenant.

A ce même moment, Mahakala sauta devant la jeune femme et poussa un long grognement en montrant ses crocs à l'adresse du pirate. Il était hors de question qu'elle recoive le moindre coup de sa part. Touchée, celle ci caressa le dragon pour lui faire comprendre qu'elle ne courait aucun danger et lui ordonna de retourner à sa place.

Sans se précipiter, Shanks marcha alors lentement jusqu'à elle, et disparu soudainement. Trop rapide, Amalya ne vit pas le plat de la main qui l'éjecta à l'autre bout du pont. Le capitaine réapparut aussitôt devant elle et la remit debout en la soulevant par la chemise.

- ALLEZ ! Ne me fais pas perdre mon temps !

La crainte et le stress que son regard inspirait éveilla instinctivement chez la pirate une faculté qu'elle n'avait jusqu'à aujourd'hui que très rarement utilisé. Concentrée à l'extrême, elle plongea son regard dans celui de son adversaire et discerna les pulsations de son coeur qu'elle cala sur les siennes. A l'unisson, elle sentait l'énergie vibrante qui émanait de Shanks et les émotions qu'il dégageait. La curiosité et l'excitation. Sa vue devenu inutile, elle pouvait à nouveau fermer ses yeux et simplement le ressentir.

- C'est ça ! Cria Shanks qui sentait cette soudaine connection.

Il frappa Amalya du plat de la main à trois reprises. Le ventre, l'épaule gauche, le thorax. N'étant pas suffisament rapide, elle n'esquiva pas les coups qu'elle devinait presque à l'avance mais les encaissa en se protégeant à l'aide des bras. Le capitaine réapparut derrière elle et la frappa dans le dos, la projetant cinq mètres devant. Elle retint sa chute et d'un puissant coup de pied se projeta par un haut salto arrière afin de frapper la tête de Shanks qui l'évita bien entendu. Elle enchaina crochets du droit, du gauche, uppercut, tous dans le vide lorsque Shanks lui administra un violent coup de paume dans le sternum. Souffle coupé, la jeune femme ne se laissa pas éjecter et s'agrippa à son avant bras avant de lui mettre un terrible coup de boule dans le front.

Silencieux depuis le début, tous les pirates hurlèrent des cris de victoire au succès de la jeune femme. Shanks essuya les gouttes de sang qui perlait sur son visage tandis qu'Amalya, à genoux, gémissait en tenant le sien des deux mains.

- Aaaaaaah on dirait du métal... Souffla-t-elle tremblante de douleur.

- .... Je savais que tu en étais capable ! Tu sais déjà utiliser le haki, mais tu le maitrise mal par manque d'entrainement. Tu ne dois pas attendre de te sentir en danger pour en faire usage !

- Le haki ? Fit Amalya en redressant sa tête, avec une énorme bosse faisant office de troisième œil.

- Le haki est l'énergie que possède chaque être vivant. Elle se décline en trois pouvoirs: Le haki perceptif ou " la présence " permet de percevoir " la voix " que chaque être émet. Tu peux ainsi les ressentir sur de longues distances et repérer les ennemis hors de ton champ de vision, connaitre leurs nombres, leurs émotions et même créer des prémonitions. C'est ainsi que le capitaine a pu éviter tes attaques, expliqua Ben assis sur le garde corps. Le haki offensif ou " l'esprit combatif " est une armure invisible qui protège des attaques ennemis ou les repousse comme un bouclier. Tu peux également l'utiliser pour durcir les parties de ton corps ou en imprégner les armes blanches et à feu, ce qui améliore la puissance de frappe.

Shanks fit une démonstration en sortant son épée de son fourreau et en lançant une attaque vers le ciel qui fendit les nuages en deux. Puis il tendit son bras vers Amalya qui le vit devenir noir.

- Enfin, il reste " l'intimidation " ou communément appelé le...

- Haki des rois... Coupa sèchement la jeune femme les yeux dans le vague. Il m'en reste de mauvais souvenirs...

Elle repensa alors à cette nuit sur l'île de Las Negras où elle défia Shanks sur un coup de colère. Celui ci l'a remit à sa place et lui montra à travers ce pouvoir qui était le chef. Mais ce ne fut pas la première fois qu'elle subit le haki des rois. Cette technique de torture était la préférée de son ancien bourreau, Space.

- C'est ce qui arrive quand on manque de respect à son Capitaine. Extremement rare sont les personnes qui possèdent les trois formes du haki. Et toi, à ce jour, tu en possèdes deux. Le haki perceptif et le haki des rois. Conclu Ben en regardant Shanks.

- En effet. Je t'ai senti me sonder et te caler sur ma voix. Peut être vas tu me montrer la troisième forme, qui sait ! S'exclama le capitaine, fier d'elle.

- J'ai le haki des rois ? Quand l'ai-je utilisé ?

- Lors de l'affrontement contre Kaïdo. Tu as terrassé de nombreux pirates qui sont tombé dans les pommes sous l'effet de ton intimidation. Mais tu n'étais pas toi même, répondit Shanks.

- Je m'en rappelle vaguement. Cela doit prendre beaucoup de temps pour maîtriser parfaitement les différentes formes. Et le temps nous manque cruellement, n'est ce pas Capitaine ? Dit-elle en se mettant en position de combat.

Shanks sourit et répondit à son invitation en reprenant l'entrainement.

********

Harassé par la cadence effréné que lui imposait le capitaine, Amalya partit se couchait de suite après le souper, sous les congratulations de ses amis qui avaient été impressionné par sa performance. Peu d'entre eux étaient en mesure de toucher le capitaine.

Les minutes passèrent au compte goutte, s'ensuivit des heures interminablement longue lorqu'Amalya, ne trouvant pas le sommeil, finit par aller sur le pont pour une plongée nocturne. Elle marcha jusqu'au bastingage et s'apprêtait à retirer ses vêtements lorsqu'une montée de larmes la surpris. Retenant un sanglot, elle s'aggrippa à la rambarde et se mordit les lèvres pour empêcher tout son de sortir.

- Ne te retiens pas.... Ce besoin de pleurer est parfaitement légitime. William n'est plus, et les larmes sont une partie du long processus du deuil, murmura Shanks derrière elle.

La pirate essuya honteusement ses joues et s'éloigna de quelques mètres. Elle n'aimait pas être dans un tel état et encore moins qu'on la surprenne ainsi.

- C'est ton tour de garde Capitaine ?

- Non, je n'arrive pas à dormir.

Shanks s'assit sur le bastingage et la dévisagea sans prononcer un mot. Mal à l'aise, Amalya tourna le regard et s'assit à son tour avant d'entamer la conversation.

- Comment es-tu devenu pirate Capitaine ?

Le pirate sourit et ne répondit pas à sa question.

- Tu ne veux peut être pas en parler... Je comprends.

- Non ce n'est pas ça. Je suis content que tu me poses la question. C'est la première fois que tu me questionnes sur ma vie ! Ca me fait plaisir.

- ... C'est vrai que jusqu'à aujourd'hui, j'ai rarement pris la peine de m'intéresser aux autres...

- Peu importe le passé, seul compte ce que tu fais à partir de maintenant. Tu t'ouvres petit à petit aux autres car tu commences à saisir ce qui importe vraiment.... Réfléchit-il en regardant le ciel étoilé. Je suis devenu pirate par la force des choses. Mon enfance n'a rien de glorieuse. Je suis né dans une famille de pêcheur et lors d'une sortie en mer, nous avons été attaqué. Quelques heures plus tard, un bateau pirate m'a repêché, c'était celui du seigneur des pirates, Gol D Roger. J'ai pris goût à la vie que menait ces hommes et j'ai décidé plus tard de fonder mon propre équipage. La liberté que procure cette vie est le plus grand des cadeaux.

Amalya l'écoutait attentivement lorsqu'elle posa sa main sur la bosse de son front. Shanks la rejoignit et toucha l'hématome.

- Il s'est vite résorbé, tu as encore mal ?

Son visage si près du sien, Amalya devint rouge comme une pivoine et sentit son coeur battre la chamade. Le pirate replaca une mèche de ses cheveux derrière son oreille et la fixa d'un intense regard. Jamais elle n'avait remarqué la couleur de ses yeux. De beaux yeux noisettes. Ebranlée par cette étrange sensation qui la submergeait sans crier gare, elle le repoussa d'une main et plongea dans l'eau. Figé, et se sentant complètement stupide, Shanks frappa la rambarde du poing ce qui la cassa en deux.

- Quel con... Se dit-il à lui même.

***********

Les quatres semaines suivantes ne furent consacrés qu'à son entrainement. Tous les pirates de l'équipage l'affrontèrent à tour de rôle pour qu'elle ne s'habitue pas aux techniques d'une même personne mais cela permettait aussi à chacun de s'améliorer. Ben prit grand plaisir à la combattre, depuis le temps qu'il voulait lui mettre une raclée, il ne retint donc pas ses coups et la jeune femme fut sévèrement malmené. Pourtant, sa détermination et sa rage contre Space la poussait à toujours se relever. Son endurance et sa rapidité avaient considérablement augmenté, et tandis que ses adversaires, fatigués, finissaient par se reposer, elle, encore d'attaque, en affrontait d'autres jusqu'à s'effondrer d'épuisement.

- Je dois reconnaitre qu'elle a une sacrée paire, s'étonna Ben un jour qu'il la regardait se battre avec Yasopp. Elle ne se plaint jamais et progresse à une vitesse... Son potentiel n'a pas de limite. Derrière sa grande gueule se cache finalement une femme qui mérite mon respect. Elle envoie du lourd la petite ! Au fait, que lui as-tu fais pour qu'elle soit aussi froide avec toi ?

- .... Rien.... Il était temps que tu te rendes comptes qu'elle en vaut la peine ! Répondit Shanks en mangeant une assiette de charcuterie.

- Je pense toujours qu'elle est dangereuse et qu'elle nous ménera droit dans le mur. ATTENTION ! Cria-t-il à la pirate qui ne sentit pas venir le prochain coup de Yasopp droit dans son dos.

La frappe la fit passer par dessus bord. Elle ne ressortit de l'eau qu'au bout de deux minutes et sa vitesse était telle que Yasopp n'eut pas le temps de la sentir. Un crochet du droit monumentale lui éclata l'arcade sourcilière et l'assoma quelque peu. Amalya prit son couteau made in William et le plaça sous le cou de son adversaire.

- J'ai gagné !

- Bien joué ! Cria Shanks la bouche pleine. Sa vitesse augmente encore plus lorsqu'elle est dans l'eau. Mais elle n'arrive toujours pas à la manipuler.

- Il faudrait qu'elle se sente réellement en danger et que ses yeux deviennent noirs.

- Je n'ai pas envie d'en arriver là, la peur ou la colère ne devraient pas être la source de son pouvoir. Il faut trouver une autre solution et je pensais à... Shanks s'interrompit brusquement lorsqu'il vit à l'horizon un petit voilier se dirigeait vers eux.

Amalya, qui avait bu sa sixième bouteille d'eau de la journée, partit au toilette sans s'en s'apercevoir. Un kilo en moins, elle revint sur le pont avec une énième bouteille qu'elle lâcha à la vue de l'homme qui n'avait rien à faire là.

- Que fait-il ici ? Demanda-t-elle tiraillé entre la joie et la colère.

- Je l'ai fait venir. Je pensais que ça te ferai plaisir, lui répondit le Capitaine étonné par son étrange réaction.

- Plaisir ? Cet abruti m'a trahi en me livrant à Don Vito qui a tenté de me tuer ! La prochaine fois que tu veux me faire une surprise Shanks, demande moi d'abord MON AVIS ! Cria-t-elle avant de faire demi tour et claquer la porte derrière elle.

Malheureusement pour Ben, il n'eut pas le temps de répliquer que c'est ce qu'on ressentait quand on se faisait trahir et qu'elle le méritait bien pour leur avoir fait subir la même chose. Cela aurait été du plus bel effet ! En attendant, Tino se sentit mal à l'aise quand il vit tous ses regards hostiles tournés vers lui.

- Tu as fait QUOI ? S'énerva le capitaine furieux.

- Non mais c'est du DELIRE ! Je n'ai rien fait moi ! Paniqua Tino transpercé par le regard haineux de Shanks. Laissez moi vous expliquer avant de... Gémit-il quand le capitaine le souleva du sol par la gorge.

Shanks le sonda une minute et le reposa sur le pont juste avant qu'il ne meurt étouffé. Une partie de son existence auprès d'Amalya avait défilé dans son esprit puis la fois où il avait, sous l'emprise de l'alcool et de la drogue, avoué à l'un des hommes de Don Vito les pouvoirs de la jeune femme et son désir de rencontrer Kaïdo. Le parrain avait fait appel à elle pour qu'elle vienne éliminer un sous fifre de Kaïdo qui avait élu domicile sur son île. Ce mensonge avait conduit la jeune femme à un violent combat dans lequel un jeune garçon avait perdu deux de ses membres.

- Tu la trahis par ta bêtise, espèce d'enfoiré....

Tino, assis sur le sol, toussait et reprenait avec peine son souffle. Shanks lui avait par la même occasion remontrer ses propres souvenirs puisque Tino ne s'en rappelait pas.

- Je ne m'en souvenais plus.... Souffla Tino affligé. C'est vrai, je l'ai trahi.... Comment ai-je pu lui faire une telle chose... Réussit-il à dire en se cachant les yeux des mains. Il faut que j'aille lui parler... S'il vous plait...

Shanks ne l'avait pas ramené ici pour rien. C'était le meilleur ami d'Amalya, lui seul avait les mots pour la réconforter de la mort de son grand-père. Il l'emmena donc jusqu'à la chambre de la jeune femme qui s'y était enfermée puis les laissa seuls.

La joue contre la porte, Tino tentait d'écouter ce que faisait Amalya lorsqu'elle lui parla, elle même adossé de l'autre côté.

- Tu m'as fait mal Tino...

- Pardonne moi ma Lya... J'étais saoul comme un cochon, je l'ai dit sans penser aux conséquences... Je ne savais pas que Don Vito t'en voulait à ce point. Pourquoi ne m'as tu jamais recontacté ? Je me faisais un sang d'encre, je suis même allé à Cosa Nostra pour avoir de tes nouvelles. C'est là que Mama m'a appris ce qu'il s'était passé...

La pirate ouvrit brusquement la porte et lui fit face.

- Je ne te pardonne pas.

Elle partit à la salle à manger,Tino à ses trousses, et s'installa à table où mangeaient déjà les autres. Tino, à genoux derrière sa chaise, la supplia de lui pardonner.

- Arrête, tu es ridicule, tu me ferais presque de la peine. Achete toi des couilles et tiens toi comme un homme.

Le regard triste, Shanks, assit à l'autre bout de la table, sourit en entendant cette boutade.

- Ma Lya, ne me fais pas ça, je t'en prie... Tu sais que je ne pourrais pas supporter...

Shanks baissa les yeux. A lui, il lui faisait de la peine. En apercevant son passé, Shanks avait comprit que Tino était fou d'elle et qu'il ne supporterais plus la vie si elle le rejetait. Leur relation était plus qu'amicale, elle était unique. Intemporelle. Si la réincarnation existait bel et bien, les deux amis avaient dû se côtoyer durant toutes les précédentes car ce qui les lié était incomparable. Rien ne pouvait les séparer. Amalya se redressa, gifla Tino et le prit dans ses bras.

- Evidemment que je te pardonne, abruti.

- Tu voulais juste m'humilier en public.... Ma Lya tout craché... Allons prendre l'air, on doit discutait.

La jeune femme suivit son ami vers la sortie quand elle se retourna pour souffler au Capitaine:

- Merci !


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Sam 22 Oct 2016 17:36 
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Chapitre 28: un rêve est la moitié d'une réalité

Le capitaine avait raison. Seul Tino avait le don de lui remonter le moral. Sa seule présence suffisait à lui rendre le sourire. Les deux amis s'installèrent dans le jardin exotique et se racontèrent tous ce qu'ils leur étaient arrivé depuis leur dernière rencontre.

Par l'intermédiaire de ses nombreux contacts, Tino avait créé une association pour les enfants défavorisés. L'argent récolté permit de construire des orphelinats, des écoles et des dojos sur une dizaine d'îles. Entre temps, sa femme Anna était tombée enceinte et Tino se sentait à la fois effrayé et pressé d'être papa.

De son côté, Amalya lui parla de son affrontement contre Kaïdo, du Gnomon et de l'incident où elle sépara l'océan en deux. Encore trop douloureux, elle omit la mort de William, ce qui retint l'attention de Tino.

- Alors c'est donc lui ce fameux dragon... Je l'imaginais moins grand... C'est dingue ! Vous avez les mêmes yeux ! Fit Tino en regardant Mahakala.

- Alors tu vas être père.... Pauvre gosse.....

- .... Lya, je ne suis pas un de ces pirates, tu peux rester toi même avec moi...

A cette remarque, la jeune femme fondit en larme. Tino sortit de son hamac et la rejoignit dans le sien pour la serrer fort contre lui.

- Roar m'a tout raconté pendant le voyage. Je regrette tellement de ne pas avoir été à tes côtés.

- J'ai mal, si mal.... Je revois constamment son corps pendu et son regard vide. J'essaye de sourire, de dissimuler cette douleur qui me dévore... Tino.... Aide-moi.... Gémit-elle dans le cou de son ami qui était profondément touché.

- Ma Lya... Murmura-t-il en lui embrassant le front. Seul le temps estompera ton chagrin. La perte d'un être cher est ce qu'il y a de plus douloureux. Mais sa mort ne doit pas être inutile. Tu dois te battre pour honorer sa mémoire et vivre ta vie sans regrets, sans remords. L'abandon serait pour lui la pire des trahisons...

- Je sais...

Bercé par le vent, les deux amis restèrent un moment silencieux à regarder les étoiles lorsque le ventre de Tino se mit à gargouiller. Sans attendre, Amalya l'emmena à la salle à manger pour prendre un repas mais lucky avait fini tous les restes.

- J'ai réussi à te garder une assiette ma belle... Veux-tu que je prépare autre chose pour Tino ?

Demanda le coq étendu sur une banquette, le bide à l'air.

- Ne vous embêtez pas, je vais me faire une simple omelette s'il vous reste des œufs, répondit Tino en ouvrant le frigo.

Secondé par Amalya, il cassa les œufs et y rajouta de petits champignons tout droit sorti de sa veste avant de mélanger le tout avec dextérité.

- Putain, t'es sérieux là ? Souffla la jeune femme en fronçant les sourcils. Dois-je te rappeler ce qu'il s'est passé la dernière fois qu'on en a bouffé ?

- Ouais, on s'est éclaté !

Une fois cuite, il versa l'omelette dans une assiette et la posa sur la table le temps de prendre un verre de rhum mais Lucky, toujours affamé, se servit à la vitesse de la lumière une large part qu'il engloutit aussitôt.

- Désolé, mais ça sentait si bon ! S'excusa le gros pirate insouciant.

- Pas de problème mon pote ! Plus on est de fous, plus on rit ! S'exclama Tino ravi alors qu'Amalya agita la tête, désespérée.

Une fois le plat terminé, les deux complices dégrafèrent leur ceinture et se roulèrent des joints entre deux verres d'alcool.

- Amalya, vas-y mollo, ce serait con que la soirée se termine mal, suggéra Ben seul dans son coin après le départ de Shanks il y a une heure.

La digestion de l'omelette fit bien son travail quand ils commencèrent à ressentir les premiers effets des champignons magiques. Euphorique, Tino s'empara de la guitare du musicien de l'équipage et entreprit un solo splendide et rythmé. Amalya se remémora leurs aventures les plus mémorables qu'elle partagea à l'assemblée comme un conteur raconterait une anecdote.

- Mama devait recevoir un groupe de marchands important dans son Bordel sur ordre de Don Vito. Elle passa deux jours à nettoyer les lieux de fond en comble et passa au peigne fin toutes ses filles qui s'occuperaient de ces messieurs. Je ne sais plus pour quelle raison nous avions entreprit cette petite farce mais...

- Elle rechignait à te payer ton dernier salaire ! L'interrompit Tino entre deux notes de guitare.

- Ah oui c'est vrai ! Quoiqu'il en soit, nous avions eu l'idée de mettre du laxatif dans tous les tonneaux d'alcool qu'elle comptait leur servir. La petite fête en l'honneur des marchands commença particulièrement bien quand ces derniers vidèrent tout leur soûl par le cul en chevauchant les prostituées ! Ils repeignirent littéralement le Bordel et les putes avec ! S'exclama la pirate hilare.

Egayé par l'alcool, tout l'équipage s'esclaffa lorsque Shanks, qui était revenu entre temps, raconta la suite de l'histoire.

- Tu oublis de dire que toi et Tino avaient dû, en guise de punition, nettoyer toute la merde...

- Sans oublier qu'elle ne t'a pas versé ton dernier salaire ! Rajouta Tino.

- ... Comment tu sais ça Capitaine ?

- Ah je ne t’ai pas dit ? Il m'a fait un truc bizarre tout à l'heure quand je suis arrivé ! Remarqua Tino qui se reversait un verre.

- Tu as sondé son esprit ?! Qu'as-tu vu d'autre ? L'interrogea-t-elle soudainement embarrassée.

- ... Pourquoi ? Il y a des choses que tu aurais préféré que je ne vois pas ?

Amalya rougit autant qu'on puisse l'être et s'affaissa dans son siège.

- Ah ah ah ! C'est vrai que tu étais drôlement chaude à l'époque ! C'est marrant quand j'y pense ! Dès qu'il n'y avait plus d'action, plus de baston et qu'on se faisait chier comme des rats morts, il fallait que tu dépenses ton énergie autrement ! Aaaaaah ce que j'aimais ces moments de calme.... Soupira Tino le visage en extase. Heureusement qu'il n'a pas vu les souvenirs de Vito ! S'exclama-t-il en mettant une claque dans le dos de la jeune femme qui ne pouvait pas se faire plus petite qu'elle ne l'était déjà. Avec lui, s'en était presque obscène !!

- .... Ta gueule....

- D'ailleurs, si tu t'ennuies ce soir... Je suis là... Lui dit Tino en la tapant du coude doublé d'un énorme clin d'œil pas du tout discret.

Shanks lui jeta un regard noir avant de demander au navigateur de l'équipage de le suivre pour lui montrer le nouvel itinéraire. Sur ce, Lucky, les yeux exorbités, fixait sa cuillère depuis un bon quart d'heure lorsqu'il beugla tout en lâchant des pets et des rots hors norme:

- CUILLEEEEEERE ! ;)

Choqués, Amalya et Tino se regardèrent avant de se tordre de rire puisqu'eux seuls comprenaient ce que pouvait ressentir le pauvre Lucky. Un nouveau quart d'heure s'écoula quand la jeune femme décida, après un bâillement à s'en décrocher la mâchoire, d'aller se coucher. Tino se redressa aussi sec, fit la révérence aux pirates le visage fendu par un sourire plus que pervers et leur souhaita une bonne nuit, mais pas autant que la sienne.

Il suivit son amie jusque dans sa chambre et enleva avec empressement ses vêtements quand il se prit en pleine poire les débris de la porte qui explosa violemment.

- Tu fais quoi là ? Siffla Shanks dans le couloir, quelque peu énervé.

- Euuuuuh, je vais me coucher..... Murmura Tino pas tout à fait serein, un morceau de bois dans les cheveux.

- Ton lit se trouve dans le dortoir....

- Ah oui ? Je... je pensais dormir....dormir là en fait... Baragouina-t-il en jetant un coup d'œil à Amalya qui haussa les épaules.

- Je te conseille d'y aller rapidement si tu veux passer la nuit dans un lit... Rajouta la pirate surprise par la tournure des événements.

Plus que déçu, Tino se rhabilla aussi vite qu'il s'était déshabillé et passa devant Shanks peu fier, la queue entre les jambes.

- Je trouve que la chambre a plus de gueule sans porte, elle restera un moment comme ça. On se voit demain à l'entrainement, conclut le capitaine avant de faire demi-tour.

Bouche bée, Amalya hocha la tête, enleva les morceaux de portes sur son lit et s'y allongea, appréhendant l'aube qui finirait tôt ou tard par se lever.

************

De la terre jusqu'à l'horizon. Encore et encore, partout où elle allait, s'en cesse de la terre à perte de vue. Et parsemé ici et là, des petites colonies de fourmis vaquant à leurs occupations. Non, pas des fourmis. Des hommes. Des villages. Des cités. La terre soudain trembla. D'abord faiblement, puis de plus en plus intensément jusqu'à ce que d'immenses geysers d'eau la transpercent de toute part. Epouvantés, les petits êtres s'agitèrent piteusement à la recherche d'un abri.
" ...ne suis que le reflet....méritez ce.....vous arrive....."

***********

Les yeux injectés de sang, le teint plus pâle qu'en temps normal, Amalya venait de passer une nuit particulièrement difficile qui l'épuisa psychiquement. Le cerveau embrumé et les yeux pas encore en face des trous, elle se hissa hors du lit et partit à la salle de bain pour prendre une douche vivifiante.
La salle de bain, composé d'une dizaine de cabine de douche, d'une grande baignoire et de quelques lavabos surplombaient d'un immense miroir, était assaillie par de nombreux pirates qui tentaient de décuver en s'aspergeant le visage ou en se douchant à l'eau froide, pour les plus valeureux.

Lorsqu'ils virent rentrer la jeune femme, certains culs nus se couvrèrent d'une serviette et des yeux s'agrandirent quand elle commença à se déshabiller. Ben, qui se brossait les dents, vint se poster à côté d'Amalya, déjà nue, et la regarda de haut en bas. Puis de bas en haut. Puis encore un aller-retour pour la forme.

- Tout va bien ? Lui demanda-t-il pas tout a fait sûr qu'elle soit réveillée.

- Bof, j'ai du mal à émerger...

- Oui, je vois ça. Prends ton temps surtout...

Elle entra dans la cabine et colla son front au mur après avoir ouvert le robinet sur eau froide. Très froide. Mais elle ne sentait rien. Son corps réagit par la chair de poule mais son esprit restait figé, focalisé sur l'étrange rêve qu'elle avait fait. Tellement réaliste et saisissant qu'il lui était difficile de penser à autre chose. Même la voix de Shanks qui gueulait à ses hommes de sortir vite fait bien fait au risque de se prendre un coup de pied au cul ne la réveilla pas. Elle aperçut juste du coin de l'oeil une tête rousse poser une serviette sur la porte de sa cabine.

- Pense à t'habiller avant de venir déjeuner d'accord ? Amalya ? Ca va ? AMALYA ?

La pirate décolla son visage des carreaux et tourna la tête vers son capitaine qui la regardait d'un air inquiet. Ses yeux rougis étaient-ils la conséquence de son chagrin ou d'une soirée trop arrosée ? Impossible de voir des larmes avec toute cette eau qui dégoulinait sur son visage.

- Bonjour Capitaine.

- Bonjour.... Tu n'as pas l'air dans ton assiette, que t'arrive-il ? Demanda Shanks pas du tout perturbé par la situation qui ne prêtait pas vraiment à l'échange de quelques mots.

- Rien... Ca va Capitaine...

Il n'y avait pas grand chose à dire, après tout, ce n'était qu'un mauvais rêve donc pas de quoi gaspiller de la salive. Shanks hocha la tête et quitta la pièce légèrement tendu. Quelques minutes passèrent quand Amalya décida de mettre fin à cette douche inutile. Elle enroula la serviette autour de son corps et s'accouda à un lavabo. Le reflet de son visage sur le miroir lui semblait différent, voire méconnu, comme si elle se voyait pour la première fois. Elle toucha sa bouche puis ses profondes cernes noires, c'était bien elle, alors pourquoi cette étrange intuition qu'elle était une autre ?

- Ressaisis toi idiote, tu perds la boule... Allez, tu souris et tu te reprends, tout va bien dans le meilleur des mondes ma grande... Se dit-elle à elle même en se giflant les joues.

A peine entré dans la salle à manger, Tino l'interpella vivement et tapota la chaise vide à côté de lui. Frais comme un gardon malgré un visage livide et les traits tirés, Tino semblait de bonne humeur et heureux d'être là. Sa cuite aux différentes drogues de la veille n'avait pas du tout entamé son énergie, c'est à dire qu'il avait acquis au fil du temps une certaine expérience.

- Ma Lya, tu tires une de ses tronches, c'est parce que je n'ai pas dormi avec toi, pas vrai....? Roucoula-t-il les yeux brillant.

- ... Pour quelqu'un qui a dormi avec une trentaine de pirates ivres et en manque de femmes, tu sembles drôlement content.... Tu t'es découvert une nouvelle passion pour le même sexe ?

- .... Ma douce et tendre Lya adoré, saches que j'ai horriblement mal dormi mais que je suis quand même trèèèèèèès heureux car je t'ai à mes côtés.... Ces abrutis de pirates ronflent si fort que je m'en suis pêté les tympans en bouchant mes oreilles comme un forcené ! Dis donc ma Lya...... Le capitaine n'aurait pas un peu le béguin pour toi....? Sa soudaine et fracassante apparition dans la chambre hier soir est plus que suspecte non ?

Amalya regarda Shanks à l'autre bout de la table et rougit légèrement avant de baisser les yeux sur son petit déjeuner.

- Ne commences pas à dire des conneries à une heure aussi matinale, je suis assez fatiguée comme ça... On s'en fout de ce que ressent le capitaine, il n'y a pas de place ici pour une quelconque histoire. Je ne peux pas me permettre d'avoir une attirance pour lui.

- .... Putain, j'y crois pas ! Tu ressens quelque chose pour lui ! S'exclama Tino la bouche grande ouverte.

- T'as vraiment percé tes tympans ! Je viens de te dire qu'il ne pouvait pas se permettre d'avoir des sentiments pour moi dans de telles circonstances !

- T'as carrément dis le contraire ! J'en reviens pas qu'il te plaise.... J'en reviens pas qu'un homme te plaise ! T'as jamais aimé personne ! Alors pourquoi cet enfoiré ? S'écria Tino vexé.

- C'est quoi ton problème putain !? Mais de quoi tu parles bordel ?! Commences pas à me faire chier Tino !

- Ca fait des années que je me tues à avoir tes faveurs et MADAME mouille sa culotte à la vue du premier venu qui lui fait les yeux doux ! Cria Tino furieux ce qui attira tous les regards.

Interloquée, la jeune femme ne sut quoi répondre jusqu'à ce qu'une profonde colère la saisisse. Elle renversa la table à l'aide de ses mains et attrapa son ami par le col avant de le pousser contre le mur derrière elle.

- Casse toi d'ici ! Rentre chez toi ! Je t'ai jamais rien demandé ! Pourquoi t'es venu m'emmerder jusque sur ce bateau ? J'EN PEUX PLUS TINO ! J'en peux plus de tout ce merdier, je ressens tellement de HAINE ! Hurla-t-elle à son visage le poing levé près à lui en coller une.

- Je suis QUOI pour toi ?! HEIN ? Répond moi AMALYA ! Je REPRESENTE QUOI pour toi ?! Continua Tino blessé.

Une main agrippa la jeune femme et la plaqua sèchement contre le mur. Tino s'écarta et regarda Shanks qui la tenait fermement par l'épaule.

- Je suis pas vraiment d'humeur pour supporter vos conneries aujourd'hui... Murmura le capitaine en fixant Tino. Je t'ai pas fait venir pour que vous vous foutiez sur la gueule. Et toi Amalya, tu vas baisser d'un cran immédiatement, c'est bien clair ?

La pirate, folle de rage, ne pensait à cet instant qu'à frapper, encore et encore, celui qui se trouverait sur sa route. Shanks, ressentant parfaitement ses émotions, se rapprocha de son visage et lui chuchota:

- Alors si c'est ça que tu veux, je vais te calmer vite fait bien fait...

Il l'emmena jusque sur le pont et la tourna face à lui. L'équipage, tout autour, attendait l'inévitable affrontement.

- Vas y ! Cogne ! Cria Shanks en tapant sa propre poitrine. Cogne autant que tu veux !

Amalya lui mit un premier coup de poing dans le ventre et en enchaina une dizaine aussitôt mais l'abdomen, totalement noirci par le haki de son adversaire, encaissait sans broncher. Shanks l'attrapa par la chemise et commença à la provoquer.

- Alors c'est tout ? C'est tout ce dont tu es capable ? Je n'ai même pas reculé d'un pouce... Ca se donne des grands airs, ça lève le poing et ce n'est même pas fichu de faire une égratinure...

Les yeux de la jeune femme s'assombrirent lentement ce qui ne passa pas inapercu à ceux de Shanks. Il cala sa "voix" sur la sienne et ressentit alors ses émotions. Rage, culpabilité, terreur, solitude. Branché sur la même longueur d'onde, il la serra contre lui et souffla à son oreille:

- Je ressens ce que tu éprouves et je comprends. Mais tu ne dois pas te laisser envahir par ce conflit intérieur. Accepte ce chaos qui t'habite et dompte le. Cale toi sur mon haki et laisse moi te guider.

A travers sa folie, Amalya perçu les paroles de Shanks et se laissa montrer la voie. Elle écouta ses propres sentiments et les accepta comme faisant partie pleinement d'elle. Leurs existences étaient indéniables mais leurs avenirs incertains. Elles pouvaient les dominer et les contenir par la force de sa volonté. Et avec le temps peut être les effacer. Shanks lui fit ressentir des émotions plus positives jusqu'à ce qu'elle se détende complètement. De nouveau elle même, elle comprit qu'elle avait été à deux doigts de provoquer un nouveau cataclysme et malgré cela, elle se sentait bien, apaisée et confiante. Elle mit alors de côté son tempérament froid habituel, attrapa le visage de son capitaine et colla son front au sien.

Shanks, comment as tu fait ? J'étais sur le point de me perdre... Merci. Merci d'être là. Toujours là pour moi...

Respirant doucement, elle concentra toute son attention sur l'océan et fit léviter une goutte d'eau jusqu'entre leurs deux visages. Ses yeux, ni jaunes, ni noires, avaient pris une teinte noisette. A la vue de cette petite particule de mer, le capitaine sourit et l'équipage reprit enfin sa respiration.

- Tu me surprendras toujours... Murmura-t-il admiratif. Maintenant, dis moi ce qui n'allait pas.

- ... J'ai fais un rêve cette nuit... Et je pense que ce n'était pas qu'un simple rêve mais la réalité. Une réalité passée ou à venir...


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 Sujet du message: Re: [FanFic] Amalya
MessagePosté: Lun 5 Déc 2016 00:22 
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Chapitre 29: gouttes d'espoir

Sans faire le moindre mouvement, elle nageait dans l'obscurité la plus totale. Un banc de poissons luminescents surgit des profondeurs et passa à côté d'elle avant de disparaitre au loin. Comme une petite goutte d'eau dans ce vaste océan, elle se fondait dans le décor et se sentait en parfaite harmonie avec celui ci. Elle accéléra sa vitesse vers la surface lorsque la lumière éclaira un petit corps sombrant lentement vers les abysses. Indifférente, elle continua son ascension à travers des dizaines d'autres corps flottant au gré des courants et finit sa course hors de l'eau. Le ciel orageux colorait l'atmosphère d'une teinte sinistre. Elle nagea jusqu'à la plage en évitant les cadavres et s'assit sur le sable, face à l'horizon. Une vague apporta jusqu'à ses pieds le corps inerte d'un bébé qu'elle repoussa de la main. Elle ferma les yeux et leva son visage vers le ciel. La douce brise fétide la fit sourire. Elle se sentait si bien.

Allongée sous une épaisse couette, Amalya se redressa fébrilement et regarda le feu de camp mourir lentement. Autour d'elle, une dizaine de pirates dormaient paisiblement dans leurs lits de fortune. Elle regarda Tino à moitié découvert et remonta sa couverture. Le froid qui régnait été glaciale. Après avoir rajouté quelques bûches sur les braises, elle s'habilla chaudement et sortit de la grotte.
L'étroite corniche qui surplombait l'île hivernale offrait une magnifique vue panoramique sur la plage à l'Ouest où était amarré le Red Force, sur l'immense forêt de pins au centre, puis sur la chaine montagneuse enneigée à l'Est. De garde, Roar était assis à l'entrée de la grotte, bien emmitouflé sous trois manteaux de fourrures.

Amalya leva les yeux vers les nuages d'un blanc immaculé et aperçut une tâche sombre fendre le ciel en deux. Mahakala, encore plus imposant, volait à toute vitesse simplement pour le plaisir.

- Me gèle les miches.... Souffla Roar entre deux claquements de dents.

- Je vais faire un tour, je reviendrais avant que les autres ne se lèvent.

- Le capitaine ne veut pas que tu te promènes seule. Je ne peux pas te laisser partir. Désolé.

A cet instant précis, la jeune femme se fichait pas mal de l'avis de quiconque et n'avait qu'une idée en tête, oublier cette odeur de mort qui emplissait ses narines. Elle passa outre l'avertissement du pirate et marcha vers le petit sentier escarpé qui descendait vers la forêt quand ce dernier se leva pour lui barrer la route.

- S'il te plait Amalya, j'ai pas envie d'aller réveiller le boss pour tes sauts d'humeur.

- Je vais l'accompagner... Intervint Yasopp en se frottant les yeux à moitié collé. Je te cacherais pas que je préfèrerais rester au pieu mais je te sens determiné à n'en faire qu'à ta tête.

- Merci, j'ai vraiment besoin de faire un tour.

Ils partirent donc vers l'Est en direction des montagnes, laissant de nouveau seul un Roar ronchonnant et frigorifié.
Perdu dans ses pensées, Amalya ne portait aucune attention à Yasopp qui la suivait de près. Comprenant l'état dans lequel elle se trouvait, il resta silencieux et contempla les arbres couvèrent de leurs scintillant manteaux blancs en se demandant quelle rêve elle avait pu encore faire.

Quinze jours s'étaient écoulés depuis l'arrivée de Tino dont deux sur cette île pour se ravitailler en nourriture et en eau. Shanks avait poursuivi son entrainement entre temps sans jamais parvenir à lui faire remanipuler l'eau. Grâce à son haki, il était en mesure d'apaiser Amalya mais celle ci, persuadée que ses cauchemars étaient réels, souffrait moralement. Tino, quant à lui, avait oublié leur violente dispute, ses sentiments pour elle étaient si profonds qu'il lui pardonnait absolument tout.

Lors d'une discussion en petit comité, Ben avait suggéré que ses rêves pouvaient effectivement être simplement des souvenirs du passé. En effet, l'histoire du dragnix immortel qui faisait tant penser à Mahakala et son lien étroit avec Amalya poussait à croire qu'elle était elle même immortelle. C'était évidemment tiré par les cheveux mais l'hypothèse n'était pas à exclure. Pourtant, aucune trace du passé ne relatait un cataclysme d'une telle envergure. Ou bien ces traces existait bel et bien mais le gouvernement mondiale avait pris soin de les cacher aux yeux du monde. Lucky avait émit l'idée de rappeler l'ermite Aendrys mais la tête que fit Shanks l'en dissuada aussitôt. Le vieil homme ne leur dirait rien, il n'y avait donc rien à faire.

Après une heure de marche entre les pins, les deux pirates firent demi tour vers la grotte où l'équipage les attendaient, prêt à rejoindre le bateau.

- Ca va ? Demanda Shanks à l'adresse de Yasopp qui répondit par un hochement négatif de la tête.

- Ca va capitaine, répondit Amalya en observant du bord de la corniche le dragon faire des loopings aériens.

Shanks fronça les sourcils, quelquechose clochait. Tino s'avanca vers la jeune femme et lui tendit un café fumant pour la réchauffer. Elle se retourna, regarda la tasse puis Tino.

- Merci, dit-elle en souriant avant d'écarter les bras et se laissait tomber en arrière dans le vide.

- NOOOOOOON ! Hurlèrent à l'unisson Tino et shanks qui tentèrent, pas suffisament vite, de la rattraper.

La chute ne dura que quelques secondes quand Mahakala apparut sous elle. Tel un chat, elle se retourna et atterit sur le dos de l'animal qui vola aussitôt vers les nuages au maximum de sa vitesse. Ecrasé par la rapidité, Amalya s'accrocha à son cou et lui murmura:

- Plus haut... Plus haut ...Plus loin... Loin de tout... Je veux me sentir vivante !

Le dragon rugit, traversa les nuages et déploya ses majestueuses ailes translucides à la lumière de l'aube rougeoyante. La pirate se mit alors debout et leva ses mains vers les cieux comme un appel à l'aide.

- Dis le moi ! Dis moi que la vie vaut la peine d'être vécu ! Cria-t-elle les larmes dégoulinant de ses yeux et se cristallisant sous l'effet du froid.

Elle se laissa alors retomber en arrière et chuta de dix milles mètres au côté de Mahakala qui décida de la rattraper.

- Noooon Maka ! Laisse moi ! Je dois savoir !

Affolé, le dragon rugit de peur, hurlement qui retentit à travers le ciel jusqu'aux oreilles de l'équipage également en panique.

Désespérée, Amalya ferma les yeux et attendit l'impact, prête à mourir.

" Oui. Elle en vaut la peine. "

La jeune femme rouvrit ses yeux embués. Elle avait eu sa réponse. Une réponse venue de nulle part mais cela lui suffit.

- MAKAAAAA !

Le dragon fondit sur Amalya et l'attrapa à seulement quelques mètres du sol. Sauvée in extrémis, il vola jusqu'à la corniche, la jeta dessus et se posa à côté avant de rugir de rage. Choquée par sa tentative de suicide et par la voix qui l'en avait dissuadé, Amalya, à genoux, tremblait de tout son corps. En face, les pirates la fixèrent les yeux exorbités lorsque le doc se détacha du groupe pour venir lui mettre une gifle monumentale.

- Qu'est ce qui t'as pris ? Souffla le doc le teint livide, à deux doigts d'une crise cardiaque.

Tino se jeta sur elle et la prit dans ses bras en pleurant. Secouée par la claque, elle finit par enlacer son meilleur ami et lui frotta le dos. Elle croisa alors le regard de Shanks qui se tenait derrière et ne sut comment l'interpréter. Etait-il en colère ? Triste ? Impossible de le savoir tant son visage était figé. Le capitaine ramassa un sac et partit en direction du bateau sans dire un mot.
Après une minute d'incompréhension général, les pirates se reprirent en main et rejoignirent à leur tour la plage où l'autre partie de l'équipage les attendait.

- Que s'est-il passé ? Demanda Ben à Yasopp.

- Où est-il allé ? Interrompit Amalya.

- A la bibliothèque. Qu'est ce t'as foutu encore ? Putain tu t'arrêtes jamais !

Sans prendre la peine de répliquer, elle partit le retrouver dans son bureau où elle le trouva immobile au centre de la pièce, le regard perdu dans le vide.

- Shanks... Dis quelque chose...

- Va-t-en.

- Laisse moi t'expliquer... Il s'est pa...

- Dégage !

Son regard sombre et intimidant fit baisser les yeux de la fautive qui ferma la porte de la bibliothèque sans en sortir. Elle se retourna vers son capitaine et fit non de la tête. Shanks perdit alors tout contrôle et détruit de son poing tous ce qui lui passait sous la main. Il pulvérisa les meubles, jeta les objets contre le mur juste à côté d'Amalya qui se protégeait des éclats.

Sur le pont, les pirates entendirent le tumulte mais ils continuèrent malgré tout de ranger les provisions quand Tino courut en direction de la bibliothèque pour mettre un terme au carnage.

- Tu restes là, ils doivent régler leur différent, ordonna Yasopp en l'empêchant de passer.

- Bande de salops... Fulmina Tino qui avait peur pour elle.

Une fois la pièce sans dessus dessous, Shanks s'en prit à Amalya en utilisant son haki des rois contre elle. Les murs se mirent à se fissurer sous l'effet de la puissance dévastatrice qu'il dégageait. Il l'attrapa alors par le cou et la poussa contre la porte. Front contre front, il plongea son regard dans le sien et réitéra son ordre.

- Va-t-en.

- Non, souffla-t-elle en résistant à son attaque psychique.

Les yeux larmoyants et les lèvres tremblantes, la jeune femme posa sa main sur le visage du pirate fou furieux et caressa sa bouche, sa joue, la cicatrice de son oeil. Ce contact fit frémir Shanks qui desserra son emprise et mit un terme à son haki.

- Je t'en prie, va-t-en...

- Non...

Il saisit alors sa nuque et l'embrassa fougueusement avant de lui arracher ses vêtements. Submergeait autant que lui par le désir, Amalya dégrapha son pantalon et enroula ses jambes autour de sa taille. Leur ardente passion se déchaina et ils firent l'amour brutalement tant ils avaient espéré ce moment. Ne pouvant plus se contenir, Amalya planta ses ongles dans son dos et cria de plaisir comme s'ils étaient seuls au monde.

*********

Allongé contre elle dans le sofa, enfin ce qu'il en restait, c'est à dire seulement des coussins posés sur le sol, Shanks se redressa et regarda le corps nu d'Amalya.

- Je t'ai fait mal...

- Ce n'est rien, juste quelques bleus... C'est vrai que tu n'y es pas allé de main morte.

- Ca n'avait pas l'air de te déplaire.

- Je n'ai jamais dit le contraire... Murmura-t-elle en tendant la main pour lui caresser le visage, geste qu'il repoussa sèchement. Tu m'en veux encore ? Demanda-t-elle en se redressant.

- Ce n'est pas parce que l'on s'est envoyé en l'air que le problème est réglé !

- C'est pourtant ce qui se passe en général...

- Et bien ce n'est pas le cas avec moi !

De nouveau énervé, Shanks se rhabilla, ouvrit la porte et regarda une dernière fois la jeune femme qui le dévisageait tristement.

- J'ai certaines choses à faire et toi aussi, comme t'excuser auprès de Mahakala pour commencer. Ensuite on discutera de ce qui s'est passé.

La jeune femme hocha la tête et resta seule dans la bibliothèque un moment.

Ben se servait un café tout en regardant le coq préparer le repas du midi quand le capitaine entra dans la cuisine. Les deux pirates interrompirent leur conversation, fixèrent Shanks et réprimèrent laborieusement un sourire.

- Quoi !? J'ai un truc sur la gueule ?

- Tu as les sourcils froncés genre super contrarié et un sourire béat de satisfaction.... Je n'avais encore jamais vu autant de contradiction sur un visage, c'est hilarant ! S'exclama Ben qui continua sur sa lancée. Je le savais depuis le début que ca finirait comme ca ! Elle continue de te foutre les boules et toi, tu la sautes. Demande au coq, on a entendu la demoiselle couiner à travers tout le bateau. Si tu voulais faire ton affaire discrètement, c'est raté !

Shanks se frotta le visage et leva les yeux au plafond avant de lâcher un profond soupir. Il refronca les sourcils quand il pensa à la chute d'Amalya puis il resourit en pensant à quel point il avait aimé lui faire l'amour, tout ca pour le plus grand plaisir de Ben et du coq qui s'esclaffèrent sans se retenir.

De son côté, tiraillé par la culpabilité, Amalya se rhabilla tant bien que mal, ses vêtements déchirés laissaient entrevoir des parties de son corps qui en ferait rougir plus d'un. Elle tenta maladroitement de réajuster le tout en faisant des noeuds par ci par là puis commença à faire un tri entre les débris jetables et récupérables disséminés dans toute la bibliothèque. Dix minutes s'écoulèrent quand elle finit par frapper du pied un monticule de meubles brisés qui s'éparpilla à travers la pièce.

Elle s'assit sur le sol et mit sa tête entre ses genoux. Il était à peine midi et cette matinée avait été chargé en émotions. Cette horrible cauchemar qui l'avait sorti de son sommeil, cette soudaine envie de mettre fin à ses jours, cette mystérieuse voix sortie de nulle part, cette étonnante gifle du doc puis cette partie de jambe en l'air avec le capitaine. Elle respira un bon coup, se leva et s'étira longuement. Difficile d'imaginer un autre événement qui pourrait surpasser les précédents ! Elle sourit en repensant à Shanks puis son visage s'assombrit quand elle pensa au mal qu'elle leur avait à nouveau fait. Cette chute dans le vide n'avait pas été prémédité. Seule la vision du bébé mort noyé l'avait poussé à l'acte. Elle espérait tant ne pas être à l'origine de ce massacre, et pourtant... Ses rêves étaient si réels...

Dépitée, elle se dirigea vers la porte et laissa le bureau tel quel. C'était bien le dernier de ses soucis. Une fois dehors, elle chercha du regard Mahakala et vit le dragon volait dans le ciel. D'un signe de la main, elle l'appela mais celui ci ignora son geste et se réfugia plus haut au dessus des nuages.

- Maka, pardon... Souffla la pirate peiné.

- Et moi, j'ai le droit à des excuses ? Fit Tino assis par terre contre le mur.

Amalya serra un peu plus le noeud de son chemisier déchiré et s'assit près de lui tout en continuant de fixer les nuages en espérant voir apparaitre le dragon.

- Laisse lui du temps. Sinon, moi, je vais très bien, merci de t'en soucier...

- Tino...

- C'était bien ?

- De quoi ?

- Il est meilleur que moi ?

- Tino... Soupira la jeune femme le visage rouge.

- D'après ce que j'ai entendu, ca semblait plutôt sympa hein ?

- Pourquoi tu fais le jaloux... Tu sais très bien qu'il n'y aura jamais un autre homme avec qui je serais aussi intimement lié que toi... Tu le sais tino...

- ... Je sais, conclu-t-il en lui caressant le bras. Je sais.

- Je suis désolée pour ce qu'il s'est passé ce matin mais...

- Tu n'as pas à te justifier Lya, tu avais certainement une bonne raison. J'espère juste que tu as compris que mourir n'était pas la solution...

- ...

Un long et lointain rugissement retentit puis Mahakala piqua à toute vitesse vers le bateau avant de se poser gracieusement sur le pont, face à eux. Il regarda sa soeur et baissa son crâne pour lui montrer son dos. Amalya frémit et sauta dessus avant de s'élancer dans les airs pour la seconde fois de la journée.

- Shanks n'aime pas que tu t'éloignes... Murmura Tino en souriant.

Voler avec Mahakala lui donnait l'impression d'être libre, pas autant que lorsqu'elle flottait au fond des abysses, mais presque. Elle colla son torse contre le dos de l'animal et frotta affectueusement ses écailles quand celle ci se mirent à passer du translucide à un bleu noir opaque. Sa peau se raffermit et les écailles disparurent toute en même temps.

- Maka ? Qu'est ce que !?

Le dragon l'observa furtivement, un léger rictus étirant sa gueule comme s'il voulait sourire, puis il fondit vers l'océan dans lequel il plongea. Amalya ferma les yeux et s'agrippa de toutes ses forces à son cou tant la pression de l'eau était forte. Alors qu'il ralentissait, elle rouvrit ses yeux et vit, dans un décor qui aurait dû être totalement obscure, un feu d'artifice de couleurs plus intenses les unes que les autres. Interloquée, elle contempla un spectacle unique et rarissime, la naissance de centaines de méduses phosphorescentes. Leur longue et fine tentacules illuminèrent les profondeurs du monde d'un bleu électrique, comme si une lueur d'espoir pouvait survenir à tout moment, même dans les endroits les plus austères. Elle caressa le museau du dragon et admira le spectacle, le coeur moins lourd.

***********

Shanks, à la barre, fixait l'horizon d'un oeil noir.

- C'est pas le moment...

- Ce n'est jamais vraiment le moment... Quel culot de venir croiser notre route avec un seul navire... Rajouta Ben à ses côtés.

- CAPITAINE ! Un navire de la marine est en approche ! Intervint un pirate essoufflé.

- Sans blague... Où est Amalya ? s'empressa de lui demander Shanks d'un ton peu cordial.

- Euh.... Elle s'est envolée avec le dragon... Marmonna le pirate mal à l'aise.

Ben jeta un oeil à son Capitaine, et se retint de faire une réflexion en voyant sa mine décomposée. Ce dernier lâcha la barre et partit sur le pont pour accueillir comme il se doit la marine.

L'immense navire leva les voiles et s'arrêta à côté du Red Force. Une vingtaine de marines laissèrent passer leur capitaine qui vint à la rencontre de Shanks, chacun restant sur son propre bateau.

- Quel genre de marine est assez stupide pour venir me voir sans une véritable armée derrière lui ? A moins que tu ne sois suicidaire ? J'opte pour les deux... Fit Shanks glacial.

- Empereur Shanks le Roux, cela fait longtemps que je vous cherche, répondit l'homme dont le visage était caché par un masque métallique blanc. Veuillez m'excuser, je n'ai pas fait envoyer d'émissaire pour vous faire part de ma visite car cela me semblait trop protocolaire.

- Et impoli qui plus est... Apparemment, les pirates ne méritent pas de tels égards, même pas un Empereur.

Shanks sauta sur le navire de l'ennemi et se posta devant l'homme masqué en dégageant sur lui toute sa colère à travers son haki. Impressionné par tant de force, l'homme ne baissa pas le regard malgré l'écart considérable qui les séparait. D'un esprit combatif et confiant, il resta serein et reprit la parole:

- Empereur Shanks le Roux, je ne suis pas venu dans le but de vous affronter. Je ne suis ni stupide ni suicidaire, permettez moi simplement de vous dire la raison de ma venue.

- Tu as cinq secondes gamin avant que je ne te fasse retourner chez toi la queue entre les jambes.

- Je veux voir Amalya.

- ...

Shanks sortit l'épée de son fourreau et menaca le capitaine de la marine. Les deux équipages firent de même en se visant avec les armes à feu.

- Je sais bien que je ne suis pas à la hauteur face à un homme tel que vous, et je suis d'un tempéramment pacifiste, mais si nous devons en arriver là afin que je puisse ne serait ce que l'apercevoir, alors je mettrais de côté mes valeurs sans le moindre remords, dit l'homme en sortant la lame de son uniforme.

Les deux camps s'apprétèrent à s'affronter lorsque Mahakala surgit de l'eau entre les deux bateaux et vint se poser sur le pont du Red Force. Amalya, dégoulinante d'eau, sauta sur le plancher et regarda les équipages d'un air surpris.

- Je pars seulement dix minutes et voila dans quelle situation je vous retrouve...

- Et c'est elle qui dit ça.... Marmonna Ben en levant les yeux au ciel.

- Amalya ! Cria Shanks, tu restes en retrait, c'est un ordre ! Lanca t-il d'un oeil sévère.

La jeune femme serra les dents et s'éxécuta en reculant de quelques pas lorsque la capitaine de la marine hurla son prénom tout en lui jetant un couteau à ses pieds, qui s'enfonca dans le bois.

Shanks, qui avait baissé sa garde, se retourna vers l'homme masqué et l'attrapa par la gorge avant de brandir son épée en l'air.

- ARRETE !!! Hurla Amalya à plein poumon.

Elle arracha le couteau du sol, courut jusqu'au bastingage et sauta sur son capitaine pour l'empêcher de commettre l'irréparable. Celui ci l'attrapa dans son bras en manquant de peu de la transpercer.

- Mais qu'est ce qui tourne pas rond chez toi !!! Que n'as tu pas compris quand je t'ai dit de rester en retrait putain de merde !! Cria Shanks hors de lui.

- La stupidité et la tendance suicidaire sont de famille, rigola l'homme masqué, complètement détendu.

Amalya s'arracha du bras de Shanks et tendit le couteau vers le capitaine de la marine d'une main tremblante. Un couteau avec un manche en bois sur lequel était gravé les lettres A W L.

L'homme le reprit et posa ses mains sur son masque pour le ôter quand Amalya lui les saisit et l'aida à l'enlever.

Le jeune homme au magnifique cheveux blond avait un visage d'ange malgré une paupière à moitié fermée sur l’iris blanchâtre de son oeil gauche. Des larmes dégoulinèrent de son oeil droit tandis que son visage s'illumina de joie.

- Amalya...

- Loan... Gémit-elle en le prenant dans ses bras. Tu es en vie !!! Pleura-t-elle à chaudes larmes.


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